Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
  • Contact

Bienvenue sur mon Blog !




Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Recherche

Archives

10 mars 2008 1 10 /03 /mars /2008 17:01
ETATS-UNIS



Editions Gallimard "Du monde entier", 2007

Dernièrement, je vous avais parlé de Ballades pour John Henry, le deuxième roman fleuve  de Colson Whitehead ; avec ce dernier opus, Whitehead s'affirme sans doute comme l'un des écrivains les plus critiques de la société de consommation actuelle. Ce dernier roman gagne en précision, en clarté et donc en efficacité. 

Au coeur du récit, encore un thème brillant d'originalité : le personnage principal, un afro-américain,  est un "consultant en nomenclature" : il est chargé par la société de publicité qui l'emploie de trouver des noms clinquants aux produits pour qu'ils se vendent !

Il s'est imposé dans le métier en inventant le sparadrap multiculturel Apex, un sparadrap multiculturel de la même couleur que la peau du blessé : un bon moyen d'oublier sa blessure et son origine ethnique !

Mais Apex lui a joué des tours : après s'être cogné l'orteil, il le protège du prestigieux Apex mais ce dernier produit une réaction chimique ! Depuis, il boîte...

Après quelques mois sabbatiques, notre consultant est recontacté par sa boîte pour être dépéché dans une petite bourgade américaine provinciale, baptisée Winthrop. Mais un investisseur a colonisé les lieux et depuis la petite ville est en plein essor économique si bien que l'on veut la renommer New Prospera. Cela fait quand même plus marketing et ce nouveau nom est susceptible d'attirer les jeunes et les cadres dynamiques ! Mais voila que le maire noir  et le descendant de Winthrop ne sont pas d'accord. Le consultant est chargé d'aller sur les lieux, d'arbitrer ce conflit...et de donner raison à l'investisseur. New Prospera fait vendre !

Mais notre consultant perd bien vite ses certitudes car derrière les démarches commerciales destinées à faire la publicité de la ville, se cache un conflit entre le maire noir de la ville, descendante des fondateurs de la ville fondée par des esclaves libérés et le descendant de l'ancêtre Winthrop, un magnat local du barbelé qui avait assuré jadis la prospérité de la ville. 

Le descendant de Winthrop, Madame La Maire et l'investisseur s'opposent sur le nom à donner...et le consultant découvre le passé occulté de la bourgade. A travers l'histoire de la ville, le consultant dévoile le mal, le secret bien gardé, que l'on voudrait cacher comme Apex cache une blessure, comme un beau mot cache la vérité, la nature de la chose, comme la publicité cache la vérité des produits...

En plus d'une satire acerbe sur le monde de la publicité et de la société de consommation, Whitehead nous livre une belle réflexion sur la nature du langage qui camoufle la nature des choses et des gens. C'est un instrument de manipulation au service des idéologies.

A travers une intrigue extrèmement divertissante, l'auteur dévoile également une partie cachée de l'Histoire de l'Amérique, celle des esclaves noirs.

L'ensemble du récit fonctionne sur un manichéisme vérité/mensonge : tout comme l'histoire véritable du nom de la ville est occultée, le pansement Apex occulte la blessure et le langage occulte également la nature des choses. 

Whitehead est aussi maître dans l'art du suspense : le consultant enquête sur l'histoire cachée de la ville et l'on découvre peu à peu le secret de sa blessure.

C'est drôle, c'est cinglant, c'est intelligent . Du grand art !

"Un nom qui toucherait au coeur de la chose : voila qui serait miraculeux. Mais jamais il ne toucherait au coeur de la chose, il se bornait à coller un pansement dessus pour contenir le pus. Quel est le mot, se demanda-t-il, qui désigne cette chose fuyante ? Il l'avait sur le bout de la langue. Quel est le nom qui désigne ce qui reste toujours hors de notre portée ? Comment appelle-t-on ce qui nous échappe ?"

Réponse à la fin du livre !

Partager cet article
Repost0

commentaires

L

Bonjour,

Je trouve votre blog très bien fait, et j'ai souvent eu l'occasion de venir y prendre des bons conseils de lecture. Je suis étudiante en journalisme. Je dois faire un bref travail en anglais sur
l'auteur américain Colson Whitehead, qui est venu à ma faculté parler notamment de son dernier roman "Apex", dans le cadre du Festival des belles Etangères qui portait sur les USA cette année. Je
souhaite faire une petite présentation sur la représentation de la communauté noire dans son oeuvre. Que pouvez-vous dire à ce sujet concernant "Apex". Vous faites brièvement allusion à une "partie
cachée de l'histoire des USA, celle des esclaves noirs". Pourriez-vous m'en dire plus ? Vous pouvez me répondre par mail. Merci.


Répondre
V
Ayant lu ce livre en Anglais, et le trouvant fort bien, je suis fortement troublée par votre description qui ne correspond pas vraiment à ce que j'ai lu. La traduction est donc si mauvaise que cela?
Répondre
C
Merci pour le conseil : j'ai vérifié sur le site de ma médiathèque : ils ont le livre! 
Répondre
C
Ce livre me semble très intéressant ! Il me semble que notre l'époque entre dans une logique d'euphémisation, voire d'oubli pur et simple de l'histoire, notamment celle de l'esclavage. La réflexion sur les mots est aussi importante.
Répondre
J
Je n'ai aucune compétance dans la gestion d'une bibliothèque ou d'un comité de lecteurs, ayant déja beaucoup de mal à me gérer en tant que lecteur...En réponse à votre post, et si je peux me permettre, j'ose néanmoins vous conseiller mon coup de coeur 2008 "Clara et la pénombre" de José Carlos Somoza. Que dire sur ce livre ? c'est un roman étrange, qui me rappelle "la peau froide" de Pinol, sur une trame policière l'auteur nous entraine vers une reflexion sur l'art en tant que quête de l'absolu, sans préjuger de nos valeurs...
Répondre