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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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25 juillet 2007 3 25 /07 /juillet /2007 18:02

AUTRICHE - 1978

Oui

Thomas Bernhard (1931-1989) est avec Stefan Zweig le plus grand écrivain autrichien du XXe siècle. Son oeuvre est réputée pour être d'un pessimisme rare : suicide, dégoût de la vie, détestation d'une société dégénérée. Voici les principaux thèmes abordés par l'auteur. Elfriede Jelinek, notamment, s'inspire profondément de son oeuvre. Elle dénonce comme lui les travers d'une société corrompue, à la dérive.

Ce titre, appelé paradoxalement Oui
, est un condensé de tous ces thèmes. Il s'agit d'un long monologue sans paragraphe ni chapitre de 170 pages. On y retrouve l'écriture caractéristique dui grand auteur autrichien : très longues phrases, beaucoup de conjonctions, de répétitions, un flot inninterrompu de paroles. 

L'auteur s'y met en scène sous les traits d'un chercheur qui s'est isolé à la campagne pour poursuivre ses travaux dans la tranquillité. Il a désiré par dessus tout rompre tout lien mais il paye de sa santé mentale cet isolement. Il sombre dans une grave dépression qui l'amène à cesser tout travail d'écriture. Le récit relate la rencontre qui l'a sauvé momentanément de ses démons : alors qu'il avouait sa dépression à sa seule connaissance, l'agent immobilier Moritz, un couple de Suisses a fait irruption dans l'agence et l'a ainsi diverti. En la compagne du Suisse, surnommée la Persane, il va trouver temporairement son alter-ego de désespoir.

Le récit relate cette rencontre. Mais n'allez pas imaginer une idylle romantique. Le narrateur trouve en cette femme son alter-ego intellectuelle, une personne qui peut parler philosophie et musique avec lui. Ils apparaissent comme les deux êtres spirituels de cette contrée paysanne et sauvage, au mauvais esprit xénophobe. Ils sont les symboles de cette vie de l'esprit sacrifiée au profit d'une société matérialiste et hypocrite. Mais l'alchimie n'est que momentanée...

Parallélement au monologue relatant la crise existentielle de l'auteur, on lit un roman sous forme de mystère : pourquoi le Suisse et la Persanne sont-ils venus acheter un terrain marécageux dans une contrée sinistre ? On apprendra finalement à la fin de secret de la Persanne....

Quelle beauté ce récit ! Le pessimisme le plus noir devient charmeur sous la plume de Bernhard. On retient de multiples citations qui érigent le récit au rang de confession universelle. jusqu'à la fin, l'auteur déjoue le happy end et le dénouement convenu. Le Oui du titre est bien trompeur !!!

On est, je pense, marqué à vie par l'histoire de ces deux âmes perdues, imcomprises,  sacrifiées sur l'autel de la bienséance. Pour Bernhard, il n'y a nul espoir possible. L'esprit, la philosophie sont morts. Ne reste plus que des êtres esseulés, pensants, qui ne peuvent que succomber à la bassesse de la société. 

La Persane est vraiment l'un de ces personnagres de roman que l'on oublie pas. Son mystère se dévoile peu à peu, ce qui donne une autre dimension au récit. 

Parmi les extraits les plus significatifs, on retiendra celui-ci :

"Après tout, il n'existe que des tentatives échouées. Si nous avons au moins la volonté d'aller à l'échec, nous pouvons aller de l'avant, et, pour chaque chose et en tout, nous devons avoir chaque fois au moins la volonté d'aller jusqu'à l'échec, si nous ne voulons pas sombrer tout de suite, et ce n'est tout de même pas pour ça que nous sommes là"

"Mais tout ce qui doit être écrit a constamment besoin d'être recommencé à zéro et constamment tenté à nouveau, jusqu'au moment où c'est au moins approximativement réussi, mais jamais de manière pleinement satisfaisante. Et, aussi épouvantable, aussi désespéré et voué à l'échec que cela soit, chaque fois qu'on a un sujet qui, sans cesse et sans répit, vous torture obstinément, qui ne vous laisse pas en p)aix, il faudrait malgré tout essayer. Tout en ayant conscience que rien n'est jamais certain, que rien n'est jamais parfait, même au milieu de la pire incertitude et des pires doutes, entreprendre et poursuivre la tâche que nous nous sommes donné"

Loin de n'être que des citations abstraites, ce magnifique récit est d'abord une expérience qui prend aux tripes et un merveilleux portrait. Pour résumer, un pur chef d'oeuvre.

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commentaires

Loupiote 27/07/2007 14:02

vendu !