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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Samedi 30 décembre 2006

Parmi toutes mes lectures de cette année, j'ai été bouleversée par quelques titres. Les livres dont on se souvient toute une vie....

Je vous propose donc une petite "rétrospective"pour cette année : littérature contemporaine, classiques, petite découverte, poésie, théâtre, BD...

Quels sont vos propres coups de coeur? N'hésitez pas à me les faire partager !

EN LITTERATURE FRANCAISE : Contours du jour qui vient de Léonora Miano

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-4840085.html

Un livre bouleversant, Prix Goncourt des Lycéens, qui nous raconte la survie d'une petite fille dans un pays africain en guerre. Récit en même temps très noir et très lumineux livré dans une langue incantatoire.

Fidéicommis de Sylvain Coher

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-3820279.html

 Pour parler un peu des petits éditeurs, je vous conseille fortement ce livre bourré d'imagination et d'humour écrit par un jeune écrivain très prometteur.

EN LITTERATURE ETRANGERE : Auprès de moi toujours de Kazuo Ishiguro

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-2414220.html

Ce roman anglo-japonais nous livre une intrigue à tiroirs surprenante : Ishiguro frôle la science-fiction dans un univers très poétique. Très émouvant.

Au delà des illusions de Duong Thu Huong

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-1765618.html

Une histoire follement romanesque par la plus célèbre écrivain vietnamienne. Un hommage à la figure féminine qui valu la prison à l'auteur.

Le fourgon des fous de Carlos Liscano

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-4507422.html

Un récit autobiographique par un écrivain qui a vécu la prison et la torture sous le régime dictatorial urugayen.

DES CLASSIQUES

Orlando de Virginia Woolf

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-4248583.html

Une vrai découverte d'un écrivain réputé très difficile; Romanesque, fantastique, Histoire ...tout y est !

Le tunnel d'Ernesto Sabato

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-3123766.html

Un roman sud-américain trop méconnu du grand-public. Plongée au coeur d'un esprit retors miné par la jalousie. A inscrire au Panthéon de la Littérature !

UN POETE : Christophe Tarkos

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-2374939.html

Une poésie en prose qui joue sur la répétition, à la fois visuelle et sonore. A lire et à écouter par l'un des plus grands poètes français contemporains, mort prématurément en 2004.

UNE PIECE DE THEATRE : L'inattendu de Fabrice Melquiot

http://passiondeslivres.over-blog.com/archive-4-2006.html

Assurément mon dramaturge contemporain préféré. Une pièce sur la rupture amoureuse pleine de couleur et d'imagination !

UNE BANDE DESSINEE : Le phare de Paco Roca

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-2648556.html

Une BD magnifique d'un auteur espagnol publiée chez un petit éditeur, Six pieds sous terre. Un dessin tout en bichromie, noir et bleu et un récit qui mêle histoire de la guerre civile à des contes et légendes.

UN ROMAN POUR ADOS (et aussi pour les adultes !!!) : Lettres de l'intérieur de John Marsden

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-3646792.html

Un roman bouleversant qui fait versé des larmes ! Une amitié épistolaire entre deux jeunes filles. Chacune cache leur secret ....Un récit qui laisse des traces à vie !

VOILA MA SELECTION !

par Sylvie publié dans : Le monde littéraire
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Vendredi 29 décembre 2006

Littérature francophone contre littérature hexagonale ?

Après avoir décerné cette année l'essentiel des prix littéraires à des auteurs francophones (Le prix Renaudot à l'Africain Alain Mabanckou, le Fémina à la canadienne Nancy Huston , Le Goncourt des Lycéens à Léonora Miano et le Goncourt à Jonathan Littell), le monde littéraire s'interroge aujourd'hui sur le rayonnement de la littérature hexagonale aujourd'hui.

Il est vrai qu'aujourd'hui, la littérature hexagonale n'est pas très "rayonnante" ; aucun écrivain ne peut se targuer d'avoir une renommée internationale. On l'accuse d'être trop nombriliste , à l'exemple de Christine Angot ou Annie Ernaux.

On compare un peu la situation française à celle de l'Angleterre qui à travers la "World Fiction" a su "dynamiser" sa littérature avec des écrivains issus du Commonwealth : Salmann Rushdie ou Zadie Smith par exemple.

Je pense qu'il est judicieux d'avoir mis à l'honneur des écrivains francophones. Il faut tout de mème rappeler que la France compte sur sa langue et sa culture pour être présente dans le monde.

Quant à la littérature strictement hexagonale contemporaine, il est vrai que nous n'avons plus de Sartre ou de Camus ou encore Gide qui ont eu tous les deux le Prix Nobel de Littérature. Très peu d'écrivains sont connus à l'étranger.

Cela ne veut pas dire pour autant que la littérature française d'aujourd'hui n'est pas intéressante même si elle s'exporte très peu. On peut citer tout de même les grands comme Olivier Rolin et JMG Le Clézio qui bénéficient d'une certaine renommée.

 

Et ne pas oublier Claude Simon (Prix Nobel, plus connu à l'étranger qu'en France !!!) et Julien Gracq, parmi les plus grands écrivains de ce siècle !

Que pensez vous de ce débat ?

Pour vous, quelle est la place de la littérature française aujourd'hui? Comment la jugez-vous par rapport aux autres littératures?

par Sylvie publié dans : Le monde littéraire
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Mardi 26 décembre 2006

 NORVEGE

Editions Gaïa, 2006

Voici un conte de Noël désopilant ! Décidément, les auteurs nordiques sont bourrés de fantaisie et d'humour...On connaissait déjà le danois Jorn Riel et ses racontars arctiques et le finlandais Arto Paasilina avec ses aventures rocambolesques.

Il y a maintenant Erlend Loe, un norvégien né en 1969, également dialoguiste et scénariste. Doppler reprend le thème archi classique du retour à la nature pour en faire une fable caustique à la limite du fantastique, sur les rapports entre humains.

Voici le point de départ : Andréas Doppler, un cadre dynamique dans la quarantaine pète un câble lorsque qu'il fait une chute à vélo dans la forêt. Il faut dire que depuis un certain temps, il a plein de problèmes : son père vient de mourir, sa fille passe ses journées au cinéma pour revoir une quarantième fois Le Seigneur des anneaux et son fils passe ses journées à regarder des dessins animés débiles.

Ayant reçu un coup sur la tête qui lui fait voir ce qu'est la vraie vie, il décide de quitter femme et enfants pour devenir chasseur-cueilleur dans la forêt ! Il s'installe donc dans une tête et décide de vivre par ses propres moyens.

Mais la vie en pleine nature n'est pas toujours facile ! Il va devoir chasser un élan pour pouvoir manger et le pauvre petit élan orphelin va devenir le compagnon inséparable de Doppler ! Le dénommé Bongo va donc devenir son animal de compagnie. Puis au fil des jours, des personnages complètement détraqués vont venir le rejoindre : il y a Düsseldorf, un solitaire dans son chalet qui passe sa vie à reconstruire en modèle réduit la bataille où son père a été tué, il y a un "mec de droite" qui renoue avec les origines et qui veut organiser une fête de fraternisation entre les religions !!!

Tout se complique lorsque la femme de Doppler débarque dans la tente sylvestre et lui apprend qu'elle est à nouveau enceinte de lui ! Le beau-frère est prêt à tout pour le faire rentrer au bercail quitte à recevoir des flèches de chasseur-cueilleur dans les fesses !

Sous des allures cocasses et désopilantes, Erlend Loe critique la société norvégienne bien pensante qui a rompu tout contact avec la nature (prédominance de la technologie...). Il nous livre ainsi des solutions pour organiser une vie meilleure comme par exemple le retour du troc comme système d'échange ! On voit ainsi Doppler échanger des quartiers de viande d'élan contre des packs de lait...

Ce récit est un manifeste de l'anarchie : Doppler refuse toute application, il fasse son temps à rien faire et déclare à ses enfants qu'il ne faut rien faire à l'école !

Un roman bien divertissant pour le lecteur qui veut rigoler un peu !

par Sylvie publié dans : Littérature nordique
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Dimanche 24 décembre 2006

JOYEUX NOEL ! ! !

Je souhaite de très bonnes fêtes à tous les lecteurs favoris !

Pour rêver un peu à Noël, à la Neige, je vous conseille de lire par exemple les merveilleux romans de Selma Lagerlof qui sont remplis de féérie ...

Quant à des récits sur Noël, rien ne me vient à l'idée à part La petite fille aux allumettes  !

Et vous, quel est le roman que vous associez le plus à Noël ?

Encore Joyeux Noël !!!

 

par Sylvie publié dans : Le monde littéraire
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Dimanche 24 décembre 2006

JAPON

Année de parution en France : 1960

 

Yukio Mishima, sûrement le plus connu des écrivains japonais, est entré dans la légende en se suicidant par hara-kiri en 1970, à l'âge de 45 ans. La vie de Mishima a toujours été synonyme de scandale : tentative de coup d'Etat, homosexualité revendiquée, oeuvre mêlant toujours Eros et Thanatos.

 Bien que je sois passionnée par la littérature japonaise, j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans l’œuvre de l’écrivain mythique. J’avais commencé il y a quelques années Les amours interdites et m’étais arrêtée en cours de route. J’ai donc attendu, ai découvert d’autres auteurs japonais que j’adore (Tanizaki, Kawabata, Soseki, Dazai, Endo…) et suis enfin revenue à Mishima avec Le pavillon d’or. Une œuvre mystérieuse, assez difficile à saisir mais qui vous laisse un souvenir impérissable.

 

Mishima s’inspire d’un fait divers qui s’est produit juste après la Seconde Guerre Mondiale, lorsqu’un jeune bonze  shintoïste de Kyoto incendie par dépit l’un des plus célèbres temples de la région, le Pavillon d’Or. Le roman oscille donc entre respect de la tradition et révolte et nihilisme.

 

Mishima retrace donc à son idée l’itinéraire de ce mystérieux pyromane dans la peau du personnage de Misogushi. Jeune homme de 19 ans, il entre comme novice au Pavillon d'Or. La mort de son père ne l'émeut guère et il voue une haine féroce à sa mère. Laid et bègue, il se réfugie dans la solitude. Il semble attiré par une étrange cruauté. Seul le Pavillon d'Or fait naître en lui une étrange fascination. Pour lui, le temple incarne la Beauté suprême. Il passe son temps à l'admirer.

Mais lorsque la sensualité s'éveille en lui, qu'il prend des rendez-vous galants, le Pavillon d'Or s'interpose constamment entre la femme et lui. Misoguchi va donc prendre la décision de l'incendier, par haine de la beauté. Car la beauté semble être un obstacle à la vraie vie...

Mishima nous dresse un portrait peu conventionnel de la vie des moines dans les temples ! Ils fréquentent les prostituées et sont présentés comme des créatures du mal. On retiendra tout particulièrement l'ami du héros, Kashiwagi, être infâme aux deux pieds bots, qui n'est pas sans rappeler le diable. Tout se passe juste après la Seconde Guerre Mondiale lors de l'occupation américaine du Japon. Tout est teinté de nihilisme et de déclin. Que ce soit les soldats ou les moines, les japonais semblent gagnés par le mal et la dégénérescence.

L'amour ou la sensualité semblent être des vains mots. Les rencontres entre le héros  et une femme tournent toujours à l'échec. Est-ce une allusion à l'homosexualité de l'auteur ?

Le Japon de référence de Mishima est celui de la tradition : il nous décrit des paysages sublimes alliant la majesté de la nature (les étangs, les couchers de soleil...) à la beauté de l'architecture religieuse des temples bouddhistes et shintoïstes. De multiples passages sont de la poésie pure comme par exemple cet événement fondateur lorsque Misogushi surprend une scène d'adieu entre un soldat qui part sur le front et sa fiancée :

"Sans rien chnger à sa pose parfaitement protocolaire, la femme, tout à coup, ouvrit le col de son kimono. Mon oreille percevait persque le crissement de la soie frottée par l'envers raide de la ceinture. Deux seins de neige apparurent. Je retins mon souffle. Elle prit dans ses mains l'une des blanches et opulentes mamelles et je crus voir qu'elle se mettait à la pétrir. L'officier, toujours agenouillé devant sa compagne, tendit la tasse d'un noir profond.

Sans prétendre l'avoir , à la lettre, vu, j'eus du moins la sensation nette, comme si cela se fût déroulé sous mes yeux, du lait blanc et tiède giclant dans le thé dont l'écume verdâtre emplissait la tasse sombre - s'y apaisant bientôt en ne laissant plus traîner à la surface que de petites tâches - , de la face tranquille du breuvage troublé par la mousse laiteuse"

Laissez-vous donc envoûter par les beautés du Japon éternel à l'époque de son déclin.....

 

par Sylvie publié dans : Littérature asiatique
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Lundi 18 décembre 2006

ARGENTINE

Année de parution : 1940

Adolfo Bioy Casares (1914-1999) , l'un des plus grands écrivains argentins du XXe siècle (avec son grand ami Borges) est connu pour ses nouvelles fantastiques à forte dimension psychologique. L'invention de Morel, son premier titre paru en 1940, est unanimement reconnu comme un chef d'oeuvre de la littérature fantastique.

En effet, ce court roman de 120 pages est un petit bijou aussi bien par la forme du récit que par le thème choisi : l'accès à l'immortalité.

L'histoire nous est racontée à la première personne : un condamné à mort fuit la justice et échoue sur une île mystérieuse très peu accueillante : terrain marécageux, faunes et flores en état de déliquescence. On dit que des naufragés sont tous morts d'une maladie mystérieuse...

Le narrateur s'installe et découvre alors un curieux "complexe" : un musée, une chapelle ainsi qu'une piscine. Parfois, le soir, il y aperçoit d'étranges silhouettes qui se réunissent pour un repas ou pour une baignade...Est-ce un complot contre le condamné ? Le narrateur se sent de plus en plus menacé...

Il se cache donc dans les buissons tout en observant la vie sur l'île ; son quotidien va être perturbé par la présence d'une mystérieuse jeune femme, qui apparaît tous les soirs au bord de l'eau. Il essaie d'entrer en contact avec elle à ses risques et périls mais elle semble ne pas le voir ni l'entendre. Un soir, il surprend une conversation entre Faustine, la jeune femme et un dénommé Morel. La jalousie le tenaille...Il fera tout pour entrer en contact avec sa bien-aimée fantomatique...

Les jours passent. Parfois, les silhouettes disparaissent. Parfois, elles reviennent...et les scènes observées le premier soir semblent se répéter à l'infini. Peu à peu, le narrateur va découvrir le secret de l'île : un inventeur a mis au point une machine susceptible de donner l'immortalité. Qui sont alors les silhouettes observées sur l'île?

Je ne vous en dis pas plus ! A vous de découvrir la suite.... Sachez seulement que ce roman mêle à la fois le genre fantastique, une belle histoire d'amour et une fine analyse psychologique. L'atmosphère créée par l'île marécageuse met bien en valeur la situation du condamné qui hésite entre la révolte, la survie ou le suicide. Bioy Casares nous livre une vision très pessimiste de la condition humaine : solitude extrême, incommunicabilité.

Le roman tient à la fois du fantastique (l'analyse psychologique, décors funestes, silhouettes fantomatiques) et de la science-fiction (invention d'une machine donnant l'immortalité). Ce qui est très rare ! On a l'impression d'être à la fois dans le passé et dans le futur !

Bioy Casares nous livre une réflexion intéressante sur l'immortalité tout en évitant tout propos moralisateur. Vraiment un chef d'oeuvre, trop peu connu du grand public...

Alors, ouvrez le vite !

par Sylvie publié dans : Littérature sud-américaine
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