Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
  • Contact

Bienvenue sur mon Blog !




Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Recherche

31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 09:42

Editions POL 1990

La Pluie d'été

Récit tiré du film "Les enfants" (1984)

Ce récit est sûrement l'un des moins connus de Duras. Il occupe une place très particulière dans son oeuvre : s'il y a bien une histoire d'amour, entre frère et soeur (c'est déjà le cas par exemple dans Agatha ), on note ici un certain "ancrage sociologique" : si les personnages sont somme toute assez fantomatiques (passé nébuleux, âge indéfini), l'histoire se situe dans un lieu précis, et non maritime, comme c'est souvent le cas chez Duras ; nous sommes à Vitry, au bord d'une autoroute, près d'un terrain vague, dans une famille d'immigrés, vivant des allocations.

Il y a le père et la mère, venus en France tardivement, Ernesto et Jeanne les deux aînés et les autres "brothers et sisters". Ils vivent à l'écart de tout, leurs enfants sont livrés à eux-mêmes, ils ne vont pas à l'école.

Parfois, on ramasse des livres près des poubelles et ...Ernesto se met à lire, alors qu'il n'a jamais appris à lire...Il se met à raconter l'histoire de David, le roi d'Israël à ses brothers et sisters. Devant un tel prodige, l'instituteur conseille aux parents de mettre Ernesto à l'école.

Mais, après quelques jours, il veut quitter l'école, car comme il dit "parce qu'à l'école, on apprend des choses que je ne sais pas". Ernesto, le génie, devient la curiosité de la ville, des médias, de la France entière....

Qu'a-t-il voulu dire ? Ernesto est présenté comme un enfant entre "onze et vingt ans". C'est un être à part, déjà trop grand, qui a tout compris au monde, qui a appréhendé la compréhension de l'univers et qui maintenant a perdu espoir, a peur, car, "le monde, ce n'était pas la peine".

Ernesto est le double du roi d'Israël qui a tout appréhendé et qui a compris que "tout est vanité des vanités et poussière du vent" ; Ernesto a été saisi, il a l'intuition du monde incomplet ; l'école ne peut donc rien lui apporter....hormis la peur, car il a compris qu'il manquait quelque chose au monde, qu'il était loupé....

Grandeur de l'intuition, de la porosité avec le monde face à l'autorité futile des institutions de la société...Pauvreté, solitude, marginalisation d'êtres immigrés. Mais c'est derniers, marqués par l'intuition, n'en sont que plus grands, ils sont à part.

Jeanne suit les pas de son frère et vit un amour incestueux avec lui mais ce paradis va prendre fin après la pluie d'été....Car, c'est la fin de l'enfance, ce paradis où l'on avait pas tout encore saisi...

Duras héroïse ces personnages à part, à priori en deçà de la connaissance, mais qui éprouvent, qui sont éblouis...Quand à la mère, elle se réfugie dans les souvenirs russes de la Neva enneigée...mais le paradis va prendre fin...

Poésie de la marginalité, poésie de l'incomplétude du monde, du vide et du manque que l'on ressent car la connaissance est poursuite du vent...Ernesto, le génie, a grandi trop vite et a saisi le vide de l'existence.

Duras fait alterner dialogues, narration ; on a l'impression que si, effectivement, l'auteur ancre plus que d'habitude son histoire dans un milieu sociologique, c'est pour mieux les en extraire, les placer au delà du monde, au dessus pour mieux l'appréhender. Et la société, elle, ne comprend pas, se montre perplexe....

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Frédéric 02/09/2010 22:28



Bonjour,


 


merci pour le texte sur La pluie d'été de Duras : très éclairant.


Je crois avoir repéré une faute d'orthographe : " c'est derniers" pour "ces derniers". Cela arrive à tout le monde.


Cordialement


FL



b darnal 11/07/2010 10:44



Petit complément d'information. Il existe une version jeunesse de cette histoire : "Ah Ernesto" dont les illustrations ont été confiées à Bernard Bonhomme. L'éditeur est Harlin Quist, 1971.


http://ruyvidal.blog4ever.com/blog/lirarticle-16310-58075.html


 


 



Christophe 14/04/2009 12:09

Cher Jean-Marc,permettez moi de mettre en doute votre esprit critique.Que vous n'aimiez pas Margueritte Duras peut se comprendre ,mais delà a l'insulter sans autre argument que de banales remarques dignes de lycéens (wouarf? le vide!) et votre état gastrique  c'est prendre pour des imbeciles des milliers de personnes: lecteurs, intellectuels, critiques et artistes....qui ont analysé,expliqué,décortiqué,argumenté et créé à partit d'une oeuvre litteraire qui visiblement vous dépasse.

Sylvie Numéro 2 28/11/2008 21:32

De tous ces échanges, je retiens qu'il faut que je me procure "Carnets de la Guerre".
Et puis pour Jean-Marc, les gouts et les couleurs ne se discutent pas. Plus que l'histoire, chez Duras, c'est la musique des mots que j'aime. Je lis avant de m'endormir et je m'endors bercée par ses mots... Ca suffit pour que je la range parmis mes auteurs préférés.
 

JEAN MARC 26/11/2008 23:15

Vous avez raison, elle n'est pas seulement que vulgaire, elle est aussi insignifiante, dans le plus pur sens du mot, à savoir qu'elle ne signifie rien. Le vide. C'est l'escroquerie littéraire du 20 ème siecle.
En passant, je vous conseille une lecture récente "Comme Dieu le veut" de Niccolo Ammaniti.
Bonne soirée