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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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3 août 2005 3 03 /08 /août /2005 00:00

Gallimard, Collection Haute-Enfance

Plutôt que d'écrire un article sur la célèbre Petite chartreuse, Prix du Livre Inter 2003, j'ai choisi de vous parler du magnifique recueil de nouvelles Naissances qui montre, une nouvelle fois encore, toute la sensibilité de Pierre Péju.

L'auteur nous raconte des naissances malheureuses, avortées ou alors marquées par l'espoir. La première nouvelle est la plus dure: une jeune femme juive prisonnière dans un camp accouche sur une planche sous le regard envieux de ses gardiens. Une autre est le récit d'une fausse couche: l'auteur décrit avec beaucoup de délicatesse l'enfant mort et la détresse des parents. La dernière nouvelle clôt le recueil par une note d'espoir en décrivant la joie d'un père devant son nouveau né. La fin est une belle page d'hymne à la fécondité.

Ces pages sont emplies de poésie et de délicatesse; on a rarement évoqué la maternité et la naissance d'un être avec autant de talent. Exploit d'autant plus original que c'est un homme qui prend la plume. Les lecteurs qui ont pris du plaisir à lire La petite chartreuse y retrouveront la poésie de l'auteur.

Cet ouvrage montre bien qu'il n'existe pas d'écriture féminine: un homme peut tout aussi bien écrire sur la maternité.

Ce beau recueil est aussi l'occasion de découvrir une belle collection aux Editions Gallimard , Haute-Enfance qui livre souvent des récits très poétiques pouvantr être destinés aux adolescents.

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2 août 2005 2 02 /08 /août /2005 00:00

Louis-René des Forêts (1918-2000)

Louis-René des Forêts est avec Maurice Blanchot l'écrivain français le plus secret du XXe siècle et ....surêment l'un des plus grands....

A partir des années 40, ses oeuvres (Les mendiants, La chambre des enfants...) le font connaître dans le monde littéraire. Il fréquente Raymond Queneau, Robert Antelme, Maurice Blanhot, Yves Bonnefoy et George Bataille.

Son public s'est peu à peu constitué d'un cercle restreint d'aficionados. En 1981, il reçoit le grand Prix National des Lettres pou l'ensemble de son oeuvre.

Son oeuvre, s'apparentant à de la prose poétique, très intimiste, explore les tréfonds de l'âme: le narrateur, au prise avec ses tourments, a un besoin obssesionnel de s'épancher auprès du lecteur.

Le bavard (publié en 1946)

Cette oeuvre magistrale est un long monologue du narrateur qui confie au lecteur son étrange maladie: il a un besoin incessant de parler, de se mettre en spectacle en société...

L'auteur va donc prendre le ton de la confession sincère en refusant tout artifice de la littérature: il l'affirme haut et fort au début du roman en déclarant au lecteur qu'il n'utilisera pas les fioritures litéraires telles que la métaphore. Le but n'est pas d'émouvoir: il faut refuser le lyrisme en ne disant ce qui est la strice vérité.

L'auteur use donc d'un ton froid pour nous conter les aventures qui lui sont arrivées lors d'une soirée mondaine: il s'est mis à monologuer devant la foule stupéfaite puis, soumis à la honte, s'enfuit dans la nuit....

A la fin de ce récit, un formidable coup de théâtre secoue le lecteur....

La troisième partie du roman est une formidable réflexion sur les enjeux de la littérature et le pouvoir démiurge de l'écrivain qui se joue sans cesse du lecteur. Et si toute la littérature n'était que pure bavardage ou simple mystification?

Le bavard est incontestablement un chef d'oeuvre sur les rapports ambivalents existant entre l'auteur et ses lecteurs.

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2 août 2005 2 02 /08 /août /2005 00:00

Editions L'esprit des péninsules, 2003

Pierre Jourde est connu dans le monde littéraire pour avoir écrit des pamphlets contre la littérature française et ses principaux représentants (Houellebecq, Darrieusecq, Angot, Laurens...) dans La littérature sans estomac et dans Le Jourde et Naulleau, parodie du Lagarde et Michard.

Sa réputation de pamphlétaire ne doit pas pour autant cacher son oeuvre romanesque: Pays perdu, son premier roman, renouvelle le genre du roman du terroir.

Il n'est pas question de décrire la vie d'une famille sur plusieurs générations mais au contraire de se concentrer sur une ou deux  journées dans un village auvergnat isolé: Jourde prend le prétexte d'une intrigue minimaliste, l'enterrement d'une petite fille, pour décrire les derniers habitants de cette région désertifiée. Le récit est donc une succession de portraits des derniers survivants: c'est l'occasion d'insister sur la solitude, le problème de l'alcoolisme et l'attente de la mort. Jourde décrit les intérieurs des bâtisses rongés par la saleté, les visages ravagés par la vieilesse et l'alcoolisme.

L'écriture magnifique, les longues phrases ponctuées de métaphores sanctifient ces figures de survivants. La mort plane sur cette terre (la seule enfant est d'ailleurs morte au début du livre) et la seule action consiste à accepter son destin. Les personnages sont alors des figures de déréliction.

Le narrateur est un citadin qui a quitté son village natal depuis de nombreuses années et qui revient à l'occasion de l'enterrement. C'est donc lui qui décrit les personnages. On peut accuser Jourde d'avoir joué la surenchère au service du tragique. Mais l'écrivain a le mérite de créer de la poésie, de la beauté à partir d'un monde ignoré de la littérature et de la société.

Cette fiction est à rapprocher des oeuvres de Pierre Michon et de Richard Millet (voir les articles qui leur sont consacrés dans ce blog) qui, par leur écriture, contribuent à créer une légende paysanne.

 

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1 août 2005 1 01 /08 /août /2005 00:00

Sûrement la pièce la plus subtile et la plus riche en rebondissements écrite depuis ces dix dernières années!

Tout commence par l'interview d'un écrivain Prix Nobel de Littérature par un obscur journaliste. L'entretien dénonce tous les clichés de la création: lien entre l'oeuvre et la vie de l'écrivain etc...Puis, au fur et à mesure, nous apprenons que les deux êtres sont liés par une femme mystérieusement absente..

Inutile d'en dire plus: les coups de théâtre successifs réservent de multiples surprises... Mais il ne s'agit avant tout de "coups de théâtre psychologiques": les deux individus se livrent peu à peu au cours de la conversation et dévoilent peu à peu leurs secrets....

Il s'agit d'une pièce sur le masque, le faux-semblant et la dissimulation: au cours de la pièce, les masques révéleront la véritable motivation de l'interview.

Les deux personnages, incarnés par Francis Huster (le faux journaliste) et Alain Delon (l'écrivain) nous livrent de belles réflexion sur la nature de l'amour (est-il lié à la durée ou au contraire, est-il une passion fugitive ?) La pièce est également une réflexion sur le genre épistolaire.

J'ai découvert la pièce en la lisant et n'ai pas eu la chance de la voir jouée au théâtre. Je pense que l'on éprouve énormément de plaisir à la lire.

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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1 août 2005 1 01 /08 /août /2005 00:00

 

 

Voici la pièce de réflexion sur l'art contemporain qui a rendu l'oeuvre de Yasmina Reza célèbre dans le monde entier.

Trois personnages échangent leur réflexion sur leur conception de l'art devant un tableau tout blanc: l'un est un ardent défenseur de l'art classique, l'autre vient d'acheter ce tableau qui incarne le rien... Le troisième se trouve entre ses deux amis et tente de concilier les deux antagonistes.

Reza dénonce la pédenterie des discussions artistiques aussi bien dans les milieux académiques que dans le milieu de l'art contemporain. Cette pièce réactualise d'une manière originale l'éternelle querelle des Anciens et des Modernes née au XVIIe siècle.

La conciliation aura lieu d'une manière inattendue: il suffit d'imaginer ce que peut représenter le blanc...

La coclusion est une ode rendue au pouvoir de l'imagination. Il est alors bien futile de batailler lorsque l'on peut trouver un terrain d'entente.

Une pièce à découvrir pour ceux qui sont encore réfractaires à l'art contemporain....

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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1 août 2005 1 01 /08 /août /2005 00:00

Editions Gallimard Scripto, 2001 (à partir de 13 ans)

Nous voici plongés dans un petit village du Texas pendant la guerre du Vietnam au début des années 70. Zachary Beaver est un garçon obèse pesant 120 kg. Il parcourt les villages d'Amérique dans une caravane où il est exposé au regard des villageois curieux.

Un jour, il va être abandonné par son "manager" pari à la recherche d'autres monstres de foire. Deux enfants du village vont tout tenter pour faciliter l'intégration du jeune obèse.

Ce roman est avant tout un vibrant appel à la tolérance: le monstre de foire est d'abord présenté physiquement dans sa caravane. Puis il s'ouvre peu à peu à la société en faisant la connaissance des deux enfants et nous fait découvrir son humanité: il révêlera peu à peu son jardin secret à ses amis.

Il ressort également une réflexion sur le lien et la perte d'une personne chère: l'un des enfants vit loin de sa mère qui a quitté le foyer familial, l'autre verra son frère mourir au Vietnam.Confrontés au traumatisme de la perte et de la solitude, les trois enfants auront besoin de se reconstituer une cellule affective.

Même si les événements racontés sont dramatiques, l'auteur évite toute mièvrie: l'humour est également présent à travers des personnages pittoresques.

Le charme du roman naît également de la description du Texas des années 70: musique country, rendez-vous au bar-motel du coin, présence du shériff; tous ces éléments nous plongent avec plaisir dans l'Amérique pittoresque des petites villes du sud, au milieu du désert.

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1 août 2005 1 01 /08 /août /2005 00:00

Dernier tome du cycle des Rougon-Macquart (publié en 1893)

Emile Zola clôt sa saga par un roman rempli d'espoir: le grand écrivain du naturalisme, connu pour ses histoires sombres et ses personnages déchus (Gervaise dans L'assommoir, Jacques Lantier dans La bête humaine signe ici un beau roman d'amour.

Le docteur Pascal , spécialiste de l'hérédité, écrit une thèse sur l'atavisme, en prenant exemple sur sa famille: c'est l'occasion pour Zola de rappeler la généalogie des Rougon-Macquart et les tares de la famille héritées de l'ancêtre Jean Macquart, mort à l'asile de combustion interne ! Alors que les Rougon symbolisent l'ascension sociale (Voir son origine dans l'excellent La fortune des Rougon), les Macquart symbolisent la déchéance produite par l'alcoolisme: le docteur tend à affirmer que l'alcoolisme est une tare liée à l'hérédité.

Sa mère, Félicité Rougon, va lui interdire la publication d'une telle oeuvre qui pourrait assombrir la réputation de la famille. Au cours de ses travaux, le docteur sexagénaire va tomber amoureux de sa jeune assistante. Tous deux passionnés par la science, les sentiments vont peu à peu se muer en amour charnel. Malgré les risques liés à l'hérédité, ils vont faire un enfant....

Le docteur Pascal est bien sûr ici le double d'Emile Zola qui découvre tardivement les joies de la paternité avec sa maîtresse Jeanne Rouzerot. Comme Pascal, zola est aussi un écrivain savant qui base son oeuvre sur une étude de l'hérédité.

Contrairement à ce que l'on peut croire, le cycle des Rougon-Macquart est un hymne à la vie; les dernières pages sont magnifiques et compare la vie à une gigantesque rivière qui irrigue la nature; l'amour, synonyme de fertilité,  est rédempteur.

Zola nous livre également une belle réflexion sur le travail ou l'oeuvre d'un homme. Alors que ses travaux sur l'hérédité sont compromis par sa mère, le docteur se réfugie dans la paternité. L'enfant est alors une oeuvre à part entière. ...

Un roman à lire absolument pour éviter de faire un contresens sur une oeuvre majeure.

 

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1 août 2005 1 01 /08 /août /2005 00:00

Albin Michel, 2000

Eric Emmanuel Schmitt nous livre ici un récit hors du commun entremêlant roman historique sur le parcours politique d'Hitler et roman fantastique imaginant le destin du même personnage s'il avait été admis à l'Académie des Beaux-arts de Vienne.

Outre le fait d'avoir le mérite de rappeler qu'Hitler a d'abord été artiste avant de fonder le NSDAP et qu'il s'est toujours intéressé au monde de l'art, le roman nous livre une autre image de l'homme le plus criminel de l'Histoire.

Même s'il est hors de question de minimiser la monstruosité d'Hitler, Schmitt insiste sur certains ponits intéressants de sa personnalité et de ses actions: ainsi, Hitler a mené une croisière incessante contre l'art dégénéré (Klimt, l'art abstrait...) , art qui était alors à l'honneur lorsque l'académie l'a rejeté. D'autre part, l'art à l'honneur dans les années 2O-30 était promu par l'Intelligentzia juive. Ceci n'explique pas tout mais a le mérite de donner une explication plausible au parcours d'Hitler. Son recalage à l'Académie a fait naître en lui de multiples frustrations; Hitler a donc voulu trouver des boucs-émissaires responsables de son échec.

Voici un récit très original qui renouvelle le genre du roman historique....

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31 juillet 2005 7 31 /07 /juillet /2005 00:00

SUEDE

Editions Actes Sud

Selma Lagerlof est connue en France pour avoir écrit Le voyage de Nils Holgerson. Mais ce classique de la littérature de jeunesse a eu tendance à écarter ses autrs oeuvres. Je vous propose de découvrir un magnifique conte pour adultes publié chez Actes Sud.

Lagerlöf nous conte l'histoire d'une jeune héritier d'une propriété terrienne qui semble davantage intéressé par ses études et par sa passion pour le violon que par les cultures de son domaine. Un jour, ses brebis s'égarent dans la montagne et le troupeau est décimé. Se sentant responsable de cette tragédie, il devient fou...Il parcourt la lande  accompagné de son inséparable violon...

Pendant ce temps, une jeune femme orpheline et solitaire décide de se suicider. alors que l'enterrement est célébré et que le cercueil repose dans l'Eglise le violoniste fou va enchanter la jeune femme et la faire se lever de son cercueil..

Depuis ce jour, la jeune fille n'a qu'un espoir: retrouver le violoniste qui lui a rendu la vie... Pour cela, elle pénétrera dans la vieille demeure délabrée où s'est retiré l'artiste fou...

Cette belle histoire d'amour teintée de fantastique est une ode rendue au pouvoir de l'art et de l'amour: l'amour de la jeune fille est le seul à pouvoir sauver le violoniste de la folie; réciproquement, le violon représente le retour de la vie...

Selma Lagerlof est incontestablement l'une des grandes conteuses de la littérature mondiale. Dans les forêts enneigées de Suède, elle nous enchante par ses personnages blessés par la vie mais sur le chemin de la rédemption...

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31 juillet 2005 7 31 /07 /juillet /2005 00:00

POLAR FANTASTIQUE

Editions Gallimard, Série Noire

Ce roman mêlant habilement l'enquête et le supens au genre fantastque est une réflexion sur la cruauté des enfants: ces derniers peuvent commettre des actes qui les dépassent pour obtenir ce qu'ils désirent ardemment...

L'histoire est racontée vingt-cinq ans plus tard par l'enquêtrice:

Des enfants sont intrigués et fascinés par l'étrange boutique d'un vieux bonhomme: dans sa vitrine, des avions miniatures voisinent avec d'étranges poupées miniatures qui paraissent vivantes...

Deux enfants vont peu à peu perdrent la raison en voulant posséder à tout prix ces jouets: Edmund va déclencher une mini-guerre dans le village avec ses avions miniatures et Alicia va considérer son petit baigneur comme son propre nourisson.

La narratrice, la rationnelle, va enquêter dans la mystérieuse boutique pour découvrir le secret du vieil homme. Au fur et à mesure, nous découvrons l'homme au travail.

Virginie Lou installe peu à peu un climat mystérieux qui évolue à la fin vers le morbide. C'est l'enfant qui mène l'enquête du début à la fin au péril de sa vie ; le récit rétrospectif à la première personne nous fait partager ses interrogations et ses frayeurs.

Ce roman évoluant peu à peu vers la terreur est à lire à partir de 13 ans.

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