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  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 19:30

UN AVANT-GOUT DE LA RENTREE LITTERAIRE

 

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants

 

Actes Sud, 2010

 

Voici en avant-première, avant sa sortie le 31 août, le nouvel opus de Mathias Enard, auteur il y a deux ans du remarqué Zone.

 

Il signe ici un roman historique sur les coulisses du monde de l'art et sur la vie méconnue de Michel-Ange. Nous sommes en 1506 ; le grand artiste n'a pas encore décoré la Chapelle Sixtine, il le fera quelques années plus tard. Alors qu'il est au service du pape Jules II et que ce dernier tarde à lui délivrer les finances pour la réalisation de son mausolée, le sculpteur est contacté par les ambassadeurs du Sultan de l'Empire Ottoman. Ce dernier souhaite qu'il construise un pont sur La Corne d'Or, reliant les deux rives du Bosphore.

Le grand sculpteur quitte alors Rome pour s'installer chez les infidèles à Istanbul...

 

Mathias Enard, grand spécialiste de la culture arabe et persane, s'inspire bien sûr d'un fait réel. Michel-Ange a bien réalisé des croquis de ce pont, après Léonard de Vinci.

 

A partir ce ce fait réel, l'auteur brode une histoire follement romanesque où le génie est courtisé par le grand poète ottoman Mesihi et par un être mystérieux, moitié homme, moitié femme, juif expulsé de la récente Espagne des Rois catholiques.

 

Le lecteur est plongé dans un conte oriental où les personnages gardent toute leur énigme.

Dans un clair-obscur magistral, Enard fait alterner la voix  du sculpteur et le mystérieux danseur-poète qui est tombé amoureux de lui.

 

On appréciera également, à l'image du pont de la Corne d'Or, un Michel-Ange entre deux eaux, qui hésite beaucoup : le jeune sculpteur hésite entre deux cultures, entre deux destinées, entre deux amours...

Voici un artiste en gestation qui sera à jamais marqué par ce qu'il a vu à Istanbul : l'auteur nous dit que son amour lui a inspiré le corps d'Adam de la Chapelle Sixtine...

 

Légende ? Sûrement. Ce court texte, telle une miniature persane, regorge de petits contes. Quant au titre énigmatique, c'est un hommage à la force des histoires, des contes lorsqu'on a tout perdu dans les ravages de la grande Histoire.

 

Une belle occasion aussi de découvrir la culture ottomane à travers le beau portrait du poète Mesihi

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 19:26

Allemagne, 1989

 

Ce chef d'oeuvre méconnu en France a été écrit par l'auteur du Nazi et le barbier, récemment réédité par les Editions Attila.

 

Hilsenrath, juif ukrainien, s'est fait connaître par ses récits à la fois truculents et tragiques sur l'Holaucauste. Dans ce roman, il raconte "l'épopée" d'un autre grand massacre, celui du génocide arménien, d'une manière à la fois rocambolesque et poétique.

 

Car la tragédie est racontée comme un conte oriental, à la manière des Mille et une nuits : un conteur prend la parole, à l'oreille d'un vieil homme mourant, Thovma Khatisian, un orphelin naturalisé suisse, rescapé du génocide de 1915.

Il s'agit d'un conteur qui va lui raconter le conte de la dernière pensée , celle qui vient à l'esprit avant la mort. Cette pensée, c'est l'histoire de ses origines, de ses parents, paysans arméniens du début du siècle

Nous voilà alors promenés dans un roman historique où l'auteur va insérer des éléments rocambolesques à l'histoire véridique du génocide. Le conteur fait voyager son "gisant" dans l'espace et le temps pour lui raconter la meilleure histoire qui soit, celle de sa famille et de son pays.

Nous sommes en 1915 ; tout comme dans Le nazi et le barbier, Hilsenrath invente une histoire truculente dénonçant la bêtise des autorités tursques: Wartan, le père de Thovma, paysan poète émigré aux Etats-Unis est accusé à son retour d'avoir tué l'archiduc François Joseph et d'avoir ainsi déclenché par grande guerre !

Pour sauver sa famille, il accepte son inculpation et un procès va s'ouvrir prouvant la conspiration mondiale des arméniens ! Mais tout se complique....

 

A partir de cet événement inventé truculent, Hilsenrath crée une fresque au ton satirique habituel : des autorités turques vues comme des pantins, tel Ubu roi, des scènes paillardes à n'en plus finir...

 

L'auteur réalise un véritable chef d'oeuvre : tout en racontant fidèlement la tragédie, il renoue avec la grande tradition poétique du conte oriental ; le conteur magnifie les traditions paysannes et religieuses du peuple arménien dans une très belle symphonie pastorale. De multiples personnages hauts en couleurs, comme cette guérisseuse qui réveille les morts et ce vieillard qui s'invente ses origines.

 

Un roman qui mêle à la fois l'imagination la plus folle au témoignage historique.

Indispensable !

 

 

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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 12:41

Gallimard, 2006

 

 

Trois itinéraires japonais...

 

C'est la première fois que je lis un titre de Philippe Forest. j'ai entendu en avant-première un extrait de son nouveau roman paraissant en septembre, Le siècle des nuages, retraçant en même temps l'histoire de son père aviateur et l'histoire de l'aviation.

 

J'avais entendu parler de son écriture délicate, poétique et surtout du "cataclysme" fondateur de son écriture : la mort de sa fille de 4 ans d'un cancer des os.

Il a relaté ce drame dans L'enfant éternel, transformant sa fille décédée en être de papier.

L'enfant éternel

 

Dans Sarinagara, il s'agit encore une fois d'évoquer cette mort cruelle mais en la mettant en parallèle avec le destin de trois personnalités japonaises qui ont été confrontées soit à la mort d'un enfant, soit/et au face à face avec le néant : Issa, dernier grand poète spécialiste du haïku au début du XIXe siècle, Natsume Soseki, l'inventeur du roman japonais moderne et le photographe Yamahata qui, le premier, prit des photos des ruines de Nagasaki après l'explosion de la bombe nucléaire.

 

Roman ? Essai ? Biographies ? Sans doute les trois à la fois, le tout rassemblé en quête initiatique. Philippe Forest ne comprendra qu'à la fin ce qu'il est venu chercher au Japon.

 

Le titre du récit, qui signifie "cependant"est le dernier mot du plus célèbre haïku d'Issa :

 

Monde de rosé

C'est un monde de rosé

Et cependant (pourtant)

 

Il s'agit de comprendre "l'au delà" du néant, ce qui fait survivre après le cataclysme, la permanence d'un quelque chose qui résiste à la fuite du temps. C'est ce "cependant" que l'écrivain cherche à saisir.

 

Le texte, remarquablement écrit, loin de tout misérabilisme, est parfois ardu mais nous apprend plein de choses sur le destin de ces trois personnages. Je connaissais le grand romancier Soseki mais beaucoup moins Issa et n'avais jamais entendu parler du photographe de la bombe de Nagasaki.

 

Une belle occasion de découvrir la culture japonaise à travers ses arts et aussi de lire une écriture très fine.

 

une oeuvre très subtile qui mérite d'être relue plusieurs fois...

 

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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 12:14

ARGENTINE

 

 

Editions Moisson Rouge, 2009

 

Coup de projecteur sur les editions Moisson Rouge qui, depuis 2007, mènent une politique éditoriale originale afin de nous faire découvrir des perles rares de la littérature noire classique et contemporaine :

 

http://www.moisson-rouge.fr/

 

" Critique sociale, peinture des déroutes et des folies de l'époque, fresque urbaine, roman noir, fantastique et trans-genre. Au catalogue, une grande variété géographique, avec une nette orientation vers les sociétés en crise ou en mutation.Notre ligne éditoriale sinue en marge du polar classique. Nous jouons sur l'explosion des codes plutôt que sur les trames narratives classiques du roman policier et sommes particulièrement attentifs au style, à la qualité littéraire, à l'originalité et à l'atmosphère « noire ».

 

Ce thriller loufoque a remporté un prix à la Semana Negra à Gijon.

Un roman mené tambour battant qui vaut le détour ! Les situations rocambolesques sont au rendez-vous.

Imaginez un petit fonctionnaire de l'état civil qui se retrouve avec sa femme dans un bel hôtel du Maroc. Il a déjà rêvé de Dorita meurt de milles façons ! Et bien, un beau matin, crise cardiaque ! Ayant peur qu'on l'accuse, Octavio met le cadavre sous le lit de la chambre d'hôtel et s'enfuit. Dans le hall de l'hôtel, il rencontre Soldati, un révolutionnaire qui pique les portefeuilles des milliardaires boliviens. Soldati s'est reconverti dans la vente de glaces dans le désert...et lui propose d'utiliser son camion frigorifique pour enlever le cadavre...

 

Mais tout ne se passe pas comme prévu. Lors de leur déambulation dans le désert, Octavio et Soldati sont rattrapés par le milliardaire bolivien et des gangsters qui veulent à tous prix récupérer leur mystérieux portefeuille...

 

Tout se complique encore un peu plus lorsqu'un troisième larron vient rejoindre les deux compères : un argentin qui se révèle être Carlos Gardel censé être mort dans les années 30 et qui rêve de tuer Julio Inglesias qui a repris l'un de ses tangos !!! Sans oublier un Prix Nobel de Littérature qui n'a jamais écrit une ligne....

 

Tout ce beau monde, derrière cette épopée burlesque, poursuit à sa manière ses rêves ; la vie est une allée simple, il ne faut pas de regrets, il n'y a pas de retours possibles :

 

"L'important c'est d'aller, de faire, de rire, de pleurer, de vivre. Ce sont des verbes, de l'action. Si tu te trompes, tant pis. Mais si tu ne décides pas par toi-même, la chance, bonne ou mauvaise, te sera toujours étrangère. Tu comprends ? On ne peut pas vivre en accusant toujours les autres de son malheur, parce qu'être malheureux, c'est aussi un choix, mais un choix de merde. »

 

Ce road-movie déjanté est en fait une quête initiatique, une allégorie sur la poursuite des rêves, aussi insensés soient ils.

L'anti-héros, le petit fonctionnaire, va révéler son talent au cours du voyage. Onirisme, fantaisie et humour forment un coacktail explosif. Cela  pourrait être une nouvelle science des rêves, en roman...

 

On ne peut pas vraiment parler de polar...Il y a certes des courses-poursuites et des envies de meurtre mais nous retenons surtout les aventures fantasques, les désirs des personnages. On est bien dans cette nouvelle littérature au delà des genres...



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Published by Sylvie - dans Romans policiers
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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 20:04

PRIX EMMANUEL ROBLES ET JEAN GIONO, 2003

 

 

Editions Zulma, 2002

 

Voici le premier roman de Stéphane Héaume qui, depuis, s'est fait connaître comme une voix singulière, mêlant fantastique et onirisme.

 

Le clos Lothar est une fable fantastique en même temps qu'un conte politique : l'auteur nous plonge dans une dictature où les artistes sont chassés ou condamnés à mort. Ils n'ont plus le droit d'écrire, de danser, de dessiner...

 Le jeune écrivain Baptiste doit subir la censure. Ayant perdu sa raison de vivre, il s'apprête à se suicider. Il se rend dans une auberge "dissidente" où un vieil homme l'emmène dans un mystérieux passage. Il va bientôt découvrir une mystérieuse cave où s'entreposent des flacons d'encre de toutes les couleurs...

Ravissement total du héros...A l'instant même, les milices du Prince Sterpu pénètrent dans l'auberge. Baptiste reconnaît une connaissance d'antan, Lothar, un ancien danseur.

Ils vont s'enfuir tous les deux dans le repaire caché de Lothar...le Clos du même nom. Imaginez un vieux galion échoué sur une île, épave sauvée des eaux suite au réchauffement climatique. Les champs alentours, très fertiles donnent une vigne très spéciale : le vin est en fait de l'encre...

 

Un écrivain prêt à tout pour vivre de sa plume, un ex-danseur boiteux, une gitane mystérieuse et derrière tout ça, une vieille femme, peut-être morte, peut-être vivante.

 

Dans ce décor féerique, les passions et les destins vont se noués. On pense à Julien Gracq mais aussi à la Carmen de Mérimée. Amours incompris, destins brisés, lutte pour la liberté, mystère des personnages. Dans un style littéraire très musical, mêlant à la fois les longues phrases et les instantanées, Stéphane Heaume écrit une épopée politique célébrant la liberté de l'artiste.

 

Dans un rêve éveillé, les personn,ages partent vers une destinée, une destination inconnue...Et le lecteur se souvient longtemps de ces vignes d'encre, ces hordes de loups, ces chants de gitans et de ce galion surgit de nulle part.

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 19:24

PRIX DU LIVRE INTER 2007

 

 

Editions Viviane Hamy, 2006

 

De cet écrivain français de premier plan, je n'avais lu que Groom, récit d'une grande fantaisie dans le monde de l'art.

Etant donné qu'il vient dans ma médiathèque au mois d'octobre et qu'il a présenté en avant-première son livre de la rentrée Les soeurs Brelan, j'ai eu envie de découvrir son oeuvre la plus connue, qui lui a valu le Prix du Livre Inter en 2007.

 

Quelle découverte ! Un magnifique roman sur la dialectique maître/esclave dans les terres giboyeuses d'un Ouest fantasmé, au milieu du XIXe siècle. Une propriété, des étangs, la brume, la forêt. Un baron fou, partagé entre sa passion pour l'esprit révolutionnaire et les jupons. Un garde-chasse, Lambert, soucieux de maintenir l'ordre dans la propriété, entouré de sa famille et de ses chiens. Au début, très dévoué, il découvre la folie de son maître, son obsession pour Victor Hugo qu'il rêve de rejoindre à Guernesey et surtout les jeunes femmes qui disparaissent...

 

Lorsque le Baron de l'Aubépine va s'en prendre à Magdeleine, la fille de Lambert, les rapports maîtres/valets vont se transformer... La chasse ne fait que commencer...

 

La folie, la chair, le sang mis en scène dans un décors forestier et brumeux. La tension est à son comble. Grâce à un style majestueux, haletant, suffoquant, Vallejo parvient à épouser la folie et la peur de ses personnages. Dans un flux verbal sans fin, refusant les mises à la ligne pour les dialogues, l'auteur épouse les différentes voix de ses personnages : phrases courtes, interrogations se fondent aux descriptions en tout genre. Le lecteur voyage dans la phrase, respire au rythme des personnages.

 

L'histoire est admirable et le style encore plus. Fait suffisamment rare pour le souligner. En même temps, Vallejo évite toute fioriture ; on sent le parler vrai, la voix du peuple, quasiment le patois, la respiration des personnages que ce soit Eugénie, la femme de Lambert où sa fille. On sent le flux intérieur des différentes pensées, sans jamais nous perdre.

 

Un magistral huis-clos qui nous plonge dans un XIX e siècle au bord de la folie, à milles lieux de la raison raisonnante des Lumières.

 

Un charme suranné, une belle oeuvre classique. Autrement dit, un chef d'oeuvre...

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 23:18

EDITIONS DE L'OLIVIER, 2008

 

 

Une envie de littérature divertissante ? Une envie de sortir de la littérature bobo trentenaire maniaco-dépressive et prétentieuse ?

Une solution : une plongée dans l'oeuvre de Martin Page ...

 

Je ne connaissais que de nom cet auteur parisien né en 1975 qui s'est fait connaître en 2001 avec Comment je suis devenu stupide ?

Sa spécialité : le portait de héros fantasques, hommes très moyens au bord de la dérive qui nous font rire aux éclats par leur côté complètement décalé. Martin Page manie le sarcasme et l'humour noir avec brio, sans prétention.

 

Ce roman, par exemple, se lit comme une fable fantaisiste : Virgile est un trentenaire célibataire, collectionnant les aventures ; travaillant dans la publicité, il est très timide et ne veut surtout pas se faire remarquer. Surtout, pas d'ambition  ! Rester un homme moyen, invisible...alors qu'il vit dans un immeuble de passe !

 

Jusqu'au jour où, lorsqu'il rentre chez lui le soir, un message lui apprend que Clara le quitte. Sauf, qu'il ne connaît pas Clara !

Il croit alors qu'il est atteint d'une maladie dégénérative très avancée ....Il va voir sa psychanalyste qui lui prescrit des analyses. Pour lui, tout est fini. Il résilie même son bail et son électricité....

 

Mais en fait, il n'a rien. alors que tout le monde est au petit soin pour lui pour le soigner de sa "rupture", il s'aperçoit que cette fausse séparation va lui bouleverser sa vie...

 

Comment un homme plus que quelconque qui ne rêve que de se cacher parmi la foule va-t-il vivre cette aventure rocambolesque ?

Il va finalement découvrir que la fantaisie a ses avantages...

 

Le rire vient des aventures fantasques de ce Candide moderne en décalage profond avec son époque : il se retrouve avec une lampe torche au front pour faire face à sa coupure d'électricité, il doit subir les visites de son appartement puisqu'officiellement mort, il se retrouve à la CGT car il a refusé une augmentation qu'on veut lui imposer !!!!

 

On pense aussi un peu à Tati dans cet univers poétique décalé. C'est léger, divertissant, à l'opposé de cette littérature trentenaire dépressive. Un beau portrait d'un anti-héros d'aujourd'hui.

 

 

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 19:38

ETATS-UNIS

 

 

Premier roman

Nils Editions, 2010

 

Coup de maître pour un premier roman ! Assurément, l'un des mes gros coups de coeur de l'année...

Ce livre unique en son genre est avant toute chose un bel objet qui rassemble texte, dessins, cartes qui commentent l'histoire dans les marges.

 

A l'origine de tout cela : un jeune génie de 12 ans qui cartographie tout ce qu'il voit ; sa soeur en train d'éplucher du maïs ou encore son père cow-boy en train de s'occuper de ses chevaux.

 

Du fin fonds de son Montana natal, il reçoit un appel d'une société savante de Washington qui lui apprend qu'il a gagné un prix. Bien sûr, ils ne savent pas que le gagnant est un enfant...

 

C'est alors que T.S Spivet va quitter son Montana natal pour venir chercher son prix et parcourir le pays en solitaire...en chemin de fer !

 

Il quitte donc incognito sa famille très bizarre : sa mère, le Docteur Clair, "coléoptériste" qui passe sa vie à chercher un insecte qui n'existe sans doute pas, son père, cow-boy qui se croit encore au temps des westerns, Gracie, qui rêve de devenir actrice, et son frère mort, Layton, dont le fantôme n'a pas cessé de hanter sa maison.

 

 

 

C'est parti pour des aventures rocambolesques. Sur le chemin, Spivet retournera involontairement vers le passé et l'itinéraire de ses ancêtres car il n'a pas volé le carnet de travail de sa mère mais au contraire son journal intime où elle raconte l'itinéraire de son ancêtre, Emma, la première cartographe du monde. 

 

Comme le dit T.S Spivet, les forces antagonistes s'attirent ; il roule vers son futur mais aussi vers son passé. Alors qu'il croit être maître de son destin, on lui cache peut-être des choses...

 

Le lecteur va de surprises en surprises ; alors que nous croyons être en plein 19e siècle, nous découvrons que tout se passe aujourd'hui, à l'ère des MacDos et des I.Pods. L'écrivain nous ballade constamment entre Amérique rustique et futuriste.

 

C'est bien sûr T.S Spivet qui nous raconte son histoire ; nous rions, nous nous émouvons, face à ses aventures rocambolesques.

 

Stephen King déclare que nous nous situons entre Mark Twain, Pynchon et Little Miss Sunshine. En nous contant l'histoire d'un Tom Sawyer du 21e siècle (le génie en plus), l'auteur écrit un magnifique récit d'apprentissage (T.S va découvrir toute sa généalogie et le vrai visage de ses parents) mais aussi une satire de notre société (la médiatisation à outrance, l'hypocrisie du monde scierntifique, la politique américaine...). Finalement, l'Amérique profonde a bien des qualités !

 

Une galerie de personnages pittoresques, du rythme,du suspense, de l'aventure. Une lecture de vacances toute trouvée !

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 22:38

COREE

 

 

Editions Philippe Rey, 2010

 

Voici une découverte coréenne, traduite pour la première fois en français. On pourrait situer l'auteur comme une digne héritière de la japonaise Yoko Ogawa.

 

L'idée de départ est excellente : une excellente cuisinière, travaillant à son compte, se fait plaquer par son compagnon, qui est partie avec un mannequin.

La narratrice tombe dans la mélancolie. C'est dans la cuisine qu'elle va trouver le réconfort et aussi un moyen d'exercer sa vengeance.

 

On retrouve tout le côté gore et sulfureux d'Ogawa. Mais avec la subtilité en moins et la longueur en plus.

 

L'idée de départ est originale ; l'auteur évoque différents plats et mets qui sont attachés à des sentiments, des états d'être ou qui ont des effets sur le comportement des personnes.

 

Idée divertissante aussi d'associer le chien de l'ex-compagnon à ses méditations mélancoliques.

Mais le problème est qu'il ne se passe pas grand chose. Et l'on devine vite que la narratrice va se venger d'une manière pas catholique avec la nourriture sur sa rivale.

 

De bonnes idées mais assez abouti à mon goût !

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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 09:34

SUISSE

 

Editions Christian Bourgois, 2010

 

Martin Suter, auteur de plusieurs best-sellers n'est plus à présenter ; auteur de plusieurs best-sellers, il est aujourd'hui l'écrivain suisse le plus connu au monde.

 

Son dernier opus est une vraie réussite : il nous plonge dans la Suisse des immigrés, celle des Tamouls ayant fui le Sri-Lanka. Imaginez un cuisinier tamoul qui a appris les secrets de la cuisine des épices pendant son enfance avec sa grand-mère. Il est embauché à faire la plonge dans un grand restaurant suisse (Genève? Lausanne ? La ville n'est pas citée). Maravan tombe amoureux d'Andrea, l'une des employées, blanche bien sûr et est licencié pour avoir emprunté pour une soirée le rotovapeur, instrument indispensable pour la cuisine moléculaire...

Lors de cette soirée mémorable, il découvre que la cuisine de sa grand-mère a des qualités...aphrodisiaques ! Andrea lui confirme, elle qui n'aime que les femmes !

 

Et c'est parti pour une étrange relation d'affaire : Maravan et Andrea ouvrent clandestinement un Love food :les couples en "panne" et l'élite économique affluent dans la chambre redécorée d'Andrea pendant que Maravan concocte ses petits secrets.

Et à partir de ce moment, l'intrigue "s'internationalise" : alors que Maravan envoie de l'argent à sa famille restée au Sri-Lanka, il est contacté par le réseau des Tigres Tamouls pour donner de l'argent pour soutenir le conflit. Et les hommes d'affaire fréquentant le Love food ont l'air de se livrer à des trafics d'armes douteux...

 

Martin Suter est un remarquable raconteur d'histoires : il mêle brillamment destin individuel (roman d'apprentissage) et tous les rouages de la mondialisation. C'est à la fois un roman social sur la condition peu connue des immigrés suisses (encore moins des Tamouls) et un thriller géopolitique qui lie la Suisse, les Etats-Unis, la Thaïlande, le Pakistan et le Sri-Lanka !

Le rythme est haletant, le récit est bourré de suspense. Le romantisme n'est pas en reste. Et vous apprendrez en plus plein de choses sur la cuisine moléculaire : les perles d'alginate, la gomme de xanthane et la gélification n'auront plus de secrets pour vous ! D'autant plus que Suter rajoute à la fin une série de recettes !

 

Une histoire colorée, épicée, qui à la fois nous divertit et nous enserre dans les rouages compliqués de la mondialisation contemporaine. Un délice...

Le personnage de Maravan, candide au début, pétri de traditions familiales et religieuses, perd toutes ses illusions. La recette de la vengeance va naître peu à peu dans la cuisine...

 

On ne peut pas dire non plus que c'est de la grande littérature mais c'est drôlement bien mené ! Divertissement assuré et portrait amer de notre civilisation mondialisée dépravée.

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