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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Mardi 10 juillet 2007
Norvège, 1946

$titre - $auteur

Editions Flammarion

Tarjei Vesaas (1897- 1970) est l’un des plus grands écrivains norvégiens de ce siècle ; il fut à la fois poète, dramaturge et romancier.

La blanchisserie met en scène des couples qui se déchirent pour une histoire de jalousie. Dans un décor tout de blancheur, la noirceur des âmes va se révéler…

Dans une blanchisserie dont il est propriétaire, Tander va être attiré par la beauté de Vera, l’une de ses jeunes employées, elle-même courtisée par Jan, un jeune bûcheron. L’épouse de Tander surprend cette attirance et sur un coup de tête, marque une inscription infâmante dans la rue : Personne ne s’est jamais intéressé à Johan Tander.

Tander est persuadé que cette infamie vient de Jan et se prépare à le tuer pour se venger…

Quiproquos, honneur bafoué, passion, vengeance : les rancoeurs, les bassesses humaines se déploient dans le lieu de la blancheur lustrale, dans l’endroit où l’on lave le linge sale. Et tout l’art de Vesaas réside dans ce jeu de clair-obscur terrible : pour éviter la honte, Tander effacera l’inscription la nuit venue et attend le soir pour se venger. A la blancheur du linge, s’oppose la nuit qui tombe peu à peu sur le paysage et sur les cœurs…

L’âme semble être attirée par ce lieu de pureté : ainsi, le vieux Krister, mourant, souhaite s’allonger près de l’étendoir pour finir ses jours ; il ira jusqu’à voler une chemise blanche pour se recouvrir d’une voile de blancheur.

Avec la nuit qui s’approche, arrive le temps des règlements de compte, de la vengeance. L’obscurité amène le déchaînement des passions.

Tout se déroule en une journée ; l’écriture est rapide, concise ; le temps présent accélère la dramatisation.  Unité de lieu, de temps, d’action : nous ne sommes pas loin de la tragédie classique. Avec le cheminement du vieux Krister qui se cherche l’endroit idéal pour dormir, Vesaas livre une chronique d’une mort annoncée…

Je vous laisse découvrir le premier paragraphe pour vous faire découvrir cette étrange atmosphère : 

« Comme animé d’une force propre, presque luminescente, le linge blanc accroché aux fils ressort dans la pénombre estivale. Exposé à la rosée de la nuit et aux premiers rayons du soleil.

Il y a ici une petite ville autour de laquelle se sont agglutinées de nouvelles bourgades. Et c’est en contrebas de l’ensemble que se trouve la laverie, là où s’effectue l’étrange besogne.

L’obscurité s’épaissit. Les lumières environnantes s’éteignent une à une. Mais ici, il ne fait pas vraiment sombre car de l’étendoir émane une lueur de plus en plus vive que l’effet destructeur de la nuit rend spécialement précieuse »

par Sylvie publié dans : Littérature nordique
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Lundi 2 juillet 2007

Théâtre 



Norvège, 1890


Hedda Gabler est l'une des plus célèbres héroïnes de théâtre. Souvent présentée comme un monstre sans coeur, elle peut être considérée également comme une victime. Je suis allée voir cette pièce il y a une semaine au Théâtre de La Colline et je crois que j'ai été vraiment marquée à vie ; il y a une action dans la pièce qui est la plus tragique que je connaisse !

Henrik Ibsen, le plus grand dramaturge scandinave avec August Strinberg s'est beaucoup intéressé à la condition féminine à la fin du XIXe siècle : au sein du théâtre naturaliste, il dénonce une société corsetée dans ses principes qui ne voit que pour le souci des apparences. 

Hedda Gabler est une jeune femme qui vient de se marier avec un obscur professeur qui ne pense qu'à finir sa thèse sur la paysannerie orientale. Après son retour de voyage de noce, le mari espère obtenir le poste de professeur à l'Université. Mais il entre en compétition avec l'ancien amour d'Hedda...Ce dernier est un brillant esprit mais qui gâche tout dans la débauche...


Je ne vous raconte pas tout; sachez seulement que cet acte est l'un des plus terribles que j'ai jamais vu au théâtre !

Sous ses allures de drame bourgeois où les ex maîtresses se vengent des nouvelles, cette pièce est une véritable réflexion sur la condition humaine. Hedda est certes jalouse de son ex-amant, de sa réussite et de sa nouvelle maîtresse lorsqu'elle , elle se contente de végéter autour de son époux si procédurier. Mais elle se bat également contre le vide de son existence, l'ennui, le néant. Devant la création, que ce soit devant une oeuvre écrite magistrale ou devant une étude spécialisée qui demande des années de compilation, Hedda ne voit dans sa vie à elle que le néant. Ces hommes créateurs empêchent certes Hedda de vivre une vie de couple mais c'est la création seule qui donne un sens à la vie. Hedda n'a plus qu'à mourir...

J'ai adoré cette belle réflexion sur l'art et également le mélange des genres. Nous assistons à une véritable tragédie de l'existence mais le ton tragique alterne avec des moment vraiment très drôles : il n'y a qu'a voir la Tante Julie qui chouchoute le marie d'Hedda pour passer vraiment un bon moment !

Pour moi, l'une des pièces les plus marquantes du répertoire...(après Phèdre de Racine !) Et sans doute l'un des plus beaux personnages féminins de la littérature mondiale.

 

par Sylvie publié dans : Littérature nordique
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Mardi 26 décembre 2006

 NORVEGE

Editions Gaïa, 2006

Voici un conte de Noël désopilant ! Décidément, les auteurs nordiques sont bourrés de fantaisie et d'humour...On connaissait déjà le danois Jorn Riel et ses racontars arctiques et le finlandais Arto Paasilina avec ses aventures rocambolesques.

Il y a maintenant Erlend Loe, un norvégien né en 1969, également dialoguiste et scénariste. Doppler reprend le thème archi classique du retour à la nature pour en faire une fable caustique à la limite du fantastique, sur les rapports entre humains.

Voici le point de départ : Andréas Doppler, un cadre dynamique dans la quarantaine pète un câble lorsque qu'il fait une chute à vélo dans la forêt. Il faut dire que depuis un certain temps, il a plein de problèmes : son père vient de mourir, sa fille passe ses journées au cinéma pour revoir une quarantième fois Le Seigneur des anneaux et son fils passe ses journées à regarder des dessins animés débiles.

Ayant reçu un coup sur la tête qui lui fait voir ce qu'est la vraie vie, il décide de quitter femme et enfants pour devenir chasseur-cueilleur dans la forêt ! Il s'installe donc dans une tête et décide de vivre par ses propres moyens.

Mais la vie en pleine nature n'est pas toujours facile ! Il va devoir chasser un élan pour pouvoir manger et le pauvre petit élan orphelin va devenir le compagnon inséparable de Doppler ! Le dénommé Bongo va donc devenir son animal de compagnie. Puis au fil des jours, des personnages complètement détraqués vont venir le rejoindre : il y a Düsseldorf, un solitaire dans son chalet qui passe sa vie à reconstruire en modèle réduit la bataille où son père a été tué, il y a un "mec de droite" qui renoue avec les origines et qui veut organiser une fête de fraternisation entre les religions !!!

Tout se complique lorsque la femme de Doppler débarque dans la tente sylvestre et lui apprend qu'elle est à nouveau enceinte de lui ! Le beau-frère est prêt à tout pour le faire rentrer au bercail quitte à recevoir des flèches de chasseur-cueilleur dans les fesses !

Sous des allures cocasses et désopilantes, Erlend Loe critique la société norvégienne bien pensante qui a rompu tout contact avec la nature (prédominance de la technologie...). Il nous livre ainsi des solutions pour organiser une vie meilleure comme par exemple le retour du troc comme système d'échange ! On voit ainsi Doppler échanger des quartiers de viande d'élan contre des packs de lait...

Ce récit est un manifeste de l'anarchie : Doppler refuse toute application, il fasse son temps à rien faire et déclare à ses enfants qu'il ne faut rien faire à l'école !

Un roman bien divertissant pour le lecteur qui veut rigoler un peu !

par Sylvie publié dans : Littérature nordique
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Vendredi 21 avril 2006

ISLANDE - ROMAN POLICIER

 

Editions Métailié, 2005

 

Arnaldur Indridason est sans aucun doute l'une de grandes découvertes littéraires de 2005-2006. Merci aux éditions Métaillié !

 

Il y a quelques semaines, je vous livrais mon enthousiasme pour La femme en vert . La cité des jarres est en fait son ^premier roman traduit en français.

 

On retrouve l'inspecteur Erlendur, figure du flic malheureux dans sa vie privée : solitaire, divorcé de la mère de ses deux enfants depuis 20 ans, il a maille à partir avec sa fille, Eva Lind , droguée et enceinte.

 

Dans un cité portuaire d'Islande, un vieil homme est retrouvé assassiné dans son appartement. Apparemment, il s'agit d'un petit vieux sans histoire. Mais Erlendur va vite découvrir la face cachés du personnage : on retrouve dans son bureau la photo d'une tombe d'une petite fille. Le fichier de son ordinateur est bourré de sites pornographiques. Sur le cadavre, on retrouve un papier mystérieux où est écrite une phrase mystérieuse : "Je suis lui" . Erlendur va alors partir à la découverte du passé peu réjouissant de cet individu et trouver l'origine du meurtre. Holberg, le vieil homme assassiné, aurait voilé deux femmes il y vingt cinq ans...

 

Comme toujours chez Indridason, l'enquête est un prétexte pour enquêter sur le passé des cadavres. Comme dans La femme en vert, l'assassin est bien meilleur que la victime. Enfin, l'enquête sert à réveiller les anciennes blessures et les secrets familiaux.

 

Indridason a le don de nous conter des drames profondément humains qui nous touchent au plus haut point. Il s'intéresse ici au thème de la filiation qui engendre des souffrances : tout comme Erlendur qui a peur pour sa fille droguée, on retrouve dans l'enquête une mère éplorée à la suite de la mort de sa fille. La vie de Holberg a des répercussions sur celle de Erlendur.

 

Assurément, l'Islande d'Indridason n'est pas un paradis blanc. J'ai adoré le déroulement de l'enquête qui consiste à fouiller dans le sol marécageux de l'immeuble de Holberg pour percer le mystère de son passé. Indridason creuse dans l'histoire d'un village, remue le marais fangeux des violences passées. Brusquement, le passé refait surface...

 

Indridason s'intéresse également aux thèmes d'actualité comme la recherche génétique, le trafic d'organes ou les sites pornographiques du Internet.

 

Il y avait le suédois Mankell. Il faut désormais conter sur l'islandais Indridason.... 

 

 

par Sylvie publié dans : Littérature nordique
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Mercredi 29 mars 2006
NORVEGE – PRIX NOBEL DE LITTERATURE
Editions PUF « Quadrige »- parution en 1890

Ce grand classique norvégien de la fin du 19e siècle a contribué à révolutionner le littérature mondiale puisqu’il s’agit de l’un des premiers romans d’introspection : un homme névrosé et affamé soliloque sur son mal durant 180 pages. On peut penser que le Ulysse de Joyce ou le Mrs Dalloway de Virginia Woolf en sont les héritiers avec leurs monologues sans fin.

Ne vous imaginez pas un roman social à la Zola décrivant un homme affamé qui sombre peu à peu dans la folie. Ici, nulle description d’un milieu social. Le roman est autocentré sur la faim d’un homme qui n’est pas seulement physique mais aussi morale. Il est certes affamé mais aurait à chaque fois la possibilité de s’en sortir ; mais il préfère jeter ou faire don de ce qu’on lui donne. Lorsqu’il mange, il a tendance à tout rejeter. On dirait qu’il se complaît à vivre dans un état perpétuel d’affamé. Il en a besoin pour vivre et pour écrire.

On peut d’ailleurs penser que cet étrange personnage est un double de l’auteur qui a connu lui –même la faim dans les rues de Norvège. Il court après la page journalistique pour quelques couronnes.

Ce qui marque le plus, c’est l’incroyable orgueil du narrateur qui refuse toute aide extérieure : lorsqu’il se surprend à avoir ramassé quelques couronnes par erreur sur un comptoir de boulanger, il va jusqu’à s’auto dénoncer auprès du marchand ! Il donne ses quelques pièces aux autres mendiants…

Ainsi, ce roman traite d’une névrose avant la lettre. C’est André Gide qui a contribué à le faire connaître (il préface d’ailleurs la présente édition). En effet, on peut reconnaître une certaine similitude entre les deux écrivains. Le célèbre auteur des Nourritures terrestres avait lui aussi cette faim insatiable, cette soif d’absolu…
par Sylvie publié dans : Littérature nordique
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Lundi 20 mars 2006

NORVEGE - PRIX NOBEL DE LITTERATURE

Stock, Bibliothèque cosmopolite - Paru en 1911

En écrivant ce portrait d'une femme éprise d'absolu fortement autobiographique, Sigrid Undset fit scandale si bien que lors de sa parution en France en 1929, un avertissement de l'éditeur prévenait que cette lecture n'était pas faite pour les jeunes gens en crise.

A vingt neuf ans, Jenny, jeune artiste peintre, n'a jamais été amoureuse et ne s'est jamais donnée à un homme. Lorsqu'elle rencontre à Rome Helge, un jeune étudiant norvégien, elle croit avoir trouvé l'âme soeur. Tous les deux de retour en Norvège, elle découvre qu'elle s'est trompée et se réfugie dans les bras du père de ce dernier...

L'originalité de ce roman réside dans le fait que le lecteur croit que la liaison entre le père du jeune homme et Jenny va provoquer un scandale dans la bonne société. Hors, il n'en est rien.

Le séisme se passe d'abord à l'intérieur de l'âme de Jenny: sa soif d'absolu est un frein dans sa vie quotidienne et cela lma conduira à sa perte.

Ce roman a un charme suranné. On découvre non seulement la Norvège du début du siècle mais aussi des descriptions minutieuses de Rome et du milieu artistique.

Décidément les "écrivaines norvégiennes" nous livrent des portraits de femmes passionnées. Vous pouvez lire une trilogie beaucoup plus récente de H. Wassmo, Le livre de Dina. J'ai préféré Dina à Jenny mais on est toujours marqué par ces beaux portraits fougueux.

par Sylvie publié dans : Littérature nordique
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