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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Vendredi 28 avril 2006

Editions de l’Arche, 2006

Voici une pièce de mon dramaturge contemporain préféré, Fabrice Melquiot. Je vous ai déjà présenté de lui plusieurs pièces pour les enfants comme Perlino Comment et Les petits mélancoliques. http://passiondeslivres.over-blog.com/article-1710459.html

 

Fabrice Melquiot, c’est bien sûr du théâtre, mais c’est aussi beaucoup de poésie ; à chaque pièce, nous avons l’impression d’être transporté dans un conte merveilleux.

 

Je suis allée voir pour la première fois une mise en scène de l’une de ses pièces à Paris au Proscenium, une toute petite salle près de Nation. Un spectacle formidable qui parvient à rendre captivant un personnage qui soliloque.

 

L’Inattendu est le monologue d’une femme qui pleure son amant disparu. Comme la plupart des pièces pour adultes de Melquiot (C’est ainsi mon amour que j’appris ma blessure, Percolateur blues ) ce monologue symbolise le personnage de l’individu solitaire en quête de l’autre. Il s’agit d’un discours amoureux alors que l’être aimé est absent.

 

La poésie vient ici du fait que les souvenirs de l’amour perdu et l’avenir possible sont symbolisés par des flacons de verre de différentes couleurs, bleu de Prusse, rouge Saturne, vert bouteille ou jaune sable. A chaque acte, apparaît comme par magie un flacon qui éveille des souvenirs. Liane, le personnage soliloquant, le saisit, l’ouvre et respire les souvenirs ou imagine l’avenir….

 

Liane vit terrée dans sa maison avec ses flacons souvenirs. Puis un jour, elle va ouvrir les flacons où elle va respirer les possibilités de l’avenir. Un flacon rouge sang apparaît : il s’agit d’ un « garçon boucher » qui vient la courtiser. Mais elle n’est pas encore prête à faire le deuil de son ancien amour. De plus, elle n’aime ni le sang, ni la viande !

 

Puis vient un flacon terre de Sienne où Liane respire tous les malheurs du monde, les guerres, la pauvreté, bien plus terribles que ses propres larmes. Puis elle revient au bout de cinq ans dans sa maison ; le pont est détruit ; un milicien lui propose de traverser la rivière. L’amour renaît grâce à l’Inattendu …

 

Les flacons de verre multicolores sont vraiment une idée de génie ! On se retrouve avec une scène où les bouteilles apparaissent de nulle part …

 

Comment mettre en scène, théâtraliser de manière dynamique un soliloque de 45 pages ? Ici, au Proscenium, le metteur en scène a choisi de faire déclamer le texte par deux actrices différentes : l’une, habillée en maîtresse de maison très sobre, représente le deuil et la tristesse. L’autre, habillée en robe de soirée rouge, symbolise plutôt l’espoir en l’avenir. Le garçon boucher est une petite marionnette sortie d’un flocon, tenue par la femme en rouge. Enfin, l’Inattendu est un acteur qui reste en retrait, dans l’ombre pendant les 99 % du spectacle !!!La mise en scène parvient à matérialiser les rêves et les espoirs de Liane. La preuve que l’on peut théâtraliser et rendre vivant un monologue ….

 

 

par Sylvie publié dans : Théâtre
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Vendredi 28 avril 2006

Editions Gallimard Folio, 2000

Ce roman historique est un grand classique de la littérature pour adolescents. Il nous conte l’amitié brisé d’un gamin algérien et d’un jeune colon au moment de la fin de la guerre d’Algérie en 1958.

 

Nous voila transportés dans une ferme coloniale dirigée par un français très pacifique, Edmond Bénine. Ses terres semblent à l’abri des attentats du FLN. Son fils Paul est le meilleur ami de Salim, le fils de son meilleur ouvrier. Mais un jour, le meilleur ouvrier est convoqué par son patron : il lui demande que son fils quitte le lycée à la rentrée prochaine et renonce à l’Université pour se préparer à reprendre les rênes de l’exploitation…alors que Paul veut devenir professeur d’Histoire. L’ouvrier modèle se soumet à cette décision.

 

Salim ressent une profonde injustice alors que dans la ferme, quelques ouvriers se laissent gagner par les idées du FLN…. Peu à peu, l’amitié avec Paul va se transformer en jalousie, d’autant plus que ce dernier prend des allures de colon arrogant. Et puis le drame arrive….

 

Les absurdités de la guerre sont vues par le regard de deux adolescents pris dans la tourmente de l’Histoire. Jean-Paul Nozière décrit avec beaucoup de tact les frustrations des jeunes algériens en évitant tout manichéisme : les futurs pieds noirs sont souvent présentés de façon très humaine et apparaissent aussi comme des victimes de l’Histoire.

 

par Sylvie publié dans : Littérature pour adolescents
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Vendredi 28 avril 2006

CHINE- LITTERATURE FRANCOPHONE

Editions de l’Aube, 2006

 

Wei-Wei est une écrivain d’origine chinoise émigrée en France puis en Angleterre qui s’est fait connaître en France avec Fleurs de Chine, portrait de femmes chinoises.

Les Zhuang sont l'une des nombreuses minorités nationales chinoises.

Dans son dernier roman témoignage, elle nous raconte sa jeunesse en tant qu’étudiante à la fin de la Révolution Culturelle : son rêve d’enfant était de devenir médecin. Malheureusement, la Révolution impose aux étudiants d’aller se « ressourcer » dans les campagnes et de faire un travail manuel. Elle se retrouve alors dans un petit village du Guangxi à piquer le riz et à pousser la charrue.

 

Un beau jour, le maire du village vient lui annoncer une nouvelle merveilleuse : elle est convoquée par une université ! Wei Wei s’imagine déjà étudiante en médecine. Mais, surprise : les universitaires lui demandent d’étudier le français pour les besoins de l’Etat ; la Chine a besoin d’interprètes pour une mission humanitaire en Afrique francophone !!!

 

Wei-Wei n’a pas le choix : elle doit se plier aux injonctions de l’Etat  et oublier ses rêves de petite fille.

 

La voila donc en apprentissage forcé du français, apprentissage plutôt bizarre : marches militaires et traduction de slogans. Un jour, en pénétrant dans une bibliothèque, elle découvre des trésors et ouvre Les Misérables de Victor Hugo. Puis vient la révélation de la bibliothécaire : les textes en français étudiés en classe sont des traductions de textes politiques chinois !

 

Wei Wei va donc passer outre l’idéologie et découvrir clandestinement notre culture et notre langue dans les grands classiques : Hugo, Baudelaire, Balzac, Gide….Le premier texte lu sera Les Misérables ! La passion de la culture française est en train de naître ….

 

L’écrivain nous livre ainsi ses difficultés à apprendre la langue française mais aussi l’immense plaisir qu’elle éprouve. Les passages les plus intéressants sont ceux où elle compare les deux langues : lorsqu’elle ne comprend pas que nous conjuguions les verbes en plusieurs temps, quand elle n’arrive pas à distinguer les noms masculins et féminins….

 

Au contraire, elle trouve la langue française très pauvre dans certains cas : pour les Chinois, il y a un mot différent pour dire « oncle » : le frère aîné ou cadet du père, de la mère….

 

Elle rattache ces différences à une philosophie différente : deux conceptions différentes du temps (en Chine, on ne peut influer sur le temps contrairement à l’Occident) ; les chinois ont le respect des hiérarchies familiales alors que l’Occident compte surtout sur les individualités.

 

On retrouve le même schéma que dans Balzac et la petite tailleuse chinoise de Daï Sijie : Wei Wei découvre la littérature française et trouve le chemin de son émancipation : elle refuse de se marier avec un garçon « imposé » par ses parents et trouve l’amour avec un jeune étudiant. Le roman prend alors des allures de roman d’apprentissage.

 

Un bon petit roman très réaliste sur l’histoire contemporaine chinoise.

 

par Sylvie publié dans : Littérature asiatique
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Lundi 24 avril 2006

ALLEMAGNE

Pièce notamment mise en scène par Emmanuel Demarcy-Motat en 2001 au Théatre de la Commune à Aubervilliers

Voici une pièce de théâtre inspirée de l'Histoire révolutionnaire tout comme La mort de Danton de Büchner ou Le souper de Jean-Claude Brisville.

Peter Weiss(1913-1982) est l'un des plus célèbres dramaturges allemands du 20e siècle.Il a créé Marat-Sade en 1963.  

Le dramaturge s'inspire du séjour de Sade à l'hospice de Charenton où il fut interné de 1801 jusqu'à sa mort en 1814 pour délits de moeurs. Lors de ce séjour, il a créé de nombreuses pièces en faisant jouer les malades. Ces pièces étaient un divertissement pour le tout Paris et attiraient la bonne société.

Le propos est ici de faire jouer les derniers jours et l'assassinat de Marat par des malades. On sait que Sade avait prononcé l'éloge funèbre de Marat mais les dialogues dans la pièce sont totalement imaginaires. La pièce consiste à opposer les deux conceptions ennemies de la Révolution: pour Sade, il s'agit de la révolution des libertés et des individus ; pour Marat, la révolution consiste à assurer l'égalité sociale et la fin de la pauvreté.

En 1808, Sade est le grand organisateur de cette journée : il fait jouer Marat par un paranoïaque, retenu dans sa baignoire par un traitement hydrothérapique. Charlotte Corday est une hypotonique souffrant d'insomnie et se comportant en somnambule. Le girondin Duperret est un érotomane. La pièce est surveillée par le directeur de l'hospice, Coulmier, napoléonien convaincu, qui veille à éviter tout débordement, aussi bien chez les malades, que dans les propos de Sade.

Cette pièce trouve sa force dans le fait que les pauvres sont incarnés par un choeur de malades mentaux manipulés, fouettés par les religieuses infirmières. Le directeur de l'hospice ainsi que Sade veillent à empêcher tout soulèvement.

Cette pièce, réflexion fine sur les aboutissants de la Révolution Française, est d'un profond pessimisme: à l'époque napoléoniène, le rêve d'égalité prôné par Marat n'est plus qu'un rêve. Le petit peuple est symbolisé par des malades dépendants, enfermés dans un hospice...

par Sylvie publié dans : Théâtre
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Dimanche 23 avril 2006

POLAR

Editions Syros, "Souris Noire"

Jean-Hugues est un auteur confirmé de polars. Mais très peu de lecteurs savent qu'il exerce aussi son talent pour la jeunesse.

La collection "Souris noire" chez Syros est la grande initiatrice des romans à suspens pour les jeunes lecteurs. Finis les contes et les histoires à l'eau de rose, place à la peur et au sang !

Jugez-en plutôt par cette histoire : Sébastien, 12 ans, est gardé ce soir par sa baby sitter dont il est amoureux ! Ses parents sont sortis dîner au dehors. Certes, il pourrait rester tout seul mais il est mauvais élève. Sa seule passion est le foot à la télé et les cours de judo. Il vient de faire un marché avec sa baby-sitter : elle le laisse regarder le match et foot et elle finit sa dissert pour le lendemain !!! Il lui demande encore une dernière petite faveur : lui faire un câlin dans son lit et un verre d'eau avant de dormir. Elle redescend dans la cuisine chercher le verre d'eau et Sébastien attend...Pas de verre, pas de baby-sitter ...Sébastien descend dans la cuisine et la retrouve égorgée.... Puis il y a un bruit au dessus. L'assassin n'est pas parti ; il a repéré sa prochaine proie...

Beaucoup de suspens dans ce court roman (70 pages). Mais très peu de gore car tout est centré sur les sentiments et les réactions du jeune garçon confronté à un drame.

A conseiller aux enfants à partir de 11-12 ans qui aiment frémir !

par Sylvie publié dans : Littérature pour adolescents
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Dimanche 23 avril 2006

Editions Al Dante, 2001

Ce jeune homme est un poète contemporain bien spécial.

Après six ans de carrière comme prof de philosophie, Christophe Fiat a décidé de se consacrer à la poésie. Poète de l’info, branché 24 heures sur 24 sur l’actualité, il en dénonce le côté répétitif et incantatoire.

Ce beau ténébreux compose des textes syncopés, à partir de coupures de presse ou de bulletins d’information. Ce sont les stars réelles ou virtuelles du vingtième siècle qui l'intéresse: les stars du porno comme Laure Sinclair ou Traci Lords, Louise Brooks, Batman, Lady Di et également les grands événements médiatiques.

Dans Ladies in the dark, il revient sur le destin de trois femmes célèbres : Lady Di, la star du porno Traci Lords et l'actrice , star du muet, Louise Brooks. Les textes consistent à raconter la vie de ces héroïnes avec un style très télégraphique, bourré de répétitions. Fiat part d'une phrase et la répète en la continuant dans d'autres paragraphes.

Il lit ses textes lors de lectures performances qui doit valoir le coup !

Il trouve principalement son inspiration dans des coupures de presse et des journaux télévisés. Son style très répétitif, scandé, n'est pas sans rappeler les flashs infos qui se succèdent les uns aux autres. Je vous conseille de lire l'article à l'adresse suivante qui nous éclaire sur sa technique bien particulière : http://www.laspirale.org/pages/afficheArticle.php3?id=142&lang=fr

Pas facile à lire mais à l'oral, cela doit valoir le coup !

par Sylvie publié dans : Poésie
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