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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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21 novembre 2006 2 21 /11 /novembre /2006 22:06

Editions Gallimard, 1942

De Jean Meckert, je vous avais déjà fait découvrir deux titres : Je suis un monstre et Le boucher des hurlus. Fils d'un anarchiste, Meckert a créé une oeuvre magnifiant les petites gens; il a toujours mis en lumière la souffrance de la classe ouvrière ainsi que l'injustice de cette condition.

Les coups, son premier roman publié en 1942, a été notamment acclamé par Gide et Queneau. Il s'agit d'un beau roman écrit dans une langue populaire mêlant argot et expressions d'antan.

Le narrateur, Félix, un petit gars qui est manoeuvre dans un atelier de mécanique, nous raconte comment il en est venu à la violence conjugale. Le lecteur est donc dans la peau du mauvais rôle. Mais le but de Meckert n'est pas de dénoncer la violence et d'instaurer un monde manichéen entre bons et méchants. Il cherche surtout à comprendre pourquoi le jeune ouvrier en est arrivé là.

Il commence donc à décrire sa rencontre romantique avec la jeune Paulette, une collègue de travail. Puis il y a la rencontre avec la belle-famille qui veut se donner des airs de bourgeoisie. On veut sortir, aller à l'Opéra et bien s'habiller. Sauf que pour Félix, ça lui est égal d'imiter le bourgeois. Il déteste les faux semblants et les grands airs.

Et surtout, il y a cette difficulté à parler, à s'exprimer. Il ne sait pas dire de belles phrases pour expliquer s'il a aimé ou non un film. Il ne sait pas mettre des mots sur ses sentiments. Donc, lorsqu'il y a conflit, il tape. Les coups remplacent le langage.

Meckert décortique avec talent ce qui peut pousser à la violence. On ne peut qu'être ému par ce grand benêt qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Derrière les coups, se cache un amour profond pour sa femme.

L'auteur en profite pour épingler l'hypocrisie de la bourgeoisie pour qui l'intelligence repose sur un certain nombre de goûts et de conventions. Le petit monde bien pensant n'hésite pas à se moquer de Félix qui ne sait pas comment expliquer pourquoi il n'aime pas l'opéra.

Un roman tout en délicatesse dont la singulalité du thème gagne à être soulignée.

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