Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
  • Contact

Bienvenue sur mon Blog !




Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Recherche

Archives

2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 19:35

Editions l'Arpenteur, 2005

Avec Sylvie Germain et Claude-Louis Combet, Pierre Autin-Grenier est l'une de mes grandes découvertes 2005.

Je viens de me régaler avec son dernier cru: Friterie-Bar Brunetti , nom du bistrot lyonnais aujourd'hui disparu où Pierre Autin-Grenier est allée à  l'école de la vie.

Quelle prose originale et quelle verve satirique ! On peut ne pas être d'accord avec les positions de l'écrivain qui critique l'interdiction de fumer ainsi que la lutte contre l'alcool mais on ne peut qu'être conquis par sa langue et par les personnages pittoresques qu'il dépeint : Madame Lulu, la prostituée qui console les âmes blessées, le Grand Robert qui conte ses aventures d'Indochine, Madame Ginette , la chanteuse devenue serveuse et Domi le cantonnier, brisé parce que son fils est devenu flic.

Antin-Grenier rend hommage à tout ce petit peuple des bistrots , lieu de sociabilité, de convivialité, où se réunissaient les Rimbaud et les Camille Desmoulins. Car, pour lui, les bistrots sont inhérents à la culture européenne. En guise de conclusion, il nous livre d'ailleurs un passage d'Une certaine idée de l'Europe de George Steiner pour qui les cafés ont contribué à construire la culture européenne. C'est souvent dans les cafés que naissent les révolutions (exemple de Robespierre et de Lénine) ou que se réunissent les peintres et les écrivains.

Ce titre tient peut-être plus du pamphlet que du roman mais le lecteur est emballé par la prose incandescente d'Autin-Grenier. Je ne résiste pas à l'envie de vous livrer quelques passages qui valent la chandelle :

Un personnage pittoresque

"Sûr, il ne faut pas le brancher bourlingue trop souvent le grand Raymond, avec son bagout et bien lancé il peut vous tenir sous le charme une éternité. A ce moment là, que ce soit grisaille et gadoue partout, qu'il pleuve au qu'il vente sur le pavé, dans notre palace des paumés, tout, soudain, se met à briller. C'est bateaux chargés à débord de contrebande accostant nuitamment à d'incertaines calanques, boucaniers borgnes, grappins d'abordage, cargaisons mirobolantes  !"

La disparition des cafés

"Entre nous soit dit, combien de ces petits paradis, à l'instar de la Friterie-bar Brunetti, ne payant certes pas de mine mais où l'on se sentait l'âme au chaud et chez soi, ont aujourd'hui disparu de nos coins de rues, sauvagement sacrifiés par les requins de l'immobilier et les fricoteurs de la finance au profit de quelque comptoir bancaire, succursale d'assurances ... quand ce ne sont pas les boîtes de sapes à la m'as-tu-vu où des pimbêches anorexiques viennent se nipper en dégraffé qui ont conquis le terrain et balayé d'une envolée boursière toute la chouette ambiance du quartier"

Bars contre Mac Do

"Voila pourquoi tant de Friterie-bar Brunetti ... cafés matineux pour assoiffés de l'aube, bars à vins de ruelles obscures... se sont retrouvés aspirés comme si de rien était par l'horrible trou borgne des démolisseurs, équarrisseurs de toute poésie, et métamorphosés en moins de deux par les promotteurs à bagouzes et cravate club en selfs, snacks, Quick et Mac, temples de la finance aseptisés où officie dans une parfaite indifférence une poignée d'automates en uniforme au service de pantins hébétés consommant sans mot dire la merde capitaliste dans une solitude peuplée d'assassins"

Vous l'aurez compris, Autin-Grenier prend la défense de ces lieux pittoresques symboles d'amitié et de solidarité contre les gros capitalistes ! Il souffle un doux parfum d'antan sur cette Friterie. Les personnages si humains vous toucheront à coup sûr ...

Bonne visite et bonne dégustation dans ce café !

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

P
Ben ça fait plaisir, Sylvie, tous ces commentaires chaleureux sur mon chef-d'œuvre !
Alors bonne année 2006 !
Et contre les tenants du temps des patates que renaisse bien vite le Temps des cerises!
Amicalement,

p.a.g
Répondre
S
Eh ben, le premier écrivain qui répond à mon article sur son livre ! Je commence rudement bien l'année 2006 ! Merci beaucoup, ça me touche vraiment !
F
En découvrant le titre du livre, j'ai cru que c'était surtout des brèves de comptoir, mais au dire de ton commentaire, c'est plus la nostalgie des cafés d'antan.

Pour le moment je viens de terminer " La Fille aux Ciseaux " de Jorge Franco-Ramos, un livre que je te recommande, si tu ne l'as pas déjà lu.
Répondre
S
Non, je ne l'ai pas lu ! Merci du conseil !