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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 11:11

RENTREE LITTERAIRE 2012

http://image1.evene.fr/img/livres/g/9782848051154.gif

Editions Sabine Wespieser

Je continue à découvrir l'oeuvre intimiste et pudique de Jean Mattern que j'avais déjà chroniquée avec ses deux précédents récits Les bains de Kiraly et De lait et de miel .

Pour son troisième opus, le responsable de la littérature étrangère chez Gallimard, continue dans la lignée de ses deux précédents romans: thème de la filiation, de l'amitié. 

Mais ici, au lieu de faire parler son double, il donne la parole à un jeune homme de 19 ans, Simon Weber, qui découvre qu'il est atteint d'une tumeur au cerveau. Soutenu par son père, qui l'a élevé seul après le décès de sa mère, il va nouer une jolie amitié avec Amir, un jeune homme juif, qui l'a secouru un jour au Parc Montsouris. Après son traitement, ils vont partir ensemble en Israël...

Cette intrigue minimale est le prétexte pour examiner avec beaucoup de subtilité les thèmes comme le rapport père/fils, la mort et la sexualité. 

Jean Mattern choisit d'examiner à la loupe les rapports triangulaires qui s'établissent entre le père, l'adolescent et l'ami. Un roman où les hommes tiennent la première place,les deux personnages féminins n'étant là que pour mettre en valeur cette relation fraternelle. 

Que représente la vie et la mort pour un adolescent de 19 ans ? Pas grand chose car comme le dit l'écrivain, à 19 ans, nous n'avons pas de passé. 

Jean Mattern nous livre une littérature française certes sans doute autofictionnelle mais au combien loin de la littérature dite nombriliste. Ces personnages pudiques nous ressemblent, ils s'interrogent sur les questions existentielles mais de manière très simple. 

Ni misérabilisme, ni prétention, juste une belle tempérance qui fait le talent de Jean Mattern. 

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 10:08

ETATS-UNIS -PREMIER ROMAN

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/Grandes110/1/8/6/9782709636681.gif

Editions Lattès, 2012

Ce premier roman a été un best-seller aux Etats-Unis. Porté aux nues notamment par le New-York Times et Jonathan Franzen, il est en cours d'adaptation par la chaîne HBO. 

Un premier roman écrit par un journaliste littéraire sans doute surestimé mais qui a le mérite de porter un regard acerbe sur la crise spirituelle que vivent les américains. 

Chad Harbach nous plonge avec réalisme dans le monde sportif au sein du système scolaire américain. Il faut savoir que chaque lycée ou université a son équipe locale de football et/ou de baseball. Les écoles se fédèrent en partie autour de ces équipes.

Mais rassurez-vous, ce roman ne parle pas uniquement de baseball mais aussi littérature à travers Hernan Melville...

Le roman a pour cadre une université du Wisconsin, au bord du lac Michigan. Mike, le capitaine de l'équipe de baseball, remarque en la personne de Henry Skrimshander, un véritable don pour le baseball. Il va en faire une star locale jusqu'au jour où ce dernier va rater un lancer facile. 

Cet échec provoque une crise intérieure aussi bien chez le joueur que chez le coach. Et c'est en cela que le roman est intéressant et très abouti. L'auteur examine à la loupe le monde sportif de l'intérieur, dans l'esprit des joueurs. L'art du jeu n'est pas un art solitaire comme la peinture ou l'écriture. Ces artistes peuvent "se rater" quelques fois, dans leur solitude. Le sportif, lui, est condamné, en public, à répéter chaque fois le même geste parfait, à l'infini, comme une machine. L'atteinte de la perfection mais après ? La répétition obligée ou le néant, l'angoisse et la crise. La crise intérieure d'Henry est analysée comme une "angoisse postmoderniste" et comme l'un des symptômes de la crise américaine. Le syndrome de l'échec...

Mike, le coach, quant à lui, se considère uniquement comme un coach et un incapable. En effet, il n'est bon qu'à apprendre aux autres, il n'a aucun don. C'est pourquoi il est aussi pris dans la spirale de l'échec. 

Ces chapitres consacrés à l'angoisse existentielle sont vraiment bons et font tout l'intérêt du roman.On peut cependant reprocher à l'auteur d'être trop bavard, d'illustrer sa thèse par des propos philosophiques alors que seule l'histoire et la parole des personnages suffiraient à mon avis. 

 

Quant aux autres personnages, le président de l'Université, Gert Affenlight, sa fille Pella et un élève en littérature, Owen, ils vont aussi faire face à des bouleversements intimes.

Homosexualité, problèmes de gestion et de financement des universités....

Le roman choral, aux multiples personnages, brasse beaucoup de problématiques et sans doute trop. C'est le duo Mike-Henry qui reste le plus intéressant en terme de personnages même si le duo Affenlight/Owen permet d'aborder le fonctionnement d'une université américaine : la découverte d'un manuscrit d'Herman Melville en fait la mascotte de l'université. On se met à vendre des tee-shirts et des casquettes à son effigie et l'équipe locale de baseball s'appelle les Harponneurs...Bien sûr, tout cela se vend dans la boutique de l'université, fait inimaginable en France.....

Roman sans grandes qualités littéraires, parfois trop démonstratif mais d'un intérêt sociologique certain !

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 10:06

RENTREE LITTERAIRE 2012

http://www.zulma.fr/datas/images/livres/livre_l_572040.jpg

Editions Zulma

 

Départ pour l'Islande avec le deuxième opus traduit de Audur Ava Aulafsdottir, l'auteur magique de Rosa Candida, l'un de mes gros coups de coeur de 2010. 

Le héros n'est plus un tout jeune homme mais une femme de 33 ans ; de rapports parents/enfants, il en est encore question puisque notre héroïne trentenaire un peu rêveuse ne veut pas d'enfants. Son mari décide alors de la quitter. Alors qu'elle découvre qu'elle a à la fois gagné au loto et un chalet démontable à la tombola, sa meilleure amie Audur, enceinte, lui donne la garde de son fils Tumi, jeune garçon mutique, sourd et quasiment aveugle. Ensemble, ils vont parcourir les routes d'Islande en plein mois de novembre pour installer ce fameux chalet quelque part...

Résumer ainsi la trame du récit ne vous dira pas grand chose ; mais si je vous dit que notre narratrice est spécialiste dans l'écrasement des oies et des moutons, qu'elle charme les hommes fantômatiques sur la route et que son mari continue à se balader nu chez elle, cela vous en dira plus plus sur la tonalité générale du roman. 

La scène de rupture entre la narratrice et le mari est une scène d'anthologie (attention à l'oie mazoutée !), on a l'impression comme toujours avec l'auteur islandaise de naviguer dans un univers à part, très fantasque, où d'ailleurs nul lieu n'est cité, à part ces routes circulaires islandaises qui tournent sur elle-même. Pas facile pour les âmes un peu perdues...

Mais contrairement à Rosa Candida où nous nagions dans un ailleurs paradisiaque, ce deuxième opus (paru en Islande en 2004) est plus grave qu'il n'en a l'air ; des retours sur l'enfance de la narratrice laissant deviner une blessure originelle, un enfant handicapé...Un mélange de fantaisie et de gravité qui fait que la vie continue, bon an mal an, malgré les séparations, les handicaps...

Même si je n'ai pas pris le même plaisir que lors de la lecture de Rosa Candida, on peut dire que L'Embellie nous mène justement dans un voyage qui embellit notre journée : une sorte de torpeur très agréable nous envahit comme si les différentes souffrances de la vie pouvaient passer avec douceur et humour...

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 07:48

RENTREE LITTERAIRE 2012-ETATS-UNIS

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/3/0/0/9782226243003.jpg

Editions Albin Michel, collection "Terres d'Amérique"

Attention, gros coup de coeur ! C'est ma première lecture de la rentrée 2012 en avant première et une grosse découverte. 

Ce premier roman de cette jeune romancière a été classé parmi les cinq meilleurs romans américains de 2011 par le New-York Times. 

Il faut dire que ce récit est original à plus d'un titre ; pour moi, il m'évoque à la fois Alice au pays des Merveilles et La nuit du chasseur de Charles Laughton, mêlant à la fois le récit d'aventure fantasmagorique et le roman familial. 

La jeune auteur née en 1981 nous plonge dans la région marécageuse de Floride, les Everglades. Nous voici au pays des alligators, sur l'île de Swamplandia où la famille BigTree règne sans partage au sein de leur parc d'attraction. Le numéro qui a fait leur renommée : le plongeon de la mère Hilola dans un bassin rempli d'alligators !

Mais la mère meurt d'un cancer, et là, comme dit la cadette, Ava, ce fut "le commencement de la fin". La famille, le père et ses trois enfants, vont tenter chacun à leur manière de sauver leur famille et le parc criblé de dettes...

La mort,le deuil, mais aussi et surtout une ode formidable à l'aventure et à l'amour filial. L'auteur navigue constamment entre émotions et événements insolites. Son écriture très imagée, regorgeant d'odeurs et de sons, ne fait que rajouter de la fantaisie au récit. 

Il faut dire que cette famille Bigtree ne manque pas de piquant : le "Chef" se prend pour un indien pur souche, il a d'ailleurs créé un musée retraçant l'histoire et la généalogie de la famille. Le fils aîné, Kiwi, féru de latin, veut quitter son île paumée pour faire des études. Il est finalement embauché dans le parc d'attraction concurrent, Le Monde de l'Obscur avec sa baleine-toboggan géante...Quant aux filles, elle vont partir dans une aventure fantasmagorique palpitante...La grande, Osceola, férue de spiritisme, tombe amoureuse de fantômes et part à la recherche des morts...Un jour avec Ava, elle vont croiser un étrange personnage dragueur de fond, Louis Thanksgiving...

 

Et c'est parti pour une palpitante aventure au pays des enfers...Réalité ? Fantasmagorie ? Les jeunes filles frôlent à chaque fois la féérie et l'horreur, ce qui fait penser au chef d'oeuvre de Charles Laughton, La nuit du chasseur. La promenade en barque, le cadre de l'histoire (la faune et la flore des marais) nous rappellent ces images cinématographiques. Elles croiseront des personnages très fantasques tels l'Oiseleur et Mama Weeds, qui recoud les vêtements des fantômes. A-t-on basculé de l'autre côté du miroir, tel Lewis Carroll, cité en exergue....

Peu importe ! Ce qui compte, c'est la force des histoires qui peut nous aider à guérir d'un deuil. Ce qui ressort de ce roman, c'est une formidable énergie, une force de vivre, un optimisme fantasque qui aide à faire face et à aller de l'avant.

Une nouvelle raconteuse d'histoire est née. A noter aussi l'intérêt historique de l'oeuvre qui nous fait découvrir l'Histoire méconnue de la Floride : le dragage meurtrier des Everglades en passant par la naissance du peuple Séminole, constitué d'indiens et d'esclaves noirs affranchis. 

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 12:04

ETATS-UNIS-1929

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/1/0/2/9782070369201.jpg

Le troisième roman de Faulkner est souvent considéré comme l'introduction à l'oeuvre du grand écrivain. 

Il est en effet de facture classique : narrateur unique et non polyphonie inaugurée par Faulkner quelques années plus tard, dialogues alternant avec des descriptions des paysages et des saisons. 

Par contre, il n'atteint à aucun moment l'ampleur lyrique d'un Lumière d'août ou d'un Absalon ! Absalon ! avec leurs longues phrases alambiquées. 

C'est plutôt du côté des personnages qu'il faut aller chercher le talent de Faulkner dans cette oeuvre, et sa capacité merveilleuse à décrire l'atmosphère d'une grande propriété du sud du Mississippi sur le déclin, après la Première Guerre Mondiale. La famille des Sartoris est une lignée maudite : aucun des hommes de la famille n'est mort tranquillement dans son lit. L'ancêtre a été tué pendant la guerre de Sécession, l'un de ses petits fils a sauté de son avion, face à l'ennemi, en 14-18. Il ne reste plus que Bayard, casse-cou solitaire, qui noie son vide existentiel, dans les courses automobiles. Il y entraîne d'ailleurs son grand-père, le vieux Bayard, vieil homme bougon et orgueilleux. 

Face à cette lignée de fanfarons qui jouent avec la mort, les femmes, à qui l'auteur voue une véritable sympathie : la jeune et discrète Narcissa, qui épousera Bayard fils et l'inoubliable Miss Jenny, tante du vieux Bayard, qui régente tout son petit monde dans la vieille propriété : le monde des serviteurs noirs et toute cette gente masculine bien turbulente. 

Les hommes, les femmes et le troisième cercle : les serviteurs noirs , eux aussi grands-pères, fils et petits-fils qui vont à la guerre, reviennent avec des idées d'indépendance et observent avec étonnement les fanfaronnades de leurs maîtres. 

Au centre de tout cela, un thème : la décadence du vieux monde, l'avènement du nouveau et peut-être la fin d'une lignée maudite avec la naissance d'un nouveau-né, revigoré avec le sang de la famille de Narcissa. 

Que raconte cette oeuvre ? Pas grand chose finalement, n'attendez pas de véritables rebondissements, il s'agit plutôt de la chronique d'une mort annoncée. 

C'est la forme que nous apprécierons le plus : la description de ces grandes scènes champêtres de chasse, de repas de Noël et surtout de petites scénettes pouvant faire penser à du théâtre : les admonestations de Miss Jenny, les serviteurs nègres qui observent derrière la porte les disputes de leurs maîtres, tout cela donne du piquant à la narration. Sans oublier la scène magistrale où le vieux Bayard se fait examiner par deux médecins, scène digne de Molière ! Oui, il peut y avoir du fantasque et du comique chez Faulkner. 

A noter aussi son immense talent pour décrire la sociologie d'une époque (les rapports entre les maîtres blancs et les serviteurs noirs, les conflits hommes/femmes) et la nature si particulière du Mississippi.

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 11:01

ETATS-UNIS - 1952

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/1/7/9/9782253005971.jpg

Le film mythique avec James Dean est sans doute plus connu que le roman qui a valu à Steinbeck le Prix Nobel de la littérature. En ce qui me concerne, j'ai préféré commencé par le livre...A noter que le film d'Elia Kazan a été réalisé en 1955, seulement trois ans après la publication du livre. 

A l'opposé de la concision de Des souris et des hommes, Steinbeck nous livre ici un roman familial de plus de 700 pages. Mais l'écriture est si fluide que le récit se dévore en quelques jours. 

Le titre fait référence à l'épisode de la Bible où Caïn fuit à "l'est d'Eden" après avoir tué son frère Abel par jalousie. 

Steinbeck construit en effet tout son système de personnages sur cette relation originelle : sur trois générations, il s'agit d'examiner les relations différentes que peut avoir un père avec ses deux fils. La recherche de l'amour paternel en vain, malgré les dons ou marques d'affection....

L'auteur retrace l'histoire sur trois générations de deux familles de "terriens" dans la vallée californienne de Salinas. La famille Hamilton, émigrants irlandais, avec à sa tête le génial inventeur sans le sou Samuel et la famille Trask, originaire du Connecticut, dont le patriarche a fait fortune dans la politique. Refusant l'héritage, les deux frères, Charles et Adam préfèrent se consacrer à leur terre. Adam préfère d'ailleurs fuir en Californie pour cultiver son champ...On retrouve ici l'un des leitmotiv de l'oeuvre de Steinbeck, l'attachement à la terre. 

Adam, l'incarnation du bien, va tomber amoureux de Cathy, l'incarnation du mal. Cathy, la parricide, la prostituée, avide de chair et de sang, donnera naissance à Caleb et Aaron avant de fuir. Adam, "paralysé" par la trahison, sera à tout jamais comme anesthésié, incapable d'aimer et d'éduquer ses enfants. Il leur cachera d'ailleurs l'existence de leur mère, vivant dans la ville d'à côté.

Pire, il aura tendance à privilégier Aaron, Charles ressemblant trop à sa mère.....

Que dire du message de cette fresque ? Steinbeck, l'un des grands écrivains humanistes du XXe siècle, nous délivre un message très optimiste malgré les thèmes de la fatalité, du péché et de la jalousie. Bien sûr, il y a la tache originelle, le péché incarné par Cathy, la mère. Caleb se sent d'ailleurs profondément souillé. Mais cette faute originelle n'est pas fatale. Comme le déclare Lee, le serviteur chinois de la famille Trask, le "Timshel" de la Bible veut dire "tu peux" te délivrer du mal et non "tu dois" ou "tu devras". Tout repose sur la volonté de l'homme qui peut se délivrer de ses chaînes. 

Si l'on examine les différents personnages, c'est Samuel Hamilton, le fermier irlandais et le serviteur Lee, qui incarnent le mieux les idées de l'auteur. Mention spéciale pour ces deux "héros secondaires", sans doute les personnages les plus intéressants avec Caleb : le fermier sans le sou, inventeur de multiples outils pour améliorer le quotidien des paysans, fera tout pour "réveiller" Adam et le pousser à aimer et éduquer ses deux fils. Il incarne le courage et l'humanité malgré la pauvreté et les obstacles divers. Lee, le serviteur chinois, condamné à "rester chinois" malgré ses profondes connaissances (Steinbeck vise ici le racisme ambiant : la société schématise profondément les hommes, Lee ne sera jamais qu'un chinois pour les autres). C'est lui qui enseignera à Adam le "Timshel" visant à se délivrer du péché. Ces deux hommes incarnent la force de l'individu (magnifique passage où l'auteur déclare que le progrès se réalise grâce à l'action des individus contre les préjugés des foules) face à Adam, la figure du père. Terassé par le mal, ce dernier est anesthésié, incapable de faire la moindre action. Il est le "bien mou", inactif. 

Un très roman, de plus facile d'accès. 

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 17:25

ROMAN POUR ADOLESCENTS (à partir de 12 ans)

7 tomes sur 8 parues

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/2/8/6/9782070634682.jpg

Editions Gallimard Jeunesse/Rageot editeurs

A comme Association ...de deux auteurs, de deux éditeurs et d'un groupe secret qui est censé régir les relations entre Humains et Anormaux, autrement dit les vampires, loups garous et autres con sors...

 

Encore un Harry Potter de plus ? Et bien non, nos deux auteurs s'en moquent d'ailleurs effrontément. Derrière cette association, se cache une belle histoire d'une série écrite en commun. Une rencontre au salon du livre de Montreuil puis le début de l'aventure : le premier écrit par Erik L'Homme, le second par Pierre Bottero, le troisième par ÉriKl'Homme et ainsi de suite...jusqu'à ce que Pierre Bottero meurt en 2009 dans un accident de moto. Erik L'Homme décide de continuer seul l'Association...

 

Le huitième tome sort en octobre. Je n'ai, pour l'instant, lu que le premier, écrit entièrement par Erik L'Homme : Jasper n'est pas un lycéen comme les autres. Fan de magie, jouant de la cornemuse, il commence l'aventure en pourchassant un vampire qui a l'air un peu camé ! Et pour cause...Jasper, agent stagiaire de l'Association, gérant les relations entre humains et anormaux grâce aux paranormaux (vous suivez toujours ?), est chargé de découvrir qui refile de la drogue aux vampires, à ses risques et périls...

Cette première aventure est très drôle ! On suit avec plaisir les déboires de l'apprenti magicien à qui il arrive des mésaventures mais qui retombe toujours sur ses pattes !

Beaucoup de clins d'oeil à la littérature fantastique (Rue du Horla, Rue Guenefort, Rue Mourlevat) dans ce Paris très sombre. Un drôle de roman d'apprentissage maniant le jeux de mots avec brio. Ainsi, lorsqu'on lance une bombe lacrymogène au jus d'ail à un vampire et qu'elle revient sur nous, cela s'appelle le retour du jet d'ail.....

C'est Jasper, roi du calembour, qui raconte sa propre histoire, avec beaucoup d'humour et de détachement. Un très bon divertissement !

Rendez-vous sur le site http://www.acommeassociation-leslivres.com avant la sortie du tome 8 en octobre !

A noter que le deuxième tome, écrit par Bottero, donne la parole à Ombe, apprentiE stagiaire de l'Association...

 

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 16:37

COMICS

 

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/Grandes110/3/2/7/9782756017723.gif

 

Delcourt 2010...(5 tomes parues sur 6)

Moi qui ne suis pas fan de comics, j'ai pris un vrai plaisir à dévorer les 4 premiers tomes de cette série dont le dernier volet paraît le 29 août...le suspense est à son comble !!!

Comment une femme en plein divorce, tout ce qui y a de plus banal, devient une véritable bombe humaine (au sens propre, eh oui !). Un jour, Julie prend des photos dans le désert du Nevada. Assistant à l'explosion d'une mystérieuse fusée, elle reçoit d'étranges particules qui vont bientôt se coller à elle et former une étrange combinaison inamovible. 

Alors qu'elle éprouve des émotions, désirs ou colère, la combinaison foudroie ou explose ce qui met en danger Julie. Bientôt poursuivie par les services secrets, l'armée et par les fabricants de la combinaison, elle trouve de l'aide en la personne de Dillon, le petit amie de la femme morte dans l'explosion.....Un peu plus tard, ils croisent la route d'un étrange mendiant qui porte à la main la même matière que Julie...

 

http://www.reuben.org/images/noms2010/comic-moore.jpg

Le grand mérite de Terry Moore est de mêler scènes d'action qui ne sont finalement pas très nombreuses à des épisodes beaucoup plus intimes qui révèlent les doutes, les peurs et le passé de Julie. D'autant plus qu'une étrange voix parle en elle..Mais chut, ne dévoilons pas toute l'histoire. 

Imaginez une Madame tout le monde qui se découvre des super pouvoirs...sauf que là, il s'agit plutôt de détruire le monde plutôt que de le sauver...bien malgré elle. Moore retourne l'éternelle problématique des super héros. 

 

http://www.strangersinparadise.com/files/BlogPicsII/Echo_08_He's.here!.jpg

Un comics avant tout psychologique, avec bien sûr un arrière-plan de science-fiction où le nucléaire fait corps avec l'humain. 

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 20:23

POLARS

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/0/7/0/9782878585070.jpg

Editions Viviane Hamy, 2012

Un premier roman qui fait parler de lui, dans la même collection que les Fred Vargas et Dominique Silvain. 

Une plongée dans le Paris cosmopolite du 19e arrondissement suite à un meurtre particulièrement barbare : une jeune femme est retrouvée avec le sexe affreusement mutilé, couvert de sang de porc. Sur sa table, un rôti de porc transpercé par un couteau...

Un duo enquêtrice-enquêteur est mis sur le grill : Rachel, la juive, et Jean, le Breton. Tous les deux célibataires. De beaux échanges verbaux en perspective !

C'est le voisin du dessous qui découvre l'horreur, en recevant des gouttes de sang de son balcon...

Encore un règlement de compte entre juifs et musulmans...Ce serait trop facile...Plutôt un formidable portrait des différents extrémismes religieux : juifs, chrétiens et musulmans. Une affaire alambiquée de sang, d'argent et ....de drogue. Des petites pilules bleues qui fait que l'on se sent devenir Dieu en personne...

Vous suivez toujours ? 

Peu importe, ce sont les personnages qui nous font nous prendre au jeu. Reconnaissons là l'empreinte de la collection Chemins nocturnes chez Viviane Hamy : un quartier parisien avec ses lieux typiques (vieilles boutiques, restos et cafés parigos avec dégustation d'onglets), des dialogues enjoués à la verve satirique, un vieux libraire arménien, un brocanteur....on n'est pas loin des romans de Dominique Sylvain qui fréquente d'ailleurs le même quartier du 10e et 19e arrondissement. 

Quant au personnage d'Ahmed, jeune loup solitaire musulman retranché dans son appartement parmi ses tonnes de livres, le coupable tout désigné, il pourrait faire penser à un personnage de Simenon. Avec sa mère à l'hôpital psychiatrique et ses "problèmes" avec les femmes, on pourrait croire qu'il est schizophrène.

Tout va se compliquer lorsque l'on va découvrir les copains des copines de la victime. Une enquête qui va nous mener jusqu'au Témoins de Jéhovah dans la province niortaise et au siège des juifs loubavitchs à Brooklyn...

Une histoire tragique, tournant autour de la notion de divinité. Et les chemins pour mener à Dieu ne sont pas toujours très...catholiques ! Une petite pilule bleue a tendance à faire oublier les tables de la loi...

A noter une réflexion intéressante sur les rapports intergénérationnels au sein de familles religieuses extrémistes : les enfants ont bien du mal à vivre au sein de ces communautés repliées sur elles-mêmes, qu'elles soient chrétiennes musulmanes ou juives. Les parents n'ont qu'à bien se tenir, la révolte gronde...

Je n'en dis pas plus, ce premier roman est d'une richesse insoupçonnée. Découvrez-le vite !

 

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 19:52

ROMAN POUR ADOLESCENTS (à partir de 15 ans)

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/9/9/8/9782070643899.jpg

Editions Gallimard Scripto, 2012

Voici un petit chef d'oeuvre sur un pan peu traité de l'Histoire nazie : le programme Lebensborn mis en place par Himmler pour créer une race aryenne parfaite : faire s'accoupler des jeunes femmes blondes aux yeux bleues triées sur le volet à des officiers SS pour faire naître des prototypes parfaits de la nouvelle race germanique régénérée. Ces enfants étaient par la suite enlevés à leurs mères et élevés dans des centres spéciaux rejoignant les jeunesses hitlériennes. Les Lebensborn ont aussi germanisé de force les r enfants des pays occupés tels la Norvège et  la Pologne en les enlevant à leurs parents. 

Max est le prototype parfait des Lebensborn, c'est même le premier à être né, le jour de l'anniversaire du Führer ! D'ailleurs, et c'est l'idée de génie de l'auteur, c'est Max qui parle du début à la fin. Il parle même au début dans le ventre de sa mère (avec un vocabulaire d'adulte, mais finalement, on s'y fait !). Il veut être le plus beau, le plus fort, il est très fier ! Quitte à jouer des coudes, il sera le premier né et le plus beau des Lebensborn !

Un vrai bébé de physique et d'idéologie nazis; Ne connaissant ni mère, ni père (sauf le Fürher, bien sûr !), il est entouré par des SS, nourrices et enseignants au service du régime. Ecole, Jeunesses hitlériennes et instrument maléfique aux mains du pouvoir pour enlever les enfants polonais...Jusqu'au jour où la belle machine s'enraye...

"L'idée nazie" vécue en chair et en os par un enfant qui n'a connu que cela ...

Un petit chef d'oeuvre qui remue les méninges comme l'avait fait, chez le même éditeur, Jean Molla et son Sobibor  

Sarah Cohen-Scali insiste sur la psychologie de l'enfant "fabriqué" qui n'a ni père, ni mère, qui n'en conçoit pas la nécessité. Pour lui, ce n'est qu'un moyen de plus pour pleurer. L'auteur a parfaitement su saisir l'évolution de la conscience du personnage, qui passe de la surprise, à l'incompréhension jusqu'à la débâcle finale. A noter que l'auteur ne s'appesantit pas sur les scènes violentes. Bien au contraire, elle ne fait qu'évoquer les camps ou les viols de femmes par exemple et préfère se concentrer sur l'intériorité de l'enfant. De même, elle évite tout happy end ou tout sursaut de conscience incroyable ou trop moralisateur. 

Un roman très original qui fera date dans la littérature pour adolescents. 

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