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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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28 avril 2006 5 28 /04 /avril /2006 21:24

CHINE- LITTERATURE FRANCOPHONE

Editions de l’Aube, 2006

 

Wei-Wei est une écrivain d’origine chinoise émigrée en France puis en Angleterre qui s’est fait connaître en France avec Fleurs de Chine, portrait de femmes chinoises.

Les Zhuang sont l'une des nombreuses minorités nationales chinoises.

Dans son dernier roman témoignage, elle nous raconte sa jeunesse en tant qu’étudiante à la fin de la Révolution Culturelle : son rêve d’enfant était de devenir médecin. Malheureusement, la Révolution impose aux étudiants d’aller se « ressourcer » dans les campagnes et de faire un travail manuel. Elle se retrouve alors dans un petit village du Guangxi à piquer le riz et à pousser la charrue.

 

Un beau jour, le maire du village vient lui annoncer une nouvelle merveilleuse : elle est convoquée par une université ! Wei Wei s’imagine déjà étudiante en médecine. Mais, surprise : les universitaires lui demandent d’étudier le français pour les besoins de l’Etat ; la Chine a besoin d’interprètes pour une mission humanitaire en Afrique francophone !!!

 

Wei-Wei n’a pas le choix : elle doit se plier aux injonctions de l’Etat  et oublier ses rêves de petite fille.

 

La voila donc en apprentissage forcé du français, apprentissage plutôt bizarre : marches militaires et traduction de slogans. Un jour, en pénétrant dans une bibliothèque, elle découvre des trésors et ouvre Les Misérables de Victor Hugo. Puis vient la révélation de la bibliothécaire : les textes en français étudiés en classe sont des traductions de textes politiques chinois !

 

Wei Wei va donc passer outre l’idéologie et découvrir clandestinement notre culture et notre langue dans les grands classiques : Hugo, Baudelaire, Balzac, Gide….Le premier texte lu sera Les Misérables ! La passion de la culture française est en train de naître ….

 

L’écrivain nous livre ainsi ses difficultés à apprendre la langue française mais aussi l’immense plaisir qu’elle éprouve. Les passages les plus intéressants sont ceux où elle compare les deux langues : lorsqu’elle ne comprend pas que nous conjuguions les verbes en plusieurs temps, quand elle n’arrive pas à distinguer les noms masculins et féminins….

 

Au contraire, elle trouve la langue française très pauvre dans certains cas : pour les Chinois, il y a un mot différent pour dire « oncle » : le frère aîné ou cadet du père, de la mère….

 

Elle rattache ces différences à une philosophie différente : deux conceptions différentes du temps (en Chine, on ne peut influer sur le temps contrairement à l’Occident) ; les chinois ont le respect des hiérarchies familiales alors que l’Occident compte surtout sur les individualités.

 

On retrouve le même schéma que dans Balzac et la petite tailleuse chinoise de Daï Sijie : Wei Wei découvre la littérature française et trouve le chemin de son émancipation : elle refuse de se marier avec un garçon « imposé » par ses parents et trouve l’amour avec un jeune étudiant. Le roman prend alors des allures de roman d’apprentissage.

 

Un bon petit roman très réaliste sur l’histoire contemporaine chinoise.

 

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