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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 21:49

Edité à la Nouvelle Revue Française (NRF) en 1925

Pierre Jean Jouve (1887-1976)

Pierre-Jean Jouve, écrivain encore trop méconnu du grand public, est pourtant l’un des plus grands écrivains du 20e siècle. Son œuvre, empreinte de mysticisme et placée sous l’égide d’Eros et Thanatos (influence de la psychanalyse), est un bijou rare mais pas forcément inaccessible. La preuve en est l’un de ses romans les plus connus, Paulina 1880.

Sous ce titre énigmatique, l’auteur désigne son héroïne, Paulina Pandolfini, un jeune aristocrate italienne de la fin du 19e siècle, qui a tué son amant en 1880.

Ce livre est le portrait de cette jeune femme partagée entre l’amour humain et l’amour divin. On pense à la mystique de Sainte Thérèse d’Avila ; Paulina désire un lien direct avec Dieu et le Christ ; le récit alterne d’ailleurs les chapitres racontés par la narrateur et les chapitres qui sont de véritables journaux intimes, des monologues intérieurs de la jeune femme qui nous livre sa flamme, son amour divin ou charnel.

Même si vous êtes totalement athée comme moi, vous serez happés par le charme du personnage.

Le charme de ce titre réside d’abord dans sa tonalité doucement surannée. Paulina adolescente s’éveille à la sensualité (de sublimes pages où elle s’adresse à ses seins !). Elle tombe amoureuse du Comte Michele Cantarini tout en le cachant à son père. De belles pages sont consacrées aux rencontres secrètes entre les deux amants lorsque Paulina dérobe la clé qui ferme sa chambre sous l’oreiller de son père endormi ! La mort du père survient alors que Paulina n’a pas pu révéler la vérité à son père ; il en ressort une mystérieuse culpabilité qui conduit Paulina au couvent….Nous n’y croyons pas une seconde, c’est très démodé, mais c’est tellement beau et bien écrit que le lecteur est vite sous le charme…

J’ai adoré la sensualité de l’écriture où déborde la passion de Paulina. Cette dernière prône la relation directe avec Dieu, au grand dam des supérieures du couvent qui préconise le respect de la règle et le refus des mortifications. Le discours adressé à Dieu ou au christ, très sensuel et très simple en même temps, est finalement le même que celui adressé à l’amant interdit.

Et puis il y a de magnifiques descriptions consacrées à l’Italie, ses paysages et son atmosphère sensuelle : les champs d’oliviers, les jeux de lumière, les collines méditerranéennes…

L’œuvre de Pierre-Jean Jouve est vraiment une petite perle à découvrir. Je vais m’empresser de lire son œuvre poétique (plus connue que sa prose) à travers le recueil Noces, Sueur de sang

 

Les noces suivi de Sueur de sang

 

 

 Des extraits :

Paulina et son corps : «  Et moi, ne suis-je pas plus belle ? Doux seins, doux petits seins, je vous enferme mais dans cette robede soie d’argent on peut, on peut vous deviner. Qu’ils cherchent : Qu’ils devinent ! Je veux être pure. Pure. J’aime la glace et l’acier. Je serai pure comme la glace et l’acier. Je n’aurais plus de corps. Au père Bubbo, j’ai dit : pourquoi ne serais-je pas un ange ? Sans corps, sans douleurs, sans désirs, à force d’exercer et d’endurcir mon esprit ? »

 L’Italie « Vue de Torano ; les quais avec les arcades, les maisons roses, les toits couverts de colombes. Les rides de l’eau, la gaze vaporeuse sur l’eau, les sabres clairs dans l’eau, les barques avec leurs bâches posées sur les arceaux ronds et les deux rameurs debout, les solides gaillards dans la chaleur qui chantent sur quatre ou cinq notes ; le petit village est en lignes droites et pures, il paraît merveilleusement jaune, les barques sont rangées, il est midi, non c’est le soir, les bouquets jaunes ou rouges éclatent, les lauriers roses, l’église est très haute dans le ciel qui est un peu vert à cause des montagnes, tout cela est enfantin ; le comte tient la main de Paulina dans les ruelles tout à fait semblables à des crevasses entre les maisons. »

 La mystique « C’est ainsi que j’entre en Toi O Roi mon Dieu agonisant. Ecoutez, mes sœurs. Moi mes oreilles sont crevées. Je suis sans nourriture, paralysée. …..Au bout de la route en or il n’y aura plus que mes ossements, au bout de la route d’éther, il n’y aura plus qu’un tout petit souffle, formé d’aurore, c’est mon âme, j’ai été Blandine ou Paulina…attire-la, mon Dieu immense, attire-la, respire là et reçois-la »

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commentaires

un_psy 07/03/2007 17:35

De jolis mots déposés.. plein de sensibilité.. La pensée reste fort présente lorsque le cœur a parlé.... Bien à vous..