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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 20:20

ETATS-UNIS, 2007


Editions de l'Olivier

Est-il encore utile de présenter ce titre sur la blogosphère ? Abondamment critiqué dans la presse et sur les blogs, ce roman est considéré comme un pur chef d'oeuvre. Et c'est le cas.

Ce roman est d'autant plus marquant pour moi que je n'avais pas été conquise par McCarthy, considéré comme le plus grand écrivain américain actuel avec Philip Roth, Thomas Pynchon et Don De Lillo. Des personnages et des intrigues très flous me gênaient. Je n'ai pas non plus été marquée plus que cela par Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme, adapté au cinéma par les Frères Coen.

Et là je m'incline avec respect !

Dans un univers post-apocalyptique où le monde est recouvert des cendres, où la nature est absente, où des hordes de sauvages massacrent les survivants, un homme et son fils parcourent une route pour atteindre la mer, le seul espoir d'une vie meilleure. Avec pour tout bagage un sac à dos,un caddie et un revolver, ils s'avancent sur la route à la recherche de nourriture et d'un toit provisoire pour dormir. Sur 250 pages, le roman ne raconte que ces actions...et surtout l'amour désespéré d'un père pour son fils.

Le petit, qui n'a jamais connu le monde d'antan n'a que les souvenirs et les histoires que lui raconte son père pour s'en faire une idée. Et ce qui est le plus troublant est que l'enfant incarne à lui seul les valeurs humaines dans un monde déserté de Dieu. En effet, il conseille à son père de donner à manger aux quelques rescapés qui croisent, il refuse de tenir le revolver. Il incarne "les gentils" comme il le dit à plusieurs reprises. L'influence biblique est indéniable : l'enfant porte le feu sur la route ; il incarne l'espoir, la survivance de l'homme après l'apocalypse. Il est sur la route pour rejoindre les éventuels survivants de la race humaine au sens noble du terme. D'ailleurs, à plusieurs reprises, on parle de lui comme un ange.

Pourquoi ce roman fascine tant ? Il touche d'abord à l'universel. Ce qui m'a gêné le plus dans les précédents titres de MacCarthy est ce qui est le plus fort dans ce titre. Nous ne savons pas pourquoi le monde est dévasté. Nous ne savons où l'on est, ni quand, les deux personnages ne sont pas nommés, c'est "l'homme" et "l'enfant". Et justement, le lecteur en est d'autant plus touché. Les personnages incarnent de manière universelle la relation fusionnelle père-fils. Le lecteur s'immerge sans contrainte dans ce monde.

Il y a d'autre part une construction narrative tout à fait moderne ; aucun chapitre ; au contraire, des paragraphes descriptifs qui décrivent les paysages et les actions des deux personnages ; entre des dialogues très épurés, très courts entre le père et le fils. La peur, l'envie de la mort, l'espoir. Là encore des universaux.

Comment une intrigue qui raconte la même chose sur plus de deux cents pages fascine tant ? Deux paradoxes à mon sens m'ont émerveillés : un enfant qui n'a pas connu le monde humain est le seul à incarner ses valeurs. Il y a aussi ce paradoxe entre une noirceur atroce et une lumière des plus pures.

Car je pense que ce roman incarne un profond optimisme : c'est un message d'amour fou d'un père à son fils qui incarne le feu de l'espoir, de la vie. D'ailleurs, MacCarthy a dédié comme par hasard ce livre à son jeune fils...

Un chef d'oeuvre qui met sur un piédestal l'amour filial.

Voir sur mon blog les critiques du Gardien du verger et De si jolis chevaux

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commentaires

Arthur 19/11/2008 03:21

J'ai découvert récemment cet auteur grâce à une critique... disons sensorielle.Je ne regrette pas. Beaucoup de courage pour écrire tout ça, autant pour le lire.

Gangoueus 24/05/2008 00:13

Bonjour Sylvie,Je partage complètement ton magnifique commentaire.@+

charlotte 15/05/2008 15:48

Bonjour,c'était le premier roman de McCarthy que je lisais, et je n'ai vraiment pas été déçue. Dans cet univers désolé, l'amour absolu de ce père pour son enfant m'a vraiment bouleversé.Merci à l'auteur de savoir faire naître de telles émotions

JEAN MARC 06/05/2008 23:57

Salut SylvieJe reviens après quelques temps d'absence - Je partage complétement ta critique de ce très beau livre, a lire également du même auteur méridien de sang, anti western où plus rien ne compte sauf l'évidence de l'instant, cette évidence qui nous reste comme un vieux palimpseste - la vie, la mort , la vie, la mort- plus rien ne compte...J'ai eu également un peu de mal avec no country for old man...J'ai suivi ton conseil et ai lu "portrait de l'écrivain en animal domestique" de Lydie salvayre - bon, à vrai dire je n'en garde pas un souvenir impérissable - j'ai un peu de mal à croire en Tobolt, le trait est un peu gros - j'ai préféré sous l'angle second degré le livre de Reza...voire le livre de Reinhard sur la critique du cynisme du libéralisme.A titre complétement anecdotique, je te conseille également "Monsanto - une multinationale qui vous veut du bien" de Marie Dominique Robin. Je passe sur l'excellent travail journalistique (quelle enquête !!!) - il s'agit là d'un véritable contrepoids aux discours lénifiants sur les OGM...A lire absolument...Et puis quelques autres livres, pendant cette absence, mais rien qui ne vaille la peine d'écrire.

Sylvie 08/05/2008 15:14


De Salvayre, je te conseille plutôt La Compagnie des spectres et La puissance des mouches, ses deux meilleurs. Il faut que je lise Méridien du sang, tu n'est pas le premier à me le conseiller !
Merci pour Monsanto, j'ai vraiment envie de le lire !
je vais me lancer dans La famille royale de Vollmann, l'un des grands écrivains américains actuels.


canthilde 30/04/2008 12:24

Une lecture fascinante pour moi aussi, même si  je ne crierais pas au chef d'oeuvre.  Les références bibliques me gênent plus qu'autre chose, et les dialogues jouaient un peu trop sur l'émotion.

Sylvie 30/04/2008 19:06


Justement, l'émotion est très présente mais tout en retenue, en évitant le misérabilisme.