Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
  • Contact

Bienvenue sur mon Blog !




Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Recherche

17 janvier 2008 4 17 /01 /janvier /2008 17:07

1969

Le Bonheur de la nuit












Editions Léo Scheer

Hélène Bessette (1918-2000) fait partie de ces auteurs féminines qui, telles Irène Némirovsky ou Germaine Beaumont, ont eu un succès important à leur époque puis ont sombré dans l'oubli avant d'être redécouvertes très récemment. 

Hélène Bessette publia 14 livres chez Gallimard de 1953 à 1973 ; elle fut citée au Fémina et Goncourt et fut encensée par de grands noms de l'époque tels Marguerite Duras ("La littérature vivante, pour moi, pour le moment, c'est Hélène Bessette, personne d'autre en France") ou encore Raymond Queneau.

Et quelle modernité ! Par certains critiques, Bessette est même considérée comme précurseur du nouveau roman. Il y a de quoi ! 

Typographie très originales, phrases hachées, très courtes, pour la plupart nominales ; tout ça mis au service d'une intrigue minimale mettant en scène des pantins en crise !

Poésie ? Romans? Théâtre? Qui peut dire ? Cela outrepasse tous les genres connus ! 

Bessette prend le prétexte d'une drame bourgeois traditionnel qui pourrait faire penser à du théâtre de boulevard : un marquis quitte sa première femme ; se poussent au portillon une deuxième marquise Doudou, une soubrette, Doudou n°2 ainsi que Chérie une actrice. Chassés-croisé, jalousies, engueulades, tout ça sous le regard ironique de l'auteur.

Tout va a 100 à l'heure, on se croise dans les escaliers, on fugue, on revient. Le but est de faire vite ! Comme le dit Bernard Noël dans la postface, "cette écriture n'a souci que d'être rapide, efficace, pratique. Elle ne s'arrête pas, ne développe pas, n'habille pas, mais décharne, tranche, découpe". Le but n'est pas d'analyser, de décrire mais de saisir la crise au plus prêt sans expliquer.

Il en ressort donc une modernité désarçonnante à faire palir les oeuvres de Duras !

Personnellement, je n'ai pas tellement accroché même si j'ai vraiment aimé plusieurs passages. Mais chapeau quand même pour cette originalité désarmante ! Les mots giclent, fusent, souvent avec humour, tout en perdant le lecteur...

On a l'impression de lire un mélange de Feydeau (pour le côté burlesque et les chassés-croisés femmes/maris/amant(e)s), de Beckett et de Duras. Voila le programme !

Je vous laisse découvrir quelques passages reproduisant la typographie originale :

"Monsieur froid
Monsieur a froid
ll souffre d'un refroidissement spectaculaire
pour tout dire
quelque chose de la génétique des Natanaëls n'a
pas tourné rond
Les Nathanaëls réfugiés au ciel. Personnes déplacées.
Lisant la Bible allongés nonchalamment sur les
nuages.
Quelle tête ils font
Un peu comme les Belges quand le Christ rentre 
à Bruxelles. 
Rien du Christ néammoins. Rien d'un Saint. Dans l'image lointaine du petit Nata de Natanaël. "ll aurait pu être pasteur" murmure un ange" "Avec son intelligence"
Que voient-ils emmitouflés de nuages roses saumon, bleu véronèse et vert de chrome.
Leurs descendances, leurs biens et avoirs modifiés
d'une manière révolutionnaire
Monsieur Nata est le mari moderne
Tout simplement
La mentalité de souteneur du mari moderne
Qui ne peut supporter sa petite putain de
femme moderne. A crises modernes
Le mot "moderne" très élastique. Lourd de 
tous les vices dernièrement admis, promus,
reconquis, montés en grade
C'était des gens modernes
"

 

Repost 0
13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 19:45

Un petit coup de gueule....

Je souhaiterais réagir à des commentaires de plus en plus nombreux laissés sur mon blog par des élèves qui n'ont pas le courage de lire le livre prescrit par leur prof ou qui me demandent carrément de faire leurs résumés !

Je ne voudrais surtout pas apparaître moralisatrice mais je ne rentre pas dans ce jeu là !

Mon blog souhaite inciter à la lecture et ne doit en aucun cas servir de copier coller pour les copies d'élèves !

Non que je réclame des droits d'auteur, c'est pas du tout ça ! Que l'on s'inspire de mes articles, je trouve ça gratifiant ; tout le monde fait cela même les plus grands auteurs ; après tout, on ne démarre jamais de rien ! 

Mais que l'on se rappelle le plaisir qu'on a à créer avec son esprit et sa propre main ! C'est quand même plus chouette de produire quelque chose plutôt que de copier !

Et là ou J'ENRAGE, c'est quand une mère d'élève est catastrophée (il y a de ça quelques semaines) : elle s'indigne car j'ai fait une faute d'orthographe et que sa malheureuse fille a eu à cause de moi  des fautes d'orthographe dans son devoir !!!! Il ne faut tout de même pas abuser !!!!

Si maintenant, les parents encouragent leurs enfants à faire du copier coller !!!!

Voila ! Donc, aide au devoir oui mais je ne suis pas une source de résumés pour les cours !

C'est dit. 

C'est juste un appel à la responsabilité et aussi une éducation saine.

Que pensent les autres blogueurs sans doute confrontés au même problème ?

Repost 0
Published by Sylvie - dans Et vos lectures
commenter cet article
10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 17:20

Prix Mystère de la critique/ Grand Prix RTL Lire -1985

La Maison Assassinée










Ce polar provençal (on a surnommé Magnan le"Giono du roman policier" , auteur qu'il a d'ailleurs très bien connu) a été adapté au cinéma par Georges Lautner, avec Patrick Bruel dans le rôle principal. 

Quel livre ! A vraiment déconseiller aux âmes sensibles ! L'atmosphère est vraiment très glauque....

Une famille entière est sauvagement assassinée dans une maison à Lurs dans les Alpes de Haute Provence. Vingt-cinq ans plus tard, Séraphin Monge, le seul rescapé du massacre (il n'était qu'un nourrisson de quelques jours) revient sur les lieux. Nous sommes en 1919, juste après la Ders des ders. Il a connu les tranchées certes, mais le pire pour Séraphin sont les cauchemards de sa mère qui le supplie de découvrir la vérité. Il va donc enquêter dans le village à la recherche des assassins.

Les personnages, tous très bien campés, sont criants de vérité. Magnan décrit un cadre de vie très acariâtre, un climat rude qui est une émanation de l'état d'esprit des villageois. Des scènes sanguinaires (deux scènes atroces), des secrets bien enfouis, une langue à la poéttique et réaliste font de ce roman un chef d'oeuvre. 

Rarement un livre a produit en moi une telle tension ; à chaque phrase, j'avais l'impression de frissonner !

L'intrigue est très menée puisqu'alors que Séraphin souhaite tuer les assassins de sa famille, un autre être mystérieux accomplit la sombre tâche avant lui. Le récit est teinté de fantastique puisque Monge est hanté par la vision de sa mère morte.

L'occasion de découvir un "polar du terroir" (je ne sais pas si le terme existe !). Un récit d'une force incroyable, à la violence physique et psychologique inouie.

Repost 0
Published by Sylvie - dans Romans policiers
commenter cet article
10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 16:43

CANADA



Editions Au Diable Vauvert, 2000

Voici un livre réjouissant, drôlatique pour bien commencer l'année 2008 !  Dans la lignée de Jonathan Franzen, Rick Moody et Jay Mac Inerney, l'écrivain canadien examine les névroses familiales un peu à la manière des sitcoms. Et c'est détonnant !

Voici le contexte : tooute une famille se réunit à Cap Canavéral pour assister au décollage de la fusée de Sarah, la fille prodige des Drummond. Et la réunion de famille se promet de ne pas être triste ! Il y a d'abord, Ted, le père, qui a tiré sur son fils Waid car ce dernier avait couché avec sa deuxième femme sans savoir que c'était sa belle-mère. Puis la balle est sortie des côtes de Wade pour atterrir dans celle de Janet, sa mère. Et Wade était séropositif et a donc transmis le virus à sa mère ! Vous suivez toujours ? 

Cette situation rocambolesque n'est qu'un petit élément de toutes les aventures loufoques de la famille. De l'adultère, des suicides, une mère porteuse, une mise aux enchères de la lettre de William à Lady Di, une voiture embourbée dans des marécages, un couple sadomaso, voici le programme !

Un très beau moment même si l'on peut regretter un essoufflement à la fin et aussi un thème largement rabattu dans la littérature anglo-saxonne contemporaine. 

Un bon moment de divertissement. Et aussi un coup de chapeau aux éditions du Diable Vauvert qui nous livre des titres très originaux aux couvertures colorées.

Repost 0
7 janvier 2008 1 07 /01 /janvier /2008 11:29
1926

Bernanos, Georges : Sous Le Soleil De Satan (Livre) - Livres et BD d'occasion - Achat et vente


Georges Bernanos, grand écrivain chrétien par excellence, a vu ses œuvres adaptées au cinéma par Robert Bresson (Journal d’un curé de campagne) et Maurice Pialat (Sous le soleil de Satan). Ecrivain de la déréliction, qui place l’homme aux prises entre Dieu et Satan, Georges Bernanos est un écrivain exigeant, ardu.

Des magnifiques passages certes mais je trouve que cette œuvre a du mal à nous toucher lorsque l’on est athée comme moi ! Est-elle datée ? Ai-je un problème avec la spiritualité ? Je ne sais pas, mais j’ai vraiment eu du mal à aller jusqu’au bout !

Rappelons l’histoire : Mouchette, jeune fille de 16 ans, tombe enceinte du marquis dans un petit village rural de l’Artois. Ivre d’indépendance, elle entend mener une vie libre de toutes contraintes. Alors que le Marquis lui conseille d’avorter, elle le tue. Elle séduit ensuite le médecin du village qui refuse l’avortement. Victime d’une crise de folie, elle est internée. C’est alors qu’entre en scène l’Abbé Donissan, un prêtre bien commun, terne mais adepte des mortifications de toutes sortes. Persuadé d’avoir eu la vision de Satan, il est suspecté par les autorités religieuses. C’est alors que le miracle se produit : il voit l’âme de Mouchette pervertie par l’atavisme ce qui la libère ainsi de sa culpabilité. Alors qu’elle se suicide, il porte son corps sur l’autel…..

Mais il a aussi la vision de Satan, un soir qu’il se promène dans la campagne. Il déclare alors que Satan domine le monde et qu’il est en lui, dans l’esprit des hommes saints aussi bien que dans les autres pécheurs.

Bernanos est l’écrivain du péché, de la faute originelle. On appréciera toutes sortes d’images empreintées à la terre, au champ lexical du marécage, de la boue qui ravale l’homme à une créature animale.

Une œuvre profondément pessimiste, belle, mais qui ne m’a pas concernée. Et vous ?
Repost 0
7 janvier 2008 1 07 /01 /janvier /2008 11:17


Julien Gracq, qui vient de décéder à l’âge de 97 ans, était  incontestablement l’un des plus grands écrivains français du XXe siècle. Il était aussi le plus discret, le plus innaccessible si l’on peut dire. Car toute sa vie, il a refusé la médiatisation, le système des prix littéraires à tel point que’il refusa le Prix Goncourt pour Le Rivage des Syrtes en 1951. A tel point qu’il refusa toute sa vie d’être publié en poche !!!

Si l’on peut certes refuser un prix, je pense qu’il est tout de même un peu vain et très précieux de ne pas vouloir être publié en poche ! Car Monsieur Gracq ne voulait pas être mis dans toutes les mains !

Mais tous les plus beaux titres de la littérature mondiale sont en poches ! Je n’aurais certes pas lu beaucoup de chefs d’œuvre s’il avait fallu que je n’achète que des Pléiades !!!

De toutes façons, la qualité même des textes gracquiens le sacralise qu’il soit en poche, en Pléiade ou en éditions José Corti. Cet éditeur est certes un défenseur acharné de l’objet livre et c’est tant mieux. Du beau papier qu’il faut caresser du coupe-papier pour couper les feuillets en eux.

Je suis la première à défendre l’objet livre mais à côté des beaux livres, il doit également exister un format poche pour en démocratiser l’accès.

Voila, j’avais mon mot à dire, je l’ai dit !



Il reste que Le Rivage des Syrtes est pour moi un très très beau souvenir de lecture. Je me souviens de ces personnages ambigus qui attendent éternellement l’événement à une frontière dans un pays inconnu d’Europe Centrale, de ces paysages lacustres merveilleux qui magnétisent le jeune Aldo, cette guerre imminente qui provoquera un sursaut avant le déclin définitif de la ville d'Orsenna, la lutte d’Eros et Thanatos.

Une lecture indélébile qui vous marque à vie.

Donc, un conseil, lisez cet auteur si mystérieux, c’est indispensable ! Malgré sa politique éditoriale qui je ne partage pas !

Voila le site de l'auteur sur le site des éditions José Corti.

 

Repost 0
Published by Sylvie
commenter cet article
1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 20:19



BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2008 !!!!



et de merveilleuses lectures en perspective !!!

Repost 0
Published by Sylvie
commenter cet article
29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 19:34

Quelles ont été mes coups de coeur lecture en 2007 ?

Vous pouvez consulter en lien les critiques de mes coups de coeur.

Et vous, quels ont été les vôtres ?

Classiques, classiques

Il faut dire que j'ai commencé très fort en lisant Belle du Seigneur d'Albert Cohen, le chef d'oeuvre absolu. Donc oui, la palme revient à ce classique intemporel !

Belle du seigneur

Côté classique, un très bon souvenir d'Orgueils et préjugés de Jane Austen, lecture est j'ai repoussée le plus tard possible, avec un mauvais a priori. Quelle belle découverte !

Orgueil et préjugés

Et puis un coup de coeur aussi pour ma dernière lecture Seul dans Berlin de Hans Fallada

Seul dans Berlin

Insolite 
Côté insolite, sans aucun doute La maison des feuilles de Danielevsky, ce magnifique roman expérimental

La maison des feuilles

Le plus drôle

J'hésite entre Les fabuleuses aventures d'un indien malchanceux qui devenient milliardaire et Mangeclous

Mangeclous

Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire

La plus belle découverte

Sans aucun doute La robe de Robert Alexis. Un roman surprenant, habile, percutant et tellement original.

La robe

Et puis aussi de très belles découvertes en littérature américaine, Jonathan Lethem notamment et la redécouverte des auteurs de polars classiques tels Horace Mac Coy et Jim Thompson....

Repost 0
Published by Sylvie - dans Et vos lectures
commenter cet article
29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 19:02

Grand Prix de Littérature policière, 2002



Editions Folio Policier

Patrick Pécherot est l'héritier de Jean Amila et Didier Daeninckx : il signe des polars immergés dans les milieux populaires qui ont le mérite de remettre sous la lumière des faits historiques méconnus, des affaires louches.

C'est ici le cas avec ce roman qui se déroule entre les deux guerres sur la Butte Montmartre. Le héros-enquêteur Pipette est à la fois un poète, un collaborateur d'un journal à scandales et en même temps cambrioleur de riches avec sa bande de potes pour arrondir les fins de mois !!! 

Sauf qu'un soir, dans une belle villa, ils découvrent un macchabée dans un coffre-fort !!! Ils embarquent donc cadavre et coffre dans leur piaule et se mettent à enquêter sur le cadavre et le propriétaire de la villa. 

Le cadavre est un certain rouleau qui enquêtait pour un journal à scandales et le propriétaire est un Comte, propriétaire d'aciéries lorraines, qui a beaucoup de dettes. 

Et voila donc Pipette et ses compères enquêtant dans un Paris typique : il y croisent La Goulue, les anarchistes  et même André Breton qui n'est pas le dernier pour partir à l'assaut  du vieux monde ! 

Le tout racontée dans une langue gouilleuse, typique du vieux paris des années 30. On appréciera la peinture fidèle et rétro du Montmartre des années 30 : les petits métiers du spectacle et les forains, les poètes etc...

L'enquêteur est un personnage haut en couleur à la fois poète, escroc et détective privé !

Comme chez Daeninckx et Amila, on retrouve le petit peuple qui découvre un secret sur les classes dirigeantes. C'est du bon polar qui met le doigt là ou ça fait mal.

Pécherot rend également hommage à Nestor Burma et son créateur Léo Malet. Ici pas de police, de commissaire mais juste des privés non officiels qui cherchent à réparer les injustices. Du grand art !

Repost 0
Published by Sylvie - dans Romans policiers
commenter cet article
29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 12:13
ALLEMAGNE -1947

Berlin.jpg

Editions Denoël, 2002

Voici un grand classique de la littérature allemande d'après-guerre, "l'un des plus beaux livres écrits sur la résistance allemande anti-nazie" selon Primo Levi, retraduit en français en 2002.

Car il est vrai que l'on connaît la résistance française, anglaise mais très peu la résistance allemande. Pourtant, elle a bel et bien existé ! Et c'est le grand mérite de ce livre de nous faire découvrir au grand jour un fait historique largement méconnu. 

Mais ce titre n'est pas seulement essentiel pour son intérêt documentaire ; il livre bien une intrigue romanesque des plus sensibles et touchantes, au suspense psychologique indéniable. 

Hans Fallada (1893-1947) a exercé différents petits métiers (gardien de nuit, agent de publicité) avant de devenir un écrivain réaliste sur la société allemande d'entre-deux-guerres. Ses oeuvres ont été interdites par le parti nazi. Alcoolique et morphinomane, il se réfugie dans les paradis artificiels au lieu de résister activement. En 1947, peu avant sa mort, il livre le plus beau roman sur la résistance allemande...

Il prend pour cadre un immeuble de Berlin qui abrite une femme juive, un couple sans histoires, les Quangel, une famille de SS, les Persicke et un pauvre diable, Enno Kugle, ivre de femmes et de jeux, faible créature prête à tout pour assuvir ses deux passions....

Un immeuble. Un échantillon typique des caractères humains. Nous avons l'mpression d'être dans une oeuvre de Balzac ou de Zola tellement la peinture des caractères est réaliste.

Les Quangel apprennent la mort de leur fils unique, tombé au front. Alors qu'ils affichaient une neutralité bienveillante auparavant, ils décident en honnêtes gens, d'inonder les immeubles berlinois de cartes postales où ils écrivent des messages de résistance et de critiques du régime.

Ce couple symbolise la résistance de héros ordinaires qui résistent seuls (c'est le sens du titre) sans adhérer à aucune organisation clandestine. Ce qui compte, ce n'est pas l'effet mais l'intention, le fait d'être propre à l'intérieur de soi-même et de mourir seul face à soi-même la conscience tranquille. 

Face à ces héros ordinaires, il y a une couple d'amoureux qui choisit de vivre dans leur petite cellule romantique pour mieux oublier l'enfer du régime et de faibles créatures qui sans être pour Hitler, collaborent pourtant pour satisfaire leurs propres besoins. Parmi ceux là, Borsakhen, prêt à tout pour dévaliser la vieille juive, et Enno Krugle, créature qui éveille de la pitié, incapable de se guérir de sa soif de sexe et de jeux. C'est parmi ces créatures que les SS cherchent des indics....

Ce fabuleux roman a le mérite de conjuguer intérêt documentaire,  suspense policier et étude psychologique. On retiendra ainsi la traque des Quanguel par un policier recruté par la Gestapo. Ce qui intéresse ce policier, c'est avant tout la chasse et pas uniquement le trophé. Et quand il tiendra sa proie, c'est pour se rendre compte qu'il a tout perdu. Très beau portrait psychologique de l'enquêteur, donc. 

Très belles études psychologiques des êtres qui choisissent de collaborer ou de résister. Nous avons là des spécimens balzaciens de la comédie humaine de haute volée. 

Enfin, une intrigue romanesque à souhait avec une histoire d'amour très émouvante d'un couple entre deux âges qui n'a plus rien à perdre après la mort du fils. Deux êtres qui ne font qu'un face à la barbarie, jusqu'à la mort. 

En deux mots, un roman magistral.

Repost 0