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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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21 juin 2005 2 21 /06 /juin /2005 00:00

L'homme qui rit est un roman très peu connu par rapport aux Misérables ou à Notre-Dame de Paris. C'est pourtant pour moi l'un des meilleurs de Victor Hugo.

Il reprend plusieurs thèmes très hugoliens comme la monstruosité, la rage de l'océan , les saltimbanques ou encore les rapports entre les puissants et les exclus.

L'histoire se déroule à la fin du XVIIème siècle en Angleterre. Sur ordre du roi, pour écarter un héritier génant, un jeune lord est défiguré à sa naissance par les comprachicos, ces êtres infames qui mutilent les enfants pour ensuite les exposer dans les cirques. Il porte une cicatrice qui lui traverse entièrement le visage d'où le surnon d'"homme qui rit".

Abandonné sur une plage d'Angleterre, un reste seul dans la neige pendant des jours. Sur sa route, il rencontre une fillette aveugle, Déa, qu'il sauve du froid. Les deux êtreshandicapés seront recueillis par le vieil Ursus, un vieux saltimbanque au coeur d'or.

Ils parcourent tous les trois les routes d'Angleterre jusqu'à ce que Gwynplain découvre qu'il est un lord. Il s'immisce dans les coulisses du pouvoir et parvient à être élu à la chambre des lords. C'est alors qu'il prononce un discours magnifique adressé à ses pairs, dénigrant les puissants qui pervertissent l'Angleterre. Ce discours peut être rapproché de celui de Ruy Blas lorsqu'il invective les nobles d'Espagne, pays "qui git, pauvre oiseau plumé, dans une marmite infâme"

Je vous laisse découvrir la fin de cette oeuvre magnifique qui vous fera verser sans doute quelques larmes...

La poésie de ce roman naît de la complémentalité entre Gwynplain et Déa: alors que Déa est aveugle, elle symbolise la lumière car elle conduit Gwynplain sur le chemin du bonheur. Elle lui fait don de sa beauté alors que lui lui fait don de ses yeux. Pourtant aveugle, elle est la lumière qui éclaire  son chemin.

Ursus, Déa et Gwynplain , incarnation du peuple, symbolisent la lumière et le bien alors que la vieille aristocratie est du côté de l'ombre et du mal.

Pour Hugo, les faibles, les monstres, les handicapés , mis au ban de la société, représentent l'avenir. Thème précurseur repris plus tard dans les Misérables....

Pour les admirateurs de l'océan hugolien, vous découvrirez une magnifique scène de naufrage faisant sombrer les tortionnaires du héros.

Ouvrez vite ce livre et dites moi votre avis !

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A

Le crapaud
Que savons-nous ? qui donc connaît le fond des choses ?
Le couchant rayonnait dans les nuages roses ;
C'était la fin d'un jour d'orage, et l'occident
Changeait l'ondée en flamme en son brasier ardent ;
Près d'une ornière, au bord d'une flaque de pluie,
Un crapaud regardait le ciel, bête éblouie ;
Grave, il songeait ; l'horreur contemplait la splendeur.
(Oh ! pourquoi la souffrance et pourquoi la laideur ?
Hélas ! le bas-empire est couvert d'Augustules,
Les Césars de forfaits, les crapauds de pustules,
Comme le pré de fleurs et le ciel de soleils !)
Les feuilles s'empourpraient dans les arbres vermeils ;
L'eau miroitait, mêlée à l'herbe, dans l'ornière ;
Le soir se déployait ainsi qu'une bannière ;
L'oiseau baissait la voix dans le jour affaibli ;
Tout s'apaisait, dans l'air, sur l'onde ; et, plein d'oubli,
Le crapaud, sans effroi, sans honte, sans colère,
Doux, regardait la grande auréole solaire ;
Peut-être le maudit se sentait-il béni,
Pas de bête qui n'ait un reflet d'infini ;
Pas de prunelle abjecte et vile que ne touche
L'éclair d'en haut, parfois tendre et parfois farouche ;
Pas de monstre chétif, louche, impur, chassieux,
Qui n'ait l'immensité des astres dans les yeux.
Un homme qui passait vit la hideuse bête,
Et, frémissant, lui mit son talon sur la tête ;
C'était un prêtre ayant un livre qu'il lisait ;
Puis une femme, avec une fleur au corset,
Vint et lui creva l'œil du bout de son ombrelle ;
Et le prêtre était vieux, et la femme était belle.
Vinrent quatre écoliers, sereins comme le ciel.
– J'étais enfant, j'étais petit, j'étais cruel ; –
Tout homme sur la terre, où l'âme erre asservie,
Peut commencer ainsi le récit de sa vie.
On a le jeu, l'ivresse et l'aube dans les yeux,
On a sa mère, on est des écoliers joyeux,
De petits hommes gais, respirant l'atmosphère
À pleins poumons, aimés, libres, contents ; que faire
Sinon de torturer quelque être malheureux ?
Le crapaud se traînait au fond du chemin creux.
C'était l'heure où des champs les profondeurs s'azurent ;
Fauve, il cherchait la nuit ; les enfants l'aperçurent
Et crièrent : « Tuons ce vilain animal,
Et, puisqu'il est si laid, faisons-lui bien du mal ! »
Et chacun d'eux, riant, – l'enfant rit quand il tue, –
Se mit à le piquer d'une branche pointue,
Élargissant le trou de l'œil crevé, blessant
Les blessures, ravis, applaudis du passant ;
Car les passants riaient ; et l'ombre sépulcrale
Couvrait ce noir martyr qui n'a pas même un râle,
Et le sang, sang affreux, de toutes parts coulait
Sur ce pauvre être ayant pour crime d'être laid ;
Il fuyait ; il avait une patte arrachée ;
Un enfant le frappait d'une pelle ébréchée ;
Et chaque coup faisait écumer ce proscrit
Qui, même quand le jour sur sa tête sourit,
Même sous le grand ciel, rampe au fond d'une cave ;
Et les enfants disaient : « Est-il méchant ! il bave ! »
Son front saignait ; son œil pendait ; dans le genêt
Et la ronce, effroyable à voir, il cheminait ;
On eût dit qu'il sortait de quelque affreuse serre ;
Oh ! la sombre action, empirer la misère !
Ajouter de l'horreur à la difformité !
Disloqué, de cailloux en cailloux cahoté,
Il respirait toujours ; sans abri, sans asile,
Il rampait ; on eût dit que la mort, difficile,
Le trouvait si hideux qu'elle le refusait ;
Les enfants le voulaient saisir dans un lacet,
Mais il leur échappa, glissant le long des haies ;
L'ornière était béante, il y traîna ses plaies
Et s'y plongea, sanglant, brisé, le crâne ouvert,
Sentant quelque fraîcheur dans ce cloaque vert,
Lavant la cruauté de l'homme en cette boue ;
Et les enfants, avec le printemps sur la joue,
Blonds, charmants, ne s'étaient jamais tant divertis ;
Tous parlaient à la fois et les grands aux petits
Criaient : «Viens voir! dis donc, Adolphe, dis donc, Pierre,
Allons pour l'achever prendre une grosse pierre ! »
Tous ensemble, sur l'être au hasard exécré,
Ils fixaient leurs regards, et le désespéré
Regardait s'incliner sur lui ces fronts horribles.
– Hélas ! ayons des buts, mais n'ayons pas de cibles ;
Quand nous visons un point de l'horizon humain,
Ayons la vie, et non la mort, dans notre main. –
Tous les yeux poursuivaient le crapaud dans la vase ;
C'était de la fureur et c'était de l'extase ;
Un des enfants revint, apportant un pavé,
Pesant, mais pour le mal aisément soulevé,
Et dit : « Nous allons voir comment cela va faire. »
Or, en ce même instant, juste à ce point de terre,
Le hasard amenait un chariot très lourd
Traîné par un vieux âne éclopé, maigre et sourd ;
Cet âne harassé, boiteux et lamentable,
Après un jour de marche approchait de l'étable ;
Il roulait la charrette et portait un panier ;
Chaque pas qu'il faisait semblait l'avant-dernier ;
Cette bête marchait, battue, exténuée ;
Les coups l'enveloppaient ainsi qu'une nuée ;
Il avait dans ses yeux voilés d'une vapeur
Cette stupidité qui peut-être est stupeur ;
Et l'ornière était creuse, et si pleine de boue
Et d'un versant si dur que chaque tour de roue
Était comme un lugubre et rauque arrachement ;
Et l'âne allait geignant et l'ânier blasphémant ;
La route descendait et poussait la bourrique ;
L'âne songeait, passif, sous le fouet, sous la trique,
Dans une profondeur où l'homme ne va pas.

Les enfants entendant cette roue et ce pas,
Se tournèrent bruyants et virent la charrette :
« Ne mets pas le pavé sur le crapaud. Arrête ! »
Crièrent-ils. « Vois-tu, la voiture descend
Et va passer dessus, c'est bien plus amusant. »

Tous regardaient. Soudain, avançant dans l'ornière
Où le monstre attendait sa torture dernière,
L'âne vit le crapaud, et, triste, – hélas ! penché
Sur un plus triste, – lourd, rompu, morne, écorché,
Il sembla le flairer avec sa tête basse ;
Ce forçat, ce damné, ce patient, fit grâce ;
Il rassembla sa force éteinte, et, roidissant
Sa chaîne et son licou sur ses muscles en sang,
Résistant à l'ânier qui lui criait : Avance !
Maîtrisant du fardeau l'affreuse connivence,
Avec sa lassitude acceptant le combat,
Tirant le chariot et soulevant le bât,
Hagard, il détourna la roue inexorable,
Laissant derrière lui vivre ce misérable ;
Puis, sous un coup de fouet, il reprit son chemin.

Alors, lâchant la pierre échappée à sa main,
Un des enfants – celui qui conte cette histoire, –
Sous la voûte infinie à la fois bleue et noire,
Entendit une voix qui lui disait : Sois bon !

Bonté de l'idiot ! diamant du charbon !
Sainte énigme ! lumière auguste des ténèbres !
Les célestes n'ont rien de plus que les funèbres
Si les funèbres, groupe aveugle et châtié,
Songent, et, n'ayant pas la joie, ont la pitié.
Ô spectacle sacré ! l'ombre secourant l'ombre,
L'âme obscure venant en aide à l'âme sombre,
Le stupide, attendri, sur l'affreux se penchant,
Le damné bon faisant rêver l'élu méchant !
L'animal avançant lorsque l'homme recule !
Dans la sérénité du pâle crépuscule,
La brute par moments pense et sent qu'elle est sœur
De la mystérieuse et profonde douceur ;
Il suffit qu'un éclair de grâce brille en elle
Pour qu'elle soit égale à l'étoile éternelle ;
Le baudet qui, rentrant le soir, surchargé, las,
Mourant, sentant saigner ses pauvres sabots plats,
Fait quelques pas de plus, s'écarte et se dérange
Pour ne pas écraser un crapaud dans la fange,
Cet âne abject, souillé, meurtri sous le bâton,
Est plus saint que Socrate et plus grand que Platon.
Tu cherches, philosophe ? Ô penseur, tu médites ?
Veux-tu trouver le vrai sous nos brumes maudites ?
Crois, pleure, abîme-toi dans l'insondable amour !
Quiconque est bon voit clair dans l'obscur carrefour ;
Quiconque est bon habite un
Répondre
A

Merci de votre réponse.


Je connais deux poèmes de Victor Hugo que j'aime vraiment beaucoup. Il s'agit "Des


 Pauvres Gens et aussi Le Crapaud. Je ne parviens pas à les lire, du moins quand je le fais à haute voix pour des amis, sans avoir les larmes aux yeux. Les connaissez-vous?


Emotions garantie
Répondre
A

Bonjour,


J'ai eu, en me "promenant sur le net, connaissance de ce livre de Victor Hugo. J'aime beaucoup les romans historiques mais  je ne lis guère les grands classiques. J'ai lu partiellement
Notre-Dame-de-Paris, l'importance de cette oeuvre a eu raison de ma curiosité. Je devais être trop jeune pour avoir assez de patience pour aller au bout. Et puis le cinéma avait défloré l'issue
de l'intrigue. Aujourd'hui, en lisant avec beaucoup de gourmandise L'Homme qui rit, je découvre l'ampleur du génie universel de V.H. Cet auteur est stupéfiant, son érudition semble sans limites.
Son style est exceptionnel. Certains passages sont assez laborieux à lire en ce sens qu'ils semblent hors sujet mais ils sont tellement savants qu'ils donnent de la profondeur au roman. Un
exemple: les dizaines de pages sur le protocole en Angleterre pour l'intronisation d'un lord. Il y a aussi le passage sur le pendu goudronné et l'attaque des corbeaux et beaucoup d'autres. A
plusieurs reprises, Victor Hugo est non seulement un fabuleux romancier, mais un enseignant touche à tout. Il se peut que certaines "infos" soient éronnées, il y en a tellement et certains
critiques littéraires et écrivains l'ont éreinté sur ce point,  tout particulièrement Barbey d'Aurevilly. L'auteur nourrit son propos et on peine à imaginer qu'il ait pu faire toutes les
recheches nécessaires et même  indispensables à ses affirmations qui concernent à peu près tous les sujets, philosophiques, scientifiques, sociologique, etc...Si ce livre n'est pas un livre
"d'atelier", on comprend pourquoi Hugo a mis 2 ans pour en "venir à bout". Les passages qui concernent la relation entre les êtres sont ceux que je préfère. Pas seulement ceux qui concernent les
principaux "héros" mais aussi tous les personnages secondaires. Des plus nobles aux plus ignobles. Hogo connait bien les tréfonds de l'âme humaine. C'est étonnant de justesse et la comparaison et
le constat aussi  que le lecteur peut faire avec la nature humaine de nos contemporains prouve que peu de choses, pour ne pas dire rien n'a changer: L'homme est toujours autant, plus
peut-être, un loup pour l'homme. Je suis arrivé à la page 680. Moins de 100 pages avant de connaître la fin! Je sais que l'auteur a fait 4 fins à ce roman. J'en connais 3 et celle qu'il a retenue
m'est pas totalement inconnue. J'appréhende de finir ce livre, pas seulement parce que je crains une fin triste mais aussi parce je ne me vois pas lire quelque chose de moins génial. Forcément
moins génial.


Actuellement en tournage de l'Homme qui rit se déroule avec Depardieu dans le rôle d'Ursus. Que va t'il rester de l'oeuvre? Mais si ce film donne envie de lire le livre, ce ne sera pas sa
moindre vertu.


Il faut lire ce livre, c'est un ouvrage qui fait du bien...
Répondre
S


Bonjour Dominique,


Merci de votre commentaire. Pour moi, l'homme qui rit est le plus beau roman d'Hugo et reste trop méconnu !


Il est à mettre au top 5 ou 10 des meilleurs romans de tous les temps ! C'était mon prof de lettres de Première qui me l'avait fait découvrir. Magique !


Bonne fin de l;ecture alors !



J


Bonjour je voudrai savoir qui est le narrateur et qui sont les personnages principaux et quelle est le personneage sui vous a le plus marquer ?


 


MERCI DE BIEN VOULOIR ME REPONDR .



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B


Bonjour... j'ai lu ce roman! C'est tres passionnant et triste


Mais quelle est le principal message véhiculé dans le roman? Merci...



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