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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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15 février 2006 3 15 /02 /février /2006 23:15

Lorsque je vous ai demandé de me citer vos textes d'amour préférés, Douja m'a parlé de Bérénice.

Il est vrai que Racine a exalté, mieux que tout autre dramaturge classique, les affres de la passion. Le dilemne racinien oppose la passion et le pouvoir qui semblent incompatibles. La passion est toujours synonyme de folie et conduit à la mort (c'est le cas de Phèdre, l'épouse du Roi Thésée, qui est amoureuse de son beau-fils Hyppolyte; cette passion contre-nature, conçue comme une fatalité, est condamnée d'avance)

Tout au contraire, Bénénice exprime le renoncement à l'amour: Bérénice, reine de Palestine est amoureuse de l'Empereur romain Titus. Mais la loi romaine interdit à Titus d'épouser une princesse étrangère. Pour assurer la gloire et le pouvoir à son ien-aimé, Bérénice s'éloigne et renonce à son amour...

Ces pièces sont sublimes; l'amour exprimé lors de belles tirades sont de véritables petits bijoux de poésie.

Je vous laisse relire ces petits joyaux ou les découvrir...

 

PHEDRE (1677)
Acte I, scène 3

PHEDRE 

Mon mal vient de plus loin. A peine  au fils d'Egée
Sous les lois de l'hymen je m'étais engagée,
Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
Athènes me montra mon superbe ennemi.
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
Je sentis tout mon corps et transir
et brûler ;
Je reconnus Vénus 
et ses feux redoutables,
D'un sang qu'elle poursuit
tourments inévitables
Par des vœux assidus je crus les détourner :
Je luis bâtis un temple, et pris soin de l'orner ;
De victimes moi-même à toute heure entourée,
Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
D'un incurable amour remèdes impuissants !
En vain sur les autels ma main brûlait l'encens :
Quand ma bouche implorait le nom de la Déesse,
J'adorais Hypolite ; et le voyant sans cesse,
Même au pied des autels que je faisais fumer,
J'offrais tout à ce Dieu que je n'osais nommer.
Je l'évitais partout. O comble de misère !
Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père
Contre moi-même enfin j'osai me révolter :
J'excitai mon courage à le persécuter.
Pour bannir l'ennemi dont j'étais idolâtre,
J'affectai les chagrins d'une injuste marâtre ;
Je pressai son exil, et mes cris éternels
L'arrachèrent du sein et des bras paternels.
Je respirais, Oenone ; et depuis son absence,
Mes jours moins agités coulaient dans l'innocence.
 

 

Bérénice (à Phénice)Acte I- scène 5

Le temps n'est plus, Phénice, où je pouvais trembler.
Titus m'aime, il peut tout, il n'a plus qu'à parler :
Il verra le sénat m'apporter ses hommages,
Et le peuple de fleurs couronner ses images.
De cette nuit, Phénice, as-tu vu la splendeur ?
Tes yeux ne sont-ils pas tout pleins de sa grandeur ?
Ces flambeaux, ce bûcher, cette nuit enflammée,
Ces aigles, ces faisceaux , ce peuple, cette armée,
Cette foule de rois, ces consuls, ce sénat,
Qui tous de mon amant empruntaient leur éclat ;
Cette pourpre, cet or, que rehaussait sa gloire,
Et ces lauriers encor témoins de sa victoire ;
Tous ces yeux qu'on voyait venir de toutes parts,
Confondre sur lui seul leurs avides regards ;
Ce port majestueux, cette douce présence.
Ciel ! avec quel respect et quelle complaisance
Tous les cœurs en secret l'assuraient de leur foi !
Parle : peut-on le voir sans penser comme moi
Qu'en quelque obscurité que le sort l'eût fait naître,
Le monde en le voyant eût reconnu son maître ?
Mais, Phénice, où m'emporte un souvenir charmant ?
Cependant Rome entière, en ce même moment,
Fait des vœux pour Titus, et par des sacrifices,
De son règne naissant célèbre les prémices .
Que tardons-nous ? Allons, pour son empire heureux,
Au ciel qui le protège offrir aussi nos vœux.

(…)

 

 

 

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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commentaires

dda 16/02/2006 22:06

Et ce passage-là - Acte IV, scène 5.
Titus vient de dire à Bérénice qu'il lui faut régner mais sans elle. Bérénice de répondre :
"Hé bien ! régnez, cruel ; contentez votre gloire :
Je ne dispute plus. J'attendais, pour vous croire,
Que cette même bouche, après mille serments
D'un amour qui devait unir tous nos moments,
Cette bouche, à mes yeux s'avouant infidèle,
M'ordonnât elle-même une absence éternelle.
Moi-même, j'ai voulu vous entendre en ce lieu.
Je n'écoute plus rien, et pour jamais adieu.
Pour jamais ! Ah ! Seigneur, songez-vous en vous-même
Combien ce mot cruel est affreux quand on aime ?
Dans un mois, dans un an, coment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
Que le jour recommence et que le jour finisse
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ?
Mais quele est mon erreur, et que de soins perdus !
L'ingrat, de mon départ consolé par avance,
Daignera-t-il compter les jours de mon absence ?
Ces jours, si longs pour moi, lui sembleront trop courts."
La mise en page gâche un peu la lecture. Mais je vous assure que c'est magnifique.