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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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27 mars 2006 1 27 /03 /mars /2006 23:35

Verticales, 2006

 

 

Prix France-Culture –Télérama 2006

Voici de la « littérature –vérité » née sous la plume de François Bégaudeau, professeur de français dans un collège multiethnique du 19e arrondissement de Paris. Ce dernier s’était déjà fait remarquer par son premier roman Jouer juste.

Il a décidé cette fois-ci de lier ses deux métiers et d’écrire sur sa vie de prof. Au lieu de nous servir de longs discours sur l’inefficacité de l’éducation nationale, Bégaudeau choisit de n’écrire que des dialogues directement tirés de son expérience sur une année ; les scènes dans la classe alternent avec les tragi-comédies dans la salle des profs. Il s’agit d’un brut de décoffrage livré tel quel, sans jugement péjoratif.

Si bien que nous avons l’impression d’assister à de multiples petites scènes de théâtre hilarantes : l’auteur reproduit à l’identique les tics de langage des élèves avec leurs fautes d’orthographe. Inversement de propositions, abréviations, verlan, langage parlé ! Tout y est. Et pour avoir été prof, je peux vous dire que c’est très réaliste !

Le tout est très drôle : on se dit que les pédagogues sont un peu fêlés quand ils veulent apprendre l’imparfait du subjonctif à une classe de nouveaux arrivants…De même pour les métaphores et l’ironie. Sauf que là, ils comprennent : lorsque le prof demande à ses élèves d’inventer une phrase ironique, une fille lui sort « Vous êtes beau , Monsieur » ou « Le prof n’est pas là, quel dommage ! »

Mais il n’y a pas que dans la classe que nous sommes dans un monde de fou : le discours de la conseillère d’orientation qui essaie de faire remplir le dossier d’orientation à des élèves est un moment d’anthologie ! De même  dans la salle des profs, lorsque les collègues de l’auteur se battent avec la photocopieuse et la machine à café. Bégaudeau retient également les tics de langage des professeurs tels que ‘Oh là là , cuis la ! » en parlant d’un élève ou « Ah, la 4e 2 ! » .

Ce roman est d’abord un formidable travail sur la langue et l’oralité qui n’est pas sans rappeler le travail de Zola au 19e siècle qui compulsait dans un carnet le vocabulaire populaire des ouvriers.

 Bégaudeau traite sur un pied d’égalité profs et élèves. On note dans les deux « camps » la même attention portée aux vêtements (bonnets, tee-shirts avec inscriptions…) D’autant plus que parfois, le langage des élèves contamine celui des profs (le narrateur se fait surprendre par une élève à employer le mot « pétasse » !) Personne ne ressort indemne de ces saynètes. Le lecteur éprouve une étrange sympathie pour ce monde de fous !

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