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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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27 juin 2006 2 27 /06 /juin /2006 22:04

Editions Théâtrales, 1999

Cet ensemble de pièces, inscrit au répertoire, est étudié notamment au programme de lettres "option théâtre" au Bac. Philippe Minyana est l'un des grands auteurs dramatiques contemporains.

Ces pièces mettent en scène plusieurs femmes qui clament leurs malheurs aux spectateurs/ lecteurs. 6 femmes, six monologues qui oscillent entre le burlesque et la tragédie. Car ces six femmes nous livrent de rudes destins : viol incestueux, mort accidentelle d'une mère, mort d'un frère SDF, enfant à l'assistance publique. Il s'agit de personnes marginales, d'exclues qui n'existent que par la parole.

Les mots se déploient sans fin; cette pièce est avant tout une performance langagière puisque les six femmes nous livrent leur intimité d'une seule traite, sans virgule. Le voir au théâtre doit être un véritable régal !

Il s'agit d'un théâtre de l'intime où Madame Tout le Monde raconte au spectateur ses blessures, ce qui l'a fait chavirer un jour. La deuxième pièce du recueil Inventaires , met en scène trois femmes interviewées par une autre femmes, sans doute une animatrice télé, bien qu'elle ne soit jamais citée comme tel. Ce déploiement de la vie intime fait penser justement à ces reality show où les invités nous racontent leur vie et leurs secrets.

Ce travail spécifique sur la langue qui n'a pas le temps de respirer (pas de virgules, beaucoup de répétitions) fait que la tragédie se transforme souvent en théâtre burlesque ; les femmes nous font penser à des pantins, à des marionnettes qui parlent sans fin. Ces monologues m'ont fait penser en particulier au travail sur le discours qu'effectue la romancière Lydie Salvayre (La puissance des mouches et La compagnie des spectres) : les personnages sont des foux furieux qui déclament leurs malheurs dans un flux de paroles sans fin.

Ce mélange de tragique et de burlesque est vraiment magique; Minyana s'inspire beaucoup du théâtre de marionnettes : ses personnages ressemblent à des pantins qui ne sont vivants que par la parole.

Vraiment une performance théâtrale et un beau travail sur la langue et le discours théâtral. Je vous conseille de lire l'interview très intéressant de Philippe Minyana à l'adresse suivante : http://ensatt.com/GESTUS/Docs/EntretienMinyana.doc

Je ne résiste pas à l'envie de vous faire découvrir un petit extrait bien significatif du style inimitable de Minyana :

"Ma mère me dit en kabyle : montre-leur mon coffret celui de mes bijoux il y a des bijoux comme ce collier ils comprendront que c'est pas un collier du Printania mais un collier de Constantine. Au lieu de sourire c'est ce qu'elle aurait dû faire essayer de parler en souriant mais comment tu peux sourire quand tu n'a pas envie et au lieu de sourire donc elle a gueulé contre eux sa lèvre inférieure arrivait même à ne plus ressembler à une lèvre elle se distendait elle se distendait il était dix-neuf heures gaz lacrymogènes gaz lacrymogènes les gaz lacrymogènes sur ma mère Ouerdia après elle est jetée dans le fourgon poings liés comme un sac de pommes de terre direction le commissariat trois de mes frères Houcine Omar Ahcène ils faisaient du tennis au terrain de sport arrêtés aussi au commissariat déjà qu'Hocine avait volé l'année dernière une mobylette ma mère pleure pleure pleure les menottes et autre scandale ligotée au pied de la table Hocine y va ^près d'elle il y court et gaz lacrymogènes ma mère on la laisse là on amène Hocine qui a été brûlé on la laisse dans la pièce avec les gaz et elle n'a pas volé il y a eu délation supposition je ne sais pas je sors de là ils me font sortir 21 heures téléphone ma mère a voulu s'étrangler avec la cordelette quelle cordelette on ne sait pas le juge appelle le docteur le docteur vient et il ne remarque rien ni les brûlures des gaz lacrymogènes ni l'état critique de ma mère on la relâche elle rentre ici à pied je l'entends je la vois sa lèvre toujours pareil elle se distend et malaise coma diabétique la mort choc émotionnel poussée de glycémie à 5 grammes par litre à cause d'un collier de Constantine autopsie rien scandale je réfléchis je vois le juge qui voit le médecin légiste et cette première autopsie ? Et l'état cyanotique du poumon et les brûlures et le choc émotionnel?

Contre autopsie s'il vous plaît je porte plainte je ne sors plus de ma chambre je n'ai plus de salive j'attends"

 

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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commentaires

pia 26/08/2014 18:46


Bonjour, 


je me permets de vous faire remarquer que ce sont cinq femmes et un homme (Kos), et non six femmes, comme vous l'écrivez. Mais c'est un bel article sur la pièce!

Tatiana 28/02/2008 16:18

Salut. Ton blog est super bien fait et tres interresant. Je prépare actuellement un monologue de Chambre, celui du frere SDF mort ^^. Et je le conseil également, il est vraiment genial!!! Je te conseil aussi Veillé funèbre de Guy Foissy, il y en a le résumé sur mon blog^^