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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 19:15

RENTREE LITTERAIRE 2009

La légende de nos pères

Editions Grasset

Fiction et Histoire : l'un des grands thèmes de cette rentrée littéraire française : Laurent Mauvignier et la guerre d'Algérie, Thierry Hesse et Yannick Haenel abordant la shoah et ...Sorj Chalandon et la résistance.

La légende de nos pères( sur la liste du Goncourt) interroge la mémoire et sa transmission des parents vers leurs enfants.

 

Le narrateur est biographe familial, il écrit la vie des gens simples à leur demande. Il écrit ce qu'ils lui racontent quelque soit la vérité ou le mensonge.

Quelques mois après la mort de son père, ancien résistant, homme modeste qui n'a pas su ou voulu lui raconter son passé, il est contacté par une femme, Lupuline, qui souhaite qu'il écrive la biographie de son père.

Le vieil homme, d'abord réticent, accepte. Le face à face entre les deux hommes commence, fait de respect et de crainte mutuels.
Au fil des entretiens, le narrateur découvre le journal intime de Lupuline, qui, petite fille, écoutait les histoires héroïques de son père. Le narrateur, lui, en profite pour faire revivre les héros méconnus et son père, qui comme il le dit, l'a laissé sans mémoire, sans empreinte.
Une biographie familiale qui prend des formes d'hommage posthume à son père...

Un récit très sobre et poignant, questionnant la mémoire. Le récit nous réserve bien des surprises en prenant un tour inattendu.
Une écriture très simple, aux phrases très courtes, des descriptions qui tentent de trouver le mot juste, sans fioriture aucune, ni sentimentalisme.

Car, à travers cette histoire, Sorj Chalandon interroge son art, l'acte d'écrire : le rapport vérité/mensonge, Histoire/fiction, fidélité/trahison  mais aussi réflexion sur la recherche du mot juste.

Un bel extrait :

"Je suis sorti au crépuscule. Je marche parfois la nuit pour recueillir un mot. J'ai regardé le ciel au dessus de la grand place. Un ciel de juin avant l'orage. je me suis demandé si je pouvais écrire le ciel sans autre mot que ciel. Comment décrire cet état de lumière. Comment approcher l'évident, le simple, des feuilles qui frissonnent. Parce qu'écrire frissonner, c'est déjà s'éloigner de la feuille. Elles ne frissonnent pas les feuilles. Elles font tout autre chose que ce qu'en dit le vent. Elles ne bougent pas, ne remuent pas, ne palpitent pas. Elles feuillent, les feuilles. Elles font leur bruit, sans autre mot. Et le ciel, il nuage. je me suis dit, qu'un matin, au réveil, il me faudrait pour Beuzaboc quelque chose de Tescelin. Ne pas le dégrader par un prêt-à-écrire, mais prendre ses mesures et coudre un mot pour lui"



A signaler également, sur le thème de la résistance, le roman Le tombeau de Tommyd'Alain Blottière, consacré à Thomas Elek, juif hongrois membre des FTP-MOI (Main d'oeuvre immigrée), lui aussi sur la liste du Goncourt...

 

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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 21:29

ROMAN NOIR - MEXIQUE



Editions L'atinoir, 2009

Coup de projecteur sur une maison d'étidion fondée à Marseille en 2007 consacrée au roman noir sud-américain. Paco Ignacio Taibo II en est le conseiller littéraire.

Iode est un ovni littéraire aux allures fantastiques : monologue d'un tueur psychopathe, attardé mental, innocent ou surdoué érudit. On ne saura pas...Comme le dit Taïbo II, l'auteur "a exploré l'innocence du mal d'un psychopathe face au mal programmé de la société".

Dans un petit village du Mexique complètement sans dessus dessous suite à des opérations immobilières, un étrange bonhomme albinos vit en compagnie de sa mère : cartomancienne, sorcière, on sait qu'ellle l'a ressuscité d'entre les morts il y a des années et qu'elle a jeté un sort à son père qui est mort de décomposition avançée ! Alors que sa mère gagne beaucoup d'argent à guérir le corps et l'âme des habitants, le narrateur doit subir l'hostilité des voisins qui lui jettent des pierres. Son passe-temps favori : humer les détritus, regarder la Panthère rose à la télée, écouter de la musique classique et...violer des petites filles pour ensuite les tuer. Les meurtres apparaissent peu à peu mais le narrateur le fait naturellement sans avoir vraiment conscience du mal.

Tout se complique lorsque les différents personnages se dupent entre eux : le chauffeur de bus, la voisine de l'albinos et de la sorcière, les amants de la sorcière. La mère, elle-même, en cache des vertes et des pas mûres !

Chacun joue double jeu et le narrateur innocent fera involontairement tomber les masques petit à petit, souvent à ses dépends. Comme le déclare Taibo II, il ne peut y avoir de lecture morale de ce roman.

Dans cette société pourrie où chacun trompe l'autre (y compris la mère qui trompe le fils) , le narrateur fait figure de génie innocent ; capable de monologuer des poèmes sur l'origine des coquillages (d'où le titre !) et de Carmina Burana, mélomane averti, il est gouverné par l'instinct et les sensations.

On reconnaît bien ici cette littérature sud-américaine qui scrute les maux d'une société d'une manière très poétique, à la limite du fantastique.

Le narrateur est un monstre au sens noble du terme ; il se place au dessus de la mêlée de mafieux pour qui les magouilles et l'argent valent tout. Dans son innocence brutalité, il est ailleurs, au delà.  

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Published by Sylvie - dans Romans policiers
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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 12:29

ETATS-UNIS -Rentrée littéraire 2009

Lark et Termite

Editions Christian Bourgois

L'un des grands romans étrangers de cette rentrée littéraire, sélectionné notamment pour le Prix Télérama-France Culture.
Jayne Anne Philipps a été jusqu'alors un écrivain assez confidentielle en France. Ce magnifique roman devrait lui faire gagner ses lettres de noblesse.

On évoque au sujet de Lark et Termite, l'influence de Virginia Woolf et surtout de Faulkner : roman choral à quatre voix, monologues se croisant à 10 ans d'intervalle, description d'une famille dans l'Amérique profonde, en Virginie Occidentale, noirceur des destins, onirisme d'une relation fusionnelle entre un frère et une soeur.

Juillet 1950 en Corée du Sud. Juillet 1959 dans une petite ville de Virginie Occidentale. Symphonie chorale, 4 ou 5 voix se répondent : le caporal Leavitt, mobilisé en Corée du Sud pour évacuer les populations civiles du Sud sous les bombes de l'armée du nord, agonise dans un tunnel sous les bombardements d'avions alliés...A l'agonie, il songe à des scènes très sensuelles avec sa femme Lola, qui est sur le point d'accoucher.

Neuf ans plus tard, 3 voix puis à la fin, une cinquième.
Lark, l'alouette, un modèle de bonté qui s'occupe de son petit frère Termite, handicapé autiste. Prenant des cours de secrétariat, elle a parfois des rêves de fuite mais elle refuse de se séparer de Termite.

Termite, l'enfant autiste, dont l'auteur retranscrit à merveille son flux de conscience, concert de sensations, enfant passionné par les tunnels, par un mystérieux flacon en forme d'homme lune et par des rubans bleus.

Enfin, Nonie, la tante, qui a recueilli les deux enfants il y a des années.
Des personnages secondaires, hommes pour la plupart. Le lecteur découvre peu à peu les liens  qui unissent les personnages ; les secrets familiaux se dévoilent. Les deux enfants découvriront peu à peu leur origine après une scène d'inondation quasie biblique. En arrière plan, le drame de la guerre de Corée, période historique rarement évoquée dans la littérature américaine.

Lark et Termite, c'est bien sûr une histoire très touchante, un amour fusionnel entre une soeur et son frère, une tragédie familiale, des secrets. C'est aussi une puissance d'écriture mêlant roman social, psychologique et onirisme.
Dans une écriture sensuelle et tragique, Jayne Anne Phillips retranscrit des atmosphères à travers des leitmotivs, des correspondances à des années d'intervalle : il y a d'abord le tunnel ferroviaire qui est le lien entre les époques, entre le père et le fils ; le père mourra dans ce tunnel, Termite est fasciné par un tunnel en Virginie, par les trains et la rivière qui le traversent. Aboutissement et fin dans une histoire, signe du départ, de l'ouverture neuf ans plus tard.
L'auteur décrit l'eau, l'air, le ciel, le brouillard ; à travers le regard de Termite, c'est une écriture d'atmosphère, de la sensation qui naît.

Ce roman est ancré dans des lieux bien précis, il y a à des années d'intervalle, une unité de temps et de lieu ; 4 jours en 1950, 4 jours en 1959. Un tunnel, un restaurant où travaille Nonie, une vieille barraque où vivent Lark et Termite, un vieux bar du sud où l'on entend les airs du juke-box. Après une inondation (qui n'est pas sans rappeler l'inondation de Si je t'oublie Jérusalemde Faulkner), les horizons s'ouvrent : ouverture du tunnel, départ, fin du roman.

La noirceur du roman est sublimée par la présence de l'imaginaire qui donne au roman une dimension onirique : flux de conscience de l'enfant autiste saisissant les couleurs, les bruits et les atmosphères, figure imaginaire d'un être qui peut personnaliser l'envie de départ, rêve de la mère disparue, rêve de retour aux origines, correspondances thématiques entre les époques.

Un très grand texte qui gagne à être découvert.

En conclusion, une phrase symbolique du roman :

" Regarde à l'intérieur, c'est à l'intérieur que tu es vraiment.....Ne crie plus, jamais, ils te trouveront si tu cries. Ne bouge plus. Ecoute"

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 18:29

ROMAN ADO

Terre noire - Terre noire, T1 T1

Editions Flammarion, 2009, 2 tomes

Michel Honaker, valeur sûre de la littérature jeunesse, signe ici un roman palpitant de facture classique.

En 1887, à Saint-Petersbourg, le jeune compositeur Stefan Tchakarov, fils adoptif d'une baronne, proche du tsar, doit subir la jalousie de son "frère" et de son "beau-frère". Ces derniers ourdissent un complot, le faisant passer pour un ami des terroristes socialistes.

Soudoyant les agents de la police secrète du tsar, ils fomentent son arrestation mais ce dernier leur échappe et se réfugie dans son domaine ukrainien, Terre noire. A partir de là, commence une vie d'exilé et de paria : la Pologne, la France, la Toscane. A Saint Petersbourg, Natalia, sa soeur adoptive, secrètement amoureuse de lui, tente de démasquer ses proches...

Tchakarov, l'artiste naïf, devient peu à peu ivre de vengeance. ...Il projette d'écrire un opéra sur Hamlet, le modèle du personnage vengeur...

Un beau récit d'aventure renouant avec les grands romans classiques du XIXe siècle, ce qui est rare dans la littérature ado d'aujourd'hui ! On peut évoquer tour à tour Dostoievski et Shakespeare.

Thèmes de la vengeance, de la politique, de la création. Les entrées en matière sont multiples.

En espérant que nos jeunes lecteurs seront tentés de lire la littérature classique russe ainsi que Shakespeare...Une belle entrée en matière !

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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 18:27

THEATRE



Théâtre des Abbesses, Paris, septembre 2009

Très belle pièce en ce moment au Théâtre des Abbesses, mis en scène par David Lescot au Théâtre des Abbesses. Metteur en scène, dramaturge et musicien, il propose une pièce très sarcastique sur la "culture européenne".

Des artistes venus de toute l'Europe sont embauchés par les fonctionnaires européens pour faire un projet ensemble. Mais quoi ? C'est justement la question qui se pose !

Mais au fait, en quelle langue ? Car, à la Commission Européenne, il y a 23 langues utilisées et des centaines d'interprètes. Ils ne vont tout de même pas utiliser l'anglais ! Alors, on parle d'intercommunicabilité passive !

Une performeuse slovaque, un performer portugais, un orchestre français, une chanteuse italienne se croisent et se recroisent sans parvenir à s'entendre. C'est sans compter un chef d'orchestre génial qui souhaite recrééer un hymne européen pour remplacer l'hymne à la joie de Beethoven...

Fonctionnaires, artistes, interprètes se succèdent sur scène. Dans une ambiance de music-hall, David Lescot épingle la politique culturelle européenne tout en sachjant pertinemment qu'il n'existe pas une identité européenne mais plusieurs...Quitte à convoquer les chants russes et la musique klezmer ...

A mon avis, il se moque également beaucoup du monde artistique dans sa globalité, de ces fameuses résidences d'artistes qui n'ont pas vraiment de projets...

Vivant et original.

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 17:40

TURQUIE

Lait noir

Editions Phébus, 2009

A l'occasion de la Saison culturelle turque, les médias parlent beaucoup d'Elif Shafak. Et pour cause ! Depuis que j'ai découvert cet été La bâtarde d'Istanbul, je suis tombée sous le charme de cette conteuse géniale.

Avec ce nouvel opus, l'auteur nous livre à la fois un essai autobiographique et une réflexion subtile sur la maternité chez les femmes écrivains. Érudition, humour sont au rendez-vous dans ce conte oriental digne des Mille et une nuits.

Il est question de sa propre expérience après son accouchement, lorsque l'auteur a sombré dans une dépression postnatale. Mais sous sa plume, la dépression est personnifiée par un djinn à la grosse bedaine bien attachant, Lord Poton...

Ce dernier vient la visiter pour capturer le choeur de ses voix intérieures qui lui causent bien des soucis : Miss Cynique Intello, Miss Intelligence pratique, Miss Satin Volupté, Maman Gâteau, Dame Derviche...

Ces minuscules créatures tournent autour de l'écrivain et lui rendent la vie impossible car elles représentent chacune une facette de sa personnalité. Et lorsque le désir de maternité se fait entendre, les intellos se rebiffent...jusqu'à vénérer l'arbre-cerveau !

Putch, monarchie, démocratie, anarchie...Tous les régimes politiques passent et repassent dans la tête de l'auteur !

Ce conte oriental extrêmement drôle est aussi un essai très érudit sur la maternité chez les femmes écrivains. Elif Shafak convoque les grandes figures littéraires féminines telles Simone de Beauvoir, Virginia Woolf, Sylvia Plath , Zelda Fitzgerald, Doris Lessing et interroge leur rapport à la maternité. Littérature et maternité font-elles vraiment bon ménage ? Apparemment, non...Mais l'auteur réfute l'idée que l'écriture est un accouchement....

Le lait noir est celui de la dépression, qui ne fait pas bon ménage avec l'encre...

Un superbe moment de lecture qui nous emmène dans un monde magique constitué de créatures bien insolentes !

Un vrai coup de coeur sur un sujet grave, très peu évoqué dans la littérature.

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 14:42

MANGA, ANIME, FILMS ...

Death note - Death note, T12

Editions Kana

Imaginez un livre des morts qui tombe du ciel...Un adolescent épris de justice l'ouvre,  apparaît devant lui le dieu des morts. Il apprend que tout nom inscrit sur ce livre provoque la mort de la personne en question par crise cardiaque...

Light Yagami, conscient du pouvoir extraordinaire qui lui est conféré, décide de faire justice lui-même et de s'attaquer aux criminels impunis. Au quatre coins du Japon, une série de "meurtres" inexpliqués par crise cardiaque attire l'attention des médias et d'Interpol.

L'enquête est confiée au père de Light qui est commissaire et au mystérieux L, un homme dont on connaît ni le nom, ni le visage...

Le duel entre Light et L, les deux cerveaux, peut commencer. Formidable thriller psychologique et réflexion sur le bien et le mal et la justice, Death Note est l'un des meilleurs mangas de ces dernières années. Phénomène de société au Japon, ce manga a aussi beaucoup de succès en France.

Pour l'instant, je n'ai vu que les deux films, adaptation fidèle de la série. Si nous avons l'impression au début que nous allons regarder une énième série pour post-ados, la complexité de l'intrigue et la finesse psychologique des personnages ont vite fait de nous en dissuader.

Derrière ce jeu de piste, il y a l'éternelle question du bien et du mal. Kira (le surnom de Light donné par ses admirateurs) a-t-il le droit de tuer des criminels. Éternelle question de la peine de mort...Les médias s'emparent de la question, Kira devient vite le nouveau héros des temps modernes. Les journalistes veulent s'arracher les scoops, les groopies affluent.
Light est prêt à tout pour contrôler les esprits et va même jusqu'à sacrifier sa petite amie. La relation père/fils (le père traque son fils sans le savoir) est très intéressante.

Quant au mystérieux L, l'enquêteur surdoué qui piste Light, c'est un ado au look anorexique qui se goinfre de gâteaux et de sucettes...On appréciera également Missa, le personnage de la chanteuse groupie de Kira, qui se soumet à lui, à la vie à la mort...

Manga aux accents fantastiques (la mort est personnifiée, les policiers parlent avec les anges de la mort), Death Note est aussi une analyse fine de notre société contemporaine (toute puissance des médias, starisation....)





Je crois que je vais jeter un coup d'oeil du côté de la série papier...

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Published by Sylvie - dans Mangas
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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 14:30

NOUVELLES

Accrocs

Editions Actes Sud Junior, 2009

Voici un recueil de nouvelles pour ados, très politiquement incorrect ! Même si certains seront choqués par le style très cru des personnages, il faut reconnaître que l'auteur a le sens de l'intrigue et de la chute.

Un ado prend la parole dans chaque nouvelle et s'adresse à un interlocuteur indéfini, en l'occurrence le lecteur, en le tutoyant ; il lui raconte ses aventures pas très catholiques !

Homosexualité, prostitution, suicide, laideur, sexe...Abier aborde tous les thèmes qui font tâche n'épargnant personne au passage, y compris les parents.

Un ado "dénonce" sa soeur lesbienne auprès de ses copains machos, une minette très belle, sûre d'elle décide de "tester" un moche, un ado rentre plus tôt chez lui et découvre que sa mère se prostitue, une fille met sa copine dans le lit de son père pour faire craquer sa mère, un bouc-émissaire fait chanter sa classe en lui faisant croire au suicide...

Mais dans ces petits jeux, personne n'est dupe. Le joueur se fait attraper en premier et la chute des nouvelles est souvent délicieuse...

C'est rondement mené, plein d'humour noir. Un portrait amer de l'adolescence de nos jours.

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 13:51

ROMAN POLICIER

Anaisthêsia

Edition Gallimard, Série Noire, 2008

Antoine Chainas est l'une des révélations de la série noire française de ces dernières années avec Caryl Ferey et Doa. Malgré une intrigue originale, je trouve que son roman est bien inférieur au style de Ferey par exemple.

Une ville et un pays indéterminés. On pense que c'est en France dans une banlieue pourrie. Les premières pages sont sublimes : un homme parle d'outre-tombe, il décrit son autopsie avec moults détails...Quelques pages plus loin, on découvre qu'il est sorti du coma, après un accident de voiture dans l'exercice de ses fonctions. Désiré est un flic noir, le premier à avoir intégré une unité d'investigation après des émeutes interraciales...autrement dit, il est le champion de la discrimination positive.

En sortant du coma, il est victime d'un étrange syndrome qui lui fait perdre toute sensation de douleur. défiguré, il devient le "fantôme" de la police, celui qu'on enferme dans le placard alors qu'il devient "la pompe à fric" d'un neurologue avide de célébrité...Alors que ce dernier multiplie les expériences sordides sur lui, Désiré reprend contact avec une bande de dealers (en gros, il faisait double jeu avec la police et les gros caïds du coin) et est utilisé par la police pour servir d'appât à "la tueuse aux bagues" une tueuse sanguinaire amatrice de nègres défigurés....

De bons passages mais une insistance trop appuyée aussi bien dans l'écriture que dans l'intrigue. On en finit plus des détails sordides ; Chainas décrit avec précision les nerfs, les os, les muscles du corps, les éléments du cerveau. Le  sexe, le sang sont plus que jamais au rendez-vous. Cela ne me gêne pas mais l'abondance des détails frise la caricature ; le style d'écriture de Chainas consiste toujours à en faire toujours plus.

Des thèmes intéressants : le monstre de foire exploité par les médias, la discrimination positive, le lien entre policiers et les bandes.

Cela aurait pu devenir une intrigue palpitante. Dommage qu'on évolue petit à petit vers la caricature...

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Published by Sylvie - dans Romans policiers
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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 15:25

JEAN-CLAUDE MOURLEVAT

Le chagrin du roi mort

Gallimard jeunesse, 2009

Jean-Claude Mourlevat est l'un des auteurs jeunesse les plus connus. Prix des incorruptibles en 2008 pour Le combat d'hiver, il fut professeur d'allemand et clown ! Passionné par les voyages, il se consacre aujourd'hui entièrement à l'écriture.

Ce titre mystérieux cache un joli conte aux accents d'heroïc fantasy : dans un pays enneigé, dans une petite île surnommée Petite-Terre, Aleks et Brisco sont élevés comme des jumeaux ; ils assistent ensemble aux funérailles du bon roi Holung ; soudain, Aleks est comme happé par le fantôme du roi qui le met en garde contre le feu.

Quelques jours plus tard, Brisco est enlevé par la Louve, une princesse qui l'emmène sur Grande Terre où réside le roi Gueralf, exilé par le roi Holung pour avoir tué son fils, l'héritier du trône...

Alekx apprend que Brisco est en fait le petit-fils du Roi Holung et que Gueralf l'a capturé pour accomplir sa vengeance.

Petite-terre, le royaume de la paix et des livres, ne va plus avoir le choix que de déclarer la guerre à Grande Terre.

Force de l'amitié, affrontement entre un pouvoir sanguinaire et une monarchie constitutionnelle, apprentissage de l'amour...

Plutôt que de s'appesantir sur  les descriptions des batailles comme la plupart des romans d'héroïc fantasy, Mourlevat insiste sur la psychologie des personnages et leur relation entre eux : fraternité entre deux frères adoptifs, sentiments ambigus de la Louve qui n'a pu avoir d'enfants er qui reporte toute son affection sur Brisco, naissance du sentiment amoureux chez Aleks qui désertera pour retrouver Lia au bout de plusieurs années, relation avec les parents...

Mourlevat affirme son talent de conteur en décrivant des atmosphères absolument féeriques : vastes terres enneigées, bibliothèque magique où on se promène dans des chariots dans des galeries !

L'écriture est très limpide ; on appréciera également des personnages secondaires hauts en couleur ! Une sorcière mangeant des queues de rats, un nain célibataire et maniaque jouant du violon et un chasseur sanguinaire ayant des hallucinations !

A découvrir....On attend sans doute patiemment la suite des aventures d'Aleks et de Brisco...

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