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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 17:34

ETATS-UNIS- 1965



Editions de l'Olivier ou Points Seuil

Cormac McCarthy, écrivain en ce moment mis sur un piédestal avec son roman La route (roman postapocalyptique qualifié de beckettien) et l'adaptation cinématographique de Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme, est incontestablement l'un des plus grands écrivains américains. Beaucoup le considèrent comme l'héritier de Faulkner, son oeuvre était inscrite dans le Sud et étant profondément marquée par un pessimisme très noir.

Encouragée par les critiques dythyrambiques, j'avais donc lu cet été De si jolis chevaux et n'avait été quà demie conquise. 

J'ai donc récidivé avec le premier roman de McCarthy, Le gardien du verger qui a obtenu le Prix Faulkner en 1965. Ce qui est sûr, c'est que l'on  ne ressort pas indifférent d'une telle lecture ; on marche en terrain inconnu, ardu tellement les personnages ne sont qu'exquissés. On saisit mal leur passé, leur épaisseur psychologique, leurs relations avec les autres. Ils sont d'ailleurs désignés par "l'homme" ou "le gamin". Peu d'indications temporelles également. 

Ce qui domine, c'est la description de la nature, des paysages ingrats du Tennesssee qui semblent dominer l'homme et lui survivre : une végétation calcinée, une rivière capricieuse, des orages apocalyptiques...

On retiendra de magnifiques descriptions lyriques des paysages qui contrastent avec la froideur générale avec laquelle l'auteur traite ses personnages. Ils ressemblent plutôt à des êtres saisis sur le vif sans vraiment d'épaisseur. Je pense que c'est cela qui marque lorsqu'on lit du McCarthy.

Revenons quand même à l'intrigue même si je pense que, tout en filigrane, elle est secondaire par rapport à l'atmosphère générale du livre. Trois personnages typiques de l'univers de l'auteur : un vieil homme (le sage, le gardien), un homme et un gamin. Leurs itinétaires vont se croiser à un moment donné sans pour autant être vraiment liés l'un à l'autre :

Dans les années 30, au temps de la prohibition, Marion Sylder fait du commerce illicite de whisky ; un soir, il tue un "homme", Rattner, sur lequel on ne sait pas grand chose et qu'il enterre dans un verger. Quelques jours plus tard, le vieil homme découvre son cadavre et le protège par les branches d'un cèdre. Six ans passent....
Le gamin, "fils du cadavre", grandit et apprend à chasser, à placer des pièges et se lie d'amitié avec Sylder. ...

On s'imagine déja que le gamin va apprendre la vérité sur Sylder et se venger ! Mais c'est beaucoup plus subtil que cela...Les relation entre les personnages sont esquissées, ils sont très indépendants les uns des autres.

Lire ce titre n'est donc pas un divertissement ; il demande un investissement certain du lecteur, une acclimatation progressive.

En ce qui me concerne, je m'acclimate progressivement mais je suis pas encore "enthousiasmée", plutôt hypnotisée. A suivre ; je compte bien lire Le méridien du sang.

Pour ceux qui ont déja lu McCarthy, faite-moi partager vos impressions...

"La route de la montagne rouge brique sous la poussière avec la dentelle des empreintes de lézards monte à travers le clos des pêchers, brûlante, sans un souffle, monacale dans un silence sans oiseaux sauf un unique vautour qui plane dans le vide gris-bleu de la pente sans soleil et se balance sur l'air ascendant, et la route serpente enserrée entre les buissons de ronces lustrées et vertes, et il y a le sourire grimaçant du cadavre vert scellé dans les eaux fangeuses de la fosse du verger, le crâne vert de vase avec des salamandres lovées dans les orbites et une perruque de mousse"


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commentaires

Bruno C. 22/02/2008 01:26

Je ne suis pas très douée à l'écrit. Mais si je devais mon avis sur McCarthy que j'ai découvert récemment et que je lis avec stupeur et émerveillement, je ne pourrais reprendre que la chronique publiée par Pierre Monastier, dont la magnifique plume sait décrire ce que je ressens : http://www.snobinart.com/guide/fiche/138Je regrette simplement l'oubli de la dimension spirituelle. Pour moi, McCarthy montre aussi que lorsque le monde perd le langage, le Verbe, il tourne à la barbarie. La présence de Dieu (et son absence d'ailleurs) est très forte dans ce roman.

Transhumain 01/02/2008 10:00

Des personnages "sans vraiment d'épaisseur" ?... Mais ma chère, manquer d'épaisseur, n'est-ce pas justement ne pas manquer de finesse ? Dans la grande tradition américaine, McCarthy fait exister ses personnages par leurs actes, par leur inscription dans un environnement - naturel, social -, par leurs paroles. A ce titre, La route, son dernier opus, est magistral. Le style de McCarthy y est aussi dépouillé que le monde de cendres qu'arpentent l'homme et le petit. Et c'est bien plus grandiose que n'importe quel roman aux personnages "épais".

Sylvie 01/02/2008 22:07

Ce n'était pas du tout une critique ! Juste une remarque sur le syle de McCarthy qui peut certes déconcerter quand on n'est pas habituée ...