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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 20:21

Editions POL, 2012

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/Grandes110/2/7/1/9782818014172.gif

 

Sans doute l'un des romans les plus originaux de cette rentrée. Et pour cause, l'héroïne est une liseuse, autrement dit une tablette électronique....

En effet, quoi de plus pratique d'un ordinateur miniature où vous pouvez enregistrer tous les manuscrits lorsque vous êtes éditeur ? 

Sauf que notre éditeur est un éditeur bien traditionnel, il aime la bonne littérature, la bonne chair et le bon vin, le bon papier qui sent bon...Difficile pour lui de se faire à ce bout de plastique lorsqu'une stagiaire lui offre la liseuse. Il s'écorche même le nez, s'étant endormi dessus !

Vous l'aurez compris, ce roman est tout sauf sérieux...Paul Fournel, à la tête de l'OULIPO (ouvroir de littérature potentielle, cher à Queneau et Roubaud) excelle dans les jeux en tout genre. Il embauche même une équipe de stagiaires joyeux lurons pour révolutionner le monde de l'édition un peu sclérosé et inventer la nouvelle littérature électronique. 

Vous voulez savoir ce qu'est une sextine ? Un texticule ? Une sirandane ? Ouvrez vite la liseuse !

Sous ses airs de jeu perpétuel, ce texte nous livre un beau portrait d'éditeur et une magnifique réflexion sur ce métier. Et la fin réserve une belle surprise !

A réserver aussi aux amateurs de bonne chaire. Le texte regorge de références culinaires (dont une magnifique dégustation d'artichaut) ; alors prenez un petit verre de brouilly, comme notre éditeur, et découvrez la liseuse, vous ne le regretterez pas !

Les éditions POL ont une image assez élitiste et sérieuse. Paul Fournel le dément assurément !



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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 12:13

FRANCE

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Editions de l'Olivier,2010

Valérie Zenatti est à l'affiche en ce moment avec l'adaptation cinématographique d'Une bouteille dans la mer de gaza

C'est la première fois que je lis un livre pour adultes de cet auteur (qui est aussi traductrice de l'hébreu et entre autres d'Aharon Appelfeld).

Un beau roman, fidèle aux publications de littérature française chez l'Olivier (Olivier Adam, Arnaud Cathrine...). Un beau récit intime et pudique d'une mère au foyer qui décide de larguer les amarres pour une journée...

 

Emmanuelle est mariée, mère de trois enfants, employée dans une entreprise de statistiques. Elle vient aussi de perdre sa meilleure amie d'un cancer. Entre les multiples tâches du quotidien, elle se plonge dans un roman mettant en scène Leila, une jeune femme photographe  qui, après le décès de son compagnon, décide de partir en Serbie faire du photo journalisme. Une héroïne passionnée, artiste, libre...

Comment le pouvoir de la littérature va-t-elle modifier le destin de cette Madame Tout le Monde ?

Le roman est habillement construit en faisant alterner les chapitres concernant Emmanuelle et Leila. 

Nous ne comprenons qu'au bout d'un certain temps que l'une est réelle, l'autre fictive...

A peine "Vingt quatre heures de la vie d'une femme" où tout peut basculer...En faisant la connaissance de cette femme de papier, Emmanuelle décide aujourd'hui de ne pas se rendre à son travail. Elle vagabondera, elle se souviendra de son enfance, de ses amies quitte peut-être à tout quitter ....

Des heures d'introspection où il aura été question d'amitié, de filiation et de liberté.

Un parcours tout en finesse, très pudique loin de toutes les auto fictions absconses qu'on a pu lire certaines fois. 

Et la fin nous réserve un dernière surprise...

Un beau roman psychologique qui nous montre aussi comment la littérature peut changer une vie...

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 18:53

BANDE DESSINEE

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Editions Gallimard, 2011

 

Amateurs et passionnés de cuisine et de gastronomie, allez faire un petit tour du côté du rayon bandes dessinées ! Vous y trouverez deux très bons crus 2011 ; l'excellent Les ignorants d'Etienne Davaudeau consacré au vin  (la rencontre mutuelle entre un auteur de BD et un vigneron). Puis cette superbe BD pas tant pour le graphisme assez schématique que pour ses admirables scénettes mettant un Alain Passard, chef du grand restaurant parisien, l'Arpège, tellement passionné et concentré, que le lecteur en est amusé. Mais attention, il n'y a aucune caricature dans ces portraits croqués sur le vif ! C'est justement l'humanité du personnage, ses petites mimiques, que nous retenons.

 Voici donc un grand cuisinier passionné par la cuisine des légumes (il veut, selon ses termes, en faire des "grands crus") ; Christophe Blain (l'auteur d'Isaac le Pirate et de Quai d'Orsay), contrairement à Davaudeau dans Les ignorants s'efface devant le grand chef. 

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSpa1mlPCCo3ih0YdK6I-SgkRGQWP4qpduVaW1SIviYkSMH0BLr

L'idée est la suivante : alterner les recettes, dont les secrets nous sont donnés dans leur intégralité sur une page et ensuite croquer sur quelques pages la "mise en scène" de la recette : Passard qui s'émerveille devant la couleur d'une betterave, le jus d'un navet, la fumée qui se dégage de la cuisson des petits pois, des brins coupés de ciboulette ou de sauge. Autrement dit, la cuisine comme art (il constitue d'ailleurs un tableau de ses ingrédients pour tester les couleurs), comme théâtre et aussi et surtout comme simplicité. 

Un légume, une herbe, du miel ou de l'huile d'olive...et tout s'enchante !

Le trait et la mise en scène de Blain, très rapides et nerveux, traduisent magnifiquement bien la personnalité du cuisinier, un véritable tourbillon d'idées, d'actions et de passions. Il s'agite, il crée, il dirige, il explique, il goûte, il hume....On ne s'ennuie pas une minute ! Il s'agit de saisir sur le vif, en direct, la préparation des recettes. 

http://chocolateandzucchini.com/archives/images/books/EnCuisineAvecAlainPassard.jpg

Que diriez-vous donc d'une "fondue d'oignons blancs à l'oseille, fèves et chèvre frais, chutney de rhubarbe rouge", d'un "saint-pierre aux feuilles de laurier sous la peau", de "fraises aux éclats de berlingots à l'huile d'olive" ou d'une "dragée de pigeonneau à l'hydromel". 

 

De quoi vous réconcilier avec les légumes sachant q'Alain Passard les fait venir directement des trois terroirs différents...

 

Bonne dégustation !

Et pour aller plus loin, rendez-vous sur :

http://www.alain-passard.com/fr/37-bd.html

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 14:56

FRANCE

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Editions du Seuil, 2012

 

C'est l'événement littéraire de cette rentrée de janvier. 

Régis Jauffret est depuis Clémence Picot, passionné par les psychés au bord du gouffre, la folie, les huis-clos étouffants, les rapports de force et manipulations diverses au sein de l'univers familial. 

Le fait de s'emparer d'un des faits divers les plus sordides de ces dernières années semble donc être la suite logique de son oeuvre : raconter les 24 années de calvaire d'une jeune femme cloîtrée dans un cave par son père incestueux, Joseph Fritzl, qui lui fera sept enfants. 

Mais attention ! En guise d'avant-propos, Jauffret nous déclare qu'il s'agit d'un roman, d'une fiction, certes fortement inspirée de la réalité. Quelle a été la principale motivation de l'auteur ? Nous y reviendrons...

Jauffret a toujours été également passionné  par les monologues sans fin, le flux verbal (Asile de fous) mais là, il y a une certaine rupture même si la soif des mots est bien présente sur plus de 500 pages...L'auteur est présent, il adopte un style très classique loin des délires grand-guignolesques et sarcastiques d' Asile de fous . Pas de monologues délirants de Fritzl par exemple, ni des autres membres de la famille, à peine Angelika, la prisonnière, qui dit "je" durant quelques lignes seulement. Il y aura toujours une distance entre les personnages et l'auteur, qui refuse ici le style direct. 

 

Jauffret aurait pu alterner les paroles des victimes et des boureaux. Il ne l'a pas fait. Car sa volonté première a été d'immerger le lecteur dans une sensation de claustration, qu'il vive le plus profondément possible l'expérience de l'enfermement pendant ces 24 longues années. Et c'est en cela que le roman est très réussi. Tout y est : les violences, l'odeur, l'atmosphère, la répétition des mêmes gestes, des mêmes angoisses chaque jour jusqu'à l'écoeurement. La longueur du texte comme métaphore de la durée de l'enfermement. 

Le roman comme expérience et non comme analyse de la psychologie du monstre. Le lecteur est avec Angelika dans la cave, il vit littéralement avec elle. en cela, le roman est une grande réussite. 

 

On peut reprocher à Jauffret de mêler réalité et fiction. Il affirme que c'est une fiction. Quoi de mieux qu'une fiction pour donner à voir les sensations, tomber dans le gouffre avec les prisonniers ? 

Il va certes même jusqu'à envisager "une suite", pour savoir comment les enfants ont grandi après leur libération. C'est d'ailleurs ainsi que le roman commence. Puis l'auteurse met en scène lui-même pour aller visiter la fameuse cave. Puis à une petite moitié du roman, nous pénétrons dans la cave. Un bel enchevêtrement de narrations qui donne sa richesse au récit. 

 

La seule critique que je ferais est effectivement le rapprochement un peu trop facile avec une Autriche malade, clairement visée et accusée, avec des allusions récurrentes à Hitler et le titre, qui rapproche claustration de l'Autriche. 

 

Jauffret a voulu plonger le lecteur dans une expérience morbide...et c'est très réussi. 

 


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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 10:55

CHINE

 

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Editions Grasset, 2012

 

Bienvenue dans la version chinoise du Meilleur des Mondes d'Aldous Huxley ...Pékin 2013 : un roman d'anticipation qui n'en est presque pas un !

 

Après la crise économique mondiale de 2008, la Chine est entrée tout d'un coup dans l'ère de la prospérité absolue. Chaque habitant est dans le bonheur le plus total. Des centres commerciaux inondent les villes, le Starbuck Coffee a été racheté aux américains et le cocktail aux litchis est devenu la boisson mondiale...

 

Dans ce meilleur des mondes, quelques personnes ne semblent pas atteintes par ce bien-être général. Un écrivain, Lao Chen, va ainsi se rapprocher d'une ex militante qui lui affirme qu'1 mois entier a été rayé des mémoires des Chinois.

 

Que s'est-il passé pendant ces 28 jours ?

 

C'est ce que vont découvrir une "bande des quatre", intellos, drogués, dépressifs", le secret des jours qui ont changé le monde.

 

Une très bonne idée d'origine, mais pas de grosses surprises tout de même. On devine vite se qui s'est passé même si, il faut l'avouer, la fin est moins téléphonée qu'on l'attendait. On assiste à un superbe exposé économico-politique qui mérite le détour...

 

Pas de grande littérature mais un regard réaliste et acerbe sur la Chine d'aujourd'hui.

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 22:44

FRANCE

 

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Editins Albin Michel, 2012

 

Franck Pavloff (l'auteur du succès international  Matin brun) vient d'écrire un très beau roman poétique sur le Grand Nord Arctique.

Un roman des grands espaces qui n'est pas un roman d'aventure. C'est au contraire un joli récit d'apprentissage mettant en scène deux personnages principaux qui tentent de pousser les frontières qui leurs ont été imposées par le destin. Lyuba, une jeune femme orpheline de 20 ans, qui rêve de quitter "la zone" et de découvrir l'ailleurs et Kolya, le vieux sculpteur lapon, qui se réfugie dans ses croyances. Ensemble, il vont défier les lois de la "pesanteur des esprits".

 

Un paysage dévasté, de ruines, d'où se dégage une impression quasie fantastique.

 

Une atmosphère très mystérieuse, où les habitants mis en quarantaine vivent retranchés dans une activité et une obsession précise : construire un alambic avec une assemblage de tuyaux, ou encore construire un explosif, aller prier à l'Eglise orthodoxe pour qu'un nouvel enfant naisse, sculpter des petits objets d'ivoire...Toutes ces communautés repliées sur elles-mêmes se toisent sans forcément s'affronter...

 

L'absence de naissances depuis des années va précipiter les événements....

 

Pavloff excelle bien sûr dans ses descriptions de paysages "morts-vivants" qui envoûtent le lecteur. Mais il ne faut pas en oublier pour autant son talent à brosser de magnifiques portraits humains, tout en nuances. Il procède par petites touches impressionnistes dévoilant petit à petit les secrets des deux personnages.

 

Un très beau conte un pays des grands froids qui nous réchauffe de part sa lueur poétique.

 


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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 21:19

GRANDE-BRETAGNE

 

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Editions de l'Olivier, 2012

 

L'un des romans fleuves (700 pages) de cette rentrée littéraire de janvier. L'auteur anglais nous plonge dans l'Histoire du Japon, à l'aube de son ouverture à l'Occident.

 

Nous sommes en 1799, date qui va sonner le glas de la Compagnie hollandaise des Indes Orientales( Bonaparte occupe les Pays-Bas) ; Dejima, île artificielle de la baie de Nagasaki, est le seul endroit où des étrangers peuvent commercer avec l'archipel nippon. Et ce privilège est accordé aux seuls néerlandais...

 

Mais en cette période trouble, les navires en provenance de Java se font rares et les Anglais aimeraient bien prendre la place des Hollandais...

 

Voilà pour le contexte historique, utile de connaitre, si l'on veut suivre l'intrigue....

 

Intérêt historique donc pour ce roman qui nous plonge avec érudition dans la fin de l'ère Eddo, qui a fait connaître au Japon 200 ans d'isolement total, après la christianisation de Saint-François Xavier.Peu après, expulsion et persécutions des chrétiens, interdiction d'avoir une bible....

 

C'est pourquoi notre Jacob de Zoet cache sous les combles sa bible héritée de ses ancêtres à son arrivée à Dejima. Il est chargé d'enquêter sur les fraudes de la Compagnie. Ce n'est que le début de moult-es aventures....

 

Car, bien sûr, David Mitchell, manie le livre d'Histoire avec brio mais n'oublie pas pour autant le romanesque. En effet, Jacob de Zoet va tomber amoureux d'Orito, une savante japonaise férue d'obstétrique, qui va être retenue prisonnière par un moine sadique....

 

Il n'en faut pas plus pour nous tenir en haleine ; certes, ce n'est pas de la grande littérature, mais, avec un sens certain du récit, on découvre un monde foisonnant aux multiples personnages : magistrats, commerçants, interprètes, moines, savants....

 

Pour les amoureux du Japon et de l'Histoire. Après 200 pages assez plates, on se laisse facilement prendre au jeu.


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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 14:57

ETATS-UNIS


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Editions Christian Bourgois, 2011

 

Laura Kasischke est encore un auteur très confidentiel en France malgré ses nombreux prix littéraires aux Etats-Unis.

Ses romans mettent souvent en scène une adolescence tourmentée : violence, troubles psychologiques. Elle excelle dans la description d'univers lisses et aseptisés qui se fissurent tout à coup. Je l'avais découverte il y a quelques années avec  Un oiseau blanc dans le blizzard.

 

Dans son dernier opus, elle renouvelle avec beaucoup de maîtrise le récit mêlant fantômes et revenants.

 

L'auteur choisit pour cadre une université traditionnelle du Middle Ouest. Les élèves sont organisés en fraternités et sororités, ces confréries un peu étranges qui font se réunir les étudiants autour de rites de passage pouvant faire penser à du bizutage.

Nicole, une brillante étudiante, membre de la prestigieuse sororité "Oméga Théta Tau", trouve la mort dans un accident de voiture. Son compagnon, Craig, en réchappe miraculeusement.

Un an plus tard, il revient sur les lieux, malgré la vindicte des autres membres de la sororité qui vouent un véritable culte à Nicole, érigée en sainte sacrifiée.

Tout se complique lorsque Nicole semble hanter les soirées et les nuits de deux amis de Craig....Hallucinations ? Fait réel ? Complot ?

L'auteur va nous répondre, sur 600 pages écrites avec brio.

 

Cela aurait pu ressembler à un sitcom se déroulant dans un campus universitaire, avec ses histoires de coeur, ses rebondissements. L'auteur utilise d'ailleurs tous les ressorts de ces séries : courtes séquences se terminant par un suspense haletant, alternance des personnages...

C'est en fait un très bon roman psychologique, au suspense haletant, se déroulant dans une atmosphère à la fois poétique et glaçante.

 

Kasischke choisit de faire alterner le point de vue de multiples personnages : Perry, l'ami de Craig, qui va enquêter sur les apparitions de Nicole, Shelly, une enseignante de musique qui est arrivée la première sur les lieux de l'accident et qui n'a pas vu la même chose que les enquêteurs, Mia, l'universitaire spécialiste des coutumes liées à la mort, Josy, la compagne de chambrée de Nicole.

Multiplicité de voix et aussi alternance entre le récit des événements passés et l'enquête présente.

 

Le tout raconté de manière très poétique, dans une langue à la fois simple et imagée. Un campus, du brouillard, de la neige et le clair de lune. Il n'en faut pas plus à l'auteur pour créer une véritable atmosphère glaçante.

 

Roman psychologique, enquête, thriller, roman d'apprentissage...Les qualificatifs ne manquent pas pour ce récit à tiroirs qui évoque à la fois Virgin Suicides et Twin Peaks.

 

Ce roman fleuve se lit d'une traite et Omega Théta Tau nous hante encore plus, une fois le livre refermé...

 


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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 10:53

COREE DU SUD

 

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Editions Zulma, 2006

 

Vous aimez le mélange des genres, le réalisme le plus cru mêlé à une poésie envoûtante ? Ce petit bijou sud-coréen est pour vous !

 

Un brin de polar, de la mythologie, du romanesque, des secrets familiaux enfouis...Voici les ingrédients de ce cocktail détonant.

 

Un curieux détective privé est chargé par un inconnu de suivre sa mère. Il la découvre en train d'accompagner son frère handicapé cul de jatte dans des maisons de passe....ou encore en train de faire l'amour à un vieillard sous un palmier, sur une falaise devant la mer....

 

Que cachent ces étranges rituels ? Le narrateur, rongé par la culpabilité (il se sent responsable du handicap de son frère) va tenter de percer les mystères familiaux et de redonner le goût de la vie à son frère...

 

Beaucoup de romanesque dans ce récit qui mêle savamment trivialité et poésie. On passe des scènes de désirs sexuels inassouvis à des passages qui font l'apologie de la mythologie et des légendes.

 

Connaissez-vous l'aliboufier ? Venez découvrir la légende de cette arbre et une apologie de l'amour passion.

 

Du grand art pour ce récit gigogne qui peut faire penser un peu à Haruki Murakami.

 



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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 10:09

ESPAGNE

 

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Editions Phébus, 2011

 

Connaissez-vous cette auteure espagnole née en 1926 (donc âgée de 85 ans !) qui vient de publier ce magnifique roman ? Elle est l'un des plus grands écrivains espagnols actuels et lauréate du Prix Cervantès en 2010.

 

Elle nous offre ici une magnifique ode au monde de l'imaginaire et des contes, imprégnée par les contes d'Andersen et les ballets russes.

 

On retrouve ce mélange de réalisme et d'imaginaire qui fait entre autre le succès des films espagnols aujourd'hui.

 

Adri est une petite fille issue de la bourgeoisie madrilène, délaissée par des adultes trop sérieux, sévères et englués dans leurs problèmes quotidiens. Nous sommes à l'époque de la guerre civile espagnole.

Ne comprenant pas ce monde étranger qui ne la comprend pas, elle va alors se réfugier dans son imaginaire...Voir les licornes sortir des tableaux le soir, par exemple. Voguer dans la mer du couloir avec ses bateaux de papier journal. Et voir aussi les lustres du salon devenir des araignées géantes.

 

Ses plus fidèles alliés : sa tante, son père absent et surtout le monde des domestiques ; le monde de la cuisine et des caves, tout un monde en soi....

Puis c''est la rencontre avec Gravila, un jeune enfant exilé russe, vivant au dernier étage avec son majordome, Téo. Sa mère était une ballerine russe.

 

Ensemble, ils vont ouvrir les portes de l'imaginaire et vont inventer leur monde à eux avec des livres, un théâtre de marionnettes, des pas de danse et des patins à roulette...Ah, la scène sur le toit avec le linge qui sèche au vent, quelle beauté !

Car Gravila lui promet d'apprendre à voler. Mais attention, car tous les enfants meurent....

 

Un roman sublime qui magnifie le monde de l'enfance sans pour autant le rendre niais. Car c'est un monde qui souffre de l'hypocrisie des adultes (Adri les surnomme Les Géants) qui n'expliquent rien aux enfants. La guerre civile est là, derrière les fenêtres,mais les parents n'en disent rien. Des êtres disparaissent, sans raison.

 

Un récit tout en atmosphère (scènes magnifiques dans les cuisines des domestiques ; scènes entre les deux enfants faisant penser aux contes et ballets russes).

Beaucoup de classicisme aussi mais on en redemande...

 

La magie de Noël....un peu tardive !


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