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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 15:15

SCIENCE-FICTION - 1954


Adaptation cinématographique en 2007 par Francis Lawrence

N'ayant pas lu le grand classique de Matheson, je suis allée voir le film par curiosité. Un bon suspense, on frissonne même mais en me renseignant sur le livre, j'ai découvert que le scénario du film ne correspondait pas du tout à l'histoire du livre !!!! Car le film est présenté à la bonne sauce américaine habituelle : Neuville, le survivant de l'espèce humaine devient une légende car il a trouvé un vaccin pour sauver l'espèce humaine ! Encore une histoire de super-héros à la Bruce Willis !

Désolée de raconter la fin mais ça me révolte qu'on puisse transformer autant un livre au nom de l'idéologie américaine !

Voila, donc, cela m'a donné envie de lire le livre ! 



Une histoire qui a révolutionné la science-fiction car Matheson y a introduit le thème du vampirisme, thème traditionnel du fantastique. 
Nous suivons les aventures du dernier homme sur terre qui a survécu à une épidémie bactériologique transformant les humains en vampires. Chaque nuit, il se barricade dans sa maison pour contrer les buveurs de sang. Le jour, il traque les cerfs et les lions pour pouvoir se nourrir car les villes sont retournées à l'état de nature. Pendant ce temps, la société des vampires s'organise...

Je vais donc lire ce livre. 

Pour reparler du film, sachez qu'il s'agit quand même d'un bon divertissement. Nous avons l'impression de revoir La nuit des morts vivants revisitée à la manière des films de super-héros. 

Avez-vous vu le film ? Lu le livre ? Qu'en pensez-vous?

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24 décembre 2007 1 24 /12 /décembre /2007 14:16

Après être allée voir le ballet de Tchaïkovsky à l'Opéra Bastille samedei soir, je ne résiste pas à vous faire (re)découvrir le magnifique conte d'Hoffmannn. 

Vous pouvez retrouver le texte de l'histoire et d'autres contes sur htpp://www.momes.net  

Le ballet de Tchaïkovsky est un moment magique !!!

JOYEUX NOEL !!!!         noel sapins sapins noel 3 gif        

 

 

Casse-Noisette


Casse-Noisette

C'est le soir de Noël, chez Franz et Marie. Ils attendent la visite de leur oncle Drosselmeyer. Il est horloger et leur apporte souvent de bien étranges jouets qu'il fabrique lui même. Il raconte aussi de fabuleuses histoires.
Le voilà qui arrive ce soir là avec trois nouveaux incroyables petits automates et, il sort de sa poche, une sorte de poupée en bois, droit comme un petit soldat, avec une grande bouche qui sert de casse-noisette, tout simple. Les enfants regardent ces nouveautés et Marie prend le casse-noisette pour voir de près comment il fonctionne. Franz veut à son tour s'en emparer. Il tire dessus, Marie ne le lache pas et, ce qui devait arriver arriva, le casse-noisette se casse!

Marie commence à pleurer mais oncle Drosselmeyer s'empare vite du jouet et avec son mouchoir lui fabrique un pansement qui lui remet la machoire en place. Marie le remercie mais la maman de Marie en a assez de tout ce bruit et elle les envoie vite au lit.
- "Allez hop Franz! Hop Marie! Allez vite vous coucher. Vous êtes trop énervés ce soir".
Marie part sagement dans son lit et laisse sa nouvelle poupée blessée dans un petit lit de poupée au pied du sapin.

L'oncle Drosselmeyer vient lui souhaiter bonne nuit et lui raconte une bien curieuse histoire.
- "Tu sais Marie, ce casse-noisette n'est pas une poupée ordinaire, c'est un jeune homme qui se cache à l'intérieur. Voilà sa véritable histoire:
Il y a longtemps un roi et une reine eurent une fille, la princesse Pirlipat, qui était devenue très laide à cause d'un mauvais sort lancé par le roi des souris. Les souris du château avaient cependant promis que si un jour un homme voulait délivrer la princesse de sa laideur il le pourrait. Il lui faudrait pour cela casser avec les dents une noix très dure et en donner son fruit à manger à la princesse.
Bien des jeunes gens étaient venus pour tenter de délivrer la princesse de ce mauvais coup du sort, mais, jusqu'à présent, ils s'y étaient tous cassé les dents.
Or, un jour, mon neveu, qui avait eu vent de cette histoire, se présenta au château. On lui apporta la fameuse noix très dure et, d'un coup de dent, d'un seul coup de machoire, il l'ouvrit et en offrit le fruit à la princesse. Elle croqua cette noix et, comme par enchantement, se transforma en une magnifique jeune fille.
Mon neveu, ébloui par tant de beauté, recula de trois pas pour saluer la princesse, comme il se doit. Faisant cela il marcha malencontreusement sur la queue d'une souris venue assister à à la scène. Le roi des souris, furieux de cet incident, lui jeta un sort et le transforma en casse-noisette en bois!
Bien sûr la princesse ne voulut pas d'un casse noisette comme mari, alors on le chassa du château.
Voilà la triste histoire de mon neveu le casse-noisette.
Allez Marie, dors bien et fais de beaux rêves!"

Casse-Noisette

L'oncle Drosselmeyer éteignit la lumière, sortit et ferma doucement la porte; Marie commençait à peine à s'endormir. Elle n'arrivait pas à trouver le sommeil aussi décida-t-elle d'aller chercher son casse-noisette.
Elle se dirigeait vers le salon lorsqu'elle constata qu'il se passait des choses un peu bizarres. Elle ne savait pas exactement ce que c'était, si c'était elle qui rapetissait ou si tout se mettait à grandir autour d'elle.
Toujours est-il que bientôt toute une armée de souris, qui semblait descendre du sapin de noël, vint encercler Casse-Noisette. Le petit bonhomme se leva, appela à l'aide les soldats de bois de Franz et tous les autres jouets qui l'entouraient. Ils se mirent en route tous ensemble contre les souris.
Le roi des souris arriva et fonça directement sur Casse-Noisette. Voyant cela Marie attrapa son chausson, visa rapidement le roi et lança violemment sa pantoufle sur lui. Il tomba à terre, mort ou assomé. Les souris l'emportèrent et se retirèrent toutes du champ de bataille.
Casse-Noisette vint vers Marie pour la remercier.
- "Tu m'as sauvé la vie! Je ne sais comment te remercier!"
En disant cela il prenait vie et peu à peu se transformait en un magnifique jeune homme. Marie n'en croyait pas ses yeux.
- "Viens avec moi, lui dit-il, je vais t'offrir une belle promenade là où tu n'es encore jamais allée".
Et, comme par magie, les voilà emportés dans un tourbillon de flocons de neige.
Dans leur valse folle ils voyagèrent dans les airs et se retrouvèrent devant la fée Dragée qui leur dit de sa douce voix :
casse noisette - "Ah! vous voilà enfin! Je vous attendais pour le goûter. Venez vite jusqu'au royaume des gourmandises, au fabuleux pays des friandises
Le paysage était féérique : les chemins étaient en caramel, les fontaines prodiguaient des jets de grenadine, il y avait des maisons en nougat, des escaliers en biscuit, jusqu'au palais de la fée tout en choux à la crème, se dressant comme une immense pièce montée.
- Comme je suis contente de vous voir, continuait la fée Dragée. Votre voyage s'est bien passé?
- Oui, répondit Casse-Noisette, mais auparavant nous avons dû affrontrer l'armée des souris et, sans Marie, je crois bien que je serais mort à l'heure qu'il est.
Marie sourit, fière, d'avoir pu aider ce vaillant et beau garçon qui lui tenait la main.
- Allez, installez-vous, poursuivit la fée Dragée. Vous allez goûter en assistant au plus beau spectacle que je puisse vous offrir.
La belle fée conduisit alors les deux enfants vers une table magnifique où se dressait un gigantesque goûter. elle leur offrit de délicieux et succulents gâteaux accompagnés de boissons fraiches et chaudes dans une vaisselle étincelante.
Puis d'un coup de baguette magique, elle appella les artistes qui apparaissaient devant les yeux ébahis de Marie.
Le premier numéro était celui du Prince Chocolat qui exécuta une danse espagnole endiablée durant laquelle il frappait des pieds pour mieux en souligner le rythme ensorcelant.
Vint ensuite le café d'Arabie qui semblait flotter au dessus du sol comme un doux arôme qui faisait frémir les narines des enfants. Ce fut alors le moment du thé de Chine. Il bouillonnait en tournant comme un manège saluant à chacun de ses tours les enfants en joie.
S'élancèrent alors les courageux et intrépides petits bonbons russes à la menthe qui avaient préparé d'incroyables cascades et culbutes, puis un groupe de quelques danseuses en massepain qui apportèrent une touche légère et gracieuse à cette folle débandade.

Marie et Casse-Noisette applaudissaient de tout leur coeur.
Madame Gingembre vint prendre place sur scène avec une flopée d'enfants tous plus mignons les uns que les autres. Ils se lancèrent dans une époustouflante série de galipettes entrecoupées de rires qui fusaient de toute part.
Dans le calme qui suivit leur départ, une cascade de fleurs en sucre déferla dans la pièce. Elles ouvraient leurs pétales dorés en vagues successives, traversaient la pièce avec grâce et élaboraient d'élégantes compositions avant de se rejoindre toutes ensemble dans un magnifique bouquet final.
Après cette valse de fleurs, la fée Dragée refit son apparition, escortée d'un tout jeune homme. L'élégance et la grâce de leurs silhouettes donnaient à leur danse l'allure d'un tendre tête-à-tête.
- "Voilà comment je voudrais être quand je serai grande, se dit Marie en son for intérieur. Et je voudrais que toutes les fêtes soient aussi joyeuses et belles que celle-ci».
Marie descendit de son trône, embrassa la fée Dragée et remercia tous les danseurs. Puis elle prit la main de son prince et tous deux s'éloignèrent vers le futur.

Lorsque Marie ouvrit les yeux, elle était dans son lit. Casse-Noisette, son petit bonhomme en bois, était là, à ses côtés, le mouchoir autour de la tête. Marie ne savait plus trop quoi penser. Elle le regarda, dénoua le mouchoir et constata que la machoire s'était, comme par miracle, réparée. Elle ne savait vraiment plus du tout quoi penser.

On frappa alors à la porte.
- Entrez! claironna Marie!
Apparurent alors dans l'embrasure de la porte l'oncle Drosselmeyer et son neveu! Son neveu en chair et en os, en tout point identique au jeune homme du rêve de Marie.
D'un pas lent et solennel il se dirigea vers Marie et lui donna la main afin qu'elle descende de son lit.

Décidemment à Noël tout est vraiment possible

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d'après Ernest Theodor Wilhelm Amadeus Hoffmann et Pyotr Il'yich Tchaikovsky
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Published by Sylvie - dans Mes histoires
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19 décembre 2007 3 19 /12 /décembre /2007 19:41

ETATS-UNIS














Editions de l'Olivier, 2004

Incontestablement l'un des grands livres de ces dernières années ! J'avais découvert Rick Moody il y a quelques années avec des récits tragi-comiques de l'Amérique contemporaine, Purple America et Tempête de glace
Je le redécouvre aujourd'hui dans une autobiographie/fiction magistrale avec pour arrière-fonds une réflexion sur l'identité de l'Amérique. Le ton est sérieux, réflexif, parfois mélancolique et vindicatif. En faisant référence à un texte phare qui marque la naissance de la littérature américaine, Le voile noir de Nathanaël Hawthorne, il livre une réflexion sur la nature de l'autobiographie et sur la mentalité américaine.

Le propos est très ambitieux : à quarante ans, Rick Moody décide d'écrire ses mémoires sans rien taire : il révèle alors son passé d'alcoolique, ses hallucinations, ses obsessions et son penchant pour la dépression à travers son internement volontaire dans un hôpital psychiatrique dans sa jeunesse. 

Parallèlement, il intercale des chapitres généalogiques où il se découvre une descendance lointaine avec le pasteur Joseph Moody qui a inspiré la nouvelle de Hawthorne : un pasteur puritain de la Nouvelle-Angleterre du début du XVIIIe siècle se voile le visage, accablé par la mort accidentelle qu'il a causée dans son enfance.

En examinant sa descendance, il va ainsi ainsi tenter de comprendre pourquoi il est  accablé par un fort sentiment de honte et de culpabilité. Lui-même va tenter de porter le voile pour comprendre sa véritable nature, d'où remonte sa mauvaise conscience, personnifiée dans un magnifique passage par un personnage fantômatique encapuchonné. 

Les passages purement autobiographiques alternent donc avec des passages plus philosophiques sur le texte du voile noir et l'histoire des origines de l'Amérique et de la famille de Moody. La petite histoire rejoint la grande Histoire pour théoriser une identité américaine : l'empreinte de la faute originelle, la mauvaise conscience et ce depuis l'éclosion de l'Amérique puritaine.

Tout le texte est une métaphore pour tenter d'expliquer le pourquoi du voile : la mystification, le mensonge, la dissimulation, tout cela étant inhérent à la mentalité américaine. 

On retiendra la magnifique conclusion vindicative sur le noir, la véritable couleur de l'Amérique, déclinée sur quatre pages ; un véritable coup de point, un tour de force stylistique !

En mêlant Histoire et sa petite histoire, Moody livre également une réflexion sur la nature de l'autobiographie, du texte littéraire certes non révolutionnaire, mais magnifiquement écrite : tout livre de mémoire est une fiction, une narration construite, un récit voilé, une mystification (d'où la réflexion sur le voile). De magnifiques phrases mêlent l'identité aux rêves, aux légendes, aux mythes :

" La généalogie est un rêve, tout comme la famille, avec tout le langage du rêve qui l'accompagne, et la félicité que procure la généalogie naît lorsque le rêve est multiple et protéiforme. La félicité naît lorsque votre lignée et son origine mythique se fondent avec la mienne et que nous tombons d'accord suer l'essentiel ...Puis la généalogie devient baroque et romantique, mieux c'est. J'aime les repas brûlés sur les feux de camp de mes ancêtres, leurs trousses de couture, le genre de chaises qu'ils utilisaient, les gens qu'ils tuèrent, parce que mon initiation à la famille me vient d'un vendeur de voitures, et que c'est la fantastique langue du peuple qui me parlait"

Le voile, la dissimulation, la noirceur au coeur de l'Amérique. Un texte primordial qui vous prend aux tripes. Le tout livré dans une écriture magistrale alliant réflexion et poésie. 

CE LIVRE FAIT ASSUREMENT PARTIE DE MES COUPS DE COEUR DE L'ANNEE (voire plus !)

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13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 19:44

AMERIQUE LATINE (SALVADOR)

Le Bal des vipères

 

 









Editions Les Allusifs, 2007

Horacio Castellanos Moya, né en 1957, a vécu la majeure partie de sa vie au Salvador. En 1997, après la publication de son roman Le dégoût, il reçoit des menaces de mort et est obligé de s'exiler pour le Canada, l'Espagne et les Etats-Unis. Son oeuvre, à l'écriture très vive, mélange folie, violence et humour.

Voici donc une histoire rocambolesque dans une capitale latinoaméricaine : un jeune homme désoeuvré au chômage décide de suivre le mystérieux Jacinto Bustillo, un mendiant qui vit dans une Chevrolet jaune. Exalté par la vie de cet homme, il le tue pour endosser sa personnalité. Quelle n'est pas sa surprise lorsque qu'il découvre que quatre vipères sont cachées dans la voiture....et qu'en plus elles ont des prénoms et qu'elles parlent !!!

Loli, Beti, Valentina et Carmela vont lui faire découvrir la vie cachée de Jacinto et provoquer un chaos inimaginable dans la ville ! Attaquant les stations services, les supermarchés et des policiers, elles font chavirer le gouvernement...

Policiers, président, ministres, journalistes people, tout le monde est au rendez-vous à mesure que les morts se succèdent. On appréciera le conte fantastique auquel se mêle à l'enquête policière.

Quelle est la signification de ce conte halluciné et burlesque ? Sans doute une métaphore de la révolution qui sème la terreur dans la haute société. 

On appréciera un mélange de violence, de fantastique et d'humour et une scène érotique mémorable où le héros fait l'amour avec les quatre vipères !

L'écriture va à l'essentiel, va à 100 à l'heure dans un rythme effréné, évitant le mot, la phrase de trop. 

Sans être un chef d'oeuvre, ce conte surréaliste bourré d'énergie demeure un bon divertissement !

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11 décembre 2007 2 11 /12 /décembre /2007 21:52

ETATS-UNIS

Forteresse de solitude

 

 

 

 

 



Editions de l'Olivier, 2003

De Jonathan Lethem, je vous ai déja présenté il y a quelques jours l'un des ses premiers romans, Alice est montée sur la table, un drôle de délire métaphysique. 

Avec Forteresse de solitude, Lethem s'est définitivement affirmé comme une valeur sûre de la nouvelle littérature américaine. 

Ce titre est une vaste fresque sociale nous contant l'amitié qui unit un blanc et un noir dans le quartier défavorisé de Brooklyn à partir des années 70 jusquà nos jours. Revenant parfois à ses premières amours de science-fiction, il nous fait cependant naviguer entre réel et imaginaire. 

Lethem s'est fortement inspiré de sa propre enfance de petit blanc dans un quartier pauvre ; Dylan, le double de l'auteur, est un enfant élevé dans le quartier noir de New-York. Ses parents, artistes et gauchistes, futurs "bobos" comme on dit aujourd'hui, décident d'inscrire leurs fils dans une école publique et de lui faire découvrir la vie de la rue ; il va être l'un des seuls blancs du quartier et de l'école. Sa forteresse de solitude va être "ouverte" par un métis, Mingus, fils d'une star déchue du rock sombrant dans la cocaïne. 

Ce dernier va l'ouvrir à un monde inconnu, celui de la culture américaine underground des années 70 : les graffitis, la soul...mais aussi la drogue et...les comics. Et c'est là que le roman s'envole. Car au coeur du récit des bas-fonds à la Dickens, il y a un mystérieux homme volant qui lègue un anneau au petit blanc faible ; cet anneau donne soit disant le pouvoir de voler...C'est alors que Dylan et Mingus se prenne pour les justiciers des bas-fonds et n'hésitent pas à attaquer les gros caïds du quartier. A ca moment là, nous avons l'impression de lire un histoire de supers héros, héritiers des Spidermans et des Quatre fantastiques. 

Entre réel et imaginaire, sociologie des quartiers et envolées fantastiques, Lethem signe un récit tout en nuances, très original. 

Au delà de cette peinture sociologique de l'Amérique des années 70, des conflits raciaux, de la délinquance et aussi de la culture underground, Lethem signe une très belle histoire d'amitié entre un blanc et un noir sur une trentaine d'année. Le narrateur blanc, devenu critique musical en Californie, se souviendra tôt ou tard de son ami noir des quartiers pauvres. Souvenirs, culpabilité, rédemption sont au coeur du récit. A ne pas oublier également les rapports père-fils très subtils, dans un monde sans mère.

Une belle histoire et une plongée dans les problèmes raciaux des Etats-Unis. 

L'écriture est très rythmée, très cinématographique et parfois aussi très poétique.Voici les premières phrases
:

" Comme une allumette qu'on craque dans le noir :

Deux petites blanches en chemise de nuit de pilou et patins à roulettes de vinyle rouge aux lacets blancs, qui décrivent des cercles hésitants sur l'asphalte fissuré du trottoir bleu ardoise, à sept heures, un soir de juillet.

Les filles murmuraient des comptines, étaient un murmure de comptines, la mousseline de leur chevelure, rose sous le ciel, cascadant comme si elle n'avait jamais connu les ciseaux.

Puis, plus loin :

"Nous étions dans un espace médian, un cône de blancheur où nous nous déplacions, père et fils, à une certaine vitesse. Côte à côte, pas vraiment au repos mais en suspens, comme deux griffonnages entortillés, énigmatiques, deux rêves d'homme".

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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 11:33

ETATS-UNIS



Editions Albin Michel, 2007

Ce premier roman d'un jeune écrivain américain d'origine éthiopienne né en 1974 a fait sensation aux Etats-Unis et est en cours de traduction dans une dizaine de langues. 

Espérons qu'il aura également une belle carrière en France car ce roman est une merveille de sensibilité. 

L'auteur s'inspire en partie de son parcours de déraciné car, tout comme son héros Stéphanos, il a quitté l'Ethiopie dès son plus jeune âge, pour fuir les violences de la révolution de 1977-1978 (La terreur rouge) qui a porté au pouvoir le dictateur marxiste Mengistu. 

Stéphanos, le narrateur du roman, immigré éthiopien, nous raconte son morne quotidien dans une banlieue délabrée de Washington. Il y a quelques années, il a loué un local pour y installer une petite épicerie de quartier. Mais les clients se font de plus en plus rare et l'épicerie tombe en décrépitude ; Stéphanos se laisse vivre derrière son comptoir et lit livres sur livres lorsqu'il n'invite pas ses deux confrères africains du Kenya et du Congo pour jouer au jeu du dictateur ! Le but est de dire au hasard un pays et de deviner le nom des dictateurs et l'année des coups d'Etat....

Le quotidien de Stéphanos va être bouleversé par l'arrivée d'une femme blanche dans le quartier qui s'embourgeoise de plus en plus. Judith et sa petite fille métisse Noémi vont s'installer dans une vieille maison retapée et se lier d'amitié avec l'épicier du coin...

Stéphanos va pendant un bref moment oublier sa vie solitaire et entrevoir "les belles choses que porte le ciel (citation empruntée à La divine comédie de Dante pour désigner l'espoir après la sortie de l'enfer) : dans cette maison, il y a la richesse, la culture mais aussi une promesse de chaleur humaine : Noémi devient la meilleure amie de Stéphanos qui lui fait la lecture dans sa boutique et Judith apparaît comme la femme idéale mais inaccessible....

Sur fonds de peinture sociale (la réhabilitation des quartiers pauvres provoque l' expulsion des gens du quartier et des révoltes urbaines luttent contre l'installation des nouveaux riches) et de réflexion sur l'identité de l'immigré (un homme coincé entre deux mondes, un homme nostalgique), Mengestu nous fait surtout le portrait tout en nuance d'un homme solitaire revenu de tout. Se sentant coupable d'avoir quitté sa famille trop tôt, Stéphanos est un être qui se contente de peu. Oubliées les luttes incessantes pour se tailler une place ambitieuse au soleil. Il se contente de sa petite épicerie et ne lutte en aucun cas lorsque celle-ci part à la dérise. Il se laisse vivre étant parfaitement conscient que son statut d'immigré le contraint à la solitude et à "une petite place à l'ombre".

On s'attache profondément au personnage, un monsieur tout le monde très humble qui prend la vie comme elle va. S'il y a un peu de ciel bleu qui illumine quelques jours, tant mieux, sinon, il faut se résigner avec ce que l'on a.

Un beau portrait humain et une histoire d'amitié amoureuse très touchante. A lire absolument.

Pour lire une interview de Dinaw Mengestu
: http://www.afrik.com/article12278.html

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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 19:15

http://buzz.litteraire.free.fr/dotclear/




Un site génial sur la littérature de notre temps, ces jeunes auteurs (ou moins jeunes) qui tentent de saisir l'esprit contemporain, les fêlures de notre société ; plusieurs thèmes : littérature intimiste, "livres trentenaires et urbain", ancicipation et satire sociale, romans graphiques...

Une riche idée de rassembler ces titres par grands thèmes ! 

Une mine d'informations ! Des critiques, des interviews, des liens ....

SURFEZ BIEN !

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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 17:01

ETATS-UNIS
















Editions Belfond, 2007

Benjamin Kunkel, né en 1974, a signé un coup de maître avec son premier roman ; il a été acclamé outre-Atlantique notamment par Joyce Carol Oates et Jay Mc Inerney et est depuis devenu un roman culte.

Et bien, quelle déception ! Je m'attendais à lire un livre drôle, original, inventif ! Je n'ai pas beaucoup rigolé. Je n'ai pas trop cru à cette histoire rocambolesque. Et pourtant, j'ai adoré Alice est montée sur la table de Jonathan Lethem. Donc, je ne suis pas allergique aux histoires loufoques ! Il y a de grosses ficelles, peu de liens logiques. Enfin, bon !

Kunkel met en scène Dwight Wilmerding, un trentenaire indécis, de bonne famille qui végète aussi bien dans sa vie affective que dans sa vie professionnelle. Il est téléopérateur dans une boîte pharmaceutique, se contente de ce boulot minable mais bien tranquille et hésite entre ses multiples conquêtes. Il tient des listes avec les choses à faire...mais sans trop les tenir car il souffre d'aboulie, autrement dit d'indécision chronique.

Jusqu'au jour où un pote à lui lui recommande l'Aboulimix, un médicament non commercialisé, qui soigne l'aboulie !

Et le voila viré de son boulot alors qu'il reçoit un mail d'une amie qui l'invite en Equateur. Le voila donc parti en Amérique Latine, lui l'enfant gâté de l'Amérique néo-libérale, à la découverte de la pauvreté....

Quelques bons passages ne réussissent pas cependant à sauver le roman (à mon avis). Le héros ne m'est pas sympathique. On le dit le chantre de l'"adoulescence" postmoderne, complètement paumée, dernier avatar de la société de consommation. Il est fainéant, indécis, il se choote le soir du 11 septembre. 

On peut rire lorsqu'il découvre qu'il a peur de devenir socialiste ! La critique du système américain est très présente mais elle n'est pas novatrice !

Pour moi, ce roman n'apporte rien de nouveau à la jeune littérature américaine. Jay Mac Inerney, Jonathan Franzen et Rick Moody ont bien mieux chanté le "déclin de l'empire américain". 

Si vous l'avez lu, je serais heureuse de débattre avec vous !

A voir la critique du site Buzz littéraire, la bulle de la littérature nouvelle génération qui abonde dans mon sens...

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26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 11:38

ETATS-UNIS

Contes et récits

Alors que j'ai sur ma LAL, A la recherche du voile noir de Rick Moody, une majestueuse autobiographie du jeune auteur américain et une réflexion sur l'Amérique, j'ai souhaité lire avant tout la nouvelle de Nathanaël Hawthorne, l'un des fondateurs de la littérature américaine, le célèbre auteur de La Lettre écarlate. Moody s'est inspiré de la vie de son ancêtre qui a justement inspiré le personnage du pasteur dans la nouvelle d'Hawthorne, Le voile noir

Hawthorne met en scène dans la Nouvelle-Angleterre de la fin du XVIIIe siècle un pasteur qui, de façon soudaine, se voile le visage d'un voile noir. Ce dernier provoque ainsi l'effroi de ses ouailles car personne ne sait pourquoi il commet cet acte étrange. Même sa fiancée ne parvient pas à lui faire retirer cet étrange noir et...il le gardera jusquà sa mort.

Mais pourquoi porte-t-il ce voile? A-t-il commis une faute impardonnable ? 

Pourquoi ce voile noir provoque un tel effroi parmi les habitants du patelin?

Ce court récit prend souvent une coloration fantastique ; le lecteur a l'impression de voir une créature surnaturelle effrayer le village. Mais pourquoi ce pasteur provoque-t-il une telle peur ?

Hawthorne nous livre en fait une peinture fidèle des croyances et de la culture américaine naissante. Le voile noir est un symbole de la mentalité de la Nouvelle-Angleterre à cette époque. Il symbolise la faute originelle, le péché que personne ne veut dévoiler mais qui est présent dans chaque âme. C'est tout simplement le symbole du puritanisme, religion fondatrice de l'Amérique. 

Le pasteur a-t-il vraiment commis une faute ? On ne le saura jamais....Je pense plutôt qu'il endosse les péchés de toute une communauté et que cette communauté est effrayée car elle voit dans ce voile le reflet de ses propres fautes, des âmes de chacun....

Le pasteur, avec son voile, devient le symbole même de la faute....

Une nouvelle indispensable pour comprendre la mentalité américaine....

A la recherche du voile noir


Je vais donc lire A la recherche du voile noir...

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25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 18:37

ETATS-UNIS

LETHEM Jonathan > Alice est montée sur la table

Editions de l'Olivier, 1998

Jonathan Lethem fait partie de la jeune génération prodige qui fait souffler un vent nouveau sur la littérature américaine ; parmi eux, citons Jonathan Franzen, Rick Moody, Jonathan Safran Foer. 

Son roman le plus connu est Forteresse de solitude, paru en 2003, une belle histoire d'amitié entre un blanc et un noir à Brooklyn dans les années 70. 

Alice est montée sur la table mélange philosophie et humour, abstraction et burlesque, science et loufoquerie pour notre plus grand bonheur ! A la manière de Lewis Caroll,
Lethem invente une histoire où dominent la fantaisie et le nonsense. 

Voici l'intrigue : Alice est une physicienne aguérie d'un campus américain ; avec son équipe de professeurs et d'étudiants, elle est parvenue à capturer une bulle de néant. Cette dernière s'appelle LAC, diminutif de lacune. Ces scientifiques deviennent tous obnubilés par ce "rien" et ils lui donnent à manger, digérer toutes sortes de choses : chats, grenades, levure, tournevis, myrtilles, huîtres, lasagnes, tondeuses à cheveux. Mais sauf qu'il en accepte certains alors qu'il en rejette systématiquement d'autres ! Et si le rien était doté d'une personnalité, s'il humanisait progressivement tout en étant invisible ? 

Alice va être de plus en plus "happée" par son étrange partenaire et va vouloir ....rentrer dedans ! C'est alors que Philip, son fiancé, va devenir terriblement jaloux ! Alice est de plus en plus absente, se met nue devant LAC, dort à côté de lui ! Mais comment lutter contre le rien , contre le rien scientifique alors qu'en plus on est antrhopologue et que l'on étudie les habitudes des scientifiques ! Philip part lui aussi à la recherche de LAC, tente de lui parler tout en tentant de sauver son couple...

Nous voila partis dans de folles aventures loufoques : chacun devient fou en essayant d'entrer en communication avec le néant. Mais ces aventures ne sont pas si débiles que ça car cette obsession nous amène à réfléchir sur nos désirs, notre conscience, nos habitudes et aussi sur le monde qui nous entoure. Pourquoi sommes-nous ni intéressés par le rien, le néant ?

Et voila que nous faisons psychanalysés dans ce monde de fous ....

Lethem en profite pour épingler au passage le monde universitaire et ses certitudes : finalement, la science n'est pas si rationnelle que ça : "Lac est une erreur, un retour de flammes. Il n'était pas prévu, c'est un couac. C'est un visage humain qui sort du vide, une tarte à la crème dans la gueule de la physique. Il pédale dans la semoule, il n'arrive pas à se décider...Mes amis, Lac est ici pour vous aider à prendre à prendre la science moins au sérieux."

En plus d'être une histoire d'adultère peu commune où l'on éclate souvent de rire, Alice est une fable intelligente qui nous parle de science, de conscience, d'existence et de philosophie. Que demander de plus !

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