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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Vendredi 24 juin 2005

 

René Depestre est l'un des plus grands écrivains haïtiens de ce siècle.

Ecrivain à découvrir d'abord pour sa vie personnelle chaotique: opposant au régime dictatorial de Duvalier en Haïti, il s'exile une première fois en France. Puis il part pour Cuba où il devient un proche de Catro. Mais critiquant la dérive du régime, il s'exile définitivement en France où il vit depuis 1978. Il a d'ailleur reçu le prix Renaudot en 1988 pour ce roman rempli d'exotisme.

Depestre se pose comme l'héritier de l'écrivain cubain Alejo Carpentier qui a inventé le concept de "réalisme magique"(repris par la suite par le grand Gabriel Garcia Marquez): ses romans sont marqués par l'empeinte du fantastique, du merveilleux faisant irruption dans le quotidien le plus banal.

Haïti est l'île qui a vu naître le vaudou: Depestre va donc convoquer cette cérémonie dans ce roman où les morts renaissent de leurs cendres...

Hadriana est la plus belle jeune fille de la ville Haïtienne de Jacmel. Le jour de son mariage qui est aussi jour de carnaval, elle est enlevée par un papillon (eh oui ! Rassurez-vous, ce papillon n'est autre que le plus grand dragueur de l'île qui a été transformé en papillon par le mari de l'une de ses conquêtes) . Elle meurt au moment de dire oui...

En fait, elle n'est pas si morte que cela! Elle a juste été transformée en zombie: son âme est retenue prisonnière alors que son geolier peut disposer de son corps à sa guise...

Quelle n'est pas la surprise du village lorsque le cercueil d'Hadriana est retrouvé vide après le carnaval....

Ce roman est une merveille: Depestre nous plonge dans les traditions de son île (le vaudou, le carnaval, le mythe du zombie) en nous contant une histoire rocambolesque. Contre le catholicisme (la famille du marié veut annuler le carnaval après la mort supposée d'Hadriana), Depestre exalte la joie de vivre et l'érotisme caraïbéens. Hadriana est donc enterrée au rythme des tambours du carnaval!

C'est également une magnifique histoire d'amour teintée à chaque ligne d'érotisme. Une excellente lecture pour s'évader et découvrir les traditions d'Haïti !

par Sylvie publié dans : Littérature étrangère contemporaine
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Vendredi 24 juin 2005

 

Les éditions de Minuit ont l'habitude de nous présenter des personnages pantins, sans psychologie, dont se moque leur auteurs (Eric Chevillard, Eric Laurrent...). Au contraire, Hélène Lenoir plonge directement le lecteur dans la conscience des personnages; dans son dernier opus, cinq nouvelles mettent en scène des êtres qui vivent une relation amoureuse avec un partenaire depuis des années. Ils sont pris entre leur désir de mettre un terme à cette relation, de fuir et celui de rester. Leurs pensées vacillent entre ces deux alternatives: au cours d'un spectacle, une femme suit un homme qu'elle a croisé à l'entracte, une autre reçoit des jeunes étudiantes chez elle pour éveiller des désirs de voyage et fuir le quotidien de son couple....

Certains peuvent reprocher le "bovarysme"un peu poussé des personnages: des jeunes bourgeoises de 40-50 ans s'ennuient et recherchent de futiles consolations...Hélène Lenoir privilégie le monologue intérieur: chaque nouvelle est centré sur un personnage et les autres sont vus à travers le regard de ce dernier.

Même en n'étant pas une lectrice bourgeoise de 50 ans, chaque lecteur peut s'identifier aux différents personnages. Chacun a un jour hésité, craint de blesser une personne aimée...Mais tout le monde vit aussi tous les jours avec le poids de l'habitude, de la monotonie. Les nouvelles d'Hélène Lenoir ouvrent des fenêtres, font naître un espoir même s'il est temporaire.....

par Sylvie publié dans : Littérature française contemporaine
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Jeudi 23 juin 2005

 

L'école emportée est un magnifique manga fantastique sur le monde de l'enfance. Sans explication, un matin, une école se trouve catapultée dans le monde futur. Un cratère géant a remplacé l'ancienne école.

Alors que les médias, les scientifiques et les parents ne trouvent aucune explication plausible à une telle disparition, la petite communauté va devoir s'organiser pour lutter contre un monde hostile devenu apocalyptique: désert de sable, insectes géants etc...

L'auteur porte un regard très intéressant sur le monde de l'enfance: alors que les enseignants vont soit devenir fous ou se suicider, les enfants vont être livrés à eux-mêmes pour survivre. On découvre alors que le monde de l'enfance ressemble de bien près au monde des adultes: nous allons assister à des luttes de pouvoir, à des trahisons et des meurtres...Les élèves forment une micro-société qui élit son président et ses ministres. Mais une rébellion éclate...

On peut aussi voir un message très optimiste dans ce manga: le jeune héros est au début un enfant ingrat et capricieux insupportable avec sa mère. Ce matin là, il claque la porte parce qu'il n'a pas eu son cadeau tant espéré. Confronté au malheur et à la peur, il devient le chef spirituel de l'école en cherchant toujours un moyen pour positiver et sauver ses camarades. Il regrette de plus en plus son ancienne hatitude d'enfant gâté...

Il parviendra à reprendre contact avec sa mère, c'est à dire avec le monde du passé. Mais chut, n'endisons pas plus ! Quatre tomes sont déja parus en France; Nous attendons avec impatience les trois derniers de cette série parue au Japon en 1976 !

par Sylvie publié dans : Mangas
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Jeudi 23 juin 2005

Love my life fait également partie des mangas Yuri, c'est à dire des récits traitant de l'homosexualité féminine.

Par contre, il aborde ce thème d'une façon très différente de Blue de Kiriko Nananan. Dans ce dernier, la mangaka focalisait l'intérêt sur les deux relations entre les deux jeunes femmes sans se préoccuper de ce qui les entourait. Ici, c'est d'abord le rapport à la société qui est traité. Le manga s'ouvre sur les hésitations de Ichiko à avouer son homosexualité à son père. Elle lui avoue au début et elle découvre que ses parents sont eux aussi des homosexuels.

Ebine pose aussi le problème du désir d'enfant chez les homosexuels: deux personnes homosexuelles se marient pour avoir un enfant...

L'amitié est également un thème central: Ichiko n'hésite pas à faire semblant d'être la petite amie de son meilleur ami afin qu'il cache son homosexualité...

Contrairement à Blue, Love my life présente des planches de scènes d'amour mais sans jamais sombrer dans la vulgarité. Leur relation est certe charnelle mais elles abordent également une réflexion sur le libre arbitre de l'autre dans le couple: besoin de séparation pour les études, priorité à l'accomplissement de soi.

Rassurez-vous , nul besoin d'être lesbienne pour apprécier ce manga ! Il traite de tous les problèmes de couple et de l'adolescence aujourd'hui: jalousie, rôle des études, accomplissement de soi etc...Le thème de la paternité est magnifiquement traité: le père d'Ichiko est très présent et l'aide à accepter sa différence; le père d'Eri, quant à lui, incarne l'élite qui considère qu'une fille n'a pas besoin de faire des études...

En bref, un bon petit manga pour découvrir ce genre pour ceux qui pensent encore que le manga ne propose que des batailles ultraviolentes !!!

par Sylvie publié dans : Mangas
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Jeudi 23 juin 2005

 

Voici l'un des chefs d'oeuvre du père du manga, Osamu Tezuka. Plusieurs de ses oeuvres nous plonge dans le Japon détruit après la Seconde Guerre Mondiale, sous occupation américaine (voir aussi L'Histoire des trois Adolf). Tesuka mêle à chaque fois destin collectif et destin individuel en analysant le poids que peut avoir l'Histoire sur le destin des personnages.

Ayako est au début de l'histoire une fillette de 3 ans qui assiste à une scène qu'elle n'aurait jamais du voir: son oncle et demi-frère (il est aussi question d'inceste puisque sa mère a été violée par son beau-père) fait partrie des services secrets américains chargés de réprimer l'agitation communiste au Japon. Il va éxécuter un représentant des syndicats des chemins de fer japonais. Ayako et sa jeune nourrice l'ont surpris avec une chemise tachée de sang...

Alors que la police enquête dangereusement aux alentours de la maison familiale, le faux père d'Ayako( en fait son demi-frère), pour se venger,  va prendre une décision terrible pour sauver l'honneur de la famille: Ayako sera enfermée dans une cave jusqu'à ce qu'à ce que mort s'en suive, afin de garder le secret. Ainsi, l'infamie ( que ce soit l'inceste ou le pacte avec l'armée d'occupation) est enfouie sous terre.

Voila le point de départ des quatres tomes. Pendant plus de dix ans, Ayako sera le jouet des luttes de pouvoir d'une vieille famille patriarcale sur le déclin.

Après de multiples rebondissements, Ayako parviendra à assumer son rôle de femme libre; mais sa famille qui l'a trahie n'en ressortira pas indemne...

Le talent de Tesuka est d'avoir traité du Japon d'après-guerre à travers le destin d'une petite fille innocente; c'est aussi l'occasion pour les Européens de découvrir la situation du Japon dans les années 50, largement méconnue des Occidentaux : agitation communiste, brimades de l'armée américaine...

Les amateurs d'Histoire seront ravis ainsi que les autres lecteurs d'abord intéressés par le destin des personnages...

par Sylvie publié dans : Mangas
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Jeudi 23 juin 2005

 

Sarah Waters est la porte-parole des écrivains lesbiennes en Angleterre. Ce roman foisonnant mêle à la fois le roman victorien du XIX siècle dans la pure tradition d'Oliver Twist de Charles Dickens et le roman libertin.

Sarah Waters non plonge dans les bas-fonds londoniens où la crapule est prête à tout pour détrousser les riches bourgeoises...

Sue Trinder, jeune orpheline de 18 ans recueillie par une tenancière de bar, se voit proposer par un "gentleman escroc" de se faire engager comme servante dans un vieux manoir. Elle y deviendrait l'intime de la nièce du vieux propriétaire et le jour venu, prendrait sa place pour toucher l'héritage.

Sue fait donc son entrée dans le monde de la vieille aristocratie anglaise; elle découvre que le vieil oncle a un passe-temps bien curieux: c'est une spécialiste de la bibliophilie érotique. De plus, Sue est de plus en plus attirée par sa future victime...

Je vous laisse découvrir les multiples rebondissements de ce magnifique roman; vous n'êtes pas au bout de vos surprises!

Sarah Waters renoue avec le roman tel qu'on l'a connu au XIX siècle; à l'époque de l'écriture minimaliste et des romans sans véritable histoire, Waters est l'héritière de Dickens, Dumas et Balzac. D'abord par l'épaisseur ( à peu près 800 pages) et aussi par la manière de construire l'intrique: atmosphère des lieux, multiplicité des personnages, rebondissements, roman social mettant face à face les bas-fonds et l'aristocratie...

par Sylvie publié dans : Littérature anglo-saxonne et américaine
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