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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 09:01

Chine, 1943

 

Le jardin du repos

Editions Robert Laffont "Bibliothèque Pavillons", 2005

 

Pa Kin, l'auteur centenaire (1904-2005), est l'un des plus grands auteurs chinois du 20e siècle avec Lao She. Il a séjourné en France où il a étudié la Révolution française avant de retourner en Chine. Anarchiste et libertaire, il fut "rééduqué" lors de la Révolution Culturelle avant d'être cité plusieurs fois pour le Prix Nobel.

Son récit la plus importante, Famille est représentatif de toute son oeuvre qui s'attache à faire le portrait du déclin de "l'ancienne société" des propriétaires terriens. D'ailleurs, la postface du Jardin du repos cite "la fierté des habitants de la Chine nouvelle, débarrassés de leurs vieilles cangues".

 

Le jardin du repos, récit éminemment nostalgique et poétique, désigne justement le jardin d'une grande demeure  qui fut vendue par une famille déshonorée et ruinée. Le narrateur, l'écrivain Monsieur Li, nous raconte l'histoire de ce lieu et de ses occupants : il est l'ami du nouveau propriétaire du lieu. Yao lui propose de venir habiter chez lui  : il y fait connaissance de sa femme, la douce Zhaohua, des serviteurs, du fils Xiao et....du petit Yang, l'enfant mystérieux qui vient cueillir des camélias dans le jardin du repos...

 

Monsieur Li cherche à découvrir le secret de cet enfant si sensible. Il le suit jusqu'au temple du Grand Immortel où l'enfant dépose les camélias et rejoint un mendiant. Monsieur Li va peu à peu découvrir le secret de la famille Yang, les anciens propriétaires de la demeure et du jardin...

 

Il va découvrir des familles rongées par l'amour de l'argent et du matérialisme. Le narrateur, la délicieuse Zhaohua et le petit Yang symbolisent l'empathie, l'humain face à des êtres pervertis par les désirs matéralistes qui causent leur ruine. Monsieur Li tentera d'aider le petit Yang et aussi la douce Zhaohua qui tente de remettre sur le droit chemin son beau fils, l'intrépide Xiao, qui quitte l'école pour les jeux et les fêtes.

 

Ce magnifique roman est une ode à l'amitié, à la poésie et à la littérature. Le jardin du repos, magnifique (saluons les descriptions des bassins de poissons et de la nature environnante : saules, camélias...) symbolise l'amour du prochain. C'est le lieu du recueillement et du souvenir de l'enfance. Saluons les descriptions "zen", si typiques de la littérature asiatique.

 

Le thème n'est pas révolutionnaire ! Le manichéisme de l'argent, du matérialisme face à l'amour du prochain, désintéressé. Mais c'est dit avec tant de délicatesse, de tact, que ce récit nous laisse un souvenir impérissable. Les personnages sont aussi attachants les uns que les autres : le petit Yang et son amour sans faille pour son père déchu, le narrateur qui noue une amitié indéfectible avec son hôte et sa femme, Zhaohua, l'âme au coeur empathique, incomprise dans un monde dominé par l'appât du gain.

 

Descriptions de la nature alternent avec les dialogues qui laissent transparaître l'humanité des personnages, leurs désirs, leurs doutes.

Saluons la mise en abîme de la figure de l'écrivain, figure empathiquie par excellence, qui comprend l'âme et se met à la place des autres. Dans ce roman, il apparaît comme étant la figure de l'ami par excellence, de l'humain. De très belles phrases sont à retenir :

"...il y a quelques années, vos livres me tenaient lieu de professeur et d'ami...Une fois chez les Yao, j'ai eu beaucoup de temps libre, et quand Songshi sort et que je suis seule, je n'ai que la lecture pour dissiper mon ennui. j'ai lu de nombreux romans ; ...Tous ces livres m'ont ouvert un univers. Autrefois, mon monde se réduisait à deux maisons, une école et quelques rues. Ce n'est que maintenant que je sais l'existence d'un si grand nombre d'hommes et de femmes autour de moi, ce n'est que maintenant que je pénètre le coeur des hommes et que je comprends ce que signifient malheur et souffrance. Je sais maintenant ce qu'est la vie. Parfois, je me mets à pleurer de joie, parfois ma tristesse n'engendre qu'un rire stupide. Que je pleure ou que je rie, après, j'ai toujours l'impression d'un grand soulagement. La compassion, l'amour et l'assistance ne sont plus des mots vides, mon coeur est lié aux autres : si l'on rit, je suis heureuse ; si l'on pleure, je suis triste. Je vois comme la souffrance et le malheur sont grands parmi les hommes, mais j'y vois encore davantage d'amour. Il me semble entendre dans les livres des rires de reconnaissance et de satisfaction. Mon coeur souvent s'adoucit comme au printemps"

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