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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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15 décembre 2006 5 15 /12 /décembre /2006 19:12

ESPAGNE

Actes Sud, septembre 2006

A la vitesse de la lumière a été l'un des livres étrangers les plus remarqués lors de la rentrée littéraire même s'il n'a pas obtenu de prix. Javier Cercas fait partie de la jeune littérature espagnole qui est très dynamique depuis quelques années : on peut ainsi citer Enrique Vila Matas, Carlos Luis Zafon (l'inoubliable L'ombre du vent), José Carlos Somoza (Clara et la pénombre) ainsi que Juan Manuel de Prada (Les masques du héros). Les auteurs espagnols ont le vent en poupe !

Javier Cercas signe ici un roman extrêmement riche qui brasse de nombreux thèmes : le poids de l'Histoire, la culpabilité, l'amitié, le rôle de la littérature....

Voici l'intrigue qui se passe sur une vingtaine d'années : au début, le narrateur est un étudiant qui rêve de devenir écrivain. Dans une université américaine, il se lie d'amitié avec Rodney, un vétéran du Vietnam. Ce dernier, désabusé par la vie, le met en garde contre les avanies du succès. Il semble cacher un horrible secret qui lui a fait découvrir la véritable nature humaine. Soudain, il disparaît sans laisser de trace. Le narrateur enquête auprès du père du vétéran qui lui révèle que son fils se croit responsable d'un massacre perpétré au Vietnam. L'écrivain en herbe essaie en vain d'écrire un roman qui s'inspire de la vie de Rodney.

A son retour en Espagne, le succès de l'un des romans du narrateur le propulse au firmament. Il en oublie alors les vraies valeurs et son âme avant qu'un événement tragique ne l'anéantisse. Se rappelant les mises en garde de son ami sur le danger du succès, il désire retrouver les traces de ce dernier pour qu'il l'aide à supporter son enfer quotidien.

Ce roman est extrêmement bien construit. Il s'agit avant tout d'une belle histoire d'amitié entre deux hommes qui ont franchi les limites de l'humain (griserie de la tuerie pour l'un et griserie du succès pour l'autre), qui éprouvent un fort sentiment de culpabilité et qui tentent en vain de trouver un sens à leur destin.

Ce que j'en retient surtout est le magnifique hommage rendu à la littérature. Cercas se met lui-même en scène (c'est le double du narrateur) avec beaucoup de dérision (satire du milieu branché des écrivains, difficulté à écrire). Il cite de nombreux écrivains tels que Emerson, Thoreau ainsi que Malcolm Lowry. Il cherche à comprendre le sens de la littérature et il en ressort de magnifiques phrases :

"Parce qu'écrire était la seule chose qui pouvait me permettre de regarder la réalité sans me détruire ou sans que celle-ci s'abatte sur moi comme une maison en flammes, la seule chose qui pouvait doter la réalité d'un sens ou d'une illusion de sens".

L'écrivain :"un type qui se pose des problèmes on ne peut plus complexes et qui, au lieu de les résoudre comme ferait n'importe quel individu sensé, les rend plus complexes encore. C'est-à-dire que c'est un cinglé qui regarde la réalité et qui parfois la voit"

"tout le monde regarde la réalité mais rares son ceux qui la voient. L'artiste n'est pas celui qui rend visible l'invisible. ..l'artiste est celui qui rend visible ce qui est déjà visible et que tout le monde regarde et que personne ne peut ou ne sait ou ne veut voir. Que personne ne veut voir surtout. Parce ce que c'est trop désagréable, souvent effroyable, et il faut vraiment avoir des couilles pour le voir sans fermer les yeux ou partir en courant, car celui qui le voit se détruit ou devient fou"

Pour Cercas, la tâche d'écrire est loin d'être une sinécure : il s'agit plutôt d'un chemin de croix qui peut déboucher sur l'abîme. L'auteur cite d'ailleurs les célèbres cas de suicide comme celui d'Hemingway.

Un bon roman qui mêle une belle histoire et une réflexion intéressante.

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commentaires

(Clovis Simard,phD) 08/03/2011 23:51



Bonjour,


Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.
      
Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.


La Page No-4: HATMAN !


THÉORÈME D'HATMAN , PHYSIQUE QUANTIQUE !
RELATIVITÉ
VITESSE LUMIÈRE
APOCALYPSE



Cordialement


Clovis Simard



Anne-Sophie 18/12/2006 19:04

Je suis entièreùment d'accord avec toi... Je l'ai lu en septembre et je m'attendais vraiment à ce qu'il obtienne un prix... Le bouche à oreille a cependant fonctionné et on peut en être fiers !

louve 17/12/2006 17:26

Cette critique est superbe ! J'ai entendu beaucoup de bien de ce roman, vivement la sortie en poche ! :-)

Florinette 17/12/2006 12:59

Que de critiques élogieuses sur ce livre !!!, ça fait vraiment envie... :0055:

clochette 17/12/2006 00:23

Tout à fait d'accord ! Aussi je me suis permis de mettre en lien ton article sur le mien !
A bientôt.