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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 22:12

ETATS-UNIS



Editions Gallimard "Du monde entier", 1981

John Edgar Wideman, né en 1941, est l'un des plus importants écrivains noirs américain après James Baldwin et Toni Morrison. Fils d'éboueur de Homewood, le  ghetto de Pittsburg, il est l'auteur d'une oeuvre abondante qui est un hommage à la mémoire afro-américaine.

Damballah est le premier volet de la trilogie de Homewood consacrée justement à l'histoire d'une famille noire de ce ghetto (histoire largement autobiographique)  de 1840, lorsqu'un couple mixte composé une esclave et du fils d'un maître s'installe à Pittsburg, à nos jours. Dans ce roman, pas d'intrigues linéaires, chronologiques. Au contraire, l'image d'une toile d'araignée est évoquée , celle qui rassemble plusieurs voix qui tentent de sauver de l'oubli une mémoire familiale bicentenaire. Chaque chapitre est consacré à un personnage, le plus souvent des femmes : l'aïeule raconteuse d'histoires, la fille mère, la mère d'un taulard mais aussi une chanteuse de blues, une fillette qui tente de sauver son père alcoolique. Un vendeur de glace qui trouve un cadavre de bébé dans la neige et un délinquant qui erre dans les rues.

Cet oratorio de voix donne à ce magnifique roman un air de complainte et d'épopée lyrique. L'influence du gospel est certaine ; ces voix déchirantes en appellent à un Dieu miséricordieux de l'Eglise Méthodiste et aussi à Damballah, le dieu vaudou des africains.

Chaque voix évoque souvent un épisode dramatique de l'existence qui place les âmes au bord de la déréliction. La parole est retranscrite grâce à une narration omnisciente ou à des dialogues. Mais le plus souvent, ce sont des monologues qui retranscrivent de façon très lyrique les émotions des personnages. On peut alors parler de véritable chant poétique dont les influences vont du gospel au rap, du vaudou africain au récit biblique.

On appréciera la divervité des tonalités, allant de la tragédie au burlesque (un sans abri qui s'effondre dans un tas de pastèques...).

Le lecteur peut être déstabilisé par la multitude de personnages et l'absence d'intrigue centrale. Plus qu'un roman, ce récit est un chant poétique qui célèbre, par delà la douleur, l'espoir et la grandeur humaine face au silence des dieux.

"

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commentaires

Marion 27/10/2008 12:59

Bonjour, Je suis chef de la rubrique Lectures du site féminin www.elleadore.com, je souhaiterais vous contacter directement, pourriez-vous m'envoyer un e-mail à marion.wyss@elleadore.com ?A bientôt !Marion

Gangoueus 27/10/2008 01:09

Encore une découverte pour moi. Votre blog est une mine d'or, je l'ai souligné sur le mien dans le cadre du tag I love your blog.Bonne semaine.

Sylvie 27/10/2008 17:12


Merci beaucoup pour votre fidélité !


Pierre 26/10/2008 20:28

"Homme invisible pour qui chantes tu ?" C'est le roman auquel P.Everett fait sans cesse référence dans "Effacement"A lire. ++ Un article de Télérama sur Everett & Withehead cette semaine ++

Sylvie 27/10/2008 17:13


Effectivement, j'ai lu cet article très intéressant qui réfute l'idée de "black fiction"


Pierre 26/10/2008 18:37

Il faut lire TOUT Wideman. Et puis ensuite, lire Percival Everett et entre les deux, relire Ralph Ellison. Cerise sur le gateau, lire Colson Witehead, pour le plaisir.

Sylvie 26/10/2008 19:28


J'ai bien l'intention de lire la Trilogie de Homewood. J'adore Witehead et Everett, par contre, je ne connais pas du tout Ralph Ellison. L'occasion de découvrir...Merci pour ce conseil !