Vendredi 1 octobre 2010
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Un chef d'oeuvre sauvé de l'oubli
Editions Attila, 2010
Bande dessinée ? Sûrement trop réducteur ! Roman graphique ? Peut-être... Disons plutôt un fabuleux récit illustré par le
grand illustrateur des Cités obscures, notamment. et aussi un carnet de voyages...
Les qualificatifs sont trop peu nombreux pour tenter de décrire ce magnifique objet ; signalons d'abord l'histoire de sa
naissance, très originale.
Les jeunes éditions Attila, qui publient des "auteurs marginaux, pirates, maudits ou non traduits en
français", mais surtout - ce qui nous intéresse plus ici - qui confient l’identité visuelle de leurs livres à de grands dessinateurs, décident un beau jour de faire redécouvrir Les Jardins
statuaires un texte maudit de Jacques Abeille, auteur méconnu du grand public, texte qui a eu un destin pour le moins tragique ! Publié une première fois en 1982, victime de la faillite
d'éditeurs ou de l'incendie des bureaux d'éditeurs , le tapuscrit a été égaré...Légende noire d'un texte sans nul autre pareil jusqu'à ce que les éditions Attila demandent à François Schuiten
d'illustrer ce fameux romans.
A la lecture de ce dernier, Schuiten découvre d'étranges résonances avec son oeuvre ; il part rencontrer Jacques Abeille à
Bordeaux et le convainc de faire un travail à quatre mains : Jacques Abeille écrit un court récit original s'inspirant des Jardins Statuaires (qui font initialement 500 pages !) et Schuiten
l'illustre.
Ainsi naissent Les mers perdues, presque trente ans après le roman culte.
Bien sûr, Attila fait aussi paraître en même temps Les jardins statuaires.
Le récit des mers perdues tien à la fois du récit d'aventures, du conte philosophique, du récit fantastique et du carnet de
voyage. On peut citer l'influence de Julien Gracq et de Tolkien.
Un dessinateur, un géologue et un écrivain sont rassemblés à la demande d'un étrange milliardaire qui ne se fait pas connaître
pour tenir le journal d'une expédition dans un pays légendaire, celui des Mers perdues. Leur raison est mise à rude épreuve lorsqu'ils découvrent que ce pays légendaire existe vraiment...Ils
découvrent les Hulains, les autochtones, de petits êtres qui les guident vers des cités étranges dominées par des immenses statues souvent effondrées ou alors défigurées par des maisons, des
usines, des chemins de faire qui ont directement été construites sur ses dernières.
Quelle n'est pas la surprise des trois explorateurs quand la géologue découvre que ces statues n'ont pas été sculptées mais
qu'elles ont été un jour vivantes et qu'elles ont poussées directement de la terre...
Emanations des puissances
chtoniennes, elles ont été malmenées, détruites, torturées par la technique toute puissante des hommes.
Nos trois compères, happés par ce paysage fantastique, continuent leurs déambulations pour comprendre ce qui est arrivé aux
statues...
L'interprétation de ce récit unique peut être multiple ; on peut sans aucun doute y voir une allégorie de l'histoire des
rapports homme/nature passant d'une vénération à une exploitation sans borne.
Les fans de la littérature gracquienne y verront une méditation poétique pour des espaces abandonnés, où le regard humain est
fasciné et amené à la rêverie.
Un peut aussi y voir un récit fantastique ou de fantasy, puisque les trois aventuriers découvrent un peuple
méconnu.
J'ai commencé à lire Les jardins statuaires, le ton est très différent, très descriptif et l'action se passe dans des jardins de
monastères où l'on cultive des statues...
Ici, c'est l'écrivain chargé de raconter le périple qui raconte l'histoire par lettre, à un ami, clandestinement, puisque son rapport ne
soit pas aller dans d'autres mains que celles de l'étrange commanditaire...
Le récit, très fluide, fait donc alterner impressions subjectives et histoire de la découverte des statues.
Une des grosses découvertes de l'année...
comme tu le dis, c'est fabuleux! Je ne connaissais pas, merci ! ;-)
Bonjour Sylvie,
Récement je suis tombé sur les jardins statuaires de J.Abeille à la fnac et j'ai tout de suite eu envie de le lire, puis plus tard je suis allée dans le rayon BD et j'ai découvert les mers perdues ou les illustrations m'ont beaucoup attirée. Du coup je ne sais pas lequel prendre entre les deux, d'après vous lequel est le mieux ?
merci de me conseiller, je vous ai donné mon adresse e-mail. A bientot