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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 21:50

Editions de Minuit, 2011

 

Dino Egger

 

Sélection France Culture-Télérama

 

             Eric Chevillard nous a désormais habitué à ses parodies de contes, de récits de voyages ou encore à ses personnages bizarres qui décident de vivre au plafond....

 

Dans son dernier opus, il se lance dans une parodie de biographie d'un personnage qui n'a jamais existé. Le but est de donner naissance à Dino Egger, un homme qui aurait tout révolutionné s'il avait existé.

Il aurait ainsi inventé .....

-La domestication du feu, mais vraiment, façon caniche de concours.

-Le moteur à blouse

-Le parapluie inoubliable

-Des différences existant entre le vilebrequin et le vilebrequin

-La preuve de la persistance du rêve dans le cadavre

-Le poisson de viande

-La scissiparité du célibataire

-La paléo-psychiatrie

-le baume d’innocence

-Le sifflet silencieux favorisant l’approche discrète du gendarme

 A titre d'exemples !

 

Et voila donc Chevillard qui se met à disserter sur le rien, le néant. Et, à travers sa logorrhée absurde, il y arrive très bien !

 

Le personnage se dérobe...mais pourquoi ? Parce qu'il est timide ? Parce qu'il est infréquentable ? Parce ce qu'il est inconsistant ? Non, on contraire, le rien est bien vivant, car il résiste !

 

La naissance est dure ! Chevillard nous livre une mise en abîme de son propre travail d'écrivain qui doit accoucher d'un personnage fictionnel qui n'existe pas.Nous avons droit à des apartés où l'écrivain se tape la tête contre les murs pour  que la pensée fuse.

  

 Et bien sûr, l'accoucheur écrivain, bien chétif et bien timide s'appelle ....Albert Moindre. Et il est tellement moindre qu'il est près à s'effacer pour donner naissance à Egger. Car finalement, Dino Egger est peut-être Albert Moindre...

  

 C'est du pur discours, c'est du pur exercice de style. On peut le juger un peu vain mais il faut reconnaître que Chevillard a le talent de nous parler du vide et du rien sur 150 pages.

 

A réserver aux amateurs !

 

 

 

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 19:57

Un coup de projecteur sur un nouveau blog littérature dont les critiques me paraissent très fouillées :

 

http://www.enviedelivres.fr/

 

 

 

Un résumé, une critique plutôt fouillée, des extraits, et un "en savoir plus"

 

Longue vie à ce blog tout nouveau !

 

 

 

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 11:27

AFRIQUE (Congo-Etats-Unis)

 

Photo de groupe au bord du fleuve

 

Editions Actes Sud, 2010

 

Emmanuel Dongala, ayant fui le Congo pour les Etats-Unis suite à la guerre civile de 1997, est l'un des plus grands écrivains africains contemporains. On lui doit notamment le savoureux Jazz et vin de palme et de Les petits garçons naissent aussi des étoiles ; il dénonce les régimes corrompus post-coloiaux avec beaucoup d'humour.

 

Son dernier opus est magnifique. C'est une véritable épopée de femmes qui vont au delà de leu destin.

 

Un chantier de cassage de pierre quelque part en Afrique, sûrement au Congo. Un groupe de femmes casse des blocs de pierre pour alimenter les chantiers de construction voisins. Un aéroport va être construit; les intermédiaires s'arrachent les sacs de pierre. Ne peut-on pas en profiter pour vendre son sac de graviers un peu plus cher ?

Méréana va prendre la tête du groupe de revendication. Elle que son mari a chassée parce qu'elle exigeait qu'il porte un préservatif, après le décès de sa soeur morte du sida.

D'abord réprimée, la manifestation va être récupérée par les politiques. En effet, une conférence des premières dames d'Afrique est organisée dans deux jours ...

 

Dongala donne chair à toutes ces femmes en épousant leur point de vue ; en effet, au lieu d'utiliser la troisième personne du singulier, il utilise le tu et le vous pour faire corps avec elles.

Dans une langue très simple, faisant également la part belle à des dialogues savoureux, Dongala nous fait découvrir la naissance d'une conscience collective chez ces casseuses de cailloux.

 

Cette épopée humaniste, bourrée d'espoir, dénonce non seulement les politiques corrompus locaux mais aussi les ONG et institutions internationales qui méprisent le terrain.

L'auteur épouse le regard de "L'Afrique d'en bas" en nous montrant des destins de femmes très différents. La casseuse de cailloux peut être une ex femme d'affaires chassée par sa belle-famille, une ancienne étudiante tombée enceinte trop tôt, une violée, une accusée de sorcellerie.

A travers ces destins, le lecteur prend conscience de la diversité de la condition féminine africaine.

 

C'est simple et épique à la fois, toujours très humain. Ces femmes sont à la fois multiples et forment un tout. On a l'impression qu'une force irrésistible les habite.

Nous avons l'impression d'être dans leur village et de vivre les événements avec elle jour après jour. Dongala suit leurs faits et gestes heure par heure pendant quelques jours. 

 

Un Germinal magnifique, féminin et africain.... 

 

 

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 18:07

1903

 

Elias Portolu

 

Editions Autrement

 

Ce livre est considéré comme le chef d'oeuvre de cet écrivain sarde Prix Nobel de Littérature, que j'ai découvert récemment avec le magnifique Le lierre sur l'arbre mort ; ce roman, d'une simplicité extrême, illustre avec brio les thèmes chers à l'auteur : sentiment du péché, culpabilité et besoin de rédemption.

 

L'intrigue est réduite à "peu" de chose : Elias, jeune homme de 23 ans, revient dans la maison de famille de Nuoro, après avoir été incarcéré en Italie. Il y retrouve ses parents et ses deux frères. Son frère aîné, Pietro va épouser la belle Maddalena. Mais au premier regard, Elias tombe amoureux de sa future belle soeur...

 

Doit-il fuir avec elle ou au contraire réprimer ses pulsions ? C'est toute cette tension qui fait le brio du livre. Loin du manichéisme, le héros est victime malgré lui de vouloir faire le bien. Souhaitant le bien-être de son frère, il préfère réprimer son amour et devenir prêtre. Résignation qui ne lui portera pas vraiment chance...Entre moralisme et diabolisme, l'oeuvre oscille. Un prêtre voulant faire le bien conduit finalement Elias vers le malheur alors qu'un repris de justice repenti lui conseille de suivre ses pulsions.

 

Que dire de ce chef d'oeuvre ?

Point de littérature savante, intellectuelle, c'est la simplicité même. Une langue simple, cristalline, qui parle directement à l'âme.

Des monologues décrivant magnifiquement les oscillations de l'âme croisent des dialogues savoureux.

Cela nous montre toute la richesse de l'écriture de Deledda. Réalisme et régionalisme ("vérisme" ) avec les descriptions des fêtes populaires (ici, les fêtes des saints locaux et le carnaval). Héritage de la littérature russe de Dostoievski avec cette intériorisation des personnages, cette dualité de leurs pensées et enfin, héritage de Shakespeare avec le mélange des genres : grotesque et tragique, drôle et dramatique, le pittoresque et l'universel.

 

Une oeuvre majeure à redécouvrir.

 

 

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 19:06

Editions Viviane Hamy, 1995 et 2007

 

Baka ! (Edition revue par l'auteur)

 

 

Il s'agit du premier roman de Dominique Sylvain, réécrit  en 2007, après avoir passé plusieurs années au Japon.

On y voyait la naissance du personnage de Louise Morvan, détective privé ayant hérité de l'agence de son oncle.

 

Moins "typique" que la célèbre Lola Jostmais elle n'hésite pas à mettre KO des yakuzas...Forte femme tout de même !

 

Louise est contactée par un évêque richissime qui lui demande de s'envoler pour le Japon pour surveiller son neveu qui lui a demandé de l'argent. Elle qui ne connaît pas un mot de japonais va découvrir un pays tiraillé entre traditions et modernité ; elle y découvre un neveu qui tente de lutter contre les dettes qu'a contractées la famille de sa future femme auprès des yakusas. Pour cela, un trafic d'oeuvres d'art sera bien nécessaire...

 

Yakusas, antiquaires, politiciens véreux, membres de sectes, comédiens, tenanciers de bars, collectionneurs.Le peuple japonais nous apparaît dans toute sa diversité, loin des stéréotypes ! On est loin de la culture manga et Louise/Dominique nous fait même découvrir des facettes inconnues de la culture japonaise comme les rakugo, ces conteurs comiques qui enthousiasment les foules, avec un simple éventail pour accessoire de scène.

 

Soupe au daïkon, hallucinations, visions de fantômes et de revenants, reliques volées, intrigues de yakusas.Voici le coaktail explosif. 

 

 Comment un évêque peut-il  être  intéressé par une antiquaire japonaise ?

C'est tout l'art de l'auteur de mêler la culture occidentale à la tradition et à la modernité japonaises.

 

L'intrigue, bien que riche, est moins alambiquée que dans les autres enquêtes du duo Jost/Diesel. Les personnages sont nombreux mais les liens qui les relient sont plus évidents.

 

De plus, il est rare de voir un détective privé dans les romans policiers d'aujourd'hui !

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 18:37

Editions Viviane Hamy, 2007

 

L'absence de l'ogre

 

Je continue avec plaisir les aventures de Lola Jost et d’Ingrid Diesel, les enquêtrices (non officielles !)  de Dominique Sylvain.

Nous voici donc partis pour un voyage dans le monde de la botanique qui mènera nos deux compères jusqu’en Louisiane au pays des cajuns.

C’est donc entre les traditionnels bistrots et les parcs de Paris et les boîtes jazzy de la Nouvelle Orléans que vont se dérouler nos aventures. Entre temps, nous aurons croisé les jardiniers du Parc Montsouris qui baptisent leurs arbres du nom de présidents de la République, une guitariste gothique  voulant créer un centre artistique, des religieuses d’un couvent du XIIIe arrondissement, un agent immobilier frauduleux qui veut racheter le couvent et….même un aventurier, Louis Guillaume Giblet de Montfaury, amoureux fou des épices et de botanique qui a créé un jardin fabuleux il y a de cela trois siècles dans ce même couvent et un écrivain de romans policiers qui s’est emparé de ce personnage pour faire un best seller !

Lorsque Lou, la rockeuse est retrouvée un beau matin étranglée dans le Parc Montsouris, tous les soupçons se portent vers le jardinier américain Brad (que l’on croyait français), fraichement débarqué de sa Louisiane natale après le cyclone Katrina. D’autant plus que là-bas à la Nouvelle-Orléans, son patron a été retrouvé assassiné. Les deux assassinats sont-ils liés ?

C’est ce que vont tenter de démêler nos deux enquêtrices, d’autant plus qu’Ingrid est très liée à ce Brad : des années plus tôt, aux Etats-Unis, Brad l’avait sauvée d’un viol.

Les voila donc parties à la rencontre de personnages plus pittoresques les uns que les autres : bonnes sœurs, vieil héritier, jardiniers, musiciens…Nous découvrons un Paris secret, celui des vieux couvents et jardins, reconvertis par des personnes peu scrupuleuses en centre d’art ou en centre d’affaires.

Et parallèlement, Lola Jost prend plaisir à lire le Best Seller mettant en scène un féru de botanique, ce qui lui éclairera peut-être la lanterne….

Finalement, ce que l’on retient chez Dominique Silvain, ce n’est pas le brio de l’intrigue mais bien ces nombreux personnages fantasques qui s’aiment, qui s’écharpent dans des joutes verbales à nulle autre pareilles. Comme toujours, l’enquête officieuse est contre l’enquête officielle et on assiste avec plaisir aux duels flics/anciens flics.

Lorsque l’on referme le roman, on est déçu que l’enquête soit résolue. Mais c'est sans doute parce ce n’est finalement pas tellement elle qui compte mais la joyeuse aventure que nous ont fait vivre les protagonistes.

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 16:14

POLICIER

 

Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet

 

Editions Gallimard, 2010

 

Antoine Bello, né en 1970 à Boston, est l'une des révélations françaises de ces dernières années. Prix France-Culture Télérama en 2009 pour Les éclaireurs, il s'est fait connaître par Les falsificateurs, un roman jubilatoire où il imagine qu'un consortium de falsification du réel invente de toutes pièces les grands événements de l'Histoire.

Son point fort : des histoires brillantes, des scénarios qui font la part belle à l'imagination et surtout à la subtilité.

 

Son dernier opus, une parodie de roman policier en hommage à Agatha Christie est jubilatoire !

 

Comment déconstruire le roman policier en bonne et due forme...

Un enquêteur ... Une disparition ... Un suspect...Tous les ingrédients sont là et pourtant !

 

Achille Dunod, l'enquêteur...Un enquêteur au repos forcé et pour cause ! Après avoir reçu sa bibliothèque sur le coin de la figure (où trône bien sûr l'oeuvre complète d'Agatha Christie), Achille souffre de pertes de mémoire antégrades. Il se souvient de toute sa vie avant l'accident mais est incapable d'engendrer de nouveaux souvenirs. Il est donc obligé de noter dans un petit cahier rouge les événements de la veille. Son modèle : Hercule Poirot. Donc, lorsque l'inspecteur vient le voir dans sa chambre pour lui proposer de résoudre clandestinement une affaire, il saute sur l'occasion !

 

Claude Brunet, le suspect. Brillant neurologue, c'est aussi un séducteur infatué de lui-même qui collectionne conquêtes sur conquêtes. Sa femme vient de disparaître avec son amant, professeur de yoga. C'est donc le principal suspect, même s'il a averti le premier la police et....qu'il s'est fait passé à tabac par un jeune policier à bout de nerf ! Il est donc lui-même devenu amnésique ! Vous suivez toujours !

 

Entre l'enquêteur et le suspect, va donc se jouer une guerre des nerfs géniales ! Achille Dunot, qui ne se souvient pas de se qui s'est passé d'un jour à l'autre, est obligé de noter au jour le jour ce qui s'est passé la veille. Mais ce qu'il écrit  correspond-t-il vraiment à la réalité ? Chaque jour, Achille relit son précieux carnet. Quant à Brunet, il lui propose d'échanger leurs notes respectives !

Achille devient alors à la fois l'enquêteur, l'auteur, le lecteur et le héros de son enquête. Il cherche dans les différents romans d'Agatha Christie différents indices. Certains protagonistes de l'enquête ressemblent étrangement à des héros ou criminels chez Agatha Christie. De quoi y perdre son latin !

 

Bello se moque allègrement des règles du roman policier. Comme celle qui veut que l'enquête soit forcément résolue ! La fin se joue habilement du lecteur.

Certes, c'est un exercice de style, mais très divertissant et jubilatoire. On en redemande !

 

 

 

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 15:42

Editions Gallimard, 1935

 

La Belle lurette

 

Collection "L'imaginaire"

 

De Henri Calet je vous avais déjà présenté Le tout pour le tout :

                                              http://passiondeslivres.over-blog.com/article-21560928.html

 

Avec La belle lurette nous sommes dans le même registre : ce récit autobiographique nous décrit le Paris ouvrier et artisan des années 30/40 : les bistrots, les maisons de passe, les usines, les viux appartements sentant l'urine...Il est d'ailleurs beaucoup question de fluides corporels dans ce récit ! Pisse, urine et merde sont au rendez-vous.

La mère d'Henri devient même Madame Caca et le petit homme en profite pour acquérir une solide expérience en la matière !!!!

 

"Je suis un produit d'avant guerre. Je suis né dans un ventre corseté, un ventre 1900. Mauvais début"

 

Une père anarchiste. Une mère "Madame Caca". Dure école de la vie !

La belle lurette, c'est la belle époque d'autrefois, les années d'avant l'entrée en usine. On admire la gouaille populaire de Calet à travers laquelle transparaît son amour pour les petits gens et son humour noir, anarchiste ! Prostituées, anarchistes, bistrotiers. Calet fait l'école de la rue et erre de petits métiers en petits métiers.

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 14:44

ITALIE (SARDAIGNE) -1908

 

 

Editions Autrement

 

Mon prochain voyage en Sardaigne m'a conduit vers les oeuvres de Grazia Deledda (1871-1936), l'écrivain sarde la plus connue et l'un des plus grands écrivains italiens de ce siècle. Mais malheureusement trop méconnue....

 

Elle a été pourtant la deuxième femme à obtenir le Prix Nobel de Littérature en 1926, après Selma Lagerlöf. La légende dit qu'elle n'a jamais souri, même lorsqu'elle a reçu son Prix Nobel...

 

Héritière à la fois du courant du "vérisme" (courant littéraire italien qui s'attache à décrire avec réalisme la vie de communautés, proche du naturalisme du Zola) et du "décadentisme" de Gabriele d'Annunzio, elle met en scène le déclin des valeurs morales (fin de la croyance religieuse, l'effritement des valeurs familiales) dans la communauté sarde ; mais le sujet est touché par une profonds sentiment de la culpabilité ; il cherche le châtiment puis la voie de la rédemption. Elle est en cela proche de l'oeuvre de Dostoievski.

 

De ces multiples influences, il en ressort des récits magnifiques alliant des descriptions de paysages et de traditions sardes agropastorales à des passages d'introspection très subtils.

http://www.contre-feux.com/culture/grazia-deledda-un-etrange-et-injuste-oubli.php

 

Le lierre sur l'arbre mort a été pour moi une révélation. Je compte bien sûr lire d'autres romans...

 

Un gros village, une grosse maison décrépie, deux vieillards qui parlent sur le pas de la porte, les brebis dans les pâturages...le décor est planté.

Annesa, l'héroïne, est la domestique de la maison. En fait, elle a été recueillie toute petite par la famille noble du village. Elle soigne un vieil homme de la famille, un lointain cousin, lui aussi recueilli par charité.

Car, c'est une tradition sarde, la famille noble donne à manger aux nécessiteux. D'ailleurs, c'est la fête des bergers, les femmes de la maison se doivent de nourrir les pauvres. Mais cette riche famille n'est plus ce qu'elle était. Le fils de la maison a fauté et le petit fils, Paulu, a fait les quatre cents coups en parcourant l'île et a dilapidé l'argent...

 

Ce soir, donc, la fête des bergers annonce pour Paulu  une course contre la montre pour éponger ses dettes et obtenir de l'argent afin d'empêcher la vente du domaine.

Alors que la fête bat son plein (magnifique description des bûcherons déguisés dévorant la charcuterie), Paulu parcourt les villages à la recherche des usuriers ou des veuves riches....

Quant à Annesa, amoureuse clandestine de Paulu, elle va commettre un acte désespéré pour sauver l'honneur de la famille....

 

Ce récit est construit en deux temps : la première partie exalte les traditions sardes et nous parle des légendes de l'île ; parfois, on pense à George Sand nous décrivant les contes et légendes du Berry. Les rochers deviennent des fantômes lors des promenades nocturnes, une montagne serait le tombeau d'un vieux géant. Grazia Deledda nous enchante en décrivant ce folklore mais l'auteur n'est pas pour autant régionaliste !!!

A partir du moment où le "crime" est commis, l'auteur suit pas à pas Annesa et vous vivons avec elle ses états d'ame passionnés, ainsi que ceux de Paolu. Il n'y a pas un mot de trop, la phrase est fluide comme une rivière, à la fois descriptive et analytique.

 

Et c'est à partir de ce moment là que l'oeuvre de Grazia Deledda devient universelle. Elle décrit les ravages de la passion et du sentiment de la faute.

Sublime !

 

Toute l'oeuvre de Deledda est centrée sur ce thème du crime ou de la faute. A lire aussi La mère, qui découvre que son fils prêtre fréquente une jeune fille.

 

 

 

 

 

 

 

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 20:24

ESPAGNE

 

 

ROMAN NOIR

 

Editions Actes Sud Noire, 2010

 

Voici le deuxième opus de Carlos Salem, après Allée simple . On y retrouve sa marque de fabrique : une bonne dose d'humour et des anti-héros loufoques ; mais je trouve que ce deuxième roman n'a pas la poésie du premier...

 

Explication : un homme prend la parole dans un ascenseur. On comprend très vite que c'est un tueur à gages surnommé "Numéro Trois" qui se cache sous une autre fonction bien plus "terre à terre" : vendeur de matériel médical.

 

Alors que  Juanito  doit garder ses enfants, il est contacté par "son entreprise" pour aller "enquêter" sur une plage nudiste du sud de l'Espagne. C'est là que se trouve sa prochaine victime....et son ex-femme, le nouveau copain de cette dernière, juge s'il vous plaît, un écrivain qui ne rêve que de Sicile, un policier atypique et quelques très belles créatures...

 

Alors qu'il doit se dépatouiller avec le bazar de sa vie privée, il reçoit un appel anonyme de "Numéro 2" comme quoi sa mission est terminée ou en tous cas stoppée pour l'instant.

Et si finalement, c'était lui la cible ????

 

Dans cet imbriglio perpétuel, le pauvre Juanito tente en vain d'y retrouver son latin. Il tente d'utiliser sa tête mais comme lui disait son maître, le mieux est parfois d'utiliser ses couilles !

 

On suit avec plaisir ses multiples subterfuges pour cacher son métier, la découverte progressive des enfants que "leur père est un héros" et finalement sa trouille d'être tué.

 

Mais il reste de tout cela une impression un peu légère. Pourquoi ? Dans Allée simple, Salem prenait le temps de bien camper tous ses personnages. Ils avaient tous "un grain" mais aussi des rêves fous qui les rendaient un peu poètes.

 

Ici, le héros se revèle finalement un homme comme les autres qui réfléchit à son passé (ses rêves d'enfant avortés de devenir pirate) et sur son avenir. Il se livre véritablement à un examen de conscience.

Reste une belle allusion à la littérature avec le personnage de Camilleri, le double du "vrai" écrivain sicilien.

 

Un bon divertissement mais qui n'arrive pas à la cheville du premier opus...

 

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