Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
  • Contact

Bienvenue sur mon Blog !




Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Recherche

15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 19:29

Editions Albin Michel

Le Dieu du carnage












Mise en scène au Théâtre Antoine (janvier-mars 2008)

Voici donc le grand événement théâtral de Paris en ce moment : la nouvelle pièce de la plus prolixe des dramaturges françaises, Yasmina Reza. Ce nouvel opus est un petit bijou de cynisme : derrière les bons sentiments et la bonne conscience occidentale, l'auteur pointe notre hypocrisie ; derrière la raison proclamée, le dieu du carnage n'est jamais loin ...

L'histoire est très simple : un couple, Véronique et Michel Houllié invitent chez eux un autre couple, Annette et Alain Reille pour régler une simple histoire de coups de poing entre leurs deux rejetons : Ferdinand, le fils Reille a cassé deux dents à Bruno, le fils Reille.

Entre gens de bonne famille, on s'invite donc pour régler le problème à l'amiable plutôt que de se crêper le chignon. On mange donc du clafoutis et on s'explique, on parle de ses métiers respectifs....et tout s'envenime ! Il y a Alain, avocat véreux qui défend une industrie pharmaceutique plus que douteuse, toujours accroché à son portable. Sa femme, Annette, plutôt timorée, se met soudain à vomir ! Quant à Véronique, elle est obnubilée par les grands principes moralisateurs : alors qu'elle publie un livre sur le Darfour, passionnée par la cause humanitaire, elle tient absolument à ce que les deux enfants s'expliquent entre eux alors qu'ils n'ont que 10 ans !!!



Mais derrière cette civilisation de la raison et des bonnes manières, les pulsions et les frustrations remontent à la surface...On apprend alors que le matin même, le hamster de l'enfant a été jeté dans la rue et que finalement, "on est élevé dans une idée johnwaynienne de la virilité" ! Le vomissement d'Annette(sur les livres d'art !) est particulièrement significatif de toute cette violence refoulée !

On rit forcément de ces personnages caricaturaux qui ne veulent pas assumer leur violence sous-jacente. Pour Reza, les bons sentiments, la civilisation ne sont qu'un leurre. Elle épingle en passant toute la société bien-pensante pétrie de bons principes.

Comme à chaque fois, c'est mordant, acerbe, méchant. Je n'ai qu'une hâte : c'est de voir Isabelle Huppert dans le rôle de Véronique Houillé, la bourgeoise bien pensante !

"Nous vivons en France. Nous ne vivons pas à Kinshasa ! Nous vivons en France avec les codes de la société occidentale. Ce qui se passe square de l'Aspirant-Dunant relève des valeurs de la société occidentale ! A laquelle, ne nous déplaise, je suis heureuse d'appartenir !"

"La morale nous prescrit de dominer nos pulsions mais parfois il est bon de ne pas les dominer. On n'a pas envie de baiser en chantant l'Agnus Dei
;"

Repost 0
Published by Sylvie - dans Théâtre
commenter cet article
12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 20:58
ETATS-UNIS -1955



Editions Denoël et d'ailleurs

Ce roman peu connu de Norman Mailer a été publié en 1955 après avoir été refusé par dix éditeurs ! Il faut dire que le polémiste qu'est Mailer n'y va pas "avec le dos de la cuillère" : il dépeint la jungle hollywoodienne des années 50 avec ses producteurs dégénérés, ses starlettes nymphomanes et ses souteneurs. Le "Parc aux cerfs" était un quartier de Versailles sous Louis XVI où était installées les maîtresses du roi, sous la houlette de la Marquise de Pompadour. Par extension, il désigne un lupanar.

Il est vrai qu'Hollywood ressemble à un vaste lupanar : le roman met en scène le double de l'écrivain qui fait l'apprentissage de cette jungle après avoir été pilote de l'air pendant la Seconde Guerre Mondiale. Décidé à devenir écrivain, il s'offre une année sabbatique au "Désert d'Or" : il y rencontre une ex-journaliste, un metteur en scène sur la touche à cause de la chasse aux sorcières, un producteur entremetteur, un souteneur homosexuel et des actrices voulant percer dans le milieu. Les hommes s'échangent leurs maîtresses, on se refait une célébrité en se mariant avec un homme réputé homosexuel, on adapte sa destinée d'orphelins en film...quittte à y perdre sa dignité. 

On pense bien sûr à Scott Fitzgerald qui a si bien peint les paradis artificiels. Mailer peint avec beaucoup de vérité ce milieu dégénéré près à toutes les compromissions. On est proche du reportage, l'écriture est très simple, presque exclusivement consacrée aux dialogues des personnages. 

Les personnages sont très bien dessinés : les femmes caricaturales, les princes dégénérés, les petits débutants hésitants, les producteurs à l'affût de la publicité. C'est très divertissant, on a l'impression de voir un film américain des années 50. 

Un extrait :

"Savez-vous ce qui se passerait si vous épousiez le garçon qu'il faut. disons, par exemple, un acteur qui viendrait en neuvième ou en septième position sur la liste des grands favoris du public ? Vous pensez peut-être que la côte de votre couple serait une moyenne entre vos deux côtes individuelles ? Pas du tout. Vous atteindriez tous les deux la cote la plus élevée du pays. Savez-vous pourquoi? Deux plus deux ne font pas quatre, mais cinq et bientôt dix, en vertu de la loi des intérêts composés. Pensez à cela, Lulu. Un bon mariage est plus sûr que n'importe quel placement à intérêts composés. Lulu Meyers épousant n'importe quel  homme ayant une côte élevée dans la faveur du public, cela donnerait le couple n°1 des Etats-Unis d'Amérique, c'est à dire u monde entier"



Repost 0
10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 19:34
RENTREE LITTERAIRE 2007

L’Echappée












Editions Gallimard

Eh oui, ça y est, je me suis remise à lire de la littérature étrangère contemporaine !  J'avais un peu arrêté ces derniers temps, me plongeant plutôt dans les classiques ou dans la littérature américaine !

Il faut dire que ce livre qui circule beaucoup sur les blogs littéraires m'a vraiment donné envie de renouer avec  les français contemporains.

C'est une belle histoire, très classique, écrite à fleur de peau.

C'est l'histoire de Madeleine, toute jeune femme bretonne  pendant la Seconde Guerre Mondiale.  Elle est  femme de chambre et serveuse dans un hôtel de Rennes qui accueille bien sûr les officiers allemands. Souffrant d'un enfermement certain dans une famille qui lui cache un lourd secret, elle "s'échappe" en tombant amoureuse de Joseph Schimmer, un officier qui la séduit avec ses doigts de virtuose sur son piano. Fuyant momentanément un quotidien morne, elle vit une folle passion, défendue qui finira forcément mal....

Ce récit m'avait été présenté comme étant un livre sur l'occupation. Il n'en est rien. Même s'il y a un chapitre très fort sur l'épisode des femmes tondues, ce roman est d'abord une réflexion sur les origines et sur l'exil. Ainsi, trois générations de femme se retrouvent orphelines de père ou de mère, éprouvent un manque et vont à la recherche de celui ou celle qui l'a engendrée. Deux naissances illégitimes entraînent des exils forcés, des souffrances, des interrogaions éternelles.

Une histoire bien classique mais tellement émouvante, livrée dans une écriture ciselée qui va au plus près de la sensation ; les phrases sont très courtes mais Valentine Goby vit son histoire à fleur de peau : on voit, on sent, on écoute, on éprouve avec Madeleine. Chaque paragraphe est une métaphore filée d'une sensation, d'un sentiment éprouvé. Que ce soit à travers l'évocation de l'ennui en Bretagne, la description d'une sonate ou d'un paysage floral du sud, le lecteur se sent corps et âme avec le personnage. C'est donc d'une extrème sensibilité et c'est très beau.

Comme quoi la littérature française contemporaine n'est pas aussi superficielle qu'on le prétend !!!

Un extrait...

"Ses doigts s'enfonçent dans le piano. Lentement. Des notes naissent du silence. Tenues. Espacées. Elles retournent au silence. Elles ne se suivent pas, elles existent distinctement. Pour elles-mêmes. Imprévisibles. Elles ne racontent rien, ce n'est pas une mélodie. C'est une couleur. Ou plutôt un nuancier. Une oscillation ténue du gris clair au gris foncé. Peu à peu l'écart se creuse entre les notes. Entre les teintes, à peine plus contrastées. C'est une danse exiguë. eut-être une valse. Ni triste, ni gaie. Flottante. Traversée de spectres. Elle s'étire de grave à l'aigu, par paliers successifs, et s'interrompt brusquement, inachevée. Un silence. Tous comprennent que ce silence est une note. Cela se termine par un scientillement. Une dispersion argentée. Un bruissement d'aile. "


Repost 0
6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 22:14

ETATS-UNIS-2005

Non, ce pays ce n’est pas pour le vieil homme












Adaptation cinématographique par les frères Coen "No country for the old man"

Je continue mon exploration de l'oeuvre de Cormac McCarthy en ayant cette fois ci vu le film avant d'avoir lu le livre. Si je ne compte pas lire ce titre, je compte cependant lire La route, son dernier opus. 

Ce pays ... confirme l'opinion que je m'étais faite de ce grand écrivain américain : dans ce roman apocalyptique où les valeurs n'ont plus aucune place, le mal inexpliqué occupe la première place. Rien ne peut l'arrêter, rien le peut l'expliquer. 

On retrouve les paysages désertiques du Texas à la frontière du Mexique, des paysages de purs westerns. Un homme vétéran du Vietnam découvre un magot en plein désert au milieu de voitures accidentées et de cadavres tués par balle. Mais cet acte déclenche une course poursuite inferrnale entre le tueur fou et le malheureux bonhomme qui cherchait juste à quitter sa caravane pourrie pour couler des jours meilleurs...

Le shérif qui s'occupe de l'enquête ne parvient pas à enrayer la tuerie, ne comprend rien à ce qui se passe et se réfugie dans les souvenirs nostalgiques du passé.

[Affiche]

Le tueur ne tue pas pour cause de traumatismes psychologiques ou parce qu'il est pauvre. Il tue parce que c'est comme ça. McCarthy ne s'embarasse pas d'explicationspsychologiques et sociologiques. Il n'explique pas, il livre les personnages dans leur présent, au coeur de l'action.

Il en ressort une intrigue très épurée, efficace, qui se concentre sur l'action et les suspense. Les scènes sont très rythmées ce qui donne au film une mise en scène très efficace qui renouvelle la cinématographie du Grand Ouest américain. Comme quoi il n'y a pas que des westerns !





 

Repost 0
3 février 2008 7 03 /02 /février /2008 16:54
ETATS-UNIS-2005

Ballades pour John Henry

Editions Gallimard "Du monde entier"

Colson Whitehead, né en 1969, auteur de trois romans, apparaît comme le prodige de la littérature afro-américaine. On a reparlé de lui en janvier avec Apex, l'histoire d'un consultant qui a inventé un sparadrap révolutionnaire qui change de couleur avec la peau !

Avec des intrigues très originales, Whitehead se fait le critique acerbe et humoristique de la société de consommation américaine.

Ballades pour John Henry fait référence à une figure très connue de la culture populaire noire américaine, John Henry, un ex esclave noir devenu foreur sur les chantiers de chemins de fer de Virginie dans les années 1850 et qui défia un marteau piqueur à la main. Il gagna le duel mais mourut d'épuisement...Depuis, le folklore américain lui rend hommage sous forme de récits, de chansons et de...timbres.

A partir de cette légende, Whitehead construit une intrigue originale où il imagine qu'un petit village de Virginie, Talcott, où John Henry est mort d'épuisement, organise un Festival en son honneur et que la Poste entame un concours de philatélie sur les héros populaires nationaux.

C'est alors que toute la clique des journalistes
new-yorkais est invitée pour faire la promotion de cet événement commercial censé redorer le blason de la petite ville provinciale. Mais ces journalistes prétentieux sont surtout des pique-assiettes qui vont à toutes les promos (livres, vêtements...) pour se sustenter copieusement et gagner des fringues chicos !!! L'un d'eux, James Sutter, décide, tout comme John Henry, de faire un pari : assister à une promo tous les soirs pendant un an sans craquer ! Pari sur lequel misent ses coéquipiers qui font partie de la "liste" de pique-assiettes.

Mais l'entreprise touristico-médiatique va tourner au drame...

Autour des personnages burlesques des journalistes, tourne toute une faune passionnée par le mythe John Henry. Un philatéliste, des chanteurs, un collectionneur fou de figurines, un uinversitaire...Les chapitres font alterner la préparation de la fête par les journalistes, la vie de John Henry et des courts chapitres sur l'histoire d'individus passionnés par John Henry.

Sur 600 pages, Whitehead parvient à retracer toute une partie de l'histoire populaire des Etats-Unis en dénonçant son exploitation par les médias et la société de consommation. Je pense toutefois que ce roman aurait gagné en force avec plus de concision.

Il reste une intrigue originale qui fustige les dérives de la société américaine. Whitehead se distingue assurément des autres jeunes représentants de la littérature américaine (Franzen, Moody, Lethem..). Il oublie le microcosme familial et ses déboires pour se concentrer sur la société dans son ensemble. On reconnaît cependant une "marque de fabrique" commune à ce groupe d'écrivains : un goût pour l'ironie mordante et l'humour noir.

Décidément, la littératre américaine a le vent en poupe...


Repost 0
27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 11:13
ESPAGNE- 1936



Texte mis en scène au Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis par Andrea Novicov (7 janvier-3 février 2008)

Il s'agit de la dernière pièce écrite par le grand dramaturge espagnol avant son éxécution par les franquistes. Je suis allée la voir au TGP et je dois dire qu'il s'agit d'une formidable mise en scène à mi-chemin entre le théâtre d'ombres, le théâtre de marionnettes et un tableau de Velazquez !

Rappelons l'intrique dans les années 30 en Andalousie : Bernarda Alba, dont le mari vient de mourir, oblige ses cinq filles à rester cloîtrées dans la vieille maison pendant huit ans pour cause de deuil.

Mais l'aînée, 39 ans, un laidronne mais riche car ayant touché l'héritage de son père, le premier mari de Bernarda,, est promise au plus beau garçon du village, Pepe Romano.

L'annonce prochaine du mariage fait naître jalousies et rancoeurs chez ces filles qui ne peuvent s'épanouir dans un monde rongé par les traditions ancestrales. La plus jeune qui refuse son enfermenent, clame son amour pour Pepe et va provoquer le drame...



Cette pièce se passant dans les années 30 est en fait très actuelle. Cela pourrait se passer en Afghanistan, en Arabie Saoudite...C'est une pièce fondamentale sur la condition de la femme, bridée, non libre de ses mouvements, la femme aigrie par tant d'interdictions.

La Maison de Bernarda Alba

La mise en scène rend parfaitement l'oppression subie par ces femmes. En adoptant une posture de marionnettes, elles apparaissent comme des pantins qui sont manipulés. On a l'impression de voir les Ménines de Velazquez. La luminosité, tout en clair obscur, nous fait vivre un cauchemar éveillé.

Elles entament des pantomines burlesques comme des poupées qui n'ont plus d'humanité, bridées par les conventions.



Un hommage au théâtre de Guignol. Je vous conseille fortement d'aller voir cette pièce !

Repost 0
Published by Sylvie - dans Théâtre
commenter cet article
26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 17:34

ETATS-UNIS- 1965



Editions de l'Olivier ou Points Seuil

Cormac McCarthy, écrivain en ce moment mis sur un piédestal avec son roman La route (roman postapocalyptique qualifié de beckettien) et l'adaptation cinématographique de Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme, est incontestablement l'un des plus grands écrivains américains. Beaucoup le considèrent comme l'héritier de Faulkner, son oeuvre était inscrite dans le Sud et étant profondément marquée par un pessimisme très noir.

Encouragée par les critiques dythyrambiques, j'avais donc lu cet été De si jolis chevaux et n'avait été quà demie conquise. 

J'ai donc récidivé avec le premier roman de McCarthy, Le gardien du verger qui a obtenu le Prix Faulkner en 1965. Ce qui est sûr, c'est que l'on  ne ressort pas indifférent d'une telle lecture ; on marche en terrain inconnu, ardu tellement les personnages ne sont qu'exquissés. On saisit mal leur passé, leur épaisseur psychologique, leurs relations avec les autres. Ils sont d'ailleurs désignés par "l'homme" ou "le gamin". Peu d'indications temporelles également. 

Ce qui domine, c'est la description de la nature, des paysages ingrats du Tennesssee qui semblent dominer l'homme et lui survivre : une végétation calcinée, une rivière capricieuse, des orages apocalyptiques...

On retiendra de magnifiques descriptions lyriques des paysages qui contrastent avec la froideur générale avec laquelle l'auteur traite ses personnages. Ils ressemblent plutôt à des êtres saisis sur le vif sans vraiment d'épaisseur. Je pense que c'est cela qui marque lorsqu'on lit du McCarthy.

Revenons quand même à l'intrigue même si je pense que, tout en filigrane, elle est secondaire par rapport à l'atmosphère générale du livre. Trois personnages typiques de l'univers de l'auteur : un vieil homme (le sage, le gardien), un homme et un gamin. Leurs itinétaires vont se croiser à un moment donné sans pour autant être vraiment liés l'un à l'autre :

Dans les années 30, au temps de la prohibition, Marion Sylder fait du commerce illicite de whisky ; un soir, il tue un "homme", Rattner, sur lequel on ne sait pas grand chose et qu'il enterre dans un verger. Quelques jours plus tard, le vieil homme découvre son cadavre et le protège par les branches d'un cèdre. Six ans passent....
Le gamin, "fils du cadavre", grandit et apprend à chasser, à placer des pièges et se lie d'amitié avec Sylder. ...

On s'imagine déja que le gamin va apprendre la vérité sur Sylder et se venger ! Mais c'est beaucoup plus subtil que cela...Les relation entre les personnages sont esquissées, ils sont très indépendants les uns des autres.

Lire ce titre n'est donc pas un divertissement ; il demande un investissement certain du lecteur, une acclimatation progressive.

En ce qui me concerne, je m'acclimate progressivement mais je suis pas encore "enthousiasmée", plutôt hypnotisée. A suivre ; je compte bien lire Le méridien du sang.

Pour ceux qui ont déja lu McCarthy, faite-moi partager vos impressions...

"La route de la montagne rouge brique sous la poussière avec la dentelle des empreintes de lézards monte à travers le clos des pêchers, brûlante, sans un souffle, monacale dans un silence sans oiseaux sauf un unique vautour qui plane dans le vide gris-bleu de la pente sans soleil et se balance sur l'air ascendant, et la route serpente enserrée entre les buissons de ronces lustrées et vertes, et il y a le sourire grimaçant du cadavre vert scellé dans les eaux fangeuses de la fosse du verger, le crâne vert de vase avec des salamandres lovées dans les orbites et une perruque de mousse"


Repost 0
23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 15:38

FRANCE-LIBAN -2006

Forêts

Editions Actes Sud Papiers

Wajdi Mouawad, d'origine libanaise, est la révélation théâtrale française de 2007. La pièce Forêts dont la mise en scène dure presque trois heures, a fait sensation aussi bien chez les critiques que chez les spectateurs.

Je n'ai pas eu l'occasion de voir la pièce mais je viens de lire la pièce ; c'est profondément original, antique et moderne à la fois, épique et tragique. Une véritable histoire romanesque se déroulant sur cinq générations de femmes. La mort, le sang, le destin, thèmes tragiques par excellence auxquels s'ajoute un brin d'insolite.

Voici le point de départ : Loup, une jeune fille de notre temps, apprend par sa son père que sa mère, Aimée, était atteinte d'une tumeur insolite au moment où elle lui a donné naissance : dans son cerveau, se sont fossilisés un foetus et une mâchoire humaine ! Un paléontologue, Douglas Dupontel, découvre à son tour que cet os a le même ADN qu'un crâne humain découvert dans un charnier à Dachau par son père. 

En compagnie de Douglas, Loup, très réticente et agressive, va donc partir à la recherche de ses origines. A qui appartient cette mâchoire ? Qui est ce Lucien qu'évoque Aimée lors de ses crises d'épilepsie ?

Lou va donc partir à la découverte d'une étrange lignée de femmes, ses ancêtres, qui vont la mener jusqu'à une forêt ardennaise au début du siècle, pendant la Première Guerre Mondiale. Elle va y découvrir la monstruosité des origines mais aussi la réconciliaion, l'apaisement. 

Six femmes, Odette, Hélène, Léonie, Ludivine,Luce, Aimée, six sacrifiques, six abnégations qui ont connu la souffrance, la mort, la violence. Mouawad nous livre un concentré de tout ce qui a pu exister dans le théâtre tragique antique : la lignée maudite, les créatures hybrides monstrueuses, le meurtre entre fratries, l'inceste.
Cela nous fait penser à la fois à Thésée, au Minotaure, à l'Orestie
; la parole de toutes ce femmes n'est pas sans rappeler les souffrances exprimées dans les choeurs antiques.

Il est aussi question d'inconscient, de la force de l'amitié et de la transmission à travers les âges. Pour évoquer ce thème de la filiation, Mouawad a choisi d'introduire des thèmes insolites qui donnent à l'histoire une allure alambiquée, une dimension énigmatique. Ainsi, une mâchoire se retrouve dans un crâne et c'est un paléontologue qui enquête !

Certains ont critiqué l'accumulation de violences et la construction trop ambigüe. Au contraire, je trouve que le texte est savamment construit : chaque acte est centré sur une femme d'une génération, à une époque donnée ce qui n'empèche pas quelques chassés-croisés. 

Mouawad renoue avec les grandes épopées sur plusieurs décennies, ce qui donne une épaisseur romanesque à la pièce de théâtre. Et le coup de théâtre final suscite beaucoup d'émotions !

Si quelques uns d'entre vous ont vu la pièce, vous pouvez me décrire la mise en scène....en attendant d'en voir une !

Repost 0
Published by Sylvie - dans Théâtre
commenter cet article
18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 21:56

ETATS-UNIS

Soudain l'été dernier

Roman adapté au cinéma par Joseph Mankiewicz en 1959

Moi qui n'était pas pour l'instant une inconditionnelle de Tennessee Williams (Un tramway nommé désir), je suis définitivement conquise !

Je viens de voir le film qui est un véritable chef d'oeuvre. Outre la brillante mise en scène de Mankievicz, on ne peut qu'admirer la modernité, la force  des thèmes abordés : le refoulement, la folie et l'homosexualité. 

Rapports de force, lien mère/fils ambigus, jalousie : voila la famille décadente mise en scène par Tennessee Williams. 

Voici l'histoire : Violet Venable fait venir dans sa demeure exotique de la Nouvelle-Orléans le docteur Cukrowicz, neuro-chirurgien. Son fils Sebastian est mort mystérieusement en Europe, l'été dernier. Sa cousine Catherine, qui a assisté à sa mort, est devenue folle. Violet Venable pense qu'une lobotomie pourrait l'aider à retrouver la raison. ...

Mais le médecin, en examinant Catherine, découvre qu'elle est saine d'esprit. Elle est en fait traumatisée par ce qu'elle a vu l'été dernier à la mort de son cousin. Mais qu'a-t-elle vu ?
Le médecin, en digne héritier de Freud, va, par l'intermédiaire de la parole, faire ressurgir le refoulé et ainsi tenter de guérir Catherine. Mais que cherche là cacher la vieille Venable sur son fils Sébastian ? Il est vrai qu'une lobotomie effacerait tous les souvenirs...

Nous sommes littéralement happés par un climat malsain entre des personnages qui se haïssent et s'autodétruisent. Pulsions sexuelles, jalousies incestueuses régissent les rapports familiaux. Les personnages sont d'une telle force psychiqyue que nous partageons leur démence. Catherine, aux prises avec sa souffrance, est extraordinaire. 

Quant à la scène finale, elle est édifiante...

A mon sens, le seul roman(film) qui évoque l'homosexualité masculine, voire les déviances sexuelles, au sein d'une univers familial féminin. Sébastian, l'esthète, le poète, évolue entre sa mère et sa cousine pour qu'elles servent ses desseins. 

Tennessee Williams apparaît ainsi comme le grand peintre des folies et déviances familiales. 

Une oeuvre indispensable à découvrir.

Repost 0
17 janvier 2008 4 17 /01 /janvier /2008 17:45

1954



Voila ! J'ai enfin lu Je suis une légende, le grand classique de la science-fiction adapté récemment au cinéma. Et évidemment, aucun rapport avec le film ! Le sens en est même changé, comble de l'horreur ! 

Car, sans rien vous révéler, dans le film, Richard Neville devient une légende car il sauve le monde. Dans le livre, c'est loin d'être un super héros et en plus, il devient une légende à cause de tout autre chose !

J'ai vraiment aimé ce livre ! Rappelons que Richard Neuville est le seul survivant humain après l'attaque d'un virus qui transforme les hommes en vampires. Chaque soir, il doit barricader sa maison car les vampires sortent la nuit l'attaquer. 

Il commence par lutter contre les vampires par des moyens traditionnels, issus de la légende littéraire et cinématographique : pieux, ails, miroirs. Puis il découvre petit à petit que le vampirisme est en fait issu de réactions sanguines dues à un virus. 

Et c'est là que réside le tour de force de Matheson. C'est d'avoir traité le thème traditionnel du récit fantastique pour l'adapter à une trame de science-fiction : les vampires ne sont plus une légende mais le produit d'une mutation humaine, contre laquelle il faut lutter scientifiquement. 

Il sont en plus dotés d'une profondeur psychologique ; on apprend par exemple pourquoi il ne supportent pas ni les miroirs ni la croix.

J'ai aussi adoré le traitement du personne qui n'est pas du tout traité en héros. Il se défend finalement un peu machinalement tout en ayant des accès de dépression ; l'auteur insiste sur la libido non satisfaite de Neuville et sur sa tendance à l'alcooolisme.

A cela s'ajoute une réflexion sur l'humanisme de Neuville : est-t-il encore humain dans sa soif de liquider tous les vampires ? 

Et puis Matheson évite bien entendu le happy-end du film et la fin est grandiose !

Un seul bémol : Neuville, qui n'est pas un scientifique, découvre un peu trop vite l'origine du virus . Mais on pardonne !

Repost 0