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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Mardi 24 juin 2008

ETATS-UNIS - NATIONAL BOOK AWARD-1988
Cotton point

Editions de l'Olivier, "petite bibliothèque américaine", 1998

Pete Dexter est l'un des plus illustres auteurs de polars américains. Dans la plus pure tradition du roman noir américain, il met en avant la critique politique et sociale de son pays tout en n'excluant pas la profondeur psychologique des personnages.

L'intrigue se déroule en 1954 en Géorgie ; Trout, un infâme usurier, tue une petite noire pour se venger du frère de celle-ci, qui n'a pas payé ses dettes ; un procès s'ouvre : les avocats s'affrontent, il est condamné. Mais les autorités corrompues (juges, police, avocats) se laissent berner et Trout échappera à la prison, ce qui ne se fera pas sans conséquences désastreuses pour la communauté...

Ici, pas de suspense, pas de rebondissements. Nous savons dès le début qui a tué et comment.  Dexter s'appesantit au contraire dur la personnalité du coupable et sur la constellation des individus qui l'entoure : ses deux avocats et sa femme qu'il violente et qui va demander le divorce. Chaque chapitre focalise l'attention sur l'un de ces personnages : l'auteur insiste sur les tergiversations de l'avocat Harry Seagraves , réputé être un avocat droit ; il fera son devoir professionnel en défendant Trout, mais au prix de nombreux sacrifices. Face à la justice corrompue, les deux avocats et Hanna, la femme de Trout, incarne l'humanité et l'utopie.

Face à ces trois individualités, Dexter peint une communauté corrompue qui n'a pas le courage de condamner un vil personnage qui occupe une place de premier plan dans la société. On retiendra cet épisode fantasque où, pour le 150ème anniversaire de la ville de Cotton Point, on organise un simulacre de procès et une condamnation au piloris pour les hommes non barbus !!!!

Le style est sec, sans fioritures ; on est proche sur reportage journalistique (Dexter était d'ailleurs journaliste d'investigation). Il relate les événement de manière brute sans commentaires. Puis le drame arrive, qui lui aussi est traité de manière neutre. Il s'agit de donner à voir ; le lecteur n'a plus qu'à juger cette communauté raciste qui préserve ses notables...

par Sylvie publié dans : Romans policiers
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Samedi 22 mars 2008
ISLANDE

L'homme du lac

Editions Métaillié, 2007

Voici le quatrième roman paru en France du célèbre romancier policier islandais. Ce dernier s'est fait connaître avec La Cité des jarres et La femme en vert, des enquêtes du célèbre Erlendur sur des cadavres qui réapparaissent plusieurs décennies après leur mort ; petit à petit, l'intrigue fait alterner l'enquête et l'histoire telle qu'elle s'est déroulée dans le passé, qui a abouti à un meurtre.

L'homme du lac apporte cependant une nouveauté : alors que les précédents romans déterraient des histoires de l'ordre du l'intime, dans le cercle familial, Indridason nous plonge dans la grande Histoire, au temps de la guerre froide. Un cadavre est retrouvé dans un lac islandais qui se tarit. On le retrouve à côté d'émetteurs radio, des systèmes d'écoute d'origine russes. Et nous voila partis sur les traces de l'espionnage communiste au temps de la guerre froide.

Parallèlement, nous suivons, dans le passé, le destin d'un groupe d'étudiants islandais partis faire leurs études à Leipzig, en RDA dans les années 50. Le temps des premières révoltes contre le système stalinien ...et le temps des répressions de la police politique...

Au centre de ce groupe d'étudiants, un jeune idéaliste, Thomas qui tombe amoureux d'une jeune hongroise, Llona qui critique ouvertement les dérives du régime communiste...

Bien que l'intrigue ait du mal à démarrer, nous nous attachons progressivement aux personnages ;  en parlant de relations internationales, d'espionnage, Indridason parvient à introduire une dimension intime, un drame humain qui centre l'histoire sur un personnage.

Sans doute pas le meilleur d'Indridason mais tout de même une histoire d'amour touchante et quelques savoureux moments sur la culture islandaise !
par Sylvie publié dans : Romans policiers
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Jeudi 10 janvier 2008

Prix Mystère de la critique/ Grand Prix RTL Lire -1985

La Maison Assassinée










Ce polar provençal (on a surnommé Magnan le"Giono du roman policier" , auteur qu'il a d'ailleurs très bien connu) a été adapté au cinéma par Georges Lautner, avec Patrick Bruel dans le rôle principal. 

Quel livre ! A vraiment déconseiller aux âmes sensibles ! L'atmosphère est vraiment très glauque....

Une famille entière est sauvagement assassinée dans une maison à Lurs dans les Alpes de Haute Provence. Vingt-cinq ans plus tard, Séraphin Monge, le seul rescapé du massacre (il n'était qu'un nourrisson de quelques jours) revient sur les lieux. Nous sommes en 1919, juste après la Ders des ders. Il a connu les tranchées certes, mais le pire pour Séraphin sont les cauchemards de sa mère qui le supplie de découvrir la vérité. Il va donc enquêter dans le village à la recherche des assassins.

Les personnages, tous très bien campés, sont criants de vérité. Magnan décrit un cadre de vie très acariâtre, un climat rude qui est une émanation de l'état d'esprit des villageois. Des scènes sanguinaires (deux scènes atroces), des secrets bien enfouis, une langue à la poéttique et réaliste font de ce roman un chef d'oeuvre. 

Rarement un livre a produit en moi une telle tension ; à chaque phrase, j'avais l'impression de frissonner !

L'intrigue est très menée puisqu'alors que Séraphin souhaite tuer les assassins de sa famille, un autre être mystérieux accomplit la sombre tâche avant lui. Le récit est teinté de fantastique puisque Monge est hanté par la vision de sa mère morte.

L'occasion de découvir un "polar du terroir" (je ne sais pas si le terme existe !). Un récit d'une force incroyable, à la violence physique et psychologique inouie.

par Sylvie publié dans : Romans policiers
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Samedi 29 décembre 2007

Grand Prix de Littérature policière, 2002



Editions Folio Policier

Patrick Pécherot est l'héritier de Jean Amila et Didier Daeninckx : il signe des polars immergés dans les milieux populaires qui ont le mérite de remettre sous la lumière des faits historiques méconnus, des affaires louches.

C'est ici le cas avec ce roman qui se déroule entre les deux guerres sur la Butte Montmartre. Le héros-enquêteur Pipette est à la fois un poète, un collaborateur d'un journal à scandales et en même temps cambrioleur de riches avec sa bande de potes pour arrondir les fins de mois !!! 

Sauf qu'un soir, dans une belle villa, ils découvrent un macchabée dans un coffre-fort !!! Ils embarquent donc cadavre et coffre dans leur piaule et se mettent à enquêter sur le cadavre et le propriétaire de la villa. 

Le cadavre est un certain rouleau qui enquêtait pour un journal à scandales et le propriétaire est un Comte, propriétaire d'aciéries lorraines, qui a beaucoup de dettes. 

Et voila donc Pipette et ses compères enquêtant dans un Paris typique : il y croisent La Goulue, les anarchistes  et même André Breton qui n'est pas le dernier pour partir à l'assaut  du vieux monde ! 

Le tout racontée dans une langue gouilleuse, typique du vieux paris des années 30. On appréciera la peinture fidèle et rétro du Montmartre des années 30 : les petits métiers du spectacle et les forains, les poètes etc...

L'enquêteur est un personnage haut en couleur à la fois poète, escroc et détective privé !

Comme chez Daeninckx et Amila, on retrouve le petit peuple qui découvre un secret sur les classes dirigeantes. C'est du bon polar qui met le doigt là ou ça fait mal.

Pécherot rend également hommage à Nestor Burma et son créateur Léo Malet. Ici pas de police, de commissaire mais juste des privés non officiels qui cherchent à réparer les injustices. Du grand art !

par Sylvie publié dans : Romans policiers
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Mercredi 19 septembre 2007

Grand Prix 2005 des lectrices de "Elle"

Passage du désir












Editions Viviane Hamy, 2004

Dominique Sylvain est, avec Fred Vargas et Dominique Manotti , la reine du polar français. Il est vrai qu'en quelques années, l'écriture du polar français s'est fortement féminisée !

Avec ce titre, Dominique Sylvain s'est fait connaître du grand public. Pour résumer, je dirais que j'ai vraiment adoré les personnages ainsi que le cadre mais que j'ai vraiment trouvé l'affaire alambiquée ! Mais beaucoup de charme quand même !

Tout commence par un braquage de banque en banlieue. Puis nous voila au coeur du 10e arrondissement de Paris dans un petit bistrot typique tenu par Maxime, un ex journaliste reconverti dans la restauration après le meurtre de sa femme. Les trois serveuses, copines depuis de longues dates, vivent en coloc. L'une, Khadidja, est la copine de Maxime. Un soir, deux d'entre elles rentrent dans leur petit appartement et trouvent Vanessa,  la troisième assassinée ....avec les pieds tranchés.

Khadidja et Chloé ainsi que Maxime sont les premiers suspects pour un inspecteur débile nouvellement nommé. C'est ainsi qu'un duo de choc entre en scène : Ingrid Diesel, d'origine américaine, la copine masseuse de Maxine, amoureuse transie, qui est prête à tout pour innocenter l'élu de son coeur.......et Lola Jost, une autre amie de Maxime,  l'ex-commissaire bourrue aux kilos en trop qui a quitté la police après la mort accidentelle de son coéquipier; depuis, elle se réfugie....dans les puzzles !!!

Mais sous  l'insistance d'Ingrid Diesel,  Lola va quitter ses puzzles pour mener une enquête parallèle à celle du commissaire en titre...

Il faut dire que tout accable Maxime : on apprend qu'il avait eu une aventure avec Vanessa et que sa femme était morte dans des conditions similaires il y a des années...
Mais il y a aussi Farid, le braqueur, ex petit ami de Vanessa et frère de Khadidja, introuvable depuis le meurtre. On sait en plus qu'il supportait très mal que sa musulmane de soeur sorte avec une quinquagénaire...

Qu'importe : pour Ingrid et Lola, il est innocent ! Les voila donc parties dans les rues de Paris enquêter du côté des immigrés roumains, des cinémas d'horreur et des bars à streap tease !

Et là, ça se complique ! Il y a des ramifications partout ! On remonte dans le passé de Maxime mais aussi dans celui de Farid. Ca parle photos de mode, associations d'entraide et de mangas ! Oui, ça part dans tous les sens mais à chaque fois, on est vraiment happé par le charme du duo d'enquêtrices !

Ce duo n'est vraiment pas conventionnel : Lola, la rondouillarde, la ronchonne, qui a un flair pas possible pour trouver ce qui cloche ; face à elle, Ingrid, l'américaine, grande perche très maigre habillée à la garçonne, ferait tout pour sauver Maxime et Lola quand elle a des embrouilles. Entre elles, elles utilisent des expressions, des proverbes dignes d'Audiard. A noter également que ce duo est dans le civil et supplante un policier bien bâlot !

Le talent de Sylvain se reconnaît également dans la façon de planter un décors : l'histoire se déroule dans le 10e arrondissement de Paris, le quartier du Canal Saint-Martin. Paris des bistrots, Paris des immigrés, Paris des cabarets, il y en a pour tous les goûts !

Un seul bémol, donc : une intrigue , certes à suspens, mais beaucoup trop de choses alambiquées...

A lire vraiment pour les personnages....

par Sylvie publié dans : Romans policiers
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Vendredi 3 août 2007

Prix des Deux-Magots, 1953

Touchez pas au grisbi !

Adaptation cinématographique par Jacques Becker, 1954

J'ai vu très récemment le film de Becker, avec Jean Gabin dans le rôle principal, ce qui m'a donné envie de découvrir le roman policier français des années 50. 

Albert Simonin a contribué à faire entrer l'argot dans la littérature policière ; il y reproduit fidèlement le parler des voyous. Ainsi, le grisbi est l'argent, le butin q'une bande de voyous a volé dans un casino. Max, un voyou vieillissant compte bien sur ce grisbi pour d'assurer des vieux jours tranquilles. Mais c'est sans compter la maladresse de son fidèle compagnon de route Riton, qui crache le morceau à sa maîtresse...qui le trompe avec un autre voyou. La maîtresse en touche deux mots à Angelo qui est prêt à tout pour voler le grisbi à Riton et à Max. ...

L'intrigue est très simple mais ce n'est finalement pas l'action et les rebondissements qui comptent. C'est la description du milieu, le langage et surtout la formidable amitié entre Riton et Max ! Max est le dur du duo, le malin alors que Riton est la figure du cocu pas très malin. Bien sûr Riton donne du fil à retordre à Max mais il est prêt à tout pour défendre son honneur malgré les emmerdes !

Cela m'a donné envie de lire ces polars des années 50 que je ne connais pas du tout ! 

Mais sans doute que Leumanne pourra me conseiller sur ce sujet qu'il connaît sur le bout des doigts !

par Sylvie publié dans : Romans policiers
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