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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 19:42

CLASSIQUE RUSSE, 1858

 

Lorsque l'on parle de grands classiques russes, on parlera de Guerre et paix ou encore de Crime et Chatiment.nMais qui citera Oblomov ? Et pourtant, Tolstoi et Dostoievski le condidéraient comme une oeuvre majeure. 

Un mythe aussi connu en Russe que Don Juan ou Don Quichotte à tel point que l'on parle de L'Oblomovisme...

 

Imaginez un homme qui passe sa vie….dans son lit, non pour cause de maladie mais par volonté ! Dans sa robe de chambre orientale, dans sa chambre qui n’a  pas été nettoyée et rangée depuis des lustres, notre homme médite sur l’importance de ne rien faire. Mais manque de chance, son fidèle serviteur, Zakhar (nous reparlerons plus tard de ce magnifique personnage) lui annonce ce matin que des catastrophes. Son domaine est en ruine et son propriétaire veut qu’il déménage…Qu’à cela ne tienne, il ne va pas se lever de sitôt ! Alors ses amis, ennemis et connaissances vont se succéder à son chevet pour essayer de lui faire adopter la position verticale…

Cette première partie est d’une drôlerie irrésistible. Entre le pauvre serviteur qui se fait admonester à tord ou à raison, et les allées et venues des différents personnages qui opposent leurs points de vue à l’anti-héros, on se croirait au théâtre.  Les hommes qui poussent la porte, c’est le froid qui vient, dit Oblomov.  Voici venu le temps des dialogues sans fin sur l’opposition entre une vie survoltée où l’on voyage sans cesse et où l’on court de salon en salon et entre une méditation sur la condition humaine et sur les bienfaits de la rêverie. Mais au fait  qui a raison ? L’auteur se garde bien de trancher…Oblomov clame à plusieurs reprises « Mais où est l’homme ? »Dans l’activité frénétique ou dans la méditation ?

La deuxième partie est beaucoup plus lyrique puisque qu’Oblomov, enfin sorti de son lit, tombera amoureux de l’intelligente Olga, à l’initiative de son meilleur ami Stoltz. Mais n’en disons pas plus…

 

On admire dans ce fabuleux récit de plus de 600 pages la diversité des tons et formes employées. Gontcharov excelle aussi bien dans le lyrisme appuyé que dans les dialogues burlesques ou « existentiels » avant la lettre. Sans parler des fines analyses psychologiques ou encore des descriptions des scènes domestiques. Comme l’explique Jacques Catteau dans la préface de l’édition du livre de poche, le roman russe se caractérise par sa liberté de ton, étant beaucoup moins rationnel que son cousin occidental. L’écriture respire et prend ses aises, on prend un plaisir délectable à déguster ces centaines de pages sans aucune difficulté. Le  préfacier parle encore d’ « œil flamand » : en effet, on appréciera une description minutieuse des objets, des pièces domestiques, des préparations de repas où les spécialités russes mettent l’eau à la bouche. Ces descriptions d’ « intérieurs » font la part belle à des figures domestiques inoubliables. Nous parlions plus haut de l’irrésistible Zakhar, à la fois râleur et fainéant, ayant pris les mauvaises habitudes de son maitre. Leurs discussions ne sont pas sans rappeler les mythiques Sancho Panza ou encore Sganarelle. Car derrière ses sempiternelles railleries, il y a bien sur un réel respect et dévouement pour son maitre. Zakhar ne doit pas faire oublier la dévouée Agafia qui, elle, incarne l’amour et le total dévouement.

Méditations, descriptions flamandes ou encore de belles rêveries. Dans l’épisode du Songe d’Oblomov, l’auteur se complait à dépeindre une vie idyllique dans la campagne russe où son héros passe sa journée à paresser à l’ombre d’un saule en compagnie de sa future femme et de ses enfants. Bien sur, la balalaïka et le samovar sont au rendez-vous sous un ciel sans nuage…

Vous l’aurez compris, ce chef d’œuvre trop peu connu est d’une richesse incroyable. Laissez-vous bercer par la douce langueur du héros….

 

 

 

 

 

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Published by Sylvie
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commentaires

Anna_ZenArt 08/09/2016 09:59

Excellent ! merci pour ce partage. Je ne le connaissais pas du tout. L'imaginaire russe est merveilleux car souvent absurde et délirant. je vais encore me régaler :)

ven 29/01/2016 11:34

Merci, très touchant

titi 19/11/2015 14:30

J'ai beaucoup aimé la lecture de cet article.merci beaucoup

Goncoulitzer 01/11/2015 14:21

Oblomov est un de nos maîtres à penser au Goncoulitzer Magazine. On est content de voir qu'il a su réjouir une lectrice de plus. Par ailleurs, si on n'existe depuis pas longtemps dans la blogosphère, on vous suit en silence depuis des années et on est content (et un peu étonné aussi..) de voir que votre blog n'a pas changé d'un iota depuis plus de 10 ans. Creusez votre sillon, lectrice, creusez votre sillon !

relecture 13/10/2015 21:32

J'aimer bien cette article

Sylvie 02/11/2015 13:28

Merci pour votre soutien. Effectivement mon blog a un besoin de coup de jeune...depuis quelques années j y consacre moins de tempd aussi...votre remarque m incite a changer les choses !

Sylvie 13/10/2015 21:57

Merci !