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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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16 octobre 2006 1 16 /10 /octobre /2006 19:19

ETATS-UNIS

Ouvrage écrit dans les années 60 et publié en 1980 - Prix Pulitzer

Ce titre m'avait été conseillé il y a plus d'un an par un camarade bloggeur. Je l'avais mis dans ma longue liste puis l'avais oublié puis un collègue m'en a reparlé dernièrement. J'ai donc plongé dedans !

Pour présenter le livre, il faut rappelé qu'il a été écrit dans les années 60 ; son auteur, John Kennedy Toole, ne parvint jamais à le publier et, se croyant un écrivain raté,  il se suicida en 1969 à l'âge de 32 ans. Après de multiples démarches, sa mère parvint enfin à faire publier l'oeuvre unique de son fils en 1980. Ce dernier obtint alors le Prix Pulitzer, un énorme succès critique et public et reste à ce jour un livre mythique !

Il faut dire que cet ovni ne ressemble à aucun autre roman ! Imaginez-vous un mélange de Don Quichotte et de Gargantua avec un style burlesque ressemblant un peu à celui de Lydie Salvayre...

La conjuration des imbéciles est l'épopée tragi-comique d'Ignatius Reilly, un jeune homme intellectuel complètement déjanté. Il vit tout seul avec sa mère Irène dans un quartier très pauvre de La Nouvelle Orléans. Il passe ses journées à noircir les pages d'une oeuvre en gestation, une diatribe féroce contre les méfaits du monde moderne. Car pour lui, depuis le Moyen-Age, le monde subit un inexorable déclin, en manquant de "géométrie et de théologie"...Il se refuse donc à travailler pour pactiser avec ce monde proche du chaos. Jusqu'au jour où sa mère un peu saoule gare sa voiture dans la maison du voisin. Pour payer les pots cassés, Ignatius va devoir travailler...Et c'est parti pour une épopée burlesque où Ignatius va avoir maille à partir avec une usine de jeans, un vendeur de saucisses, un policier pas très doué, des prostituées, un vagabond noir très intelligent et un papy fasciste qui drague sa mère !!!

Vous suivez toujours ? Nous voila plongés dans de multiples aventures rocambolesques d'un être inadapté. C'est pour cela que l'on peut évoquer Don Quichotte. Quant à l'influence rabelaisienne, Ignatius est un "gros porc" qui se goinfre toute la journée de "Docteur Nut" et de hot-dogs, ce qui n'est pas sans avoir de conséquences sur son système gastrique ; car notre Ignatius est un hypocondriaque qui souffre fort de "l'anneau pylorique" lorsqu'il est contrarié !!!

Je suis incapable de vous dire si ce livre m'a plu ou non : j'ai été enthousiasmé au début par la langue (chaque personnage a des tics de langage) , l'humour décalé et surtout par les personnages qui sont tous des pantins : la vieille secrétaire complètement gaga de l'usine, le patron incapable de gérer son entreprise, la mère alcoolique, le flic très maladroit...Mais sur 500 pages, je trouve que l'on frôle parfois l'indigestion et que l'on s'y perd un peu.

Mais ce livre à coup sûr vaut le détour. Le titre évoque une phrase de l'écrivain Jonathan Swift "quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui". On l'aura compris, John Kennedy Toole plaide en faveur de son héros. Alors, Ignatius, un génie ou un fou à lier ? A vous de juger...

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commentaires

pitch 22/12/2008 23:52

moi qui adore les blogs et aller sur le Net en général, je suis tombé sur cette page (ci-dessous) la semaine dernière et j’ai voulu voir de quoi parlait le roman dont il est question: je ne m’en suis pas encore remis. Saisissez-vous d’Ainsi va l’hattéria” , afin d'y jeter un petit coup d’oeil, rien que pour sa singularité. Pour finir, je dis Waouh pour la prouesse littéraire.

http://lecture-sans-frontieres.over-blog.com/article-21306624-6.html#anchorComment

Sylvie 23/12/2008 09:31


Merci pour ce conseil de lecture, moi qui adore la littérature africaine !


une fille 07/09/2008 20:51

je conteste le fait que c'est une histoire de sexe...ce livre est magnifique ,du génie à l'état pur ,je dirait meme kil est poétique ...(dans ma conception de la poésie )....trop facile de résumé ça  à une histoire de sexe .....il faut voir plus loin.....et c bien dommage de penser ça ...

Crodoff 07/08/2008 13:47

Je constate que bien souvent, ce sont les filles qui n'aiment pas le livre, on est loin du prince charmant avec Ignatius, elles prefereraient surement un décathlonien spirituel. Je suis sur qu'il y a de ça dans le dégout qu'elles ont du bouquin, ce qui est bien idiot, car il faut aller plus loin et apprécier l'humour décapant et la critique sucrée salée de la société contemporaire. Ce livre restera dans mon panthéon perso, dans les 10 plus grands plaisir de lectures que j'ai connu.

Breyer 30/07/2008 13:34

Ce livre inachevé ne raconte pas une histoire. C'est une farce philosophique qui décrit les avantures d'un Don Qnichotte mué en Sancho Panza. J'ai été subjugué par ce livre au point d'en écrire une suite, non pour publier mais juste pour le plaisir de voir Ignatius continuer de vivre. Si le personnage d'Ignatius vous touche, il ne vous quitte pas. Je ne comprend pas qu'on puisse aimer moyennement ce livre. On l'adore ou le déteste. Comme on adore ou déteste Ignatius. Il ne peut pas laisser indifférent. Voici un extrait du début de ma suite, dont le point de départ est une fuite avec Myrna Minkoff, retrouvée à la fin du roman: "L'imposante masse d'Ignatius était affalée sur la frêle banquette arrière. Le cuir craquelé lui rappela les fauteuils du bouligne avant qu'il ne sombre dans un sommeil léger. Myrna se retourna plusieurs fois et s'assura que l'agent Mancuso et sa motocyclette carénée avait bien abandonné la traque. La berline lilliputienne prit alors la direction de Bâton-Rouge, dans un crissement de pneus caractéristique d'une conduite féminine. Le gros corps inerte soubresauta lorsque l'accélération centrifuge atteignit des proportions plus en rapport avec la tonicité musculaire de celui qui vivait cette liberté retrouvée comme un formidable renouveau spirituel. Mais alors que son cortex filandreux s'apprêtait à développer une thèse révolutionnaire où Boèce faisait pâle figure, Ignatius éructa lorsqu'il comprit que le plaisir de commenter en direct les tentatives désespérées de sa mère pour le retenir s'éloignait aussi vite que la fiat 500 ou que la fin de la guerre du Viet-Nam… » Le premier nouveau personnage, c’est Allan Rivo : « …Allan Rivo avait une tête qui semblait moulée dans un abat-jour."

François 28/10/2007 04:19

Que dire après tout cela? Ignatius, un Don Quichotte contemporain? Peut-être... Un imbécile entouré d'autres imbéciles serait plus juste. Ce qui le différencie es autres, tout comme Myrna Minkoff, c'est l'aspect plus intellectuel de sa bêtise. La citation de Swift pour le défendre? Pourquoi pas, mais ce serait sans doute considérer Ignatius mieux que l'auteur ne le considère. Cette citation ne serait-elle pas plutôt la défense de John Kennedy Toole lui-même? Le personnage si insupportable d'Igniatius est aussi une vision que l'auteur a de lui-même, cet univeritaire bedonnant, qui n'arrive jamais à terminer son "chef-d'oeuvre", cet homme qui n'en est pas encore vraiment un, incapable de subvenir à ses prpres besoins, incapable de compassion pour sa mère, et surtout cette impossibilité de pouvoir comuniquer avec le monde qui l'entoure. Evidemment, par rapport à la citation de Swift, on peut arguer que tous ou presque se liguent contre Ignatius, où il finit par échapper à cette vindicte.Enfin, Igniatius, horripilant? Tous le sont dans ce roman, chacun à leur manière: sa mère, alcoolique et sans caractère; Darlène, danseuse pathétique, au spectacle navrant; l'agent Mancuso, simplet que son supérieur humilie avec plaisir sans que jamais il ne se défende; Myrna, prenant toujours le parti opposé à la culture populaire, sans raison, mais juste pour être contre le plus grand nombre; Mme Levy, qui refuse de laiser Miss trixie partir à la retraite, alors qu'elle n'attend que ça et qu'elle devient de plus en plus sénile, au point de penser qu'Igniatius est une femme et qu'il s'appelle Gloria... Tous sont des imbéciles. Et Igniatius n'est pas le héros (ou anti-héros) qui les conjurera. C'est le roman en tant que tel qui est L