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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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18 décembre 2006 1 18 /12 /décembre /2006 21:47

ARGENTINE

Année de parution : 1940

Adolfo Bioy Casares (1914-1999) , l'un des plus grands écrivains argentins du XXe siècle (avec son grand ami Borges) est connu pour ses nouvelles fantastiques à forte dimension psychologique. L'invention de Morel, son premier titre paru en 1940, est unanimement reconnu comme un chef d'oeuvre de la littérature fantastique.

En effet, ce court roman de 120 pages est un petit bijou aussi bien par la forme du récit que par le thème choisi : l'accès à l'immortalité.

L'histoire nous est racontée à la première personne : un condamné à mort fuit la justice et échoue sur une île mystérieuse très peu accueillante : terrain marécageux, faunes et flores en état de déliquescence. On dit que des naufragés sont tous morts d'une maladie mystérieuse...

Le narrateur s'installe et découvre alors un curieux "complexe" : un musée, une chapelle ainsi qu'une piscine. Parfois, le soir, il y aperçoit d'étranges silhouettes qui se réunissent pour un repas ou pour une baignade...Est-ce un complot contre le condamné ? Le narrateur se sent de plus en plus menacé...

Il se cache donc dans les buissons tout en observant la vie sur l'île ; son quotidien va être perturbé par la présence d'une mystérieuse jeune femme, qui apparaît tous les soirs au bord de l'eau. Il essaie d'entrer en contact avec elle à ses risques et périls mais elle semble ne pas le voir ni l'entendre. Un soir, il surprend une conversation entre Faustine, la jeune femme et un dénommé Morel. La jalousie le tenaille...Il fera tout pour entrer en contact avec sa bien-aimée fantomatique...

Les jours passent. Parfois, les silhouettes disparaissent. Parfois, elles reviennent...et les scènes observées le premier soir semblent se répéter à l'infini. Peu à peu, le narrateur va découvrir le secret de l'île : un inventeur a mis au point une machine susceptible de donner l'immortalité. Qui sont alors les silhouettes observées sur l'île?

Je ne vous en dis pas plus ! A vous de découvrir la suite.... Sachez seulement que ce roman mêle à la fois le genre fantastique, une belle histoire d'amour et une fine analyse psychologique. L'atmosphère créée par l'île marécageuse met bien en valeur la situation du condamné qui hésite entre la révolte, la survie ou le suicide. Bioy Casares nous livre une vision très pessimiste de la condition humaine : solitude extrême, incommunicabilité.

Le roman tient à la fois du fantastique (l'analyse psychologique, décors funestes, silhouettes fantomatiques) et de la science-fiction (invention d'une machine donnant l'immortalité). Ce qui est très rare ! On a l'impression d'être à la fois dans le passé et dans le futur !

Bioy Casares nous livre une réflexion intéressante sur l'immortalité tout en évitant tout propos moralisateur. Vraiment un chef d'oeuvre, trop peu connu du grand public...

Alors, ouvrez le vite !

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commentaires

Claire Thomas 17/12/2010 14:00









A moi me fascinait la caractère de Faustine, la femme qui ne parle pas, celle qui regarde et attende. Un très bon livre!










Sonhayâ 20/04/2008 18:11

BonjourFélicitation pour votre site consacré à cette incessante soif de lire...Cela fait très longtemps que j'ai lu l'invention de Morel et il me faudrait le relire...ça me donne envie de le faire...quelle chance de travailler dans une bibliothèque...Bonne continuationS.

JEAN MARC 17/03/2008 21:18

et pour vous redonner envi de lire Borges - ne serait ce que par solidarité confraternelle - le viel oeudipe était conservateur de la bibliothèque de Buenos Aeres - je vous reproduis textuellement la réponse qu'il fit à Vargas Llosa (ahh - la fete au bouc - quel admirable roman) quand celui ci lui posa la question suivante (dans "un demi-siecle avec Borges "- l'Herne - M Vargas Llosa) MVL :"pour finir, je vais vous poser une question conventionnelle : si vous deviez passer le reste de votre vie sur une ile déserte avec 5 livres, lesquels choisiries vous " ?Borges : " la réponse est difficile, parce que 5 c'est trop et trop peu - et je ne sais pas si il s'agit de 5 livres ou de 5 volumes"MVL :"disons 5 volumes"JL Borges " cinq volumes ? et bien je crois que j'emporterais l'histoire du déclin et de la chute de l'empire romain, de Gibbons. Je pense que je n'emporterais aucun roman mais plutot un livre d'histoire. On va donc supposer que ce sera dans une édition en deux volumes. Puis j'aimerais emporter quelque livre que je ne comprendrais pas tout à fait, pour pouvoir le lire et le relire, disons l'introduction à la philosophie mathématique de bertrand Russel, ou quelque ouvrage d'Henri Poincaré. J'aimerais emporter cela aussi, cela nous fait trois volumes. Puis je pourrais emporter un tome quelconque, choisi au hasard, d'une encyclopédie. Aussi pourrais je avoir plusieurs lectures. Il ne faut surtout pas qu'il provienne d'une encyclopédie actuelle, car aujourd'hui les encyclopédies sont des ouvrages de consultation, mais d'une encyclopédie publiée autour de 1910 1911 ; un volume de Brockhaus, ou de mayer, ou de l'encyclopaedia Brttianica, autrement dit datant de l'époque ou les encyclopédies étaient encore des livres de lecture. cela nous fait quatre. En dernier lieu, je vais tricher, j'emporterais un livre qui est une bibliothèque, c'est à dire la bible. Quant à la poésie, qui est absente de ce catalogue, cela m'obligerait à m'en charger personnellement, et alors je ne lirais pas de vers. de toute façon, ma mémoire est si peuplée de vers que je ne crois pas avoir besoin de livres. Je suis moi même une anthologie de plusieurs littératures. Moi qui me rappelle si mal les circonstances de ma propre vie, je peux vous réciter à l'infini et jusqu'à l'ennui des vers en latin, en espagnol, en anglais, en vieil anglais, en français, en portugais et en italien. Ai je répondu à votre question ? "

Sylvie 18/03/2008 22:17

Très belle répartie !

JEAN MARC 10/03/2008 22:54

je vous conseille également du même auteur "la guerre au cochon" - je suis étonné de ne vous voir aucune référence à Borges, qui es à mon sens un des plus grands maitres de la littérature sud américaine....A noter que la première nouvelle de Fictions a été écrite à 4 mains avec bioy ...

Sylvie 13/03/2008 22:39

J'ai lu fictions il y a bien longtemps dont le magnifique Livre de sable...

k 19/10/2007 21:51

Ce livre fait partie de mes préférés : tu expliques très bien pourquoi dans ton commentaire ! Mais pourquoi n'ai-je pas bcp de succès quand je le fais lire autour de moi ?