Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
  • Contact

Bienvenue sur mon Blog !




Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Recherche

17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 16:11

FRANCE, 1935

 

Le Sang noir

 

Ce chef d'oeuvre de la littérature française de l'entre deux guerres (1935), fort méconnu, a été pour moi une révélation. J'avais découvert il y a quelque temps Louis Guilloux, l'ami d'André Gide et d'Albert Camus, par le magnifique récit d'enfance Le pain des rêves, beau comme un conte, empli de poésie et de rêves.

 

Ecrit huit ans plus tôt, Le Sang noir est au contraire une oeuvre d'une noirceur et d'un pathétique absolu. L'action se déroule sur une journée, un jour de 1917, dans une ville de province jamais nommée mais qui est sans doute Saint-Brieux, là où se déroule toute l'oeuvre de Guilloux. Cette noirceur qui s'oppose aux rêves de l'oeuvre précédemment citée, donne toute l'étendue du talent de l'écrivain, capable de passer du conte de l'enfance, à un drame pathétique et burlesque.

 

Imaginez un vieux professeur solitaire, auteur de plusieurs ouvrages remarqués, portant binocle, peau de bique et affublé d'énormes pieds. Il vit avec sa bonne Maïa, une vulgaire paysanne et sa bande de chiens.

Ses élèves l'ont baptisé Cripure, une abréviation de la Critique de la raison pure de Kant. Amoureux trahi, intellectuel méprisé, il hait la société hypocrite de son temps. Athée, antimilitariste, il se réfugie dans son antre, fuyant le mépris des autres et rêvant parfois de se réfugier sur une île déserte.

 

Ce matin là, Cripure échappe de peu à l'accident car il découvre que les écrous de sa bécane ont été dessoudés...Et puis peu après, il manque d'être  écrasé par une voiture. Décidément, Cripure a aujourd'hui rendez-vous avec son destin....

 

Nous sommes à l'arrière, dans une ville provinciale, alors qu'au front, les mutineries commencent à être mâtées dans le sang. A l'arrière, où l'on prépare la cérémonie de décoration de la femme de Monsieur Le député et où les auteurs des poèmes défaitistes sont débusqués. Car dans cette ville de province, règne le puissant Nabucet, chantre de l'hypocrisie et Babinot, qui collectionne les armes...pendant que le sang des jeunes hommes est versé.

 

Cripure ne peut supporter la bêtise de cette société bien pensante et est acculé à un acte désespéré...

 

Guilloux signe ici une oeuvre d'un rare pessimisme ; à signaler que les romans sont peu nombreux à évoquer en toile de fonds les répressions suite aux mutineries de 1917.

La figure de Cripure est à la fois burlesque (par son accoutrement, son mode de vie) et profondément humaniste ; il incarne l'esprit de l'humain face à toute cette bêtise qui éclate en arrière plan. Cripure, figure sacrifiée, pathétique, incomprise.

 

Cette oeuvre se laisse peu à peu apprivoisée. Longue de plus de 600 pages, elle est pourtant construite comme une pièce de théâtre puisque l'action se déroule en une journée. Magnifique unité de temps...Un accident, deux accidents, le destin du personnage est en marche...

 

C'est une tragédie d'une journée, c'est un drame oscillant toujours entre le burlesque outrancier (la figure des bourgeois, l'attitude de Cripure et de Maïa), et le tragique de la condition humaine. L'auteur fait d'ailleurs souvent référence au registre du théâtre pour désigner cette comédie humaine pleine de fumisterie. Scènes de ménage, discussions sans intérêt dans le fumoir, jeux des décorations, duel d'épées...mais ce qui reste de tout cela ce sont les larmes des parents qui apprennent la condamnation à mort de leur mutin de fils et Cripure qui ne croit plus en l'homme...Chef d'oeuvre de l'absurde avant l'heure, que certains critiques considèrent comme précurseur de La nausée...

 

Une oeuvre dense, âpre mais inoubliable....

Repost 0
12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 21:48

ETATS-UNIS, 1947

 

 

Editions Moisson Rouge

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici d'une des oeuvres emblématiques de David Goodis, écrivain maudit, chantre du roman noir américain. Ayant vécu une vie de paria (il vécut jusqu'à sa mort chez ses parents, en sombrant dans l'alcoolisme), c'est un auteur oublié aux Etats-Unis.

Heureusement, François Truffaut a adapté Tirez sur le pianiste ! et depuis, la réputation de Goodis en France ne fait que grandir.

 

Cassidy's girl est une parfaire illustration de ce qu'est un roman noir ; le portrait d'une figure tragique, confrontée à son destin, qui ne fait que l'enfoncer dans la bout...

 

L'intrigue est simple ; Cassidy, ex sportif de haut niveau et ex pilote de ligne erre dans les bars des docks de Philadelphie depuis qu'il a été l'unique rescapé d'un accident d'avion dont il n'était pas responsable...mais il a été déclaré coupable. Depuis, il est chauffeur d'autocar et s'est marié avec une femme fatale, Mildred, qui ne fait que reluquer les autres hommes. Au bar, chez Lundy, alors que Mildred courtise un autre, Cassidy est attiré par Doris, une jeune femme timide qui n'a que la bouteille pour compagne...

 

Cassidy rêve de lui faire "quitter sa bouteille" et qu'ensemble, ils reconstruisent quelque chose de stable...Mais le destin semble s'acharner....

 

Ce que j'aime chez Goddis, c'est la simplicité magistrale de l'intrigue, admirablement construite (une situation de départ sordide, une porte de sortie possible puis....). Aucune fioriture, il va à l'essentiel et n'en fait que davantage ressortir l'épaisseur de ses personnages. Aucun scénario alambiqué, juste un homme partagé entre deux femmes.

On fait corps avec leurs rêves impossibles, leur chute, leur bien-être dans la boue.

Le tout présenté dans une atmosphère glauque tout en clair-obscur, sur les quais brumeux des docks de Philadelphie. La lumière est cette alcool démoniaque qui éclaire et brûle les âmes jusqu'à la damnation.

 

 

Repost 0
12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 19:31

 

EDITIONS MOISSON ROUGE, 2010

 

Mississipi blues

 

Décidément, les éditions Moisson Rouge, qui veulent promouvoir le roman noir "au delà des genres", nous réservent de belles surprises.

 

J'avais déjà chroniqué il y a quelques temps Moi, comme les chiens de Sophie Ricci et Allée simple de Carlos Salem.

 

Voici ma troisième découverte ; un mélange de roman historique, de roman noir et de science-fiction !

Eli Cooper est un peintre expressionniste renommé du "Village" de New-York, digne héritié de Japon Pollock ou de De Kooning. Mais sa grande passion est le blues des années 30.. .

Un soir, sa femme, chanteuse, est tuée accidentellement sur scène. Ivre de douleur, Eli erre dans les rues, s'évanouit...puis se retrouve dans un village paumé du Mississipi en 1938 !

Il va y faire la connaissance d'une bonne noire, qui est le sosie mystérieux de sa femme....

Eli va peu à peu comprendre que des couloirs du temps permettent de traverser les époques....

 

Un récit polyphonique très bien construit qui alterne les voix de trois personnages : eli, le "transporté", l'esclave noir et l'étrange Kinnae, le "passeur". Les trois personnages s'expriment dans leur journal intime respectif ; au début, o se demande qui est qui et puis, tout se rassemble...

 

Nathan Singer nous livre un récit à la fois des plus réels et des plus fantaisistes. A la manière d'un beau roman sudiste, il peint magnifiquement une atmosphère faite de langueur, de poussière, de travail tout en rendant une magnifique hommage au jazz des années 30, à travers la figure du blues man  Howlin Wolf...Quelques airs de blues du delta, un vieux café enfumé ...et nous voila partis pour un merveilleux voyage dans le temps et une belle histoire d'amour.

 

Le mélange polar/science-fiction se fait habilement grâce à l'invention de curieux personnages "transgenres" : Eli est menaçé par "Eux", la police du temps qui débusque, à différentes époques, les voyageur du temps. Eli va donc devoir échapper à cette police si particulière, ce qui donne à ce récit historico-fantastique des allures de thriller ...

 

Bonne découverte !

 

 

Repost 0
Published by Sylvie - dans Romans policiers
commenter cet article
9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 19:41

Editions Stock, 2010

 

L'enquête

 

Les fidèles de Philippe Claudel seront sans doute déconcertés par son dernier roman qui évolue vers le récit fantastique ou d'anticipation...on pourra aussi y voir un conte philosophique, une allégorie.

 

Quittons donc les récits classiques réalistes de la rentrée littéraire sur le monde de l'entreprise, les Retours aux mots sauvages de Thierry Beinstingel par exemple ou encore Les vivants et les morts de Gérard Mordillat.

 

Dire que ce livre se réduit à l'enquête d'un homme au sujet de suicides à répétition dans une entreprise serait un raccourci dangereux !

 

Car ce roman énigmatique ne ressemble à aucun autre roman sur l'entreprise et le monde du travail.

 

Dès les premières pages, Claudel nous promène dans un univers fantomatique, de nuit et de brumes. Un enquêteur (chaque personnage du roman sera désigné par son fonction) arrive dans une ville, qui ne sera jamais nommée ; il cherche à rejoindre les murs de l'Entreprise...mais il ne croise personne dans les rues, il se perd, veut trouver un hôtel n'y arrive pas, il voit que l'entreprise est entourée de barbelés.

 

Enfin, il aperçoit un hôtel, et est accueilli par une étrange logeuse qui le désigne par un numéro ; il échoue dans une chambre minuscule et il découvre qu'il n'y a pas de toilettes pour hommes...

 

Il n'est pas au bout de ses surprises ....L'Entreprise se révèle un univers carcéral où chacun dénie l'existence d'une enquête ? Mais y en a-t-il vraiment une ? L'Enquêteur a-t-il toute sa raison ?

Une salle de bain à l'eau brûlante, des voix que l'on entend dans les murs, un téléphone au plafond, un policier qui poursuit l'enquêteur pour avoir dessouder le rouleau à papier des toilettes....Voici quelques mésaventures de l'enquêteur.

 

Récit kafkaïen ? Introspection d'un homme fou ? Récit d'anticipation ? Conte allégorique sur la condition humaine ?

 

Le grand mérite de Philippe Claudel est de laisser le lecteur faire sa propre interprétation. Ce récit n'est donc pas un récit social comme ont pu le faire Salvaing, Mordillat, Kuperman....C'est un récit sur le thème de l'aliénation au sens large. On peut y voir une allégorie de notre société contemporaine régie par des normes ultra sécuritaires ou encore les délires d'un aliéné.

 

Du grand art....

Repost 0
9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 19:04

TOUS MES VOEUX POUR CETTE ANNEE 2011 !

 

...que je souhaite pleine de découvertes et de bonnes lectures....

 

Merci à tous mes lecteurs fidèles. Je tiens à m'excuser de ne pas répondre à tous les commentaires même si j'essaie de répondre à tous les commentaires élogieux ou demandes particulières.

 

Mais il est vrai que j'ai aussi été découragée par tous les élèves qui me demandent des résumés. C'est 80 % des commentaires !

 

Donc, ne m'en voulez pas si je ne réponds pas systématiquement.....

 

Quant à ma première lecture du cru 2011, ce sera sans aucun doute Serena de Ron Rash (j'avais lu son magnifique premier roman, Un pieds au paradis. )

Serena

L'histoire d'un couple d'arrivistes dans la Caroline du Nord des années 30, en pleine crise économique.

 

Je suis aussi tentée par Istanbul est un conte de Mario Levi, l'histoire sur trois générations d'une famille juive sépharade de la ville-monde ; 47 personnes en tout ! l'auteur déambule dans les rues stambouliotes et fait revivre le petit peuple immigré. Plus qu'alléchant !!!

 

Istanbul était un conte

 

 

Repost 0
2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 15:06

Coup de projecteur sur l'auteur Gael Châtelain

 

 qui après un premier roman remarqué, Les solitudes additionnées (Coup de coeur Fnac), a décidé de publié son deuxième roman La voleuse de viesuniquement sur le Web.

 

Le principe : le lecteur paie ce qu'il veut (0 euros s'il le souhaite) et reçoit le livre sous forme de fichier PDF. L'avantage : Gaël Châtelain a mêlé des musiques et vidéos à la lecture pour donner une valeur ajoutée au "produit".

 

Rendez-vous donc sur

 

 http://www.lavoleusedevies.com/fr

 

 

Je n'ai pas encore téléchargé cette oeuvre ; je suis a priori intéressée mais des bémols cependant :

- Une page web à minima ! Un simple lien FaceBook, une vidéo You Tube et même pas une présentation du livre sur la page d'accueil !!!

Apparemment, Gaël Châtelain propose des musiques et vidéos en accompagnement du PDF mais là encore, je trouve qu'il ne le met pas assez en avant.

 

Les lecteurs vont-ils avoir envie de verser même une maudite somme pour le télécharger ?

 

Donc, pour résumer, une entreprise très originale que l'on ne peut que louer mais, à mon avis, une présentation minimale du produit qui gagnerait à être étoffée !

 

A lire, des critiques de blogueurs :

http://www.enfinmoibordeaux-relooking.com/article-la-voleuse-de-vie-de-gael-chatelain-62452330-comments.html

http://pages.de.lecture.de.sandrine.over-blog.com/article-la-voleuse-de-vies-de-gael-chatelain-63207854.html

 

A vous de juger !

 

Repost 0
2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 14:47

RETROSPECTIVE 2010

 

Difficile d'élire le meilleur roman 2010 !

Partons plutôt du côté des découvertes qui n'ont pas forcément fait la une de la presse littéraire qui qui ont laissé une trace dans mon "espace littéraire" !

 

Je retiens donc deux romans que j'ai envie de faire découvrir ou re découvrir :

 

1) L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S Spivet de Reif Larsen (Nils Editions)

 

 

L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet

 

 

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-l-extravagant-voyage-du-jeune-et-prodigieux-t-s-spivet-52194725.html

 

D'abord un bel objet qui mêle texte, commentaires du texte, dessins, croquis et cartes comme un ancien parchemin. Un roman d'apprentissage original mêlant l'humour et l'émotion. un Tom Sawyer du 21e siècle mis en scène dans un premier roman original.

 

 

2) Rosa Candida de Audur Ava Olafsdottir (Zulma)

 

Rosa Candida

 

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-rosa-candida-de-audur-ava-olafsdottir-56149363.html

 

Un roman islandais attachant sous forme de road-movie d'un jeune homme de 22 ans un peu paumé....qui trouvera sa voie dans l'horticulture et dans la paternité.

 

 

Des romans qui ont retenu mon attention pour leur originalité, leur art subtil de mêler humour et émotion, sans prétention aucune.

 

Bonne lecture !

Repost 0
22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 22:00

ESSAI

 

L'art des séries télé

 

Editions Payot, 2010

 

Et oui, fait très rare pour le mentionner : je viens de lire un essai....qui a un rapport avec la fiction la plus pure puisqu'il s'agit d'une réflexion sur un véritable phénomène culturel : l'engouement pour les nouvelles séries américaines des années 2000 ; Lost, Dexter, True Blood, Desperate Housewife, Doctor House....

 

Moi qui me délecte devant les saisons de Dexter,True Blood ou Six Feet Under, j' ai trouvé dans ce livre une analyse passionnante qui ravira tous les littéraires que nous sommes.

 

Car, pour l'auteur, la série n'est pas du cinéma mais un récit au sens le plus noble du terme ; ce n'est pas l'image qui retient le téléspectateur (car la télé est un média pauvre, étant parasité par les bruits extérieurs)mais l'art du récit ; c'est pourquoi il y a presque toujours une voix off qui nous explique tout, une entrée en matière, des séquences, un climax ...Nous avons l'impression d'être en cours de littérature ! Et c'est ça qui est passionnant : l'auteur cite La poétique d'Aristote, L'Art poétique de Boileau, les formalistes russes et fait appel aux émotions des personnages, à l'analyse séquentielle.

 

Il cite Balzac, on pense à Faulkner lorsqu'il parle de récit choral ou polyphonique. Un vrai manuel pour amateur de littérature et de séries télé.

 

Maintenant, je comprends pourquoi je suis fan !

Une réflexion qui peut aussi être passionnante pour comprendre la différence entre les récits américains et français d'aujourd'hui, aussi bien dans la littérature que dans les séries ; alors que les américains se sont nourris de l'héritage classique européen (l'art du récit), les français, en particulier, se sont perdus dans les arcanes du formalisme et du nouveau roman qui refuse l'histoire et les personnages.

 

L'essai de Vincent Colonna est donc un plaidoyer pour l'art du récit et plus généralement l'art de raconter de belles  histoires. A méditer...

Repost 0
13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 22:03

ITALIE

 

L'équilibre des requins

 

Gallimard, 2010

 

L'une des heureuses découvertes de l'année. Un récit tragicomique d'une auteur italienne, un mélange de fantaisie burlesque et de réflexion sur la fragilité humaine.

 

Sofia, la narratrice, 30 ans, vient d'être admise aux urgences pour avoir avalé une bonne dose de médicaments.

On apprend vite qu'elle vient de divorcer d'avec un maniaco-dépressif et que ses deux ex-amants n'étaient pas non plus très clean pour ce qui est de l'équilibre mental !

 

Puis, au fil de la narration, nous faisons également connaissance avec son père, absent, qui lui envoie des vidéos de ses rencontres avec les requins au quatre coins du globe, la grande passion de sa vie. Ce père qui lui demande de garder l'équilibre des requins.

 

Mais lorsque Sofia découvre dans un coffre les lettres de sa mère, qui s'est suicidée vingt ans plus tôt, l'équilibre devient précaire....

 

Un récit savemment construit en de courts chapitres qui alternent dialogues burlesques avec les amants dépressifs, lettres "marines" du père et écrits intimes de la mère.

 

La référence constante au milieu marin confère délicatesse et poésie à une histoire qui pourrait paraître très scabreuse. Le lecteur rit en même temps qu'il s'identifie au personnage féminin qui choisit finalement l'autodérision.

 

Une manière subtile et poétique d'évoquer le thème de la dépression. Sur ce même thème, mais traité de manière beaucoup plus lyrique, vous pouvez lire l'excellent Les femmes du braconnier de Claude Pujade-Renaud, sur le destin de la poétesse américaine Silvia Plath.

Repost 0
13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 21:56

ETATS-UNIS

 

Luka et le feu de la vie

 

Plon, 2010

 

Voici les aventures de Luka, le petit frère d'Haroun, le héros de l'inoubliable Haroun et la mer des histoires ; Salman Rushdie nous livre à nouveau une éloge de l'imagination et des contes mais cette fois-ci, il y a l'humour en plus et l'inspiration des jeux vidéos ! Un merveilleux roman d'apprentissage au pays des mille et une nuits.

 

Luka rêve de faire comme son grand-frère, partir au pays de l'imaginaire pour gagner ses galons de héros. L'occasion lui en est donnée lorsque son père, le célèbre conteur, est plongé dans un sommeil très profond. Afin de le sauver, Luka va traverser le voile du réel et en compagnie du futur fantôme de son père, va pénétrer dans les différentes strates du pays de contes pour obtenir le feu de la vie.

Pour cela, il lui faut passer des niveaux et gagner des vies (merveilleuse trouvaille de l'auteur qui s'inspîre des héros de jeux vidéos qui doivent gagner des vies pour continuer à jouer) et se confronter à des personnages rocambolesques.

 

En héritier de Lewis Caroll, Rushdie s'amuse avec des jeux de mots et invente une sultane "Insultane" car c'est la Reine des gros mots et des insultes.

Quant au précieux récipient qui doit contenir le feu de la vie, c'est bien sûr "le pot-au-feu" !

 

Un joyeux conte ludique qui est aussi une métaphore de l'ex situation de Rushdie, en conteur aphone, condamné au silence.

Repost 0