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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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28 novembre 2005 1 28 /11 /novembre /2005 22:45

Editions Stock, 2001

Voici un récit poignant d'une femme d'une quarantaine d'années qui vient de perdre son mari dans un accident de moto. Inattention? Hasard? Suicide? Nous ne le saurons jamais. Le roman est le récit des quelques jours entre la mort du mari et son enterrement.

Le monologue intérieur de la femme nous livre avec pudeur toutes les démarches succédant à la mort d'un proche (les coups de téléphone incessants, le choix du cercueil et de la musique à l'enterrement...) .

Dans une écriture très pudique, Brigitte Giraud évite tout pathos ou misérabilisme. Les mots sonnent juste, sans fioriture.

Ce court récit (cent pages) est aussi une réflexion sur la manière pour un écrivain de dire la mort (Brigitte Giraud se met en scène comme étant la femme du mort. Est-ce un récit autobiographique?). Elle précise bien qu'il ne s'agit pas d'écriture ni de littérature:

"Ne pas dire quelque chose de convenu, de bancal, de déplacé. Etre à la hauteur de notre histoire d'amour, à la hauteur de la douleur. Ne pas dire la douleur, apprendre à écrire simple, très simple surtout. Pas joli, pas voyant, écrire sans panache, sans ambition. pas littéraire. Pas de phrase bien torchée. ...Ecrire sans métaphores...Je déteste les métaphores et les paroles universelles. Je déteste la sauce entre les mots..."

Ce récit est aussi une leçon de vie; la personne endeuillée comprend qu'elle n'a pas su profiter du temps présent:

"Je découvre aujourd'hui que j'étais heureuse. ..J'étais inquiète, angoissée mais heureuse. Pourquoi on ne sait pas ces choses là? Parce qu'on croit que le lendemain sera mieux, on demande plus, on trouve que le présent est minable, comparé à ce qui va arriver. On attend d'emménager dans une nouvelle maison, on attend d'être en vacances, on attend de publier un livre... On a les yeux rivés sur l'avenir , on ne décroche pas de la ligne d'horizon."

D'u point de vue littéraire, les phrases sont très courtes, très scandées. On peut peut-être reprocher une écriture trop facile mais la poésie aurait sans  doute fait tomber le récit dans le pathos. Le lecteur finit par comprendre qu'il s'agit d'une écriture profondément juste.

Je situerai Brigitte Giraud à mi-chemin entre les écrivains français de la nouvelle génération dits "de la désespérance" (Olivier Adam, Laurent Mauvignier, Arnaud Cathrine..) où il est beaucoup question de mort et de deuil et l'autofiction. Mais Brigitte Giraud évite les deux écueils de ces deux tendances, à savoir le misérabilisme pour le premier courant et l'impudeur pour le deuxième.

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commentaires

ph 03/12/2005 11:51

Voici un roman policier qui pourrait peut etre interesser quelques personnes : http://lesfantomesdearundel.over-blog.com/

Sophie 02/12/2005 21:05

Quel livre! Triste mais effectivement comme tu l'écris, pas misérabiliste ni impudique. IL est court mais qu'est-ce qu'il est fort!

alain 01/12/2005 17:14

Très bel article, félicitations !!

Alain

clem 30/11/2005 16:19

quand j'irai à la fnac, j'achète ce livre. merci de me l'avoir fait connaître.
clem.

dda 29/11/2005 10:30

Ce livre me tente de plus en plus, mais j'ai peur de passer mon temps de lecture à pleurer. çà fait du bien de pleurer, mais bon...