Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
  • Contact

Bienvenue sur mon Blog !




Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Recherche

17 juillet 2005 7 17 /07 /juillet /2005 00:00

SENEGAL

 

 Editions Hoëbeke, Collection « Etonnants voyageurs », 2005

 

 

Ken Bugul, est l’une des grandes voix de la littérature africaine. C’est un écrivain engagée qui dénonce les abus de l’Islam et la soumission des femmes en Afrique. Son style très particulier fait ressembler ses phrases à des chants incantatoires : beaucoup de répétitions et de reprises comme par exemple lorsqu’elle décrit les habitants de la Rue Félix-Faure : le nom de la rue revient ainsi régulièrement ainsi que sa devise : « l’espérance doublée de patience ».

  Ce roman est d’abord un hymne à l’honneur de la communauté capverdienne émigrée à Dakkar dans la Rue Félix Faure : ce petite peuple de coiffeurs et de couturières vivant au rythme de la morna (style musical mariant la guitare et le violon popularisé par Césaria Evora). Cette rue très populaire, emplie de bars et de tripots clandestins,dédiée à la musique, à l’amour et à la bonne humeur où s’aventurent les muezzin en mal d’amour….Cette rue où toutes les classes et tous les dieux se rencontrent. Cette rue aux personnages pittoresques : Drianké, la vieille chanteuse de blues qui accueille dans sa cour les êtres en mal d’amitié, Djib le cinéaste, le muezzin en mal d’amour et des apprentis philosophes qui n’ont jamais lu Socrate..

 

 Voila pour l’atmosphère. L’intrigue est tout aussi palpitante: un matin, un cadavre de lépreux est retrouvé assassiné sur le trottoir, découpé en morceaux et le sexe enfoncé dans la bouche. Ce crime est décrit comme un véritable spectacle auquel assiste tout le petit peuple de la rue Félix Faure. Ne vous imaginez pas une véritable enquête policière interviewant tous les suspects; les policiers sont réduits à l'état de pantins et le souhait est plutôt de découvrir qui est ce lépreux plutôt que le nom des coupables !

Ken Bugul va donc nous livrer au fur et à mesure l'identité du lépreux. Il s'agira également de deviner qui sont les quatre silhouettes voilées qui rôdent dans la rue depuis plusieurs jours...

Ce roman est une dénonciation du détournement du message religieux par des faux prophètes, les "Moqadem" qui extorquent de l'argent aux femmes au nom de Dieu. A une religion fondée sur le rôle des intermédiaires, des temples et des prières, Ken Bugul prône une religion intérieure qui est en nous: Dieu est en nous; c'est un guide spirituel qui nous mène sur le chemin du bien. Nul besoin de construire des temples alors que l'on pourrait construire des hôpitaux et des écoles. Ce conte est également un vibrant appel à la libération des femmes africaines !

Malgré son engagement, Ken Bugul de nous livre par pour autant un roman à thèse; c'est d'abord un formidable conte avec ses personnages pittoresques et son atmosphère typique. Un véritable petit chef d'oeuvre !

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Obambé GAKOSSO 25/11/2009 16:18


Bonjour,

J'ai lu ce livre et j'en suis sorti avec pas mal de déceptions. J'ai connu Ken Bugul beaucoup plus affuté, meilleure en tout cas. Je recommande notamment Riwan ou le chemin de
sable.
Ce roman a une belle histoire, je ne nie pas. Mais c'est difficile d'y entrer, trop de longueurs. Il faut beaucoup de patience (à mon goût) pour arriver à la fin de cet ouvrage. Découragé
régulièrement, je ne reprenais la lecture que parce que par principe, quand je commence un livre, je me fais un devoir de le terminer, tôt ou tard.
En tout cas, j'ai connu mieux de sa part.
Bonne continuation, Obambé