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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 15:05

SCIENCE-FICTION

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51kCJPo82iL._SL500_AA300_.jpg

 

Editions L'Atalante, 2010

 

Jeanne A. Debats est l'une des grandes figures de la science-fiction française (Grand Prix de l'Imaginaire et Prix Bob Morane) avec Alain Damasio. Ayant d'abord écrit pour les ados, elle a publié en 2010 ce petit chef d'oeuvre qui n'est pas uniquement de la science-fiction pure et dure. C'est d'abord un roman très poétique sur le monde de l'adolescence et ses émois.

 

Nous sommes en 2105, les ressources naturelles, végétales et animales ont disparu. Les hommes vivent dans des réserves aseptisées pour échapper à l'air irrespirable ; seuls les réseaux Alyscamps, puisant directement dans les forces de l'univers, leu fournissent une mystérieuse énergie.

Quentin, jeune adolescent, prend alors la parole, c'est lui le conteur de toute cette épopée. Au début du livre, il est emmené de force dans une réserve où l'on parque toutes les victimes adolescentes de la "plaie" ; ce don ou cette maladie qui fait que l'on contrôle l'un des 4 éléments ou que l'on a une étrange attirance pour les animaux,les plantes...

Quentin, lui, fait jaillir des sources de ses mains et de ses pieds. Il y rencontre illya, qui, elle, a la faculté de faire pousser des orchidées autour d'elle....Quant à d'autres, ils peuvent déclencher des séismes ou contrôler le feu.

 

Nous voila donc immiscés dans un bel univers onirique, plein de poésie...

 

Ensemble, avec leurs nouveaux amis, ils vont découvrir le secret de l'Alyscamps et de cette réserve. Tous deviendront un jour ou l'autre un "Un" fusion de deux êtres.

 

Mythe de l'androgyne, métaphore de l'union sexuelle, ou encore fusion des atomes...Les interprétations de cette Union peuvent être multiples....

 

Beaucoup de suspense, une enquête haletante qui fait la part belle à la psychologie de l'adolescent ; un très beau roman d'apprentissage qui fait évoluer des adolescents paumés par leurs hormones et leurs fluides vers la maturité et qui d'enfants, deviennent les sauveurs de leurs propres parents.

Un final lyrique à couper le souffle qui exalte les forces de la nature et l'humanité.

 

critiques de la presse sur le site de l'Atalante

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 14:03

EGYPTE

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51eqk0PsP3L._SS500_.jpg

 

Actes Sud, 2009


Il n'y a pas de Ala Al Aswany et son Immeuble Yacoubian, pour nous dépeindre avec maestria le peuple égyptien sous l'ère Moubarak. Il faut compter aussi sur Khaled Al-Khamissi.

Ce titre, 58 petites saynètes très courtes (2 ou 3 pages à chaque fois) mettent en scène les taxis cairotes, racontant leur quotidien et leur colère ou ressentiment vis-à-vis du régime Moubarak, entre 2005 et 2006, l'année où il briguait un autre mandat.

C'est le narrateur, fidèle utilisateur des taxis cairotes, qui recueille ces conversations, comme un documentariste au cinéma.

Une série brillante d'instantanés, qui oscillent jours entre burlesque et tragédie. L'art de saisir à bras le corps l'opinion populaire...


Jugez-en plutôt par la diversité des situations : un taxi qui rêve de traverser l'Afrique en Taxi jusqu'au Cap de Bonne Espérance, un autre qui s'endort au volant pour avoir roulé non stop pendant plusieurs jours pour régler ses dettes, l'un réalise qu'il ne va plus au cinéma faute de moyens tandis que l'autre se lamente sur la scolarité de ses enfants. L'un raconte son aventure burlesque avec une prostituée, l'autre explique le trafic des ceintures de sécurité.

 

Teintées d'un humour corrosif, doux-amère, ces saynètes sont d'un réalisme troublant ; c'est la verve populaire qui s'exprime ici, nous faisant le portrait d'une société en panne, aussi bien politiquement qu'économiquement.

On a l'impression que l'auteur est une journaliste qui interview au micro le petit peuple égyptien. Naît alors sous sa plume corrosive une ville du Caire malade de pollution, d'embouteillages, d'insécurité et de corruption mais habitée par un peuple digne et fier, qui n'a pas dit son dernier mot.

 

Un bel hommage au petit peuple égyptien en colère....

Cet OVNI littéraire fut un best-seller en 2007 et traduit en plusieurs langues européennes.

un vrai plaisir de lecture.


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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 20:49

Une plate-forme de textes en ligne....

 

Bienvenue sur "Raconte-moi" ; au programme, contes, nouvelles, poèmes,romans en accès libre.

 

Les auteurs gardent l'entière propriété de leurs textes.

 

Alors, pour découvrir ce site, rendez-vous sur Raconte-moi ....et découvrez mon conte "La p'tite larme du bonheur"

 

Bonne découverte !

 


 


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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 13:28

CANADA

RENTREE LITTERAIRE 2011

  http://dana.deathe.net/wp-content/uploads/2010/09/Room-by-Emma-Donoghue.jpg

 

Editions Stock, 2011

 

Sans doute le livre le plus original et le plus marquant de cette rentrée littéraire....Et en plus, on en parle pas tant que ça. L'occasion de le mettre en valeur....

 

Un enfant de 5 ans parle. Il raconte le jour de son cinquième annniversaire. Il n'a pas eu de bougies...Qu'à cela ne tienne, il a tous ses amis autour de lui. Monsieur Tapis, Madame Lucarne, Petit dressing, Grand Labyrinthe....et surtout sa Maman et Madame Télé qui l'emmènent sur plusieurs planètes en même temps...Celles des contes et des dessins animés.

 

Le petit Jack vit dans son univers bien personnel, et noue une relation fusionnelle avec Maman. Ce soir, comme chaque dimanche, il attend le cadeau du dimanche soir de Grand Méchant Nick, qu'il ne voit qu'à travers les portes de Petit dressing....

 

Je ne vous en dis pas plus, au risque de dévoiler toute l'histoire...

 

Un conte qui mêle horreur et magie en même temps, une ode à l'amour maternel, à la fusion mère-enfant.

 

Saluons le formidable travail sur le langage effectué par cette auteure trop méconnue, irlandaise vivant au Canada. Elle en est à son septième roman, ce dernier a été finaliste au Booker Prize.

Tout est vu et ressenti à travers le regard et la voix de l'enfant, son imagination, sa naïveté et sa drôlerie.

 

Ce conte qui évolue peu à peu vers le thriller n'en dénonce qu'avec plus de finesse les travers de notre société malade de médiatisation et d'analyses à l'emporte pièce. Le regard neuf de l'enfant n'en est que plus acerbe.

 

Un petit chef d'oeuvre à découvrir....

 



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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 13:55

RENTREE LITTERAIRE 2011

 

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/9/7/5/9782879296579.jpg

 

Editions de l'Olivier

 

Le livre incontournable de la rentrée... Véritable phénomène de société, vendu à 3 millions d'exemplaires Outre-Atlantique. Depuis 10 ans, on attendait le prochain opus de l'auteur des Corrections

 

Pour moi (et beaucoup de lecteurs), une grosse déception.

 

C'est pas mal, facile à lire, mais de là à parler de Tolstoï et de faire la une de Time Magazine après Joyce et Nabokov, il y a quand même un gros problème....

 

Autant Les Corrections brillait par son style tragi comique et ce portrait foufou de la famille, autant le style de Freedom est proche de la platitude...

 

On arguera le fait que Franzen joue des artifices littéraires (flash-back, polyphonie...), mais il n'est pas le seul et le premier à le faire !

 

Qu'apporte ce roman par rapport à son précédent ou aux romans de Rick Moody, McInerney...pas grand chose !

 

Le thème de la famille et du couple est redondant dans la littérature américaine, la crise des valeurs aussi. Je ne vois pas ce qu'y ajoute Franzen.

 

Une femme, Patty, ex basketteuse prometteuse, quitte sa famille pour épouser le modèle du type bien, Walter Berglund. Ils achètent une belle propriété, ont des enfants qui les déçoivent. Patty fait une dépression, la consigne dans son journal intime et Walter va s'engager dans la lutte écologique, mais qui flirte te avec les grands trusts des entreprises ....

 

Il y a du Desperate Housewife dans ce roman certes et aussi un portrait très peu reluisant de l'engagement politique.

 

La morale, s'il y en a une, pourrait être : on est malheureux en couple et en famille, alors on s'engage dans la lutte écologique pour obtenir une respectabilité publique...On s'engage contre la surpopulation...et si cela venait uniquement de notre frustration familiale, des déceptions d'avoir eu des enfants pas si parfaits....La pureté de l'engagement en prend un coup ....

 

Mais bon, on reste un peu au ras des pâquerettes ; on est ni dans Tolstoï ni dans Dostoïevski.

Du point de vue du style, on évoque l'influence des séries télé (c'est un peu tiré par les cheveux mais si l'on admet que les grands chapitres centrés sur des personnages sont des saisons alors....) et des personnages de Guerre et Paix.

 

C'est quand même très surévalué; Bien sûr ça se lit bien et pour cause, il y a surtout des dialogues...

 

On admettra une dernier chapitre très caustique, bien réussi.

 

Mais de là à voir un chef d'oeuvre....

 

A vous de me donner votre avis. Je vous conseille de lire l'article sur Fluctuat.net ; ils ont bien du mal à donner des arguments....

 


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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 13:48

Un nouveau blog littéraire sur la toile, avec notamment des articles sur la rentrée littéraire :

 

htpp://monmondedeslivres.blogspot.com

 

Bonne visite !

 

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 15:22

GRECE -PRIX MEDITERRANEE 2011

 

Jours d'Alexandrie

 

Editions Viviane Hamy, 2011

 

Voici un roman historique fleuve de près de 600 pages, relatant l'histoire d'une famille grecque d'Alexandrie du début de la Première Guerre Mondiale jusqu'à l'arrivée de Nasser au pouvoir dans les années 50.

 

Le premier rôle revient bien entendu à la ville phare d'Egypte, entre le cosmopolitisme de l'Empire britannique où les "Levantins" (libanais, grecs, arméniens, juifs) sont à leur apogée commerciale, et l'émergence et l'affirmation des nationalismes arabes et sionistes, jusqu'au moment où les étrangers ne sont plus les bienvenus.

 

Au centre de tout ça, la famille Haramis : Antonis, le patriarche, parti de rien, qui a fait fortune avec son usine de tabac en vendant des cigarettes à l'armée britannique en 1914. Sa femme, Daphnée, la cleptomane qui fait un trafic d'antiquités égyptiennes avec son frère, et les deux fils, Kostis et Mahos, qui vivront les années folles de l'entre deux guerres à Paris et à Berlin, avant de choisir des destins opposés. Car en 1940, alors que l'Africa Corps de Rommel débarque, il faut choisir son camps, entre la sauvegarde de l'Empire Britannique et l'idéologie nazie. Entre le panarabisme et le sionisme...

Entre temps, nous aurons vogué d'Egypte jusqu'à Berlin, en passant par Le Caire, Paris, Vienne et Munich.

 

Ce roman historique vaut autant pour sa reconstitution très fidèle et détaillée d'une époque en pleine mutation, que pour ses personnages hauts en couleurs. Car, autour de la famille Haramis, il y a deux personnages principaux, très énigmatiques, qui donnent vraiment du piquant à l'intrigue : Elias Khoury, le libanais intrigant aussi bien du côté des anglais que des arabes, et Yvette Santon, d'origine française, maîtresse d'Antonis Haramis, lesbienne et espionne à ses heures....Le duo infernal va servir le contre-espionnage anglais et faire les beaux jours des années folles d'Alexandrie où des lupanars très cosmopolites ouvrent leurs portes...

Sexe, espionnage, commerces illicites...Voici les ingrédients d'intrigues follement romanesques qui nous font lire cette romance avec plaisir.

Parfois, on peut être perdu par ce foisonnement de détails historiques...Mais c'est pour mieux découvrir cette période peu connue qui a transformé le Moyen-Orient en poudrière de nationalismes....

 

A découvrir.

 

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 11:09

SUEDE -RENTREE LITTERAIRE

 

 

Editions Gaïa, 2011

 

Un roman qui ne fait pas beaucoup parler de lui dans la presse mais qui fait partie d'une sélection pour un prix des libraires ; il faut dire que j'ai été d'abord attirée par une couverture envoûtante, une jeune fille coupant ses jolis rosiers en forme de coeur. Cela m'a fait penser à un conte et j'ai vraiment retrouvé cette atmosphère dans le roman...mais un conte joliment pervers...

 

Jugez-en plutôt par la première phrase du récit :

 

"J'avais sept ans quand j'ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept ans quand j'ai finalement mis mon projet à éxécution. "

 

Une phrase coup de poing qui vous met tout de suite dans l'ambiance ! L'histoire nous ai racontée par l'auteur du crime, Eva, 56 ans, retraitée, passionnée de jardinage : elle cultive de magnifiques rosiers...Sa petite fille lui a offert pour son anniversaire un journal intime ; elle va donc en profiter pour avouer par écrit ses crimes passés. Car avant de mettre celui-ci à exécution, elle s'est quelque peu exercée...

 

Un mélange de poésie et de perversité savamment dosée...

 

Une atmosphère "conte au coin du feu" : nous sommes dans une petit village suédois, surplombant une falaise balayée par les vents et la brume. On se réunit entre amis pour se raconter ses histoires avec du café et des pains au lait. Eva cultive une magnifique roseraie...

 

Un cadre enchanteur pour nous livrer peu à peu les secrets d'une ancienne petite fille souffrant d'une mère égoïste et fantasque. D'étranges rituels viendront précéder ce meurtre.

Il aura été question de livrer ses secrets aux oreilles de Buster (l'énigme du titre), de rêver du roi de pique qui lui insuffle son côté noir, de cultiver des roses Peace. Et l'on parle aussi de baleines qui s'enfoncent dans l'abîme pour mleux renaître...

 

Laissez-vous emporter par les confidences nocturnes d'Eva, à la lumière de sa lampe de bureau, buvant un cognac. C'est délicieux...

 

Décidément, les blessures familiales sont un grand thème de cette rentrée littéraire 2011 ; il y a bien l'indispensable Freedom de Franzen (pas encore lu), Rien ne s'opoose à la nuit de Delphine de Vigan et Ce que l'on peut lire dansl'air de Dinaw Mengestu. sans oublier La confusion des peines de Laurence Tardieu.

Mais avec Les oreilles de Buster, il faut quitter le registe de l'autobiographie ou autofiction. On est bien dans le plus pur romanesque, celui des contes...Et on y croit ou pas...

 

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 11:25

EGYPTE, 1956

 

 

PRIX NOBEL DE LITTERATURE 1988

 

Le "Zola arabe" est le premier écrivain de langue arabe à avoir reçu le Prix Nobel de Littérature en 1988. Son oeuvre la plus connue est la "trilogie du Caire" où il nous raconte l'histoire d'une  famille du Caire à travers plusieurs générations ; l'occasion de nous conter l'histoire égyptienne sur plus de vingt ans, entre les deux guerres mondiales.

 

Une occasion de revenir sur la création de ce pays, qui fait beaucoup parler de lui en ce moment...

 

une famille, une rue, un quartier, l'émergence du nationalisme en 1919 : ainsi pourrait-on résumer ce premier tome de la trilogie.

L'impasse des deux palais désigne une rue typique du Caire, étroite, avec ses maisons, ses marchands d'épices, son brouhaha, une circulation impossible. A l'intérieur d'une maison, vit la famille El Gawwad : le patriarche autoritaire Ahmed, marchand aisé, qui tient son petit monde à la baguette. Il passe son temps entre sa maison, sa boutique, et le cabaret le soir...

Amina, la mère courage, dévouée jusqu'à la soumission pour son mari et ses 5 enfants. Dans la plus pure tradition, elle ne sort jamais de chez elle (son mari lui interdit), et regarde le monde à travers le très symbolique moucharabieh.

 

Les cinq enfants : Yasine, l'aîné, né d'un premier mariage, le "dépravé" aimant l'alcool et les femmes, qui aimerait bien se révolter contre son mère surtout lorsqu'il découvre que son père va aussi au cabaret.

 

Fahmi, l'étudiant en droit, l'idéaliste, le romantique, qui va s'engager dans la révolte égyptienne contre les anglais.

Kamal, le petit dernier, l'espiègle, adorant ses frères et soeurs.

Et enfin, les deux soeurs, Khadiga, l'aînée au gros nez, cancanière mais au grand coeur, et la douce Aïcha.

 

Tout ce petit monde qui grandit, il va bien falloir les marier....Une grosse partie du roman est justement consacrée aux différentes tractations pour marier les quatre aînés : les marieuses, les amoureuses, les mariages arrangés, les refus du père...

 

Le roman est d'abord très intimiste (beaucoup de scènes dialoguées entre deux personnages ou dans une pièce de la maison, autour d'un café ou dans le bureau du père), on pense d'ailleurs à de petites saynètes théâtrales où tout le monde s'affaire, suite à de multiples rebondissements.

Derrière le moucharabieh, on observe, on se cache . On tombe amoureux d'une jeune voisine ou d'un bel officier. Tout tombe à l'eau à cause de l'autorité du père. On ruse, on ne sort pas de chez soi, mais on observe un monde qui bascule derrière le moucharabieh.

 

Puis, petit à petit, on sort dansla rue puis on découvre une société égyptienne en pleine effervescence, entre tradition et modernité, après la fin de la Première Guerre Mondiale. La jeunesse et la nation luttent contre l'établissement d'un protectorat anglais. Un épisode méconnu de l'Histoire de ce pays.

Cette lutte nous fera revenir à nouveau dans la maison de l'impasse des deux palais, maisonnée qui n'en sortira pas indemne....

 

Construction parfaite pour ce roman à la fois intimiste et historique, digne de l'oeuvre d'un Balzac ou d'un Tolstoï.

L'impasse des deux palais, symbole de cette transition entre une Egypte traditionnelle et une Egype moderne, est à l'image de la famille El Gawwad, traditionnaliste, au bord de l'implosion.

 

La figure centrale du patriarche Ahmed Abd El Gawwad est un chef d'oeuvre de psychologie. A la fois autoritaire et très bon vivant, il tyrannise sa famille, femme et enfants, mais  on découvre au fur et à mesure que cette attitude cache une véritable générosité et un amour profond pour sa famille...

 

Roman ardu, long, qui se lit tout de même très facilement, dans une pose très limpide, avec un vrai rythme du récit. Un roman, psychologique et social, comme on les aime.

Cela nous donne envie de découvrir les deux autres tomes : Le palais du désir et Le jardin du passé

 

 

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 10:13

RENTREE LITTERAIRE 2011

 

Dédicace de Delphine de Vigan

 

Editions Jean-Claude Lattès

 

L'une des grosses sorties françaises de cette rentrée littéraire. Delphine de Vigan, auteure du succès No et moi, nous livre ici un roman familial poignant, ayant pour point de départ le suicide de sa mère Lucile, à 60 ans, il y a quelques années.

Cette mère, que l'on a découverte bipolaire (maniacodépressive), à l'âge de 30 ans, que l'auteure va nous faire revivre grâce à l'écriture.

 

Autour de Lucile, figure stellaire, tragique, une constellation familiale tout aussi tragique, marquée par l'inceste et le suicide : un père à la fois autoritaire et libertaire, une mère aimante et fantaisiste, et 8 frères et soeurs. Un premier suicide, puis un autre.

Fragilités mais aussi force d'une communauté familiale soudée malgré les multiples épreuves.

 

Delphine de Vigan ne tombe jamais dans le misérabilisme ou dans le "trash" et pour cause : ce roman est d'abord une réflexion sur l'écriture, une interrogation sur le fait d'arriver à dire la ou une vérité.

C'est pourquoi l'auteure choisit à chaque fois de faire des pauses pour s'interroger sur le comment, le pourquoi et la portée d'une telle démarche : le faire d'aller au delà du mythe familial, ses répercussions sur sa vie et celle des autres membres de sa famille.

Nous assistons donc aussi à la "fabrication" du roman, à son origine : "interview" de ses proches, oncles et tantes, interrogations sur les multiples versions, écoute des cassettes de son grand-père qui raconte sa vie, lecture des écrits de sa mère.

 

Delphine De Vigan, qui n'est plus dupe de l'autofiction, n'hésite pas non plus à placer son roman dans la lignée des écrivains de ce genre littéraire ; elle cite ainsi un passage de L'inceste de Christine Angot et du Chagrin de Lionel Duroy. Elle prend ainsi appui sur ce qui a été fait avant elle pour justement tenir à distance les critiques que l'on pourrait lui faire.

Le plus émouvant est sans doute la référence explicite à L'intranquile de Gérard Garouste, où le peintre raconte la figure paternelle et ses périodes de dépression.

 

D'abord un très beau portrait de femme brisée, une réflexion très belle sur la portée du suicide et un récit familial qui s'assume comme tel, avec ses limites. Intéressant.

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