Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
  • Contact

Bienvenue sur mon Blog !




Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Recherche

Archives

23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 13:10

Editions Viviane Hamy, 2012

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/4/9/0/9782878585094.jpg

 

Un court récit flamboyant d'une jeune étudiante en lettres de 22 ans...et ce n'est pas son premier roman !

Un beau succès bien mérité pour ce roman français qui sent bon la littérature américaine. Et dans la production française d'aujourd'hui, c'est très rare...

Assurément, Cécile Coulon est en train de se faire un nom. Sur 170 pages, elle arrive à nous livrer le destin d'un jeune homme, Thomas Hogan, intelligent, silencieux et taciturne, marqué par la mort de son père suite à un accident dans une scierie. 

Nous sommes dans une ville, quelque part dans l'Amérique traditionnelle. Une grande propriété, des forêts de sapins, un bar du coin aux airs de saloon, le Blue Budd. Des bûcherons, quelques ivrognes, un médecin qui respire la bonté. Il n'en faut pas plus à l'auteur pour créer une véritable atmosphère. On y est, on sent l'odeur des sapins, on voit de suite ce village traditionnel. Une Amérique fantasmée, sans indication temporelle, un peu hors du temps. 

Unité de lieu pour le portrait d'un destin : dès la première page, nous savons que Thomas a été arrêté par la police. Quelques éléments : un médecin qui arrive, une mère qui hurle. Une scène décrite par petites touches. Puis Cécile Coulon retrace son itinéraire sur 160 pages. Elle en parle à la fois comme une vie de tous les jours et aussi comme une légende. Comme si une petite voix nous disait : viens, approche, je vais te dévoiler le secret de Thomas Hogan. 

Elle retrace cette vie trentenaire en finalement peu de pages. Quelques événements majeurs : deux accidents, un meurtre, une amitié trahie...

Cécile Coulon aime ses personnages, elle aime les décrire, patiemment pour leur donner corps : le médecin dévoué O'Brien, l'amoureux secret, le vieux Puppa à la cigarette au bec, Maryr, la mère dévouée...

Et, il y a aussi et surtout cette écriture à la fois classique, simple et parfois insolite, où des images, des métaphores curieuses nous sautent aux yeux : des poumons qui battent comme des éventails cassés, une vengeance qui est un plomb qui se mange chaud, une bouche qui brille au soleil à la manière de bulles de savon traversées par des rayons de lumière blanche, des joues roses comme des peaux de poulet rôties au soleil...Une belle langue inventive, moderne, imagée. 

Jugez-en plutôt par ces premières lignes, où les sodas et les  hot dogs nous plongent de manière surprenante en Amérique :

"Ce poids, cette horreur planquée derrière chaque phrase, chaque geste, couverte par les capsules de soda, tachée par la moutarde des hot-dogs vendus avant les concerts...."

Partager cet article

Repost0
16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 10:26

POLICIER

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/5/9/8/9782843043895.jpg

Editions Zulma, 2007

Marcus Malte est l'une des voix les plus singulières de la littérature française d'aujourd'hui. Ecrivant à la fois pour les adolescents et les adultes, ses romans s'apparentent au genre policier. Mais Garden of love, son roman le plus connu (Prix des lectrices Elle 2008), est-il encore un policier ? Sa construction si labyrinthique, sa polyphonie en font surtout une oeuvre littéraire impossible à classer dans un genre unique. 

Bien sûr il y a un flic et un meurtrier...mais on ne sait pas avant une grosse moitié du bouquin qui est qui et pour cause ! La quatrième de couverture nous dit : un flic sur la touche reçoit un manuscrit anonyme qui semble raconter étrangement sa vie. Il y reconnaît la pâte d'un homme qu'il poursuit depuis des années ...mais, nous, nous ne savons pas qui est cet homme. 

Avant de le savoir, nous aurons été envoûtés par un kaléidoscope de scènes qui, apparemment, n'ont aucun rapport entre elles...

Jugez-en plutôt : une famille unie, les parents et leurs deux enfants, se promenant sur une plage un soir de Noël ; un groupe de 4 hommes qui viennent rendre visite à une prostituée pour une fête mémorable. Deux enfants qui jouent dans un jardin dans une atmosphère de contes. Un adolescent qui tombe sous le charme d'un autre dans un lycée. Et enfin, un policier qui reçoit un étrange manuscrit et qui se rend chez le présumé auteur de ce courrier....

Chaque chapitre fait alterner les scènes avec ces différents personnages. Des atmosphères très différentes : récits d'apprentissage, contes, thriller...

Ce n'est qu'à une bonne moitié du livre que les choses commencent à se clarifier...

Finalement, dans ce puzzle, ce qui compte, c'est le plaisir de se promener dans ces différentes entrées et de s'y perdre avec une certaine réjouissance. J'ai presque été déçue par la fin, comme si, finalement, j'avais accepté d'être perdue jusqu'à la clôture finale. 

Les grands thèmes de ce livre : le double, la fascination pour autrui. Chaque personnage semble avoir son double et souhaite le (re)trouver. 

Une réflexion, aussi, sur des parcours de vie, des destinées coupables mais qui continuent le chemin, malgré la mort et la perte. La vie comme garden of love, un jardin d'amour, empli de sépultures, mais qu'il faut continuer à semer, malgré tout. 


Partager cet article

Repost0
9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 11:19

ETATS-UNIS

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/7/0/2/9782330005207.jpg

Editions Actes Sud, 2012

Sans doute le roman le plus ambitieux, le plus marquant de cette année même si nous ne sommes qu'au mois de mars. 

Une oeuvre dérangeante qui assigne à la littérature son plus beau rôle : celui s'interroger les rouages malades de notre société, aller voir du c^té où l'on ne va jamais voir, par peur, par dégoût, par notre bonne conscience triomphante. 

Russell Banks va là où ça fait mal en prenant pur personnage principal Le Kid, un jeune délinquant sexuel de 21 ans. Ce Kid est devenu un sans abri, condamné à vivre sous un viaduc, en Floride,comme les autres condamnés. Son seul ami : un iguane qu'il a recueilli depuis qu'il est enfant. Un enfant solitaire qui regardait sur Internet des films pornos lorsque sa mère recevait des hommes dans sa chambre... La société américaine le condamne pendant 10 ans à porter un bracelet électronique et à ne pas s'approcher à moins de 800 mètres d'une école, d'un parc ou d'une aire de jeux.

Scène inaugurale emblématique de la société américaine sécuritaire et puritaine : Le Kid rentre dans une bibliothèque pour se renseigner sur la présence d'un délinquant sexuel dans son quartier. La bibliothécaire lui indique sur son ordinateur un point rouge signalant sa maison...puis tout à coup, sa photo et sn nom apparaissent...Big brother à l'assaut de la délinquance....

Le roman prend toute sa dimension romanesque lorsque le Kid rencontre sous le Viaduc, "Le Professeur", génie obèse, professeur de sociologie, qui dit vouloir faire une étude sur les sans abris délinquants sexuels et comprendre l'origine de cette nouvelle déviance...et aussi les aider à construire une vraie société organisée de sans-abris avec leurs règles et leurs interdits. 

Qui est ce professeur ? Un universitaire ? Un ancien espion? Lui-même un délinquant sexuel ? Ou encore un génial raconteur d'histoires ? 

Toujours est-il qu'entre le Professeur et le Kid se noue une étrange relation d'attirance et de répulsion, de maître/élève Au contact du "génie", le Kid s'ouvre à lui et au monde, raconte son histoire, une histoire...

Car finalement, il est question de beaucoup d'histoires dans ce roman. D'histoires pour se constituer une identité, pour se sauver, pour se guérir. Et alors, si tout est fiction, rien n'est faux, rien n'est vrai. Oublions donc la logique rationnelle qui cherche à prouver scientifiquement la vérité. Il suffit juste de vouloir croire à ces histoires qui nous font avancer et accepter de vivre....

N'en disons pas plus au risque de dévoiler l'intrigue. Russell Banks construit des personnages énigmatiques qui garderont à jamais leurs secrets. Car le but de la littérature n'est pas de trouver des solutions et de dire la vérité mais au contraire de poser les questions, les problèmes,de donner une piste sans forcément y répondre...

La fiction relève du domaine de la croyance et du questionnement alors que la société américaine juge et stigmatise.

Russell banks nous fait approcher des personnages que nous n'aurions jamais approché si la littérature n'existait pas. Il leur donne une complexité humaine alors que la société les juge.

L'objectif n'est pas de comprendre mais de complexifier l'humain, de lui donner une vrai dimension même s'il est coupable. 

Un roman humaniste comme nous n'en avions pas vu depuis longtemps. 

A lire, un entretien intéressant de Russell Banks sur http://www.slate.fr/story/52219/russell-banks-lointain-souvenir-de-la-peau-litterature

 

"ces hommes là sont des êtres humains, pas des chimpanzés ni des gorilles. Ils appartiennent à la même espèce que nous. Et nous ne sommes pas câblés pour commetre de tels actes. ...Et si nous n'identifions pas les changements qui, dans notre civilisation, attaquent nos systèmes immunitaires socieux et éthiques -systèmes auxquels nous nous référons d'habitude en parlant de tabous- il ne faudra pas longtemps avant que nous succombions tous. Nous deviendrons tous des délinquants sexuels"

Partager cet article

Repost0
2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 17:05

JAPON -2003

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/2/7/1/9782081252172.jpg

Editions Flammarion, 2012

Trois millions d'exemplaires vendus  en 2003 puis une adaptation réussie en manga et en série télé. Bref, un véritable phénomène de société au Japon. Il a fallu le Salon du Livre en France en 2012 spécial Japon pur que ce roman plein de poésie et de délicatesse soit traduit en Français. 

Une belle histoire attachante qui peut paraître rocambolesque à un esprit occidental mais qui s'insère tout à fait dans la culture japonaise qui fait la part belle aux fantômes et aux revenants. 

Ainsi, Mio, morte il y a un an, avait promis à son mari Takumi, qu'"elle reviendrai avec la pluie". 

Depuis un an, Takumi, père veuf, fait croire à son fils Yuji que sa maman est sur la planète "Archive" surnommée par le petit garçon "Archevie". Le pauvre papa, avec ses crises d'angoisse et ses TOC a bien du mal à assumer son rôle. Jusqu'au jour où, lors d'une promenade à vélo, une silhouette apparaît sous la pluie. Il s'agit bien de Mio, mais amnésique.....

Dans le roman, le fantôme ne hante pas les vivants mais est amnésique ; il s'agit au contraire de lui réapprendre à vivre, à se souvenir, à aimer. Ainsi, le récit oscille constamment entre le quotidien du fantôme et les souvenirs que lui raconte petit à petit son mari. Le lecteur découvre alors au fur et à mesure la formidable histoire d'amour de ce couple pas comme les autres. Mio, l'élève modèle pas sûre d'elle-même et Takumi, le rêveur sportif victime d'une étrange maladie. 

Les personnages sont tous très bien campés.

Nous rentrons dans cette histoire dans un autre monde, comme dans un nuage ou tout est calme, reposant tout en évitant les niaiseries du sentimentalisme et le rose bonbon. 

Dans une langue très feutrée, tout en retenue, l'auteur installe une étrange atmosphère ; moi qui n'avais pas lu de littérature japonaise depuis longtemps, j'ai retrouvé toute son ambiance : la poésie des lieux (les forêts, le jardin botanique) et aussi la réflexion sur l'évanescence des choses. Tout disparaîtra un jour, alors profitons du temps présent. 

La fin peut surprendre ou décevoir mais chut n'en disons pas plus ! Laissons nous emporter par cette jolie histoire au pays du soleil levant. 

Partager cet article

Repost0
28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 19:03

ETATS-UNIS - PREMIER ROMAN

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/7/0/2/9782879298207.jpg

 

Editions de l'Olivier, 2012

 

Le premier roman d'un écrivain d'origine porto ricaine né en 1981, à suivre de très près !

L'auteur nous livre le récit d'une enfance somme toute classique, quand le quartier new-yorkais de Brooklyn; le quotidien de trois frères, Joel, Manny et le narrateur, le petit dernier, fraternité fusionnelle tels des petits animaux. Puis, à la 126e page, le trio se fissure...L'événement qui fait tout basculer, tout cela décrit en 15 pages. Un vrai tour de force !

Tout d'abord, il y a la description de ce quotidien des pauvres mais, en séries de courts instantanés, l'auteur nous décrit la relation passionnelle qui existe entre les trois frères et leurs parents, telle une meute qui se déplace, qui se tape dessus, qui se caresse. Une famille un peu foldingue, née de parents ados, d'une mère très fragile, Mame et d'un père bagarreur, Paps. Des scènes "sauvages" où l'on se tartine au ketchup, où l'on se fabrique des cerfs volants avec des sacs poubelles, on danse le mambo,ou l'on fugue avec un étrange pick-up. Puis un jour,....

Tout le talent de l'auteur réside dans cette écriture au lyrisme maîtrisé ; la violence des passions est toujours présente mais temporisée par une pudeur naturelle qui évite tout misérabilisme. Une écriture belle, rythmée, une musique de l'âme,sans fioriture, qui bat le tempo. 

Un condensé d'émotions fortes, sur 130 pages. Du beau travail !

 

"On en voulait encore. On frappait sur la table avec le manche de nos fourchettes, on cognait nos cuillères vides contre nos bols vides ; on avait faim. On voulait plus de bruit, plus de révoltes. On montait le son de la télé jusqu'à avoir mal aux oreilles à cause du cri des hommes en colère. On voulait plus de musique à la radio, on voulait du rythme, on voulait du rock. On voulait des muscles sur nos bras maigres. On avait des os d'oiseau creux et légers, on voulait plus d'épaisseur, plus de poids. On était six mains qui happait et six pieds qui trépignaient ; on était des frères, des garçons, trois petits rois unis dans un complot pour en avoir encore"

Un premier paragraphe qui donne le tempo....


Partager cet article

Repost0
27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 18:51

ETATS-UNIS

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/4/5/3/9782714448354.jpg

Editions Belfond, 2012

Dans son dernier opus, Michael Cunningham, le célèbre auteur des Heures, met en scène un couple new-yorkais à la dérive, dans la lignée de Jay McInerney dans Trente ans et des poussières et La belle vie. 

Et il cite aussi explicitement Scott Fitzgerald, John Cheever, et surtout Thomas Mann et son célébrissime Mort à Venise. Tous ces illustres écrivains, métaphores de la chute et du désespoir. 

Le ton est tout de suite donné avec une intrigue au demeurant très scabreuse : un homme va tomber amoureux de son beau-frère, jeune éphèbe désespéré...

Creusons un petit peu le propos : Peter Harris est un brillant galeriste new-yorkais vivant à Soho. Sa femme, Rebecca, est rédactrice en chef d'un journal littéraire. Bref, la belle vie, la cinquantaine bien conservée, la richesse matérielle....

Sauf que l'image conjointe de la mort et de la vieillesse va venir troubler ce couple parfait...Une collègue de Peter se meurt d'un cancer (scène géniale au MOMA où Peter et sa collègue admirent le célèbre requin conservé dans le formol de Damien Hirst) et surtout, le beau Mizzy, frère de Rebecca, débarque dans le loft du couple. Le frère chéri, le jeune drogué désespéré va jeter à la figure de Peter tout l'éclat de sa jeunesse et surtout sa totale liberté...Face à lui, Peter ne peut que mépriser sa vie ordinaire de petit-bourgeois bien installé. 

A partir de ce moment, Peter ne voit qu'avec plus d'acuité les faux semblants du monde de l'art et se met à rêver d'une passion tragique avec le jeune Mizzy. 

Mais arrivera-t-il justement à jouer ces amants tragiques ? 

Il s'agit finalement plus d'une tragi-comédie ; Cunningham se moque de son personnage et se refuse à en faire un héros. C'est d'ailleurs ce qui évite à cette intrigue scabreuse de sombrer dans le vaudeville maladroit ou dans le mélodrame raté.

Peter est d'ailleurs bien conscient de son manque d'envergure romanesque et c'est en cela que le lecteur s'attache à lui. 

Refaire une Mort à Venise à New-York aurait été pire que tout. Alors l'auteur a choisi l'ironie et finalement le dénouement que je ne vous révélerai pas, confirme cette impression.

L'époque est à la compromission, au demi-teinte et non à la passion tragique.

Certains trouverons sûrement ce roman ridicule. Mais si l'on accepte d'y voir du second degré, on peut dire que Cunningham a justement un talent inouï pour éviter la fausse note. A découvrir... 

Partager cet article

Repost0
21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 20:24

ETATS-UNIS

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/6/0/6/9782879297606.jpg

Editions de l'Olivier, 2012

Voici le troisième opus d'un auteur américain d'origine russe (classé par le New Yorker comme l'un des 20 meilleurs écrivains américains  de sa génération). Humour noir et science-fiction sont au rendez-vous dans cette épopée loufoque pourtant tellement réaliste !

L'auteur nous plonge dans un New-york futuriste en pleine déliquescence, où le dollar est indexé au yuan. Le gouverneur de la banque centrale chinoise s'apprête d'ailleurs à venir aux Etats-Unis.  Des "poteaux de crédit" contrôlent dans la rue, à distance, le niveau d'endettement des individus.

C'est dans ce cadre que Lenny Abramov est missionné par sa société en Italie pour repérer les personnalités pouvant prétendre à l'éternité car étant ICPE, indididus à capitaux propres élevés....C'est en Italie qu'il va tomber amoureux d'Eunice Park, jeune coréenne inculte toujours branchée à son apparät, sorte de super tablette numérique dernier cri pouvant mesurer le "taux de baisabilité" d'autrui. 

Mais peut-on encore vivre une histoire d'amour alors que la guerre civile gagne New-York, qu'il n'y a plus de livres et que chacun est préoccupé avant tout par sa propre conservation ? 

Ce récit désopilant fait alterner le journal intime de Lenny, clamant son amour à sa bien aimée, et la correspondance virtuelle de la jeune Eunyce sur le résau social Globados. Réseau sur lequel on achète sur le site Culuxe, des slips Reddition sans condition et Moules en foule !

Vous l'aurez compris, le roman est d'une inventivité langagière très originale ; le lecteur est embarqué dans le flux verbal de l'auteur pour son plus grand plaisir. Shteyngart manie avec brio l'humour juif de Woody Allen (Lenny Abramov, sort d'anti-héros super naïf et super décalé n'est d'ailleurs pas sans rappeler le célèbre cinéaste !). 

L'auteur est un véritable inventeur d'univers pas si futuriste que cela d'ailleurs ! Décidément, la littérature en 2012 s'inspire beaucoup de la montée en puissance de la Chine. A lire également le roman chinois Les années fastes qui prend aussi prétexte de la science-fiction pour décrire une Chine régnant sur le monde et ayant imposé le cocktail au litchis comme boisson internationale...

 

Partager cet article

Repost0
21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 19:34

GRANDE-BRETAGNE

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/0/1/3/9782081232310.jpg

Editions Flammarion, 2012

Vous aimez les grandes fresques familiales ? Les contes pour enfants ? L'Angleterre familiale ? Ce gros romans de 750 pages est pour vous !

La trop méconnue A. S. Byatt, née en 1936, Booker Prize en 1990 pour son roman Possession, a le don de refaire vivre une époque avec brio. 

Soit l'Angleterre de la fin du 19e siècle (1895) et du début du 20e siècle jusqu'à la fin de la première guerre mondiale. 

L'histoire d'Olive Wellwood, écrivain de contes pour enfants, de sa famille et de ses enfants. Le début de la guerre des Boers, la ruée vers l'or de l'Afrique du Sud mais aussi l'émergence du rêve d'une société autre ; le rôle des fabiens http://fr.wikipedia.org/wiki/Fabian_Society, ces réformateurs socialistes, l'émergence du féminisme, le rêve d'un âge d'or pré-industriel défendu par les Préraphaélites, la défense de l'artisanat par William Morris. Et aussi et surtout l'éloge de l'enfance avec J.M. Barry et son célèbre Peter Pan, les écrits de Kenneth Grahame. Et aussi le retour à une nature sans entrave prône par D. H. Lawrence.  Il est même fait référence à Bernard Palissy, le célèbre céramiste français qui inspira William Morris.

Un travail sociologique énorme qui nous apprend énormément de choses sur cette période finalement assez méconnue en France. Un roman certes érudit mais au combien romanesque ! Les enfants, cousins, parents, beaux-frères d'Olive vont y vivre leurs espoirs et leurs déceptions. Financiers, sculpteurs, domestiques, couturiers, écrivains, gardiens de musée, médecins.... Nous faisons la connaissance de multiples personnages , de Londres à Munich, en passant par l'Exposition Universelle de Paris de 1900. 

Naviguez entre les collines bucoliques de l'Angleterre, les couloirs du Petit Palais dédié à la Fée Electricité et les cafés ou théâtre de marionnette munichois. 

Vous y découvrirez l'esprit de toute une génération portée par le rêve de changer une société gangrènée par l'industrie et l'argent. Des rêves qui agoniseront sur les tranchées de la Première Guerre Mondiale. 

 

Un roman très classique mais ô combien enrichissant ! A découvrir de toute urgence !

Partager cet article

Repost0
21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 19:01

EDITIONS SABINE WESPIESER, 2012

 

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/2/6/0/9782848051062.jpg

C'est l'un des grands succès surprise de ce début d'année 2012. Un succès qui reste pour moi bien incompréhensible !

Un roman à deux voix, de deux amies inséparables, des années 80 à nos jours, que la vie va finir par séparer...

Les décennies Mitterrand, les années Sida, les refrains des chansons de Barbara, Balavoine, France Gall....

Entre les deux femmes, un frère, des maris, des amants, des nons dits, des secrets. L'amour caché, l'inceste.

Deux femmes qui disent leur amitié disparue ; l'une est dans le coma (il s'agit donc d'un monologue intérieur), l'autre à une terrasse de café, le jour de la séparation d'avec son mari. Alice ne sait pas encore que Cécile est dans le coma. 

Tout cela m'a laissée "froide". Je ne me suis pas du tout identifiée à ces deux femmes, l'une architecte, l'autre designer, à mon avis trop justement portées sur leur intériorité. C'est bien sûr sur cela que repose entièrement le récit mais cela me gène justement de ne saisir que leur intériorité, même si l'auteur donne un bref cadre sociologique, somme toute sommaire et caricatural (les années sida, la déception mitterrandienne....). Comme si le lecteur restait justement à l'extérieur de ces deux âmes. 

 

Suis-je finalement trop jeune pour lire ce livre sur les femmes cinquantenaire ! Je ne pense pas, car d'abitude ce n'est pas un problème !

Comme si ces deux femmes restaient dans leur coque, impénétrables au lecteur...

Un style simple mais une écriture qui finalement ne rompt pas avec cette tendance française à limiter le romanesque à ces intériorités contrariées, sans faire trop de vagues.

Pourquoi cet emballement critique (sélection Prix RTL Lire, par exemple) Je ne demande qu'à en débattre !

Sans doute parce qu'il est vrai que la littérature aborde surtout la séparation amoureuse et moins l'amicale. Mais bon, c'est quand même peu !

Je n'ai pas l'habitude d'être si catégorique mais parfois...Par contre, Le mer noire, précédent roman de K. Davrichewy sur une grand-mère géorgienne de 90 ans et son amour disparu m'intrigue...Donc, pas d'avis définitif sur l'auteur !!!

Partager cet article

Repost0
27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 21:28

Editions du Seuil, 2012

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/8/8/6/9782021052688.jpg

 

Depuis Orkhidos et Le clos Lothar, Stéphane Héaume nous a habitué à des contes féeriques foisonnant d'imagination, exacerbant les sentiments. 

Dans son dernier opus, si le mélodrame est bien toujours présent, il semble se faire beaucoup plus sarcastique. Plus encore, Héaume semble nous révéler toute l'inutilité du décorum. A quoi bon de beaux décors baroques, puisque tout est vain...Une sacrée autocritique de son oeuvre "d'antan" qui magnifiait l'art et l'imagination. Il semble ici que l'art mène à la destruction

Ses sources d'inspiration : l'opéra et le mythe de Faust. 

Un golden boy new-yorkais, Sheridan Greenwood, est aussi un mécène passionné par la peinture et l'opéra. Il vit d'ailleurs dans une penthouse qui renferme la collection de costumes d'opéra de son grand-père. 

Mais un soir, il croise son double, l'être aimé, qui lui propose un pacte diabolique...

Dans une atmosphère digne des romans d'Edgar Poe ou de Wilde, Sheridan s'enfonce dans un embroglio diabolique ; parcourant les bars interpoles new-yorkais, entre recherche de l'âme soeur, du passé vénéré et de l'absolu. Mais il n'y trouvera que de la vacuité. 

Des décors grandioses, du romanesque à n'en plus finir. Comme s'il n'y avait justement que du décors et très peu de profondeur. Cette fois-ci, Héaume en fait trop, on n'y croit plus et c'est bien dommage ! Ce personnage ne fait seulement que rappeler les grandes figures romanesques déchues, mais de vraiment très loin...

 

Une grosse déception. 

Partager cet article

Repost0