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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Lundi 26 février 2007

Editions José Corti, 2006

 

par Sylvie publié dans : Littérature française contemporaine
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Lundi 26 février 2007

Les césars 2007 ont consacré cette année les adaptations littéraires au cinéma:

L'amant de Lady Chatterley de DH Lawrence

Ne le dis à personne d'Harlan Coben

 

et

Je vais bien, ne t'en fais pas d'Olivier Adam ont  inspiré cette année nos cinéastes.

J'avoue mon ignorance ! Je n'ai lu aucun de ces livres ni vu les films ! Et vous ?

Je connais déja Olivier Adam et je trouve son écriture assez fade même si ses histoires intimistes me touchent. Je pense que le film vaut le coup.

Quant à Harlan Coben, je n'ai pas encore franchi le cap mais par contre, je suis très attirée par le film de Guillaume Canet.

Enfin, tout cela me donne envie de me plonger dans l'oeuvre sulfureuse de DH Lawrence que je ne connais pas du tout !

par Sylvie publié dans : Le monde littéraire
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Dimanche 25 février 2007

Editions Viviane Hamy, 2004

Ca y est, j'ai enfin lu un deuxième Fred Vargas. Il faut dire que ce sont tous vos conseil, celui d'une collègue et bien sûr l'adaptation cinématographique de Pars vite et reviens tard qui m'y ont incité !

C'est donc l'opus que Vargas a écrit juste après Pars vite...que j'ai choisi. J'éprouve toujours le même enthousiasme, je l'ai dévoré en 2 jours : une certaine dimension fantastique, profondeur psychologique du commissaire Adamsberg et personnages secondaires très pittoresques ; que de bons ingrédients pour se régaler !

Voici l'intrigue : le commissaire Adamsberg est soudain sujet à d'étranges malaises après avoir vu la photo d'un cadavre : une femme tuée par trois trous dans le ventre percé par un mystérieux objet. Après avoir vu un tableau représentant le dieu Neptune et l'aide du précieux et érudit Danglard, Adamsberg comprend l'origine de ses malaises : la femme a été tuée de la même manière que la fiancée de son frère il y a 25 ans. Son frère avait été accusé à tord...même si Adamsberg avait réussi en partie à démasquer le juge Fulgence, un vieil homme mystérieux réfugié dans son manoir. Après le meurtre, son frère ayant pris la fuite, Adamsberg part sur les traces de Fulgence et découvre qu'il a tué à peu près 10 personnes de la même manière : en les éventrant avec un trident....jusqu'à sa mort il y a une dizaine d'années.

Après ce nouveau meurtre, Adamsberg va rouvrir ses dossiers secrets : Fulgence a-t-il ressuscité? Est-ce ce l'ieuvre d'un parfait imitateur ?

Et nous voila partis pour 400 pages de légendes et de contes : voici Adamsberg confronté à un mort vivant, à des fantômes surgis du passé. Neptune et son trident....de quoi faire douter tout son entourage et faire sombrer Adamsberg dans la plus pure folie....d'autant plus que ressurgit sa culpabilité de ne pas avoir pu innocenter son frère.

Tout bascule au Canada lorsque Adamsberg part faire un stage de relevé d'ADN. Un matin, il est retrouvé inconscient alors que le cadavre de sa dernière conquête est retrouvée morte avec les fameux trois trous dans le ventre...Adamsberg devient le principal suspect. Véritable crime ou manipulation?

Deux points forts à ce livre : tout d'abord la psychologie d'Adamsberg qui perd pied et que l'on soupçonne de crime. Il devient un "pelleteux de nuages" , quelqu'un qui divague et qui croit aux morts vivants contre tout son entourage. De belles pages consacrées à la culpabilité, au doute. ..

Ensuite, l'atmosphère évanescente et fantastique qui tourne autour du meurtrier. On sait son nom depuis le début mais il nous échappe constamment : il est tout d'abord un mort vivant puis ensuite un centenaire !Tout comme la peste dans Pars vite..., cela contribue à donner une dimension fantastique et légendaire au roman.

On peut citer aussi l'atmosphère pittoresque pleine d'humour  avec des personnages haut en couleur (la vieille dame hackeuse, les policiers avec des expressions bien canadiennes). On se dit même parfois que Vargas en fait un peu trop avec les canadiens !!!!

A la fin, la solution est un peu trop alambiquée et psychanalytique à mon goût. Il faut de la psychologie mais pas de trop quand même ! J'ai donc préféré Pars vite...qui est génial du début à la fin mais celui là n'est pas mal du tout quand même !

par Sylvie publié dans : Romans policiers
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Mercredi 21 février 2007

Titre paru en 1936

Editions Gallimard Folio

Ce gros roman (600 pages) est la deuxième oeuvre de Céline après Voyage au bout de la nuit. On a reparlé beaucoup de ce roman avec la sortie de son adaptation en bande dessinée par Jacques Tardi (que je n'ai pas lue).

Mort à crédit est le récit autobiographique de l'enfance et de l'adolescence de Ferdinand. Ce dernier grandit dans le second arrondissement de Paris, dans le quartier des petits commerçants qui périclitent peu à peu. Ses parents sont de modestes boutiquiers qui s'endettent pour assurer un avenir décent à leur chérubin. Mes le Ferdinand en question fait des siennes, couche avec les patronnes, se fait escroquer et se fait renvoyer de tous ses postes. Tout le roman est constellé d'échecs, de mort, de noirceur. Après une échappée à Londres où tout périclite également, Ferdinand se lie avec un inventeur loufoque qui est un escroc.

Ce roman est une véritable descente dans la boue et dans la violence. Des passages sont une accumulation de détails morbides : la jambe de la mère de Ferdinand qui s'infecte, la cervelle de l'inventeur qui explose après son suicide....Mort à crédit est un véritable cri de haine et de désespoir : le style inimitable de Céline est fondé sur l'emploi de phrases très courtes, ponctuées de points de suspension et d'exclamation.

Céline invente la littérature fondée sur l'oralité ; l'oeuvre littéraire n'est plus un objet sacralisé, poétique mais une émanation de la "merde" du monde. Jurons, argot, insultes, scatologie : voici les fondements de l'écriture de Céline qui révolutionna l'écriture romanesque dans les années 30.

Même si je ne suis pas forcément sensible à ce genre d'écriture, il faut reconnaître le caractère très novateur de ce style. Des écrivains contemporains se réclament d'ailleurs de leur ancêtre : on peut citer par exemple la Prix Nobel Elfriede Jelinek ou la française Lydie Salvayre.

Ce que j'ai préféré dans ce roman, c'est la description du Paris du début du siècle : nous sommes littéralement immergés dans un monde d'innovations techniques ( l'Exposition Universelle de 1910, le début de l'électricité). Parallèlement, le monde des petits commerçants disparaît peu à peu : le titre Mort à crédit désigne l'endettement des boutiquiers qui se plient en quatre pour pouvoir subvenir à leur besoin.

Etes-vous fan de Céline ? Avez-vous lu la BD de Tardi ?

par Sylvie publié dans : Classiques français et étrangers
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Samedi 17 février 2007

Angleterre, 1968

 
Harold Pinter, Prix Nobel 2005
 
Je suis allée voir la célèbre pièce d'Harold Pinter au Théâtre de Paris, avec dans le rôle principal, Robert Hirsch ! Rien qu'avec cet acteur, cela vaut déja le détour !
Pinter est connu pour ces personnages ambigus qui entretiennent entre deux des rapports de dominants/dominés. Je vous avais déja présenté la pièce L'anniversaire.
Dans cette pièce, on retrouve certaines caractéristiques de la précédente : Davies, joué par Robert Hirsch est un vieil SDF farfelu qui est sauvé d'une agression par un jeune homme, Aston. Celui-ci lui offre de passer quelques jours chez lui pour le protéger. Le vieil homme s'installe comme chez lui, bien tranquillement. Mais le lendemain, Mick, le frère d'Aston, propriétaire des lieux, fait preuve d'une violence inouîe envers lui et lui demande de déguerpir. Puis, petit à petit, son attitude change...Il lui propose de devenir gardien de la maison. Le vieux accepte.
C'est alors que la roue va tourner. On découvre qu'Aston est en fait un lobotomisé du cerveau qui passe ses journées à ne rien faire. Davies et Mick vont alors s'allier pour le faire fuir...
Ce qui compte chez Pinter, ce n'est pas l'intrigue mais la profondeur abyssale des personnages. Qui est le bon? Qui est le mauvais ? On ne saura jamais ! Car le pauvre SDF se révèle être un profiteur dépendant et l'hôte est une loque.
Je ne crois pas que j'ai tout saisi même si je crois avoir compris l'essentiel mais cette mise en scène vaut vraiment le coup ! Robert Hirsch domine la pièce du début à la fin ; il joue un personnage truculent, ubuesque et en même temps tellement dépendant. A voir !
par Sylvie publié dans : Théâtre
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Lundi 12 février 2007

INDE (Bengale) - 1917

Editions Les Belles Lettres "La voix de l'Inde"

Vous avez sans doute vu le film Devdas en 2002, qui a remporté de multiples prix et un succès public. Mais on a en revanche très peu entendu parler du livre qui est à l'origine des neuf adaptations cinématographiques de Devdas depuis 1928 !

Ce roman a été écrit 1917 au Bengale. L'histoire est devenue une légende extrèmement populaire en Inde au même prix que Tristan et Yseult ou Roméo et Juliette en Europe. Comme ces derniers, les deux héros sont des amoureux maudits.

Devdas, le fils d'un riche propriétaires terriens, et Parvati, fille de riches commerçants, ont vécu leur enfance ensemble et sont promis l'un à l'autre. Mais la famille de Devdas, l'une castre plus élevée que la famille de Parvati, refuse le mariage. Alors que Parvati se marie à un riche veuf, Devdas noie son chagrin dans l'alcool. Au cours de sa longue déchéance, il rencontrera une prostituée, Chandramoukhi, qui tombe amoureuse de lui et qui est prête à tout abandonner pour lui. Mais le destin sera inexorable...

Je vous conseille fortement de lire la véritable histoire qui est beaucoup moins caricaturale que le film; les personnages y sont beaucoup moins manichéens. Bien qu'on y sente le rôle majeur des  castes, les parents ne sont pas d'infâmes personnages qui humilient les inférieurs. Les deux amoureux sont eux aussi beaucoup plus nuancés : ils ont un côté égoïste et violent.

Surtout, la figure de Chandramoukhi, la prostituée, est beaucoup plus développée. La pécheresse est transfigurée par son rôle de bienfaitrice. Elle apparaît comme une Marie-Madeleine qui secourt les pauvres et les malades. Il s'agit d'un personnage très attachant que l'on retrouve d'ailleurs dans beaucoup de films indiens. L'un des plus connus, Assoiffé de Guru Dutt, met également en scène une prostituée qui défend un artiste en l'aidant à publier ses poèmes. Elle apparaît comme la seule "belle âme" dans un univers hostile.

On peut reprocher certainement le côté un peu désuet de cette histoire mais les âmes sensibles seront touchées !

par Sylvie publié dans : Littérature asiatique
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