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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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7 septembre 2005 3 07 /09 /septembre /2005 00:00

ETATS-UNIS

Points Seuil, 2005

Après avoir lu Un monde vacillant la semaine dernière, je me suis plongée dans une autre oeuvre magistrale d'Ozyck, parue en poche ce mois-ci.

Oeuvre tout à fait différente: il s'agit d'un court roman poignant sur la mémoire de l'holocauste. Le récit se compose de deux parties: Rosa est internée dans un camp avec sa nièce Stella et son nouveau-né Magda. Elle cache cette dernière dans un châle ayant "le goût de l'amande et de la cannelle". Mais Stella, qui a froid, vole le châle et Magda, à découvert, est jetée par un SS sur les barbelés électrifiés. La mort est magnifiée: "on aurait dit un papillon touchant une vigne d'argent".

On retrouve Rosa trente ans plus tard dans une maison de retraite en Floride, vieille dame abandonnée, délaissée par sa nièce. Cette dernière, incarnation du matérialisme, lui commande de tout oublier. Mais Rosa garde soigneusement le châle comme une relique ou un talisman. Lorsqu'elle l'a dans les mains, Magda renaît :elle devient une belle jeune fille écoutant le cri de désespoir de sa mère. Le châle est pour Rosa un rempart luttant contre deux attitudes que l'auteur condamne: l'oubli incarné par Stella et le matérialisme de la bande de retraités et de milliardaires qui se dorent au soleil de Miami. Rosa lutte également contre les pseudo scientifiques qui veulent ériger les survivants de l'holocauste en sujet d'étude ou spécimens.

Ce roman est une ode magnifique rendue à la mémoire: le châle veille pour ne pas oublier l'horreur absolue...Au lieu de s'appesantir sur la vie dans les camps, Ozick a choisi de témoigner sur le souvenir, la "vie après". Comme le dit Rosa, il n'y a pas d'après possible: le présent (Hitler) est éternel tandis que le passé n'est plus qu'un rêve. On a donc plus qu'à se souvenir de l'horrible toujours présent...

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commentaires

dda 28/10/2005 22:05

Je l'ai terminé il y a une semaine, au moins et j'en suis encore toute retournée. Je ne sais pas si je vais m'en remettre. Quel livre !!

dda 20/10/2005 20:02

J'ai commencé ce livre ce matin dans le bus. J'ai du arrêté. Trop émouvant. Je n'abandonne pas la lecture mais je vais la réserver pour la maison. Comment en quelques lignes, on est tout de suite plongé dans l'horreur.
C'est une belle écriture. C'est très fort, sans concession. Je défie quiconque de rester de glace à la lecture de ce livre.
Voilà pour ma toute première impression.

Almaknassi 20/10/2005 18:55

La lecture de ce livre me tente.Fatéma Mernissi a aussi parlée dans son roman-autobiographique une époque sombre du colonialisme au Maroc mais avec un style sévère mais moins dramatique.C'est dans "Rêves de femmes" edition Fennec.Il existe en version française et anglaise.

gentle13 18/09/2005 15:34

Je confirme les propos tenus pas les deux personnes qui commentent ton livre "Le châle", je suis sensible à cette période, trop de gens ont souffert dans leur chair..Jj'ai repèré deux ou trois bouquins que je dois me procurer.

Douja 15/09/2005 22:41

Je suis bien tentée par cet ouvrage mais j'ai peur de pleurer à toutes les pages. J'ai eu déjà tant de mal avec d'autres livres sur le même sujet.

Elisabeth, de Semprun, je te conseille ausi la lecture de : "Le grand voyage" et "Le mort qu'il faut". C'est encore sur son "passage" dans les camps. On constate une différence avec Primo Levi. C'est que Semprun était dans un camp de prisonniers politiques. Cela ne change rien à l'horreur mais les résistances existaient, s'organisaient mieux. Enfin, c'est ce que j'ai ressenti à la lecture de ces deux auteurs. Mes auteurs phares sur ce douloureux sujet.