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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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26 novembre 2006 7 26 /11 /novembre /2006 14:23

URUGUAY - 1939 et 1954

Juan-Carlos Onetti - Le puit / Les adieux

Juan Carlos Onetti (1909-1994) est considéré par Gabriel Garcia Marquez et Mario Vargas Llosa comme le grand initiateur de la littérature sud-américaine moderne. Beaucoup moins connu que l'argentin Borges, il a pourtant contribué à renouveler profondément le récit romanesque (c'était un grand admirateur de William Faulkner).

En quoi cette littérature est-elle moderne? Ses récits ne sont pas linéaires , ils ne racontent souvent pas d'histoires : c'est l'âme du narrateur qui parle ; le lecteur descend au fond du "puit" des personnages qui sont souvent des êtres solitaires, rempli de désillusions au coeur d'un univers urbain. C'est le vécu, le ressenti qui l'intéresse et non les événements. C'est en cela qu'il est l'héritier d'un Joyce ou d'un Faulkner. On peut aussi évoquer La nausée de Sartre pour le dégoût de l'existence.

Son personnage type est un être solitaire au coeur de la jungle urbaine qui s'est exilé volontairement de la société car celle-ci ne provoque qu'insatisfaction et dépit. Seule la puissance du rêve et de l'imagination peut sauver l'homme ; on retrouve là l'un des grands thèmes des grands auteurs latinos (le réalisme magique de Garcia Marquez ou Mario Vargas Llosa).

Nous en avons un échantillon très significatif dans Le puit, le premier roman d'Onetti. Il s'agit d'un récit à la première personne d'un homme de 40 ans qui se met à écrire ses souvenirs et ses rêves alors que la fête bat son plein au dehors. Il s'en prend à l'intelligentsia bien pensante et matérialiste et aussi à l'amour.

" L'amour était sorti de nous, comme un enfant. Nous le nourrissions, mais il avait sa vie à lui. Il était mieux qu'elle, beaucoup mieux que moi. ...L'amour est merveilleux et absurde. et, étrangement, il visite toutes les classes d'êtres. Mais les gens absurdes et merveilleux n'abondent pas. et ceux qui le sont, c'est pour peu de temps, quand il sont tout jeunes. Puis ils commencent à accepter et à se perdre"

Pour lui, seuls comptent les rêves qu'il inscrit sur le papier ; mais il reste un poète incompris. Il ya a toute une poésie sur l'univers de la nuit qui, elle seule, peut libérer l'homme.

Voici une très belle phrase :

"J'aurais aimé clouer la nuit sur du papier, comme un grand papillon nocturne. mais, plutôt, c'est elle qui m'a soulevé de ses eaux, comme le corps livide d'un mort, et qui me pousse, inexorablement, au milieu du froid et de l'écume vaporeuse, au devant d'elle.

Voila la nuit. Je vais m'étendre sur le lit, le corps refroidi, mort de fatigue, espérant pouvoir m'endormir avant que n'arrive le matin, sans plus aucune force pour attendre le corps humide de la jeune fille dans la vieille cabane en rondins."


Les adieux, le deuxième récit, est très mystérieux. Onetti fait preuve d'un grand talent de conteur pour présenter au lecteur des personnages vaporeux soumis à la vindicte populaire. L'histoire qui se passe dans un village perdu de montagne, nous est racontée par un tenancier de bistrot dont le regard est constamment attiré par un homme solitaire atteint de tuberculose.

Bientôt, les habitants du village "jasent" sur les deux femmes qui viennent lui rendre visite à tour de rôle. Les cancans vont bon train. L'identité des deux femmes (épouse? maîtresse?) ne nous sera révélée qu'à la fin. Onetti met en lumière la médiocrité de la société qui s'acharne sur un homme dont elle ne sait rien. L'auteur nous entraîne avec brio dans un labyrinthe de personnages mystérieux.

Un auteur bien méconnu qu'il convient de redécouvrir...

 

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