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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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3 septembre 2006 7 03 /09 /septembre /2006 20:56

RENTREE LITTERAIRE

Editions Actes Sud, 2006

En mettant en scène le peintre Gustave Courbet, François Dupeyron obéit au genre de "la fiction biographique" fort à la mode en ce moment ; beaucoup d'écrivains contemporains brodent en effet une fiction autour d'une personnalité artistique ou d'un personnage dans l'ombre d'une grande figure : Ravel de Jean Echenoz , le facteur de Van Gogh dans La vie de Joseph Rolin de Pierre Michon, le frère de Jean-Jacques Rousseau dans Fils unique de Stéphane Audeguy.

Les écrivains renouvellent ainsi le genre du roman historique en prenant pour héros des personnages mythiques.

Dans ce roman, le cinéaste François Dupeyron choisit pour cadre le crépuscule de la vie de Gustave Courbet, génial inventeur du réalisme en peinture et l'un des principaux artisans de la Commune de Paris.

Alors qu'il est en exil à Genève pour échapper au gouvernement français, Courbet noie son échec dans l'alcool et la fréquentation des bordels. Un soir, il croit reconnaître en une jeune prostituée, Joe, la femme qui lui a inspiré L'origine du monde.

Au cours de la nuit, il va donc raconter à Mina son parcours de génie incompris qui s'est engagé dans la Commune de Paris. Nous assistons aux premiers scandales qu'il provoque , à la réalisation du célèbre L'origine du monde puis à son engagement socialiste qui le conduira à sa perte.

Si vous connaissez déja le parcours de l'inventeur du réalisme en peinture, vous n'apprendrez pas grand chose d'autre sur lui, surtout que François Dupeyron affirme avoir bien écrit un roman, une fiction et non une biographie détaillée du peintre.

Toutefois, j'ai apprécié le portrait tout en nuance "peint" par l'auteur. Après s'ête engagé dans la Commune, Courbet déplore le "virage" jacobin des communards et leur volonté de faire la guerre . Il prend alors ses distances, l'idéal étant pour lui d'instaurer un socialisme libertaire, c'est à dire un regroupement de communautés autonomes , sans recourir à un pouvoir central.

L'intérêt principal du roman réside également dans le travail sur l'écriture. Le cinéaste a opté pour une narration très vivante, très lyrique, ponctuée d'exclamations afin de se rapprocher de l'argot populaire du 19e siècle, ce qui opère un rendu très réaliste. Parfois, on a l'impression que cela traîne un peu en longueur et qu'il y a un peu trop d'épanchement.

On admire de véritables passages épiques, comme par exemple lorsque les femmes parcourent  les rues détruites de Paris pour récupérer les cadavres de leurs maris, pères et frères...

L'auteur a eu le mérite de renouer avec le roman du peuple à la manière des grands réalistes de la fin du XIXe siècle. Les grandes figures artistiques de cette époque sont convoquées : Vallès, Zola, Manet, Baudelaire....Une manière de rendre hommage à cette époque bénie de l'art et de la politique.

Un extrait :

"Vallès qui était un habitué, un pilier de la famille, arrivait sur le coup d'une heure du matin. Il en avait un bien merdeux lui, qu'il ramenait toujours sur le tapis, le Zola...le délicat ! Les communards buvaient trop à son goût ! des pochetrons, des arsouilles ! mais lui avait pris peur, le sobre, quand les gardes l'avaient arrêté..; et puis relâché aussitôt. Vallès aimait raconter comment Zola était parti par la porte Saint-Denis, avec un laissez-passer juste au poil pour que les Prussiens lui ouvrent les bras. Où qu'il l'avait dégoté celui là? depuis le début, il l'avait dans le pif, la Commune.

Encore un qui aimait le prolétariat mais après une bonne douche, propre, sans odeur. ..à l'eau qu'il le voulait ! eh bien, c'est pas comme ça que ça qu'il marche le prolo, à la gnôle, à l'eau de vie ! là qu'elles lui viennent ses idées...quand il peut dire merde à tout et à tous , merde à lui-même, quand il s'envole, quand il s'échappe de sa prison, n'en déplaise à Zozo, il est comme ça le populo..."

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commentaires

Florinette 16/09/2006 19:16

Je suis très intéressée par les livres racontant la vie des peintres. J’adore la peinture et l’histoire qui en émane. Je trouve cela passionnant, j’ai donc noté ce livre. Je vais bientôt lire Ravel de Jean Echenoz et j’en parlerai dans le blog que je viens de créer. Il faut dire que c’est grâce à ma tante Christiane qui m’a fait découvrir ton blog et cela m’a donné envie de me lancer dans cet univers. Au début ce n’est pas si facile de s’exprimer, mais je pense qu’à la longue j’acquerrais plus d’assurance. Florence

Martine Galati 11/09/2006 19:36

J'aime aussi beaucoup Dupeyron...

dda 08/09/2006 19:56

Il est vendu, noté ce livre-là. Dès qu'il est lu, je reviens te dire.
A bientôt

Sophie 06/09/2006 21:33

J'aime Courbet et j'ai aimé tous le slivre de Dupeyron que j'ai lus; donc celui-ci devrait m'intéresser.

Baggins 05/09/2006 07:39

J'aime beaucoup la peinture de Gustave Courbet....De plus l'histoire de la commune de Paris m'a toujours énormément interessé .Un livre qui ne peut être qu'interessant à lire .Bonne jounée