Recherche

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Bienvenue sur mon Blog !




Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Samedi 29 décembre 2007

Quelles ont été mes coups de coeur lecture en 2007 ?

Vous pouvez consulter en lien les critiques de mes coups de coeur.

Et vous, quels ont été les vôtres ?

Classiques, classiques

Il faut dire que j'ai commencé très fort en lisant Belle du Seigneur d'Albert Cohen, le chef d'oeuvre absolu. Donc oui, la palme revient à ce classique intemporel !

Belle du seigneur

Côté classique, un très bon souvenir d'Orgueils et préjugés de Jane Austen, lecture est j'ai repoussée le plus tard possible, avec un mauvais a priori. Quelle belle découverte !

Orgueil et préjugés

Et puis un coup de coeur aussi pour ma dernière lecture Seul dans Berlin de Hans Fallada

Seul dans Berlin

Insolite 
Côté insolite, sans aucun doute La maison des feuilles de Danielevsky, ce magnifique roman expérimental

La maison des feuilles

Le plus drôle

J'hésite entre Les fabuleuses aventures d'un indien malchanceux qui devenient milliardaire et Mangeclous

Mangeclous

Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire

La plus belle découverte

Sans aucun doute La robe de Robert Alexis. Un roman surprenant, habile, percutant et tellement original.

La robe

Et puis aussi de très belles découvertes en littérature américaine, Jonathan Lethem notamment et la redécouverte des auteurs de polars classiques tels Horace Mac Coy et Jim Thompson....

par Sylvie publié dans : Et vos lectures?
ajouter un commentaire commentaires (7)    créer un trackback recommander
Samedi 29 décembre 2007

Grand Prix de Littérature policière, 2002



Editions Folio Policier

Patrick Pécherot est l'héritier de Jean Amila et Didier Daeninckx : il signe des polars immergés dans les milieux populaires qui ont le mérite de remettre sous la lumière des faits historiques méconnus, des affaires louches.

C'est ici le cas avec ce roman qui se déroule entre les deux guerres sur la Butte Montmartre. Le héros-enquêteur Pipette est à la fois un poète, un collaborateur d'un journal à scandales et en même temps cambrioleur de riches avec sa bande de potes pour arrondir les fins de mois !!! 

Sauf qu'un soir, dans une belle villa, ils découvrent un macchabée dans un coffre-fort !!! Ils embarquent donc cadavre et coffre dans leur piaule et se mettent à enquêter sur le cadavre et le propriétaire de la villa. 

Le cadavre est un certain rouleau qui enquêtait pour un journal à scandales et le propriétaire est un Comte, propriétaire d'aciéries lorraines, qui a beaucoup de dettes. 

Et voila donc Pipette et ses compères enquêtant dans un Paris typique : il y croisent La Goulue, les anarchistes  et même André Breton qui n'est pas le dernier pour partir à l'assaut  du vieux monde ! 

Le tout racontée dans une langue gouilleuse, typique du vieux paris des années 30. On appréciera la peinture fidèle et rétro du Montmartre des années 30 : les petits métiers du spectacle et les forains, les poètes etc...

L'enquêteur est un personnage haut en couleur à la fois poète, escroc et détective privé !

Comme chez Daeninckx et Amila, on retrouve le petit peuple qui découvre un secret sur les classes dirigeantes. C'est du bon polar qui met le doigt là ou ça fait mal.

Pécherot rend également hommage à Nestor Burma et son créateur Léo Malet. Ici pas de police, de commissaire mais juste des privés non officiels qui cherchent à réparer les injustices. Du grand art !

par Sylvie publié dans : Romans policiers
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Samedi 29 décembre 2007
ALLEMAGNE -1947

Berlin.jpg

Editions Denoël, 2002

Voici un grand classique de la littérature allemande d'après-guerre, "l'un des plus beaux livres écrits sur la résistance allemande anti-nazie" selon Primo Levi, retraduit en français en 2002.

Car il est vrai que l'on connaît la résistance française, anglaise mais très peu la résistance allemande. Pourtant, elle a bel et bien existé ! Et c'est le grand mérite de ce livre de nous faire découvrir au grand jour un fait historique largement méconnu. 

Mais ce titre n'est pas seulement essentiel pour son intérêt documentaire ; il livre bien une intrigue romanesque des plus sensibles et touchantes, au suspense psychologique indéniable. 

Hans Fallada (1893-1947) a exercé différents petits métiers (gardien de nuit, agent de publicité) avant de devenir un écrivain réaliste sur la société allemande d'entre-deux-guerres. Ses oeuvres ont été interdites par le parti nazi. Alcoolique et morphinomane, il se réfugie dans les paradis artificiels au lieu de résister activement. En 1947, peu avant sa mort, il livre le plus beau roman sur la résistance allemande...

Il prend pour cadre un immeuble de Berlin qui abrite une femme juive, un couple sans histoires, les Quangel, une famille de SS, les Persicke et un pauvre diable, Enno Kugle, ivre de femmes et de jeux, faible créature prête à tout pour assuvir ses deux passions....

Un immeuble. Un échantillon typique des caractères humains. Nous avons l'mpression d'être dans une oeuvre de Balzac ou de Zola tellement la peinture des caractères est réaliste.

Les Quangel apprennent la mort de leur fils unique, tombé au front. Alors qu'ils affichaient une neutralité bienveillante auparavant, ils décident en honnêtes gens, d'inonder les immeubles berlinois de cartes postales où ils écrivent des messages de résistance et de critiques du régime.

Ce couple symbolise la résistance de héros ordinaires qui résistent seuls (c'est le sens du titre) sans adhérer à aucune organisation clandestine. Ce qui compte, ce n'est pas l'effet mais l'intention, le fait d'être propre à l'intérieur de soi-même et de mourir seul face à soi-même la conscience tranquille. 

Face à ces héros ordinaires, il y a une couple d'amoureux qui choisit de vivre dans leur petite cellule romantique pour mieux oublier l'enfer du régime et de faibles créatures qui sans être pour Hitler, collaborent pourtant pour satisfaire leurs propres besoins. Parmi ceux là, Borsakhen, prêt à tout pour dévaliser la vieille juive, et Enno Krugle, créature qui éveille de la pitié, incapable de se guérir de sa soif de sexe et de jeux. C'est parmi ces créatures que les SS cherchent des indics....

Ce fabuleux roman a le mérite de conjuguer intérêt documentaire,  suspense policier et étude psychologique. On retiendra ainsi la traque des Quanguel par un policier recruté par la Gestapo. Ce qui intéresse ce policier, c'est avant tout la chasse et pas uniquement le trophé. Et quand il tiendra sa proie, c'est pour se rendre compte qu'il a tout perdu. Très beau portrait psychologique de l'enquêteur, donc. 

Très belles études psychologiques des êtres qui choisissent de collaborer ou de résister. Nous avons là des spécimens balzaciens de la comédie humaine de haute volée. 

Enfin, une intrigue romanesque à souhait avec une histoire d'amour très émouvante d'un couple entre deux âges qui n'a plus rien à perdre après la mort du fils. Deux êtres qui ne font qu'un face à la barbarie, jusqu'à la mort. 

En deux mots, un roman magistral.

par Sylvie publié dans : Classiques français et étrangers
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mercredi 26 décembre 2007

SCIENCE-FICTION - 1954


Adaptation cinématographique en 2007 par Francis Lawrence

N'ayant pas lu le grand classique de Matheson, je suis allée voir le film par curiosité. Un bon suspense, on frissonne même mais en me renseignant sur le livre, j'ai découvert que le scénario du film ne correspondait pas du tout à l'histoire du livre !!!! Car le film est présenté à la bonne sauce américaine habituelle : Neuville, le survivant de l'espèce humaine devient une légende car il a trouvé un vaccin pour sauver l'espèce humaine ! Encore une histoire de super-héros à la Bruce Willis !

Désolée de raconter la fin mais ça me révolte qu'on puisse transformer autant un livre au nom de l'idéologie américaine !

Voila, donc, cela m'a donné envie de lire le livre ! 



Une histoire qui a révolutionné la science-fiction car Matheson y a introduit le thème du vampirisme, thème traditionnel du fantastique. 
Nous suivons les aventures du dernier homme sur terre qui a survécu à une épidémie bactériologique transformant les humains en vampires. Chaque nuit, il se barricade dans sa maison pour contrer les buveurs de sang. Le jour, il traque les cerfs et les lions pour pouvoir se nourrir car les villes sont retournées à l'état de nature. Pendant ce temps, la société des vampires s'organise...

Je vais donc lire ce livre. 

Pour reparler du film, sachez qu'il s'agit quand même d'un bon divertissement. Nous avons l'impression de revoir La nuit des morts vivants revisitée à la manière des films de super-héros. 

Avez-vous vu le film ? Lu le livre ? Qu'en pensez-vous?

par Sylvie publié dans : Romans fantastiques
ajouter un commentaire commentaires (9)    créer un trackback recommander
Lundi 24 décembre 2007

Après être allée voir le ballet de Tchaïkovsky à l'Opéra Bastille samedei soir, je ne résiste pas à vous faire (re)découvrir le magnifique conte d'Hoffmannn. 

Vous pouvez retrouver le texte de l'histoire et d'autres contes sur htpp://www.momes.net  

Le ballet de Tchaïkovsky est un moment magique !!!

JOYEUX NOEL !!!!         noel sapins sapins noel 3 gif        

 

 

Casse-Noisette


Casse-Noisette

C'est le soir de Noël, chez Franz et Marie. Ils attendent la visite de leur oncle Drosselmeyer. Il est horloger et leur apporte souvent de bien étranges jouets qu'il fabrique lui même. Il raconte aussi de fabuleuses histoires.
Le voilà qui arrive ce soir là avec trois nouveaux incroyables petits automates et, il sort de sa poche, une sorte de poupée en bois, droit comme un petit soldat, avec une grande bouche qui sert de casse-noisette, tout simple. Les enfants regardent ces nouveautés et Marie prend le casse-noisette pour voir de près comment il fonctionne. Franz veut à son tour s'en emparer. Il tire dessus, Marie ne le lache pas et, ce qui devait arriver arriva, le casse-noisette se casse!

Marie commence à pleurer mais oncle Drosselmeyer s'empare vite du jouet et avec son mouchoir lui fabrique un pansement qui lui remet la machoire en place. Marie le remercie mais la maman de Marie en a assez de tout ce bruit et elle les envoie vite au lit.
- "Allez hop Franz! Hop Marie! Allez vite vous coucher. Vous êtes trop énervés ce soir".
Marie part sagement dans son lit et laisse sa nouvelle poupée blessée dans un petit lit de poupée au pied du sapin.

L'oncle Drosselmeyer vient lui souhaiter bonne nuit et lui raconte une bien curieuse histoire.
- "Tu sais Marie, ce casse-noisette n'est pas une poupée ordinaire, c'est un jeune homme qui se cache à l'intérieur. Voilà sa véritable histoire:
Il y a longtemps un roi et une reine eurent une fille, la princesse Pirlipat, qui était devenue très laide à cause d'un mauvais sort lancé par le roi des souris. Les souris du château avaient cependant promis que si un jour un homme voulait délivrer la princesse de sa laideur il le pourrait. Il lui faudrait pour cela casser avec les dents une noix très dure et en donner son fruit à manger à la princesse.
Bien des jeunes gens étaient venus pour tenter de délivrer la princesse de ce mauvais coup du sort, mais, jusqu'à présent, ils s'y étaient tous cassé les dents.
Or, un jour, mon neveu, qui avait eu vent de cette histoire, se présenta au château. On lui apporta la fameuse noix très dure et, d'un coup de dent, d'un seul coup de machoire, il l'ouvrit et en offrit le fruit à la princesse. Elle croqua cette noix et, comme par enchantement, se transforma en une magnifique jeune fille.
Mon neveu, ébloui par tant de beauté, recula de trois pas pour saluer la princesse, comme il se doit. Faisant cela il marcha malencontreusement sur la queue d'une souris venue assister à à la scène. Le roi des souris, furieux de cet incident, lui jeta un sort et le transforma en casse-noisette en bois!
Bien sûr la princesse ne voulut pas d'un casse noisette comme mari, alors on le chassa du château.
Voilà la triste histoire de mon neveu le casse-noisette.
Allez Marie, dors bien et fais de beaux rêves!"

Casse-Noisette

L'oncle Drosselmeyer éteignit la lumière, sortit et ferma doucement la porte; Marie commençait à peine à s'endormir. Elle n'arrivait pas à trouver le sommeil aussi décida-t-elle d'aller chercher son casse-noisette.
Elle se dirigeait vers le salon lorsqu'elle constata qu'il se passait des choses un peu bizarres. Elle ne savait pas exactement ce que c'était, si c'était elle qui rapetissait ou si tout se mettait à grandir autour d'elle.
Toujours est-il que bientôt toute une armée de souris, qui semblait descendre du sapin de noël, vint encercler Casse-Noisette. Le petit bonhomme se leva, appela à l'aide les soldats de bois de Franz et tous les autres jouets qui l'entouraient. Ils se mirent en route tous ensemble contre les souris.
Le roi des souris arriva et fonça directement sur Casse-Noisette. Voyant cela Marie attrapa son chausson, visa rapidement le roi et lança violemment sa pantoufle sur lui. Il tomba à terre, mort ou assomé. Les souris l'emportèrent et se retirèrent toutes du champ de bataille.
Casse-Noisette vint vers Marie pour la remercier.
- "Tu m'as sauvé la vie! Je ne sais comment te remercier!"
En disant cela il prenait vie et peu à peu se transformait en un magnifique jeune homme. Marie n'en croyait pas ses yeux.
- "Viens avec moi, lui dit-il, je vais t'offrir une belle promenade là où tu n'es encore jamais allée".
Et, comme par magie, les voilà emportés dans un tourbillon de flocons de neige.
Dans leur valse folle ils voyagèrent dans les airs et se retrouvèrent devant la fée Dragée qui leur dit de sa douce voix :
casse noisette - "Ah! vous voilà enfin! Je vous attendais pour le goûter. Venez vite jusqu'au royaume des gourmandises, au fabuleux pays des friandises
Le paysage était féérique : les chemins étaient en caramel, les fontaines prodiguaient des jets de grenadine, il y avait des maisons en nougat, des escaliers en biscuit, jusqu'au palais de la fée tout en choux à la crème, se dressant comme une immense pièce montée.
- Comme je suis contente de vous voir, continuait la fée Dragée. Votre voyage s'est bien passé?
- Oui, répondit Casse-Noisette, mais auparavant nous avons dû affrontrer l'armée des souris et, sans Marie, je crois bien que je serais mort à l'heure qu'il est.
Marie sourit, fière, d'avoir pu aider ce vaillant et beau garçon qui lui tenait la main.
- Allez, installez-vous, poursuivit la fée Dragée. Vous allez goûter en assistant au plus beau spectacle que je puisse vous offrir.
La belle fée conduisit alors les deux enfants vers une table magnifique où se dressait un gigantesque goûter. elle leur offrit de délicieux et succulents gâteaux accompagnés de boissons fraiches et chaudes dans une vaisselle étincelante.
Puis d'un coup de baguette magique, elle appella les artistes qui apparaissaient devant les yeux ébahis de Marie.
Le premier numéro était celui du Prince Chocolat qui exécuta une danse espagnole endiablée durant laquelle il frappait des pieds pour mieux en souligner le rythme ensorcelant.
Vint ensuite le café d'Arabie qui semblait flotter au dessus du sol comme un doux arôme qui faisait frémir les narines des enfants. Ce fut alors le moment du thé de Chine. Il bouillonnait en tournant comme un manège saluant à chacun de ses tours les enfants en joie.
S'élancèrent alors les courageux et intrépides petits bonbons russes à la menthe qui avaient préparé d'incroyables cascades et culbutes, puis un groupe de quelques danseuses en massepain qui apportèrent une touche légère et gracieuse à cette folle débandade.

Marie et Casse-Noisette applaudissaient de tout leur coeur.
Madame Gingembre vint prendre place sur scène avec une flopée d'enfants tous plus mignons les uns que les autres. Ils se lancèrent dans une époustouflante série de galipettes entrecoupées de rires qui fusaient de toute part.
Dans le calme qui suivit leur départ, une cascade de fleurs en sucre déferla dans la pièce. Elles ouvraient leurs pétales dorés en vagues successives, traversaient la pièce avec grâce et élaboraient d'élégantes compositions avant de se rejoindre toutes ensemble dans un magnifique bouquet final.
Après cette valse de fleurs, la fée Dragée refit son apparition, escortée d'un tout jeune homme. L'élégance et la grâce de leurs silhouettes donnaient à leur danse l'allure d'un tendre tête-à-tête.
- "Voilà comment je voudrais être quand je serai grande, se dit Marie en son for intérieur. Et je voudrais que toutes les fêtes soient aussi joyeuses et belles que celle-ci».
Marie descendit de son trône, embrassa la fée Dragée et remercia tous les danseurs. Puis elle prit la main de son prince et tous deux s'éloignèrent vers le futur.

Lorsque Marie ouvrit les yeux, elle était dans son lit. Casse-Noisette, son petit bonhomme en bois, était là, à ses côtés, le mouchoir autour de la tête. Marie ne savait plus trop quoi penser. Elle le regarda, dénoua le mouchoir et constata que la machoire s'était, comme par miracle, réparée. Elle ne savait vraiment plus du tout quoi penser.

On frappa alors à la porte.
- Entrez! claironna Marie!
Apparurent alors dans l'embrasure de la porte l'oncle Drosselmeyer et son neveu! Son neveu en chair et en os, en tout point identique au jeune homme du rêve de Marie.
D'un pas lent et solennel il se dirigea vers Marie et lui donna la main afin qu'elle descende de son lit.

Décidemment à Noël tout est vraiment possible

noel sapins sapins noel 3 gif


d'après Ernest Theodor Wilhelm Amadeus Hoffmann et Pyotr Il'yich Tchaikovsky
par Sylvie publié dans : Mes histoires
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Mercredi 19 décembre 2007

ETATS-UNIS














Editions de l'Olivier, 2004

Incontestablement l'un des grands livres de ces dernières années ! J'avais découvert Rick Moody il y a quelques années avec des récits tragi-comiques de l'Amérique contemporaine, Purple America et Tempête de glace
Je le redécouvre aujourd'hui dans une autobiographie/fiction magistrale avec pour arrière-fonds une réflexion sur l'identité de l'Amérique. Le ton est sérieux, réflexif, parfois mélancolique et vindicatif. En faisant référence à un texte phare qui marque la naissance de la littérature américaine, Le voile noir de Nathanaël Hawthorne, il livre une réflexion sur la nature de l'autobiographie et sur la mentalité américaine.

Le propos est très ambitieux : à quarante ans, Rick Moody décide d'écrire ses mémoires sans rien taire : il révèle alors son passé d'alcoolique, ses hallucinations, ses obsessions et son penchant pour la dépression à travers son internement volontaire dans un hôpital psychiatrique dans sa jeunesse. 

Parallèlement, il intercale des chapitres généalogiques où il se découvre une descendance lointaine avec le pasteur Joseph Moody qui a inspiré la nouvelle de Hawthorne : un pasteur puritain de la Nouvelle-Angleterre du début du XVIIIe siècle se voile le visage, accablé par la mort accidentelle qu'il a causée dans son enfance.

En examinant sa descendance, il va ainsi ainsi tenter de comprendre pourquoi il est  accablé par un fort sentiment de honte et de culpabilité. Lui-même va tenter de porter le voile pour comprendre sa véritable nature, d'où remonte sa mauvaise conscience, personnifiée dans un magnifique passage par un personnage fantômatique encapuchonné. 

Les passages purement autobiographiques alternent donc avec des passages plus philosophiques sur le texte du voile noir et l'histoire des origines de l'Amérique et de la famille de Moody. La petite histoire rejoint la grande Histoire pour théoriser une identité américaine : l'empreinte de la faute originelle, la mauvaise conscience et ce depuis l'éclosion de l'Amérique puritaine.

Tout le texte est une métaphore pour tenter d'expliquer le pourquoi du voile : la mystification, le mensonge, la dissimulation, tout cela étant inhérent à la mentalité américaine. 

On retiendra la magnifique conclusion vindicative sur le noir, la véritable couleur de l'Amérique, déclinée sur quatre pages ; un véritable coup de point, un tour de force stylistique !

En mêlant Histoire et sa petite histoire, Moody livre également une réflexion sur la nature de l'autobiographie, du texte littéraire certes non révolutionnaire, mais magnifiquement écrite : tout livre de mémoire est une fiction, une narration construite, un récit voilé, une mystification (d'où la réflexion sur le voile). De magnifiques phrases mêlent l'identité aux rêves, aux légendes, aux mythes :

" La généalogie est un rêve, tout comme la famille, avec tout le langage du rêve qui l'accompagne, et la félicité que procure la généalogie naît lorsque le rêve est multiple et protéiforme. La félicité naît lorsque votre lignée et son origine mythique se fondent avec la mienne et que nous tombons d'accord suer l'essentiel ...Puis la généalogie devient baroque et romantique, mieux c'est. J'aime les repas brûlés sur les feux de camp de mes ancêtres, leurs trousses de couture, le genre de chaises qu'ils utilisaient, les gens qu'ils tuèrent, parce que mon initiation à la famille me vient d'un vendeur de voitures, et que c'est la fantastique langue du peuple qui me parlait"

Le voile, la dissimulation, la noirceur au coeur de l'Amérique. Un texte primordial qui vous prend aux tripes. Le tout livré dans une écriture magistrale alliant réflexion et poésie. 

CE LIVRE FAIT ASSUREMENT PARTIE DE MES COUPS DE COEUR DE L'ANNEE (voire plus !)

par Sylvie publié dans : Littérature anglo-saxonne et américaine
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander

Calendrier

Décembre 2007
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
31            
<< < > >>

Présentation

  • : Passion des livres
  • passiondeslivres
  • : livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
Blog : Livres sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus