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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 22:32

ETATS-UNIS

Le bûcher de Times Square

Editions du Seuil "Fictions et Cie", 1980

Robert Coover, écrivain américain de premier plan, est connu pour ses fresques irrévérencieuses sur les travers de l'Amérique. Il est considéré avec Thomas Pynchon et William Gass comme l'un des fondateurs du roman post-moderne et récuse à ce titre toute idée de réalisme. Ses fictions oscillent toujours entre tragédie et burlesque.

Ce roman est son titre le plus connu ; il prend pour point de départ l'un des plus grands scandales politiques américains du 20e siècle, à savoir la condamnation à mort des époux Rosenberg pendant la Guerre de Corée en 1953, pour avoir soit disant livrer le secret de la bombe atomique à l'URSS. Le roman relate de manière burlesque les trois jours qui ont précédé leur mort sur la chaise électrique. La chasse aux sorcières, la guerre de Corée, la nouvelle croisade contre les impies d'Eisenhower et de Nixon. Coover s'inspire de faits réels (la biographie des deux juifs communistes, les différentes étapes du procès) pour faire de cette fable foraine un examen clinique de la politique-spectacle des Etats-Unis. 

Il imagine que les autorités américaines ont concocté une exécution à grand spectacle où sont convoquées toutes les grandes figures de la culture américaine, de Mickey à Cecil B De Mille, de Laurel et Hardy à des chanteurs mythiques. Tous se rassemblent autour du bûcher de Times Square pour célébrer la victoire de l'Oncle Sam (qui symbolise l'esprit américain) contre le Spectre (le communisme).   Car dans cette immense foire, les idées sont personnifiées. Le mythique Oncle Sam avec son grand chapeau, sa barbichette et son accent texan incarne l'esprit américain obsédé par  la persécution des ennemis de l'Amérique, en l'occurrence les communistes. Il apparaît comme une marionnette foldingue qui se contrefout d'un procès bâclé, des fausses preuves...Ce qu'il veut, c'est trouver une incarnation, c'est à dire un nouveau président pour défendre ses idées. Il se trouve qu'il a choisi d'introniser Richard Nixon, pour l'instant vice-président.

Cette intronisation, qui dure pendant les trois jours qui précèdent l'exécution des Rosenberg, ne vont donc pas être de tout repos pour Nixon ! D'autant plus qu'un juge de la Cour Suprème , contre l'avis des autres juges, a accepté l'appel des condamnés à mort. Les juges sont donc obligés de revenir de vacances...

Les chapitres font alterner une narration omnisciente avec l'histoire contée par Nixon qui nous fait vivre à l'instant T son parcours du combattant : comment va-t-il faire pour convaincre les juges, liquider les démocrates...En même temps, il se souvient de ses souvenirs d'enfance, de son mariage, de ses premiers émois sexuels et co^mpare son itinéraire avec celui de Julius et Ethel Rosenberg. Je ne vous dit pas tout mais sachez que le discours de Nixon réserve bien des surprises graveleuses !Tous les personnages ressemblent à des pantins burlesques mus par une folie meurtrière non justifiée. Sexe, violence, mauvaise foi sont au rendez-vous.

La condamnation devient une grande fête foraine rassemblant tout le gotha mondain ; les chansons folkloriques se succèdent, tous les grands personnages représentatifs de la culture américaine.

Bien sûr, on peut parler d'outrance. Mais ce qui est génial, c'est que c'est du caricatural, de l'aspect farcesque que naît la vérité de la pensée américaine. Coover ne cherche pas à défendre les communistes mais au contraire à mettre en relief une société manichéenne qui ne vit que dans le conflit. Ce récit est d'autant plus universel et intemporel que l'on pourrait remplacer le spectre communiste d'hier par l'islamism d'aujourd'hui. On est en effet frappé de la similitude entre les discours d'Eisenhower et ceux de Bush. A travers la fiction, Coover se fait l'analyste de la logorrhée américaine. Du pur divertissement et en même temps une fine analyse de la politique américaine qui a toujours eu besoin d'un ennemi pour exister.

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commentaires

leunamme 14/09/2008 14:18

Sujet historique et politique, ce livre avait tout pour me plaire. Pourtant, je ne suis pas rentré dedans. Je ne sais, trop confus, peut-être.Cependant, je reconnais le talent d'écrivain indéniable de l'ateur.