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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 11:59

1952

Le Marin de Gibraltar

Ce titre, très peu connu, le quatrième de Duras, a été écrit entre Un barrage contre le Pacifique et Les petits chevaux de Tarquinia
La forme reste très classique met en marquée comme toujours chez Duras par la répétition et la langueur. 
Les thèmes, eux aussi, sont très durassiens : la quête de l'amour perdu, la solitude et les paysages maritimes. 

Marguerite Duras met en scène un homme qui, au cours d'un séjour à Florence durant un été caniculaire, rompt avec son existence monotone (femme qu'il n'aime pas et travail de petit fonctionnaire au Ministère des Colonies ). 

Il est attiré par une femme américaine, mystérieuse, très belle, qui vit sur un yacht. Il fait sa connaissance et découvre qu'elle parcourt depuis quelques années les mers du monde dans son bâteau pour rechercher son amour perdu, le marin de Gibraltar. Ex-Légionnaire, tueur, joueur impénitent, recherché par la police, qu'importe ! Il s'agit d'un amour absolu ...

C'est alors que l'homme fou amoureux s'embarque sur le yacht pour l'aider à le chercher. A son bord, il découvre également d'autres hommes qui, comme lui, cherchent le marin de Gibraltar. Parfois, on accoste pour rendre visite à un ancien "homme" de l'amoureuse, qui croit avoir vu un type ressemblant au marin. On va le rencontrer et ainsi de suite....

Ce roman met au premier plan le désir et la quête plutôt que l'accomplissement. On est dans l'espace de l'entre-deux. Chaque fois, on tente, on essaye, en vain. Mais qu'importe, on persévère.  Ce qui donne comme beaucoup de récits durassiens une impression de langueur. 

On voyage beaucoup, de Sète à Tanger, jusqu'au Congo. Cette répétition peut bien sûr énerver le lecteur d'autant plus que la fin n'est pas close !

J'ai ressenti moi-même un peu cet énervement. Mais les personnages sont vraiment bien construits : la femme passionnée qui coûte que coûte, recherche en vain son amour perdu, l'image très poétique de la femme amoureuse sur un bateau voguant sur les mers du monde et l'homme qui largue tout pour vivre une vie hors du commun ...

Eloge de la passion mais aussi insistance sur la quête inassouvie. S'acharne-t-on sur quelque chose ou quelqu'un  pour combler le vide de l'existence ? C'est peut-être cela la réponse...Finalement, l'aventure, le voyage se transforment inlassablement en quotidien car tout se répète. Mais qu'importe, on continue !

On appréciera comme toujours chez Duras les descriptions des paysages maritimes.

Pas le meilleur Duras mais une bonne introduction pour découvrir les obsessions de son oeuvre.

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commentaires

J


je l'ai acheté dans une broquante, on verra bien :)



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Y


j'ai recherché ce titre car un amour de jeunesse m'avait offert ce livre ...il y a plus de 30 ans... j'en souviens comme si c'était hier...j'avais beaucoup apprécié le roman..


votre analyse est également très pertinente...qui me redonnerait presque l'envie de le relire...


cordialement


yolande



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A


J'avais adoré ce livre. L'homme à la poursuite d'une femme qui poursuit un autre homme ; la scène ou il succombe à sa première émotion artistique, soudainement secoué par un énorme sanglot et ne
comprenant pas ce qui lui arrive, seul sur son banc de musée ; la scène où il marche derrière la femme, dans le brouhaha des scooters et autre vacarme d'une petite ville italienne, où il essait
de lui dire qu'il l'aime mais échoue pathétiquement; enfin, ce regard d'homme écrit par un femme... Cela fait des années que je l'ai lu mais il m'avait beaucoup touchée. Merci d'en parler, c'est
en effet rare...



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S

vous ne dites rien de son talent à dire autant avec si peu de mots ; une démonstration magistrale de l'évocation sans y toucher.


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D
Le marin de Gibraltar est mon préféré avec yeux bleus cheveux noirs. Mais j'ai des goûts assez particuliers. (J'ai pas aimé l'amant)
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S
L'amant est son titre le plus grand public et à mon avis le moins bien. Dommage, c'est le plus connu !