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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Littérature africaine

Mercredi 12 mars 2014 3 12 /03 /Mars /2014 22:53

SENEGAL

 

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Editions Présence Africaine, 1999

 

De Ken Bugul, j'avais déjà adoré Rue Félix Faure,un formidable voyage plein d'odeurs et de bruits dans une petite rue typique de Dakkar.

Je découvre cette immense auteur sénégalaise sous un autre jour : le roman de sa vie...

 

Dans Riwan, sous une forme déguisée bien sûr, elle revient sur son destin hors du commun qui l'a fait passer de paria au statut de grande dame des lettres africaines.

 

Ken Bugul veut dire en wolof "celle dont personne ne veut". Et pour cause...Elle fut abandonnée par sa mère alors que son père avait 85 ans à sa naissance et recueillie par sa tante. Elle quitte plus tard l'Afrique pour l'Europe (la Belgique)  mais revient dans son village au Sénégal sans mari, ni enfant, ni travail. Un scandale pour les "autochtones". Elle devient alors une paria, sans abri. Elle fait alors la connaissance d'un marabout qui a déjà 27 femmes. Se noue alors une relation d'amitié avec celui qui va la remettre sur le bon chemin, qui va lui redonner une identité. Un peu plus tard, elle deviendra la 28e épouse jusqu'à la mort de ce dernier.

 
Dans Riwan, pour lequel elle a obtenu le Grand Prix littéraire de l'Afrique noire en 1999, elle raconte sous forme de conte cette merveilleuse histoire. Une histoire de polygamie, bien loin de tous les préjugés que peuvent avoir les européens de cette coutume ancestrale. 

Une aventure intime à la fois cocasse et tragique qui nous est contée par la narratrice.

 

Un récit centré sur trois personnages : Riwan, un homme présenté comme fou au début et qui sera guéri par le marabout "serigne". Il deviendra alors le "gardien", le "protecteur" des femmes de ce dernier, le seul homme à être autorisé à entrer dans les appartements des dames.

Rama, la 27e "princesse" du marabout, la plus jolie, la plus célèbre.

La narratrice, simple observatrice au début, qui devient par surprise la 28e épouse. Et enfin, un 4e personnage que je vous laisse le soin de découvrir au risque de dévoiler toute l'intrigue...

 

Un récit tout en nuances et délicatesse qui analyse subtilement la tradition de la polygamie. Transparaît tout d'abord le respect qu'on ces femmes pour le marabout. Ce dernier est considéré comme un sage qui dialogue avec ses femmes avant de les considérer comme un objet sexuel. Il a avant tout un rôle social, celui de conseiller, de guérir, de redonner confiance. L'auteur décrit par petites touches les relations existant dans le gynécée;  Tout en refusant l'idéalisation (la jalousie est bien sûr présente), elle insiste aussi sur les moments de complicité. Chacune passe à un moment donné du statut de favorite, de dernière épousée à celle d'avant dernière...le cap est bien difficile à passer.

 

On retrouve toute la sincérité de l'écriture de Ken Bugul qui n'hésite pas à intervenir directement dans le récit pour crier sa vérité, tel un hymne chanté et clamé. Selon elle, la femme "traditionnelle" africaine est souvent bien plus heureuse que ses soeurs occidentales qui sombrent souvent dans la névrose. Les femmes africaines peuvent être violentes entre elles au moment de "donner" ou partager leur mari mais ces effusions sont salutaires pour leur santé mentale, évitant ainsi le refoulement.

 

Un récit inoubliable qui donne à penser, loin des préjugés ambiants. Une ode au respect.

Par Sylvie - Publié dans : Littérature africaine
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Mercredi 29 juin 2011 3 29 /06 /Juin /2011 19:28

HAITI

 

La couleur de l'aube

 

Editions Sabine Wespieser, 2008

 

Un écrivain haïtien peu connu par rapport à ses "frères" originaires de la même île : Lyonel Trouillot, Dany Laferrière, René Depestre pour ne citer que les plus connus...

 

Une femme écrivain, qui vit toujours sur son île. Une écriture poétique puissante, un véritable cri de désespoir dans l'apocalypse haïtienne.

 

Trois femmes, un homme. Une mère, deux soeurs. Un fils/frère.

 

A l'aube, les trois femmes découvrent que le cadet, Fignolé, musicien et révolutionnaire, a disparu. Commence alors la chronique d'une mort annoncée. Ou plutôt un long monologue croisé où les deux soeurs, Angélique et Joyeuse, vont crier leur amour, leur haine et leur souffrance...alors que la mère n'est que silence et prière.

 

Angélique, l'infirmière dite résignée, fille mère, mais dont l'âme brûle. Joyeuse, la cadette libérée, étudiante et vendeuse, amoureuse, croqueuse d'homme. La mère dans les brumes silencieuses des incantations vaudoues et des prières pentecôtistes.

 

Chacune, de son côté, mutiques entre elles, vont chercher à comprendre dans la jungle de Port-au-Prince. Elle ne se comprennent pas forcément, s'ignorent. Mais un chose les rassemblent : l'amour du disparu.

 

Yanick Lahens nous livre une véritable choeur antique ; une choeur de femmes, face à la mort et au destin, montrent leurs larmes mais aussi leur force, leur lutte.

A la fois un beau poème épique et une tragédie antique.

 

A découvrir...

 

 

 

Par Sylvie - Publié dans : Littérature africaine
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Lundi 4 avril 2011 1 04 /04 /Avr /2011 11:27

AFRIQUE (Congo-Etats-Unis)

 

Photo de groupe au bord du fleuve

 

Editions Actes Sud, 2010

 

Emmanuel Dongala, ayant fui le Congo pour les Etats-Unis suite à la guerre civile de 1997, est l'un des plus grands écrivains africains contemporains. On lui doit notamment le savoureux Jazz et vin de palme et de Les petits garçons naissent aussi des étoiles ; il dénonce les régimes corrompus post-coloiaux avec beaucoup d'humour.

 

Son dernier opus est magnifique. C'est une véritable épopée de femmes qui vont au delà de leu destin.

 

Un chantier de cassage de pierre quelque part en Afrique, sûrement au Congo. Un groupe de femmes casse des blocs de pierre pour alimenter les chantiers de construction voisins. Un aéroport va être construit; les intermédiaires s'arrachent les sacs de pierre. Ne peut-on pas en profiter pour vendre son sac de graviers un peu plus cher ?

Méréana va prendre la tête du groupe de revendication. Elle que son mari a chassée parce qu'elle exigeait qu'il porte un préservatif, après le décès de sa soeur morte du sida.

D'abord réprimée, la manifestation va être récupérée par les politiques. En effet, une conférence des premières dames d'Afrique est organisée dans deux jours ...

 

Dongala donne chair à toutes ces femmes en épousant leur point de vue ; en effet, au lieu d'utiliser la troisième personne du singulier, il utilise le tu et le vous pour faire corps avec elles.

Dans une langue très simple, faisant également la part belle à des dialogues savoureux, Dongala nous fait découvrir la naissance d'une conscience collective chez ces casseuses de cailloux.

 

Cette épopée humaniste, bourrée d'espoir, dénonce non seulement les politiques corrompus locaux mais aussi les ONG et institutions internationales qui méprisent le terrain.

L'auteur épouse le regard de "L'Afrique d'en bas" en nous montrant des destins de femmes très différents. La casseuse de cailloux peut être une ex femme d'affaires chassée par sa belle-famille, une ancienne étudiante tombée enceinte trop tôt, une violée, une accusée de sorcellerie.

A travers ces destins, le lecteur prend conscience de la diversité de la condition féminine africaine.

 

C'est simple et épique à la fois, toujours très humain. Ces femmes sont à la fois multiples et forment un tout. On a l'impression qu'une force irrésistible les habite.

Nous avons l'impression d'être dans leur village et de vivre les événements avec elle jour après jour. Dongala suit leurs faits et gestes heure par heure pendant quelques jours. 

 

Un Germinal magnifique, féminin et africain.... 

 

 

Par Sylvie - Publié dans : Littérature africaine
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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 22:10

AFRIQUE DU SUD



Editions Mercure de France, 1997

Un auteur intéressant à découvrir puisqu'il s'agit d'une voix métisse faisant parler les Africains du Sud musulmans, les descendants des esclaves malais. A la parution de ce roman en 1997, la critique a parlé d'une "fable politico-immorale à la Salman Rushdie".

Les portes d'entrée de ce récit sont en effet multiples. A travers l'histoire d'un certain Omar, indien métis musulman, qui devient Oscar, juif et blanc, l'auteur imagine une malédiction de la métamorphose (d'où le titre kafkaïen) qui pèse sur plusieurs générations d'hommes d'une même famille qui se sont éloignés de leur condition originelle.

Après le temps de l'ascension sociale, vient le temps du déclin et de la malédiction surnaturelle. Ainsi, le dénommé Oscar se pétrifie, devient arbre et poussière...

Le récit prend des allures de conte oriental fantastique : des femmes toutes puissantes qui ensorcellent les hommes, sexualité débridée, senteurs d'épices, de prières et de damnation...

Chacun prend la parole dans ce récit polyphonique : les mères, les soeurs, les grands-mères, les amantes.
Lorsque les mais et les frères ont des problèmes psychanalytiques, il faut se méfier du pouvoir mystérieux des femmes...

Un récit truffé de mots afrikaans ou musulmans qui donne une écriture très vivante et colorée. L'humour et la fantaisie priment même si le fonds du propos souligne les blessures d'une population métisse en mal d'identité.  

Par Sylvie - Publié dans : Littérature africaine
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Jeudi 25 mars 2010 4 25 /03 /Mars /2010 21:30

AFRIQUE DU SUD

La madone d'Excelsior

Editions du Seuil, 2004

De Zaker Mda, je vous avais déjà présenté il y a quelques années, Le pleureur, un véritable coup de coeur : une histoire d'amour entre un pleureur professionnel et son amie d'enfance, une femme qui vient de perdre son enfant assassiné, dans les années les plus sombres de l'apartheid.

Dans ce roman, on retrouve le même mélange de poésie et d'analyse politico-sociale : sur trente ans, nous suivons le quotidien d'un village d'Afrique du Sud, Excelsior. L'auteur s'inspire d'un fait divers réel : le procès de 19 femmes noires ayant couché avec des notables blancs au cours de nuits orgiaques.

Au nom de la loi sur l'immoralité condamnant les relations sexuelles entre blances et noirs, le scandale naît. Des enfants métis naissent de ce péché.

Nous suivons l'itinéraire de deux familles : les noirs, Nikki, la femme violée puis ensuite consentante. De ses amours illicites, nait une jolie métisse, Popi, aux yeux bleus et aux cheveux raides. Elle esseyera bien de la faire brunir au dessus du feu quitte à la brûler mais en vain...Les blancs, dont le demi-frère de Popi, ultraconservateur, qui voue une haine féroce aux Afrikaans qui pactisent avec les noirs...

Puis c'est la fin de l'apartheid. Le conseil municipal est ouvert aux noirs...

Le grand mérite de Zakes Mda est d'analyser cette période de transition d'un regard très critique : une population noire qui fait l'apprentissage du pouvoir, qui se grise et se coupe de l'autre partie de la population noire. Des blancs divisés entre les ultraconservateurs et les ralliés à la cause de la Nation Arc-en-Ciel.

Loin du monde politique, les personnages principaux se complaisent dans la contemplation du monde, dans la nature et dans le monde de l'art...

Chaque chapitre débute par la description d'un tableau d'un certain peintre, La Trinité, qui peint les madones dans les champs de tournesols et de cosmos. Des silhouettes déformées dans un océan de couleurs : sol jaune, soleil rouge, visages rouges et verts...Une ode aux femmes salies, outragées et surtout une multitude de couleurs, sans doute symbole de la "Nation Arc-en-Ciel" voulue par Mandela.

Alors que le frère de Popi quitte la politique pour aller jouer de la flûte sur les routes alors que Nikki et Popi se réfugient dans un champ de ruches...

L'amertume post-apartheid est sublimée par la poésie de l'écriture. L'éclosion d'une femme qui acceptera de noyer sa vengeance et acceptera au bout du compte son métissage.
Une très belle oeuvre.

Par Sylvie - Publié dans : Littérature africaine
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Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /Fév /2010 16:50

AFRIQUE DU SUD

Une Saison blanche et sèche

Editions Stock, 1979

André Brink est l'une des grandes figures de la littérature sud-africaine. D'origine afrikaner (descendants des colons hollandais, principaux instigateurs de l'apartheid), il fait des études en France et découvre très tôt l'iniquité du système de l'apartheid.

En s'attaquant de front à l'élite blanche du pays, Une saison blanche et sèche fut interdit de publication dès sa sortie. Un récit poignant, quasi journalistique, racontant l'engagement d'un homme blanc pour comprendre la mort de son jardinier noir, a priori tué par les services de sécurité.

Ben du Toit est un professeur d'Histoire sans "histoire" ; marié et père de deux filles, sans grande ambition, il se contente de ce qu'il a. Prônant la discrétion, il cultive son jardin. Jusqu'au jour où sa vie va basculer.
Jonathan, le fils de Gordon, son jardinier noir, est arrêté par la police lors des émeutes de Soweto. Gordon s'insurge contre les autorités en découvrant que son fils est sans doute mort sous la torture.
Puis c'est au tour de Gordon d'être arrêté par la police de sûreté. C'est alors que Ben du Toit sort de sa réserve habituelle et enquête lui-même auprès de la police...quelques jours plus tard, on apprend que Gordon s'est suicidé.
Persuadé qu'il s'agit d'un mensonge et que Gordon a été assassiné, Ben s'engage pour découvrir la vérité. Il est à son tour persécuté par les autorités...

Un beau récit de l'engagement d'un homme blanc pour défendre la cause noire. L'homme solitaire devient un fervent humaniste. André Brink s'inspire d'Albert Camus, qu'il cite plusieurs fois dans son roman ; ayant étudié en France dans les années 60 à la Sorbonne, il est fortement influencé par l'idée d'engagement.

Le personnage de Ben du Toit n'est pas sans évoquerla figure du héros camusien ; à mesure qu'il marche sur le chemin de la solidarité, il devient un homme de plus en plus solitaire qui se coupe de son milieu d'origine. Ce dernier, d'ailleurs, l'ostracise et le punit de l'avoir trahi. Sa famille, ses collègues et l'Etat le condamnent.

Le système narratif du roman est intéressant ; le narrateur est un écrivain à succès, spécialiste des romans à l'eau de rose, qui reçoit en testament les écrits intimes de Ben ; il publie au grand jour l'histoire de son ami pour défendre ses idées et est à son tour menaçé..;On ne peut qu'y voir le double d'André Brink qui publie des histoires critiquant l'Etat Sud-Africain.

Mais Brink évite tout manichéisme : Ben du Toit est aussi attaqué à la fin par la société noire qui l'identifie d'abord à un ennemi blanc. D'autre part, la société blanche n'est pas monolithique : on note bien la différence entre les afrikaners conservateurs et les anglophones, plus libéraux, qui à l'étranger et par l'intermédiaire de la presse, dénonce les abus des anciens boers.

Brink réussit avec talent à mêler destin individuel et collectif en focalisant son point de vue sur la descente aux enfers d'un blanc qui découvre la vérité sur son pays ; le récit, social et politique, évolue vers une sorte de thriller où les pouvoirs en place mènent une véritable chasse à l'homme. A noter également l'importance des personnages secondaires comme Stanley, le conducteur de taxi noir à la marge, vivant de petits trafics, apportant une dose d'humour au roman.

Mes bifurcations

A noter qu'André Brink vient de publier ses Mémoires, Mes bifurcations, qui illustrent son destin d'Afrikaner rebelle.

Par Sylvie - Publié dans : Littérature africaine
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