Lundi 20 septembre 2010
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RENTREE LITTERAIRE
Sélection France Culture-Télérama
Editions Robert Laffont, 2010
C'est incontestablement l'un des gros événements de la rentrée littéraire 2010 ; la suite du premier roman du sulfureux Bret Easton Ellis, l'enfant
terrible des lettres américaines, auteur entre autres de American Psycho.
Moi qui n'ai vu qu'en film American Psycho, je me suis dit : "il faut enfin que je lise Bret Easton Ellis".
Résultat : incompréhension totale devant une telle effervescence ! C'est creux au possible, vraiment l'anti-Point Oméga de Don De Lillo !!!!
Je pourrais résumer ainsi l'intrigue : un écrivain scénariste se fait manipuler par un call-girl qui veut devenir actrice. En dehors de ça, rien ! Des
cocktails au bord de la piscine, des scènes de sexe et de défonce, des producteurs réalisateurs qui discutent entre eux et se tient les pattes par derrière. C'est totalement creux
!
A part un style d'écriture très light à cent à l'heure, certains peuvent apprécier...
Devant mon incompréhension totale, je découvre encore plus abasourde les articles critiques dithyrambiques de la presse ! Les Inrrocks vont jusqu'à évoquer
Chandler, les romans noirs des années 40, David Lynch et son Mulholland Drive et même le grand film Sunset Boulevard.
S'il suffit d'évoquer le milieu déjanté hollywoodien pour être comparé à Lynch, c'est plutôt facile !
Et là je persévère encore pour trouver enfin la critique qui me ferait voir enfin la petite bulle de génie que je n'ai pas su ou voulu
déceler....
Et je tombe sur un article de Fluctuat.net fort intéressant qui certes ne m'a pas fait changer d'avis sur la qualité de cette oeuvre mais qui a peut-être
éclairé tout de même ma lanterne.
" La bonne littérature invente le monde dans laquelle elle se trouve"
http://www.fluctuat.net/7271-Bret-Easton-Ellis-ses-grandes-inventions
Dans cet article fort intéressant, il est montré que finalement, ce monde débile décrit et schématisé par Bret est le nôtre ! Celui de Paris
Hilton, des séries télées et des traders fous. Tel est notre référent culturel de notre société décadente du 21e siècle.
Alors, oui, effectivement, Bret Easton a prophétisé cet avènement de la débilité et l'a fait rentrer dans la littérature....
Quant à évoquer Chandler et Lynch, c'est un peu gonflé mêmùe si le personnage principal se fait manipuler et ne comprend rien à ce qui lui
arrive.....
Place à votre propre avis !
Je suis une grande fan de Bret Easton Ellis, j'adore American Psycho! Il n'y a aucune autre oeuvre qui est tant choquante et provocante. Je me demande toujours si l'auteur est génial ou malade. Il y a une ligne fine entre le génie et la folie...
Bonjour, Je suis plutot d'accord avec vous. Je n'ai pas compris l'effervescence autour de sa publication. J'ai aimé le premier, Less than Zero, je m'attendais a retrouver la même forme d'angoisse solaire et je suis tombé sur un ennui nocture. Le style est toujours là mais à force de fonctionner par élipse sociétale, comme s'en réjouissent certaines critiques, il se perd. Dommage. j'avais vraiment aimé le premier...
Je n'aime pas tellement non plus l'écriture de Bret Easton Ellis, j'avais détesté moins que zéro et American psycho m'avait ennuyée pendant des pages et des pages de description de costumes. Et comme le montre l'article que tu cites, certes il écrit sur notre société actuelle mais je suis certaines qu'on peut trouver d'autres auteurs qui le font bien mieux que lui, non?
Moi non plus je n'en reviens pas de ce concert d'éloges sur le style, la modernité, la provocation, la flamboyance de BEEllis. Il me paraît tout le contraire, artificiel, vide, sans souffle, conforme à son milieu. A l' époque où on s'emballait pour le style de Philippe Djian, j'avais eu aussi cette impression de décalage avec les critiques qui n'avaient pas dû lire Fante, Kerouac, Burroughs...
Ellis ne laisse pas indifférent. On aime ou on déteste. American Psycho m'a traumatisé. Je ne dirais pas que le roman ne m'a pas plus. Non, bien au contraire, il m'a embarassé. Pour le reste, les critiques s'alignent souvent sur la notoriété des écrivains, alors je ne suis point surpris par ce concert de trompettes.