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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 20:14

Editions Sabine Wespieser, 2012

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Un réel coup de coeur pour ce roman peu connu ;Marianne Rubinstein adopte le genre de l'autofiction pour mieux le détourner. Il en ressort un récit en même temps drôle et intello !

Imaginez mélanger l'actuelle chick litt (la littérature de poulettes dont les romans les plus représentatifs sont Le Journal de Bridget Jones et  Le diable s'habille en Prada) et le célèbre Journal de Virginia Woolf !

Vous obtenez l'histoire d'une parisienne de 35 ans, célibataire déprimée, qui recherche maris et enfant. Prof d'économie fan de Maynard Keynes (le célèbre économiste théoricien de la relance par la consommation après la crise des années 30), et voulant écrire un roman, elle suit les conseils de son ami Clara, éditrice, qui l'oriente vers la chick litt. Mais elle redécouvre par hasard le cercle de Bloombury (cercle d'intellectuels, artistes, écrivains qui rejetèrent la société victorienne capitaliste au début du 20e siècle) dont les plus célèbres représentants sont Keynes, Virginia Woolf et sa soeur. Et une figure beaucoup moins connue, Angelica Garnett, fille de Vanessa Bell et donc nièce de Virginia Woolf. Cette dernière était donc la fille de Vanessa Bell et de son amant, le peintre Ducan Grant qui aima follement Maynard Keynes et David Garnett...écrivain qui d'ailleurs l'épousera trente ans plus tard ! Vous suivez toujours ?!

Une vraie histoire de soap opera ou de chick litt d'autant plus que notre narratrice Yaël Koppman se découvre des affinités avec Angelica car elles ont été toutes deux fragilisées par la toute puissance de leur mère...

Les deux Journaux se superposent alors dépoussiérant pas mal le mythe d'un cercle woolfien très déprimant ! On ne s'ennuie pas une minute en apprenant en plus plein de choses sur l'entourage de Virginia Woolf. On passe des aventures de Yaël, bobo parisienne juive qui vit de multiples aventures en compagnie de son coloc homo et consulte sa psy, aux aventures sexuelles de Bloomsbury. 

Un vrai roman détente pour l'été qui nous apprend plein de choses en nous faisant rire ! Fait suffisamment rare pour le signaler !

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 20:12

POLARS

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Editions Sonatine,2012

Ellory, depuis le succès d'Anonymes et de Vendetta est le plus américain des auteurs de polars britanniques. Après s'être attaché à la Mafia dans Vendetta et à la CIA dans Les Anonymes (tous des best-sellers), Ellory s'attaque à une autre légende américaine, NYPD, New-Ork police district, autrement dit la police new-yorkaise. 

Et il faut dire que c'est drôlement réussi. On y retrouve à la fois la patte d'un Scorsese et des Sopranos...car il met en scène un policier qui consulte une psy !

Une analyse psychologique très fine, des dialogues percutants, une construction intelligente, et un aspect documentaire passionnant sur l'Histoire de l'aéroport new-Yorkais JFK. 

Il n'en faut pas plus pour dévorer très rapidement un roman de près de 600 pages !

Le secret : coller au plus prêt des sentiments de Frank Parrish, l'enquêteur. Ce dernier traverse une mauvaise passe : fraîchement divorcé, alcoolique, il a assisté au meurtre de son coéquipier et est obligé de raconter sa vie à une psy de la police...l'occasion  pour lui de revenir sur la vie de son père, "Ange de New-York" du nom de la brigade d'élite chargée de  nettoyer New-York des gangs et de la pègre, sous l'ère Giuliani. Une figure mythique qui cache bien des zones d'ombre...

Commence alors des séances passionnantes où Parrish livre à la psy des pans insoupçonnés de l'histoire de la naissance de l'aéroport JFK où des milliers de marchandises furent confisquées par la mafia...

Ces séances sont entrecoupées par l'enquête actuelle de Parrish : des jeunes filles adoptées  retrouvées assassinées le mettent sur la trace d'un réseau de prostitution. Identifiant les mortes à sa propre fille, Parrish va se lancer dans une véritable poursuite obsédée du tueur, quitte à en oublier les règles de la hiérarchie et de sa propre survie.

Nous vivons alors au rythme de la vie de Parrish ; les chapitres correspondent à des heures et des jours précis. Sans lui donner la parole directement, sauf bien sûr dans les dialogues, Ellory parvient à nous faire tout vivre à travers son regard, ses pensées, ses sentiments. A ce rythme haletant, le lecteur est confronté avec l'enquêteur à la personnalité du tueur...qui finalement reste secondaire. 

L'enquête reste classique et du coup, on a l'impression que la personnalité du tueur est à peine esquissée. Petit bémol donc...Mais l'enquêteur est si criant de vérité que nous oublions vite la psychologie meurtrière !

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 20:12

ETATS-UNIS

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Editions Babel, 2005

Plusieurs lectrices m'avaient conseillé ce roman. De Siri Hustvedt, j'avais lu il y a quelques mois Un été sans les hommes, une oeuvre très caustique avec des personnages attachants. 

Tout ce que j'aimais est considéré comme son oeuvre phare. Une oeuvre très ardue au début, qui se laisse apprivoiser petit à petit, pour nous émouvoir profondément au final. 

Nous sommes dans le milieu artistique et intellectuel new-yorkais : Léo, un critique d'art, se lie d'amitié à Bill, artiste peintre qu'il va contribuer à faire connaître sur la scène new-yorkaise. A l'origine de cette amitié, un coup de foudre pour un tableau pouvant faire penser à une oeuvre de Hooper : une femme regarde dans le vague, est est en train d'être peinte. On remarque une ombre qui est sans doute le regard du peintre mais qui peut être aussi celui du spectateur. Dans un coin du tableau, on remarque la jambe d'une femme qui s'en va....

Ce tableau est décrit au début, c'est la scène inaugurale ; imprégniez-vous en car c'est la métaphore de tout le roman ....Léo, toute sa vie, va regarder la vie de Bill et de Violet, et la raconter puisque c'est lui le narrateur...Quitte à vivre à côté et cacher ses sentiments...

Une magnifique illustration de la citation d'Oscar Wilde qui déclare que c'est la vie qui imite l'art plutôt que le contraire. 

Une tableau, des vies...Deux couples qui vivent à deux pas l'un de l'autre leurs rêves de liberté et qui vont s'épauler face aux drames de la vie. Chacun de leurs fils va vivre une tragédie. Je ne vous en dirai pas plus au risque de dévoiler toute l'intrigue. 

Siri Hustvedt vous raconte des vies, des destins, des trajectoires et leur donne une dimension éminemment romanesque avec la réflexion sur l'art ; comme si le tableau représentait au début le destin du narrateur, comme si tout était joué. 

La deuxième partie prend quasiment des allures de thriller existentiel ou d'enquête policière menée toujours par le narrateur, avec des soupçons de suspense. Les drames arrivent mais l'art est toujours là. 

L'histoire se déroule sur une bonne vingtaine d'année, ce qui laisse le temps à l'auteur de développer l'analyse psychologique des personnages, leurs illusions, leur détresse, leur solitude. Deuils, sparations, folie... La fin est déchirante d'humanité. L'histoire est bien sûr raconté au passé, ce qui rend le récit encore plus humain ; le narrateur fait ainsi revivre tout ce qu'il a perdu, tout ce qu'il aimait. 

Un grand roman qui se déguste très lentement, comme un grand vin. 

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 13:00

ETATS-UNIS-ROMAN POLICIER

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Editions Presse de la Cité, 2009

Richard Price, né en 1950, est aujourd'hui, avec Georges Pelecanos et Denis Lehane, l'un des plus grands auteurs de romans noirs américains. Mais il est surtout connu en tant que scénariste hors pair, notamment de Martin Scorsese et de la série The Wire (Sur Ecoute). 

Le cadre de ses romans : la ville de New-York. Pas la ville de Jay McInerney ou Michael Cunningham qui privilégient les beaux quartiers de Manhattan avec ses financiers et ses artistes mais plutôt les quartiers de la marge, comme le Bronx où il est né ou le Lower East Side, cadre de son dernier opus. 

Le Lower East Side, quartier métisse par excellence, d'abord celui des juifs orthodoxes puis ensuite des chinois, des artistes bobos et des bandes des cités environnantes. De multiples communautés qui vivent l'une à côté de l'autre sans jamais se rencontrer. 

Cela va pourtant être le cas lorsqu'un jeune étudiant barman qui se promenait ivre avec ses deux autres potes est tué par balle ; l'autre est blessé, le troisième, Eric Cash, barman et poète à ses heures, tente d'appeler le 911 après avoir aperçu une silhouette noire...il faisait nuit, un couple assiste à la scène. Eux affirment qu'ils étaient seuls dans la rue. 

Il n'en faut pas plus à Eric Cash pour être mis en garde à vue et cuisiné par l'inspecteur Matty Clarck. Sauf que le lecteur sait en fait très rapidement que le "tueur" est un petite frappe de la cité d'en face en mal de reconnaissance et que c'était plutôt un accident...L'inspecteur va alors devoir revoir ses préjugés...

Ce qui intéresse Price, ce n'est pas tant l'enquête ; nous ne sommes pas ici dans un thriller haletant avec un suspense à toute épreuve. L'essentiel n'est pas de chercher et trouver le coupable (pour le lecteur, c'est déjà fait) mais d'assister à une confrontation passionnante de personnalités aussi attachantes les unes que les autres. Au centre de tout cela, la solitude, l'incapacité à communiquer, les relations conflictuelles entre les parents et les enfants. Des personnages confrontés à leurs démons, leur manque de confiance en eux. 

Une palme pour Marcus, le père de la victime, fou de chagrin, qui harcèle l'inspecteur Matty pour trouver lui même le coupable. Et pour l'inspecteur Matty, le double de Marcus, qui lui aussi a du fil à retordre avec ses deux fils adeptes du crack...Ces deux là font la paire pour une histoire à la fois tragique et grotesque. Quant au tueur "par erreur", poète à ses heures, esseulé, défiguré, aux prises avec son beau-père violent, il est très attachant. Eric Cash, le restaurateur harcelé par la police, se réfugé quant à lui dans une cave, lassé de l'incommunicabilité entre les êtres. 

Le tout servi avec un art consommé du dialogue. Très attachant !


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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 19:57

BD

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Editions Delcourt

Marc-Antoine est connu dans le paysage de la BD contemporaine comme un grand expérimentateur...et son dernier opus vient plus que jamais le confirmer. Tout en noir et blanc et sans parole, il décide de raconter une action durant 3 secondes ! et bien sûr de la dilater an maximum grâce à un faisceau de lumière qui éclaire très lentement les scènes sous des angles différents. 

http://www.editions-delcourt.fr/3s/album_planche04.jpg

Le temps pour la lumière de parcourir 900 000 kilomètres, d'envoyer un SMS ou un coup de feu, le temps d'une larme...

Afin que le lecteur fasse lui même son propre itinéraire de lecture, Mathieu multiplie les points de vue de réfraction de la lumière : la lumière s'immisce dans le reflet d'une glace, puis d'un vase, d'une portable, d'un verre de lunette, d'une montre, d'un oeil, installant le lecteur dans une expérience unique qui le déstabilise. Le mouvement est créé par celui du faisceau de lumière qui s'immisce dans chaque élément. 

A l'origine de l'histoire, un coup de feu ; un couple à une fenêtre, un homme qui tire. 

http://www.ouest-france.fr/photos/2011/09/29/110929191417241_22_000_apx_470_.jpg

Mais au fait que raconte la BD ? Au lecteur de faire son propre scénario avec quelques indices : le milieu du foot lié au monde politique, un scandale financier, un footballeur qui veut lutter contre la corruption, un coup de feu, un avion qui explose en plein vol....

Mais ce n'est pas tant l'histoire qui compte. Le lecteur est hapé par le mouvement de la lumière, de façon hypnotique. C'est plus une expérience qu'un contenu qui nous est livré. 

 

Et si vous en avez envie, deuxième grande originalité, découvrez la version numérique de la BD qui apporte une valeur ajoutée à la version papier : la possibilité d'accélérer ou de ralentir l'action : http://cicla.pagesperso-orange.fr/div/marc-antoine_mathieu.html

A découvrir. 

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 19:05

BD

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Editions Futuropolis, 2008

Le grand auteur de BD Etienne Davodeau nous a habitué à un genre très réaliste qu'on pourrait appeler "réalisme social" en décrivant par exemple avec un profond humanisme le milieu rural syndicaliste (Les mauvaises gens, Rural !), le milieu ouvrier (Un homme est mort) et même le milieu des vignerons avec Les ignorants.  

Le point commun de tout cela : un profond humanisme, un amour des gens, de la rencontre avec l'autre. 

Avec Lulu, toujours autant d'humanisme mais en intégrant cette fois-ci le registre de l'intime, du récit de vie. 

Lulu pourrait être n'importe qui ; elle a élevé ses enfants et souhaite reprendre le travail mais lasse de ses échecs, elle décide de larguer les amarres et de quitter quelques jours le domicile familial. Nous suivons donc les déambulations de Lulu au bord de la mer....

Sauf que ces déambulations ne sont pas racontées par la principale intéressée mais par un groupe d'amis réuni dans la maison familiale pour, semble-t-il une "veillée funèbre". Que s'est-il passé ? C'est ce que nous allons découvrir à travers deux volumes de récits enchâssés. 

Car c'est en cela que cette BD est unique : Davodeau s'adonne à une construction de récit hors pair qui maintient le suspense de bout en bout. Chacun, autour d'une table, prend la parole à tour de rôle. On découvre le lien entre les personnages au fur et à mesure...

http://mysterieuse-librairie.fr/wordpress/wp-content/uploads/2011/07/Lulu_femme_nue_1_p1.jpg

Ce jeu de piste, cette mini enquête qui va nous faire découvrir le parcours de la fugue de Lulu, laisse toujours la place à des surprises inattendues comme ce drôle de personnage que nous découvrons dans le deuxième tome....

Un récit fait de doutes et d'errances très poétiques, livré dans des couleurs bleues et ocres. Magique !

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 12:01

ETATS-UNIS-1966

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Editions Cambourakis, 2012

Une réédition d'un chef d'oeuvre méconnu de la littérature américaine des années 60. Don Carpenter (1931-1995), dont il s'agit ici de son premier roman, fut notamment l'ami de Richard Brautigan. 

La réédition de ce chef d'oeuvre fut saluée outre-atlantique entre autres par Georges Pelecanos, Jonathan Lethem et Richard Price. 

Le roman se déroule de 1936 à 1963 avec un bref prologue allant de 1929 à 1936 et raconte l'itinéraire tragique de Jack Levitt, orphelin vivant dans la ville sinistrée de Portland. D'orphelinats en maisons de corrections, de bars de billards américains en prisons du comté et d'Etat, l'auteur brosse le portrait tragique d'un jeune homme qui réfléchit sans cesse à la condition humaine, à la liberté et à la nature de la société. 

Sur 350 pages, Carpenter mêle différents styles allant de la description très rapide à la méditation du personnage. 

Tout l'intérêt du roman réside dans l'introspection du héros : Jack est une "monsieur tout le monde" sans talent. Il le répète sans cesse devant ses copains, as du billard américain. Ayant subi les déconvenues des maisons de correction et des prisons, il réfléchit sur la manière de faire le bien autour de lui. Mais si la vie n'était qu'un jeu de hasard comme une partie de billard ? La deuxième partie du livre, beaucoup plus introspective, est un chef d'oeuvre de psychologie. Malgré sa bonne volonté, Jack "le brave" n'arrive pas à être du côté des gagnants. Le roman est donc très noir et d'une profonde humanité ; les plus beaux passages sont sans aucun doute ceux où l'auteur analyse l'amitié à tendance homosexuelle de Jack et de Billy et aussi les pages où Jack s'interroge sur son rôle de père. 

Un roman carcéral magistral qui interroge les fondements de notre société. A souligner, le prologue de 8 pages, véritable chef d'oeuvre de concision, qui retrace 7 ans de la vie des parents de Jack : une moto rouge déferle dans un petit village et renverse trois cow-boys; au moteur de la bécane, un homme et une femme, deux crinières noire et blonde. Une vie qui déferle comme la moto, le bonheur, l'ennui, le drame. Rarement un écrivain aura décrit avec une telle fulgurance un destin, dans un festival de couleurs et de sons. Des parents au destin brisé, la chute, la vie de Jack commence ainsi que le roman...

Des phrases coupées dans le vif, sans fioritures, entrecoupées de beaux passages introspectifs, ainsi avance la plume de Carpenter. 

A redécouvrir. 

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 11:12

ETATS-UNIS

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Albin-Michel, collection "Terres d'Amérique", 2012

Un roman que l'on pourrait sûrement classer en polar : certes il y a une enquête, un homme soupçonné, un enquêteur mais ce n'est que le prétexte pour nous présenter des personnages hauts en couleur et l'atmosphère étouffante du Mississippi. Philipp Roth a d'ailleurs parlé d'une force d'évocation digne de Faulkner.

Tom Franklin, lauréat du Los Angeles Times Fiction Prize, signe un récit d'une forte intensité psychologique opposant deux anciens amis d'enfance, le blanc Larry Ott et le noir Silas Jones.

Silas, le flic, revient après des années d'absence, dans la petite bourgade perdue de Chabot, alors que Larry est soupçonné de deux meurtres de jeunes filles. Alors qu'un matin, on retrouvé Larry blessé par balle, Silas va tout faire pour trouver le vrai coupable. Il se souvient alors de leur enfance....

Il y a d'abord l'atmosphère poisseuse du sud ; avec peu de moyens, Franklin campe tout de suite le décor : un village paumé au milieu de la forêt, une vieille scierie,des friches bordées de marécages, un snack où l'on sert des hot dog et des "Kentucky fried chicken", une vieille maison, une route qui ne mène nul part, un garage à l'abandon, un shérif qui s'ennuie ferme. 

Et puis le personnage de Larry Ott, surnommé Norman Bates, du nom du personnage de Psychose d'Hitchcock. Il est vrai que c'est une personnage ambigu très réussi : célibataire quadragénaire, il vit seul dans son garage délabré qu'il a hérité de ses parents ; ostracisé depuis qu'il a été soupçonné vingt ans plus tôt du meurtre d'une jeune fille, il vit depuis au milieu de ses revues et ses livres d'horreur, fan de Stephen King mais aussi collectionneur d'armes et de serpents. Le coupable tout désigné...Il montre toute son affection à ses poules. 

D'ailleurs, Silas Jones nourrira ses poules lorsque son ancien ami sera à l'hôpital. Ce flic qui va livrer peu à peu les souvenirs de son enfance, ses secrets et ses liens indéfectibles avec Larry Ott...

Le lecteur entre tout de suite de plein pied dans ce village perdu et tombe sous le charme des personnages rongés par la culpabilité mais oh combien fragiles et profondément humains. L'auteur évite avec brio les clichés du clivage blancs/noirs en créant un personnage de blanc à la déroute. 

Du très bon roman psychologique. 

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 14:35

POLAR

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Editions Gallimard, Série Noire, 2012

Après s'être intéressé aux maoris de Nouvelle-Zélande (Utu et Haka) et aux Zulus d'Afrique du Sud (Zulu, Grand Prix de littérature policière et Grand Prix des lectrices Elle en 2008), le grand Caryl Ferey pose sa plume en Argentine, un pays méconnu mêlant dictature implacable, crise financière et extermination des minorités. Le titre du roman fait référence à la minorité indienne "Mapuche" qui a été exterminéé par les grands propriétaires terriens argentins. 

Comme à son habitude, Ferey explore l'histoire méconnue d'un pays, se plonge de plein pieds dans la fange, dans le sang, dans la violence la plus implacable : les conflits de politique, d'argent et de territoires donnant lieu à des terreurs inouïes, celles que l'on cache pour mieux les déterrer un jour....

L'Argentine, où la dictature militaire de Videla s'est abattue en 1976, après le régime péroniste : un régime d'extrême droite qui se solde par des milliers d'exécutions sommaires de militants de gauche, des milliers de disparus et des enlèvements de nouveaux nés...ceux que l'on retirait aux militants de gauche pour les donner aux couples stériles proches des militaires....

 

Plus de trente ans plus tard, le corps d'un travesti est retrouvé scalpé dans le port de Buenos Aires. Quelques jours plus tard, Maria Campanello, la fille d'un riche industriel finançant la campagne du candidat à la mairie de la capitale, est retrouvée elle aussi, morte dans le fleuve. 

Bientôt, on va découvrir ce qui relie les deux meurtres...

Pour mener l'enquête, loin de la police corrompue, deux écorchés vifs. L'homme, Ruben, rescapé des rafles de 1976, ayant perdu père et soeur dans des circonstances atroces, mort-vivant, qui est détective au service des familles de disparus et surtout des Abuelas de la Place de Mai, qui combattent depuis trente ans pour retrouver les enfants disparus adoptés. Sa mère en est d'ailleurs une. 

La femme Mapuche, Jana, sculptrice, amie du travesti assassiné, elle aussi anéantie par l'extermination de son peuple. 

Ces deux êtres vont faire cause commune pour faire établir la vérité. 

Attention, il ne s'agit pas d'une enquête mais bien de corps à corps sanglants. Nous pénétrons dans le thriller le plus noir qui soit ; tortures les plus cruelles les unes que les autres, l'hémoglobine est au rendez-vous. Ferey ne laisse pas respirer son lecteur et crée une course poursuite sanglante. L'établissement de la vérité passe forcément par la vengeance ; oeil pour oeil, dent pour dent, telle est la loi de Ferey. 

Les personnages, boules de sang et de nerfs, sont très réussis. Du très bon polar. On peut juste regretter une écriture moins élaborée que dans les précédents opus, des dialogues moins percutants. 

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 17:51

MANGA

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Editions Casterman, 2012

Vous croyez encore que le manga est synonyme de sexe, de sang et de violence ? Que Japonais et Romains n'ont rien en commun ? Eh bien, Thermae Romae devrait vous guérir de cette fausse idée pour toujours !

C'est une jeune mangaka, dont le mari est un historien italien, qui est à l'origine de ce phénomène éditorial, vendu à plus de 5 millions d'exemplaires au Japon. Grand Prix du Manga et Prix Osamu Tesuka, les deux premiers tomes viennent d'être édités en France. 

Mari Yamazaki mêle Histoire, civilisation et science-fiction pour signer cette magnifique aventure. Lucius Modestus est un architecte en mal de renommée spécialisé dans les thermes. Vivant sous le règne d'Hadrien, au deuxième siècle de notre ère, il est propulsé, après un plongeon dans des thermes, dans ...des sources thermales japonaises de nos jours ! Alors qu'il croit avoir découvert un autre peuple contemporain des romains, les "visages plats" comme il le dit, il va peu à peu parfaire son art en imitant la civilisation japonaise. Bains d'eau chaude à l'extérieur, pierres chauffantes, sanitaires, toboggans etc....Lucius est fier comme un romain mais aussi à l'affût des traditions et prouesses techniques des autres peuples ; alors, il va revenir à Rome et, après chaque passage dans une faille temporelle, va introduire une nouveauté dans les thermes romains. 

 

http://www.actuabd.com/IMG/jpg/Thermae-Romae-page.jpg

Sa renommée est telle qu'il va attirer l'attention de l'Empereur qui va l'embaucher pour la construction de ses propres thermes...

Le début d'une magnifique aventure qui nous fait découvrir deux traditions similaires chez les japonais et les romains. A chaque chapitre, un petit dossier d'une double page en dit un peu plus sur ces traditions. Cela prend l'allure d'un récit de voyage avec ses photos, ses anecdotes...

Le grand mérite de la jeune mangaka est d'avoir fait se dérouler son histoire sous la "Pax romana", période d'arrêt des conquêtes où les romains découvrent les traditions des peuples conquis, tel l'Empereur Hadrien qui va jusqu'en Egypte et aux frontières de l'Empire. Bien sûr, il s'agit de science-fiction mais cette histoire s'appuie sur les traditions des romains qui, on le sait bien, on sut imiter et s'approprier les techniques et les coutumes des autres civilisations. Cette rencontre et cette intégration d'une culture étrangère est donc tout à fait plausible...

Une belle apologie de la rencontre d'autrui et un hymne à la "civilisation des bains". Et attention, il est interdit de se laver dans les bains ! C'est un état d'esprit, on s'y relaxe...

Ce manga n'est pas non plus dénué d'humour (l'épisode insolite de la découverte des sanitaires !). 

On attend vivement la suite !

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